Zibeline n°69 décembre 2013
Zibeline n°69 décembre 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°69 de décembre 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 10,8 Mo

  • Dans ce numéro : Méditerranée, mer de notre avenir.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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22 T H É Â TR E Ôde à la joie Tout commence par un air de l’Ôde à la joie de Beethoven joué au piano par Jelle Vasterhaeghe et à la flûte par la blonde et impétueuse Pascale Platel. Et lorsque les notes s’envolent, cette dernière se déconcentre comme tous les enfants pour aller dessiner au tableau. Miss Pépé Promptly est heureuse dans son monde parfait uniquement peuplé d’enfants. Elle les invite tous les jours dans son « bar bobard » où elle enseigne « l’art d’être joyeux et libre ». Un jour l’arrivée d’un certain Paulpaul va bouleverser cette vie onirique. Lui c’est son ami d’enfance, qui a aujourd’hui la trentaine, et se fait passer pour un enfant de 6 ans afin d’assister au cours de Bobardement. Au début, elle ne veut/peut pas le reconnaître. Au fil des cabrioles, et d’exercices les plus incongrus qu’elle lui fait subir, il comprend à quel point il est difficile d’être un enfant, et elle de devenir adulte. Dans un décor au style vintage des années 70, c’est la douceur et l’innocence qui prédominent dans l’univers rêvé et déjanté de Pascale Platel. Elle réinvente, avec la complicité de Paul Deloore, une façon désopilante de parler aux enfants de sujets profonds comme la confiance en soi, la peur d’être un enfant, et inversement KipKappen Raymond Mallentjer la difficulté de quitter ce monde pour celui des adultes, qui, lui aussi, offre beaucoup d’autres formes de bonheur. ANNE-LYSE RENAUT Le spectacle KipKappen (bar bobard) a été joué du 21 au 24 novembre au théâtre Massalia, Marseille L’art et la chose Renaud-Marie Leblanc aime à travailler sur des textes qui le dérangent, mais affirment une singularité d’écriture. C’était le cas avec Christophe Pellet, ou Noëlle Renaude, ça l’est encore plus nettement avec Christophe Lollike, auteur danois à l’écriture d’une intensité rare. Mais au propos ambigu. Partant de la phrase choc de Stockhausen après le 11 septembre, qu’il qualifia d’« œuvre d’art la plus grandiose de tous les temps », Chef d’œuvre explore cet attentat suprême, dans une écriture virtuose et fragmentée faisant surgir peu à peu, au milieu des cris de douleur du monde, comme une mosaïque qui s’assemble, la conscience du terroriste, son ivresse et sa haine (justifiée ?) du monde. Au fil de cette progression aussi, comme un écho permanent, le questionnement sur les rapports entre l’art et le réel, la contamination permanente entre la fiction, le virtuel et les actes, et l’effet choc de la transmission mondiale en direct de ce qui ressemblait tant à nos films catastrophe. Monter ce texte n’est donc pas anodin : il travaille juste à la frontière du politiquement très incorrect… Mais Renaud-Marie Leblanc en a une conscience permanente, et sait ce qu’il dit : les passages les plus violents sont dits avec retenue et sans incarnation, à terre, de dos, en mettant l’émotion à distance ; et si la première partie, où l’attentat est vue de l’extérieur, est en pleine lumière, le monologue du terroriste apparaît dans une pénombre explicite, qui laisse entendre la douleur -Gilbert Traina est époustouflant- mais aussi un désaccord profond avec le personnage. La scénographie d’Olivier Thomas est comme toujours parfaite, et la direction d’acteurs un modèle : il faut que ce spectacle, dérangeant mais fort, trouve des producteurs, pour vivre bien au-delà de cette présentation publique ! AGNÈS FRESCHEL Chef d’œuvre a été créé au Théâtre Vitez, Aix, le 13 novembre Cie Didascalies and Co Centième et inauguration Vincent Lucas La dernière sirène de 2013 était aussi la 100e. Le soleil d’hiver brillait, et la bande à Defoort (voir p 20 ou 21) a entrainé un public tranquillement assis dans l’espace public à s’adonner à quelques jeux, comme conceptualiser la chaîne de travail nécessaire pour fabriquer un pied de micro, s’entrainer à agacer les chats méprisants, accompagner le mouvement d’un ascenseur jusqu’à imaginer que tout bouge sauf soi… Un moment délicieux au soleil, qui contrastait semble-t-il avec l’inauguration officielle, quelques jours auparavant, de la Cité des Arts de la rue. Peut-on vraiment, sans sourciller, se réjouir et se targuer de la réussite d’un bâtiment qu’on a mis 17 ans à construire, que l’État n’honore pas de sa présence alors qu’il en est le financeur et l’initiateur principal ? Espérons que cette Cité n’arrive pas trop tard, et que l’art d’espace public qui doit s’y construire y trouve réellement des ressources nouvelles… AGNÈS FRESCHEL La dernière sirène a eu lieu le 4 décembre sur le parvis de l’Opéra de Marseille
Candide et la banlieue Il n’est pas très bon à l’école, perd sans cesse ses papiers, sa carte de bus, n’arrive même pas à tracer une ligne droite. Fragile, comme son prénom, Libellule, il grandit en fond de classe, énigme pédagogique, puis, plus grand, en fond de cave, croise les chemins de personnages peu recommandables, dealer, petits malfrats, tous animés par le désir du départ, pour ailleurs, un ailleurs qui voisine la mort, comme celle de Loula, morte d’une overdose. Sa mère fait des ménages, les murs s’étirent immenses, trop hauts à l’image des obstacles qu’elle affronte ou fuit : elle chasse son fils de sa maison. Lente et inexorable descente aux enfers dans une « conscience de brume » habitée par la tentation du suicide. Les lumières de Bruno Brinas savent avec justesse souligner les étapes de la dramaturgie, ainsi que la musique jouée sur scène. À l’instar du Candide de Voltaire, Libellule devient jardinier, mais municipal. Pour un jardin b personnel, il faut déjà des moyens ! La Compagnie Vita Nova s’en donne à cœur joie dans Au Pied du mur sans porte, texte mis en scène par son auteur, Lazare. (Le texte est publié aux éditions Les Solitaires Intempestifs). Cette épopée connaît certes des longueurs, mériterait un autre rythme ; elle a le mérite cependant de mettre au jour, de dire sous une forme esthétique un sujet brûlant contemporain. Lui répondait l’exposition Ville Monde-Ville Utopique de Moïse Touré, à l’étage, où l’esthétique et la fonction du portrait s’interrogent à partir de photos, de vidéos, et de textes d’auteurs contemporains. Construction d’une identité collective et singulière ? MARYVONNE COLOMBANI Au Pied du mur sans porte a été joué les 21 et 22 novembre au Bois de l’Aune, à Aix Hélène Bozzi Théâtre en doc Soirée particulière au théâtre Vitez avec double projection de documentaires dans lesquels l’envers du théâtre est abordé. Dans Acteurs de Cristal de Yannick Butel, Valérie Dréville évoque son travail. D’abord, « ne pas avoir peur d’avoir peur », ne pas oublier aussi que les acteurs jouent ensemble et en présence d’un public. À la question de l’interprétation, un mot clé, l’action : « Il ne faut pas penser le personnage ou le ressentir, mais agir. » Soulignant que « le texte scénique éclaire le texte littéraire et réciproquement », elle évoque la figure du metteur en scène Grüber qui conseillait « je veux que vous jouiez le cœur chaud et les lèvres froides » alors que Régy suggère « juste rêve à ce que tu dis ». Pour cette « anachorète des plateaux », « le regard des spectateurs va plus loin que nous sur scène, il est question (avant tout) d’humanité. » L’intérêt des propos tenus compensait le manque de rythme du film. Plus enlevé, 1+1=0 « une très courte leçon » de Tadeusz Kantor (Marie Vayssière et Stéphane Nota) racontait les étapes de travail d’un atelier de formation à Charleville-Mézières. Pour le grand metteur en scène, la théorie ne se dissocie pas de la b pratique. Il se refuse aux « recettes », aux conventions normées, au langage codifié des facs. « Je demande l’impossible, quand on le demande on obtient quelque chose ! » On entre de plein pied dans le temps suspendu théâtral, du pur bonheur ! Quel dommage que passer la barrière de sortie de la fac soit ensuite plus que problématique ! M.C. Les deux films documentaires ont été projetés le 3 décembre au Théâtre Vitez, Aix Valérie Dréville, capture d’image tirée du film Acteurs de cristal de Yannick Butel Éclipse b et escargot La Compagnie Demesten Titip poursuit avec bonheur son travail avec l’écrivain Joël Egloff. L’ensemble des textes issus de cette collaboration aura pour titre La Révolution des Escargots et verra le jour en 2014. Après deux temps de résidence réalisés en 2013 au CNCDC de Châteauvallon et au 3bisf d’Aix-en-Provence, deux propositions sont présentées en ce lieu. Gilbert Traina à qui Solenne Keravis donne la réplique, lit L’homme que l’on prenait pour un autre, récit narré à la première personne, construit sur une série d’anecdotes. On pourrait être dans du Jules Renard mâtiné de Desproges. Le quotidien se biaise insensiblement, glisse vers l’absurde et révèle avec finesse les mécanismes des êtres. C’est sur ce même principe que repose la seconde forme, Les ensoleillés. Le motif en est simple : est brossée une galerie de personnages qui attendent une éclipse totale de soleil. Une vieille dame (remarquable Marianne Houspie) engluée dans ses angoissantes et sempiternelles vérifications –est-ce que j’ai bien éteint la lumière, fermé les robinets…- s’aventure malgré les avis défavorables à sortir pour l’occasion. Franchir la porte de la maison devient une épreuve immense. Une jeune mère donne rendez-vous à ses enfants pour voir l’évènement de l’éclipse, son patron la laissera-t-il sortir ? Elle répète la scène avec ses collègues, l’action s’emballe, portée avec brio par Solenne Keravis, souveraine dans le rôle. La mise en scène utilise de nombreux effets, vidéo, lumières, musique, multipliant les plans, doublant de poésie l’ensemble, dans un ballet parfaitement rythmé. M.C. L’Homme que l’on prenait pour un autre et Les Ensoleillés ont été joués les 27 et 28 novembre au 3bisf, Aix À venir Rien à secouer et Les ensoleillés les 7 et 8 mars La Friche, Marseille 04 95 04 95 95 www.lafriche.org 23 P T HO LÉ ÂI T TR I QE U E CULTURE L L E



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