Zibeline n°69 décembre 2013
Zibeline n°69 décembre 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°69 de décembre 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 10,8 Mo

  • Dans ce numéro : Méditerranée, mer de notre avenir.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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32 M U S I Q U E Nouveaux mondes sonores À la sortie de la Criée, le 19 novembre, on tend l’oreille : « c’est la première fois que je suis émue lors d’un concert de musique contemporaine » dit l’une, « moi c’est pareil » répond une voisine… Plutôt rare ! Visiblement, on n’était pas qu’« entre soi » aux Symphonies électriques des nouveaux mondes affichées par l’ECO (European Contemporary Orchestra), projet porté par l’ensemble Télémaque (France), en collaboration avec Musiques Nouvelles (Belgique), Icon Arts (Roumanie) et l’AFAM (Italie). Il faut dire qu’il a de la gueule cet orchestre-là avec ses 33 musiciens dirigés par Raoul Lay et Jean-Paul Dessy, ce « super ensemble » électro-orchestral qui, du fait d’une organisation structurelle bien pensée, génère des musiques inouïes ! Outre une dizaine de vents, du sax au cor, clarinette ou flûte, quelques cordes amplifiées endossant l’héritage symphonique, fleuri de luxueuses percussions, piano et synthé, s’intègrent un accordéon, Il était une fois Maurice Ohana guitare & basse électriques, un « performeur numérique » (DJ) et trois voix féminines sonorisées, filant tantôt du chœur au solo… Pour un équilibre miraculeusement trouvé ! Voilà l’outil ! Manquaient les œuvres… Depuis leur premier concert à Marseille en 2012 (voir Zib 53), le répertoire s’étoffe, et la réussite du concert doit évidemment à la qualité des opus o Les Trois Contes de l’Honorable Fleur de Maurice Ohana récréent l’atmosphère d’un théâtre musical : bribes de japonais, phonèmes, puis récit permettant des tableaux variés. Ohana a toujours refusé les chapelles dogmatiques, trop fier de son indépendance, ouvert au monde dans ses expressions les plus larges : libérer l’arithmétique mesure, utiliser les tiers de tons, trouver des aspérités vocales larges. Il s’est amusé, avec sa femme Odile Marcel et Michiko Hirayama, à inventer, comme un enfant. Ohana veut dire « honorable fleur » en japonais, clin d’œil coquin du libertin franco-espagnol. Roland Hayrabedian dirige des musiciens de Musicatreize et de l’Ensemble Arabesques (Hambourg). Toujours très attentif, il imprime l’expressivité essentielle. La musique est riche : tempi, nuances, timbres (tambour saharien, temple block, cymbales chinoises suspendues…). La soprano Kyodo Okada, aérienne, évoque, par des aigus ciselés, des tableaux oniriques ou plus rugueux. Le sur-titrage permet de suivre le conte, anticipant quelques figuralismes. On retrouve l’univers des Haïkus, capturer l’instant par l’évocation, cycle des saisons, personnification des éléments : le Vent d’Est entre dans le sac, cris de joie, cymbale, piano se déchaînent, « Mille ans après, la Pluie revient… », flûte solo, clarinette, planant. Puis révérence, diminuendo du gong chinois. Toute la palette d’un peintre contemporain, remarquablement servi par les musiciens, ne faisant pas table rase du passé, mais s’en servant avec la subtilité d’un musicien humaniste et libre. YVES BERGÉ présentés. Les Brûlures de Pierre-Adrien Charpy sont tantôt cris et bourdonnements, où passent des flammes de Weil ou Ravel, combustions minimales, avant la formidable crépitation finale. First world de Ted Hearne s’accroche à la même forme (ABA), mais ce sont des collages fantasmés de Vivaldi, des riffs de Lieder revisités Agnès Mellon jazz symphonique et textures planantes rappelant Ligeti qui s’éclaboussent dans une savante cacophonie organisée. Embarquement pour l’outre-là de François Narboni affiche ses consonances, un ostinato de cinéma qui court en quintolets et superpose des blocs persistants. Hop de Martijn Padding est plus drôle, décalé, léger… son big band revisite un univers lointainement populo-tango jazzy avec ses notes bleues façon « Chaos avant la création » selon Milhaud. Kaléidoscope enfin, d’Adrian Iorgulescu, trempe ses miroirs dans le monde de l’enfance. Rapsodique, il oscille, de suspensions en fracas percussifs, jusqu’à l’ultime berceuse à bascule. JACQUES FRESCHEL Le concert Symphonies électriques des nouveaux mondes a été donné le 19 novembre à La Criée, Marseille Anne Paquin SofamCroiser les Maîtres du Lied et la musique contemporaine était un pari osé. Comment garder la subtilité, l’énergie, l’immédiateté de la symbiose piano-chant, sans dénaturer, par des conjonctions instrumentales, l’essence même du Lied, populaire chez Schubert, sensuelle chez Schumann ? La première partie nous faisait découvrir le timbre charnel, très beau legato du ténor Fabrice Mantegna, dans des Lieder de Schubert, Truite (Die Forelle) sautillante et enjouée. Der König in Thule (Le Roi de Thulé), Aus dem wasser zu singen (Chanter sur l’eau), ligne très soutenue et noble. Les réécritures de Bernard Cavanna pour soprano (Brigitte Peyré) et trio instrumental (violon, accordéon, violoncelle) : Marguerite au rouet (Gretchen am Spinnrade) et le Roi des aulnes (Erlkönig) manquaient d’élan, de la grandeur romantique des originaux, malgré les guirlandes de doubles croches à 6/8 de l’excellente Solange Baron à l’accordéon (Gretchen). On retrouvait la soprano plus habitée, royale et très présente dans le Wanderlied de Raoul Lay, pièce superbe de lyrisme, de connections timbrales raffinées et expressionnistes. Collage littéraire pertinent issu des Dichterliebe de Schumannqui concluront la soirée dans une interprétation exceptionnelle de Fabrice Mantegna. Sur une écriture instrumentale de toute beauté, dont on pourra retenir Hör’ich das Liedchen klingen, sommet de poésie musicale, entrée de la harpe, contrechant trompette, thème repris par le violon, soutenu par les crotales : magique ! Tout Schuman résumé dans cette relecture très réussie. Y.B Anne Paquin S famLes Trois Contes de l’Honorable Fleur a été joué le 23 novembre à la Salle Musicatreize, Marseille Schubertman(n)ia a été joué au Toursky, Marseille, le 6 décembre
Janacek au théâtre ? Même chantée, la représentation de Katia Kabanova, le 12 novembre à la Criée, tire le spectateur du côté du théâtre ; cependant le mélomane ne peut s’empêcher de l’entendre intérieurement comme un opéra... De fait, la version « de chambre » de Janacek a de quoi décevoir les partisans du second, car malgré l’indéniable talent de Martin Surot au Steinway, on imagine encore l’orchestre originel et... il y manque mille couleurs ! Nonobstant, si cette production, créée aux Bouffes du Nord en janvier 2012, s’avère « économe », elle possède aussi des atouts : les voix excellentes, plus tchèques que nature, passent facilement la rampe et les acteurs/chanteurs se trouvent libérés de la contrainte de suivre un chef (magnifique travail d’Irène Kudela en coulisse), rendant leur jeu naturel. Tout s’allège du coup, dans cette mouture, colorant même le drame naturaliste, par moments, de pointes de comédie ou d’une clarté néo-classique. Il faut dire que la mise en scène d’André Engel brille par son intelligence, donne du sens à l’œuvre, sans rien trahir, révèle et distancie les rapports intimes et secrets entre les personnages. Le décor unique, misérablement kitch, rouge tomette délavé, empile deux espaces, file du jour sinistre à la nuit idyllique, précédant l’orage funèbre. On passe (illusoire « élévation »), de l’enferment familial et maladif, ordonné par une mère tyrannique, à la pseudo-liberté d’un amour éphémère, adultérin, poussant l’héroïne, affolée, vers l’aveu coupable et le suicide annoncé. C’est beau, émouvant... pédago-accessible aux plus jeunes... On en redemande ! JACQUES FRESCHEL Katia Kabanova a été donné les 12 et 13 novembre à La Criée, Marseille Katia Kabanova Richard Schroeder Yen.1l et Sam 111,1an. - 20h30 - lall du MIN Rése frati ! MN rum i c bcrrv. c am AUIJIIURIUM JE ! U1IUW 000 leues sous les Mers Risorvation : 0,4 90 33 96 Bo'Auditorium Jean Moulin Avd,1ooiurn Ion Moului 47Ictcnain dCsisiauEaas 04 250 Le Thar WWW.ARTSVI VAHTSR4.FR



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