Zibeline n°69 décembre 2013
Zibeline n°69 décembre 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°69 de décembre 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 10,8 Mo

  • Dans ce numéro : Méditerranée, mer de notre avenir.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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30 T H É Â TR E Suave Molly chérie Difficile d’entrer de plain-pied dans le matériau brut qu’est le chapitre 18 d’Ulysse de James Joyce, Pénélope, dit le « monologue de Molly Bloom », ultime épisode du roman où Molly s’apprête à sombrer dans le sommeil, toute chaude encore du souvenir du corps de son amant, jambes ouvertes, tête renversée, pensées sulfureuses… Difficile pour le public du Théâtre Liberté qui, semble-t-il, souffrait d’inaptitude auditive -la voix d’Anouk Grinberg, tantôt enjôleuse, tantôt désespérée, requérait une attention sans faille ! - et débarquait sans crier gare dans un texte torride, d’une liberté totale où l’on dit bite pour parler de sexe. Et dans ces années 1920 encore marquées par la guerre, la jouissance et le plaisir féminins sont des sujets totalement censurés, qui plus est évoqués par un homme ! Mais Molly Bloom est tellement gourmande d’amants et d’amour, de reconnaissance, elle, la chanteuse à la carrière sans éclat… D’ailleurs, l’amant qui dort à ses côtés n’est ni premier, ni dernier, ni unique : Déjà expérimenté dans Ma chambre froide par Joël Pommerat (Zib 47), le principe des saynètes surgissant du tréfonds de l’obscurité est à l’œuvre dans La réunification des deux Corées, selon un dispositif scénique bi frontal en lieu et place de l’arène circassienne. Là encore la mise en scène est une broderie méticuleuse et l’interprétation d’une exquise justesse ; là encore l’auteur touche au cœur avec des textes incisifs et des dialogues au cordeau, passant à la moulinette 20 histoires d’amour malheureuses et universelles. La réunion des deux Corées n’a rien d’un exposé de géopolitique, c’est une leçon de vie, un abécédaire de l’intime : une femme décide de divorcer une fois les enfants partis de la maison, préférant la solitude au manque d’amour ; un mariage est avorté pour cause de futur mari volage ; les amours sont contrariées ou impossibles, fantasmées… autant de situations d’une banalité ordinaire Pascal Victor L’amour, ça n’existe pas ! Elizabeth Carecchio Molly Bloom est une femme adultère qui court après la vie « dans une vallée de larmes ». Anouk Grinberg excelle dans cette version minaudière qui oscille entre désenchantement, rêveries adolescentes et réalité poisseuse, jouant de sa voix gouailleuse à la Arletty, imposant sa silhouette fragile sur un lit à barreaux en fer comme unique décor. On regrette donc qu’une partie du public soit resté sourd au texte et à qui, exposées sur un plateau de théâtre, sont cruelles de vérité ! « L’amour, c’est encore plus beau quand c’est compliqué » dit l’un des personnages croqués par Joël Pommerat. À l’entendre, l’amour ne serait que compromis, qu’improbabilité, que souffrance. Un « mariage » impossible de l’irraisonnable et du raisonné, un mélange de gêne et de remords, de soumission et de plaisir, de regret et de désespoir, de honte et d’abjection bâti sur des relations d’une violence explosive au vu des crises d’hystérie qui défigurent les personnages. Un processus de jeu répétitif, et un peu convenu, qui écorne légèrement notre adhésion au spectacle… Bref, il n’y a pas d’issue et peu d’espoir de voir les deux Corées réunifiées. MARIE GODFRIN-GUIDICELLI La réunification des deux Corées a été joué les 28, 29 et 30 novembre au CNCDC Châteauvallon, Ollioules son interprétation subtile, nuancée. Vibrante comme le souffle continu qui traverse Ulysse, et avant lui l’Odyssée d’Homère dont il est la transposition moderne. MARIE GODFRIN-GUIDICELLI Molly Bloom a été donné les 12 et 13 novembre au Théâtre Liberté, Toulon Du particulier au commun La Cie Clandestine propose un spectacle pour enfants, moins petits que ceux à qui elle s’adresse d’habitude, et fondé joliment sur le papier : celui qui se plie, se découpe en ombres et en silhouettes, celui des lettres aussi, conservées. Ester Bichucher y raconte sa propre histoire familiale, faite d’exil au Brésil, d’origines, à laquelle s’agrègent d’autres lettres collectées, et l’écriture de Denis Fayollat qui vient lier le tout. C’est un peu verbeux parfois, et gagnerait à quelques coupures, à s’installer plus franchement dans le temps poétique, à exploiter davantage les recoins imaginaires d’un décor à tiroirs particulièrement réussi. Mais on suit l’histoire avec empathie, parce qu’elle fait forcément lien à la nôtre, et que nous sommes tous faits d’exils reconstruits. Les enfants ne s’y trompent pas, qui écoutent bouche bée, y découvrant des traces de nos fêlures adultes… AGNÈS FRESCHEL Carta Memoria a été joué le 4 décembre au Théâtre Durance, Château-Arnoux À venir du 10 au 13 déc Site-Mémorial du Camp des Milles, Aix 04 42 39 17 11 www.campdesmilles.org du 11 au 14 fév Théâtre de Briançon 04 92 25 52 42 www.theatre-du-brianconnais.eu du 17 au 21 fév Théâtre de Grasse 04 93 40 53 00 www.theatredegrasse.com
Complètement stock… La mise en scène d’Alpenstock, de Rémi de Vos, par Julien Duval, est scotchante. Comédien d’expérience mais metteur en scène presque novice, il parvient à construire un spectacle très personnel, généreux et d’une profonde simplicité. Il faut dire qu’il travaille avec Catherine Marnas depuis des années, comme comédien puis assistant… Il y a trouvé indéniablement le souci de la lisibilité, du jeu aussi, de la drôlerie caustique, qu’il emprunte aussi à Pierre Grosbois Alexandra Tobelaim avec qui il a joué un autre vaudeville décalé, Villa Olga… Mais son Alpenstock n’est en rien une imitation. Le trio fou femme-mari-amant est joué à toute allure, va crescendo, enchainant les répétitions qui s’accélèrent au-delà de l’absurde, vers le délire. Tout va si vite, si follement, qu’on croirait que les comédiens sont des Toons, aussi malléables et indestructibles que Bip Bip et Coyotte… Le raciste, sa femme et le métèque surmembré sont pourtant interprétés sans distance ironique. Comme si vous y étiez, dans cet univers de la blancheur extrême, où le sexe et la mort se confondent en une même jouissance. Le propos, grave si on y regarde bien, agitant des clichés et les énormisant pour mieux les rendre inopérants, est servi à point par trois comédiens virtuoses : Estelle Galarme, sublime dans sa fausse naïveté maniaque traversée d’interrogations philosophiques et de désir irrépressible ; Renaud Deshesdin, qui fait froid dans le dos en mari dominateur obsédé de pureté, puis de meurtre ; quant à Carlos Martins, en amant d’opérette attiré par les ménagères, il est juste inénarrable. Un spectacle réglé comme une horloge, mais qui ne se contente pas de dire l’heure… AGNÈS FRESCHEL Pierre Grosbois p Pierre Grosbois Pierre Grosbois ♦ ale tête le labo volant le campement mathématiques CipUpen.1 Les Ateliers du spectacle. Théâtre, cuisine et mathématiques Parcours spectaculaire perti r de 1 2ans de Mal 41 rue rue FS anço++ mon 13043 Marseille"'. e 65 0+ 95 10 Alpenstock a été créé à La Passerelle, Scène Nationale de Gap, du 12 au 14 novembre À venir les 9 et 10 janv Les Salins, Martigues 04 42 49 02 00 www.theatre-des-salins.fr Pierre Grosbois Fri/ate (a Bette de Hal 41 rue 0+ 95 7,0. nre Fran Sirnon 13043 Ma n 95



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