Zibeline n°69 décembre 2013
Zibeline n°69 décembre 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°69 de décembre 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 10,8 Mo

  • Dans ce numéro : Méditerranée, mer de notre avenir.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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20 T H É Â TR E Tarpin kiffant, la phénoménologie ! Quand Antoine Defoort et Halory Goerger germinent, c’est dans le monde des concepts, et c’est sacrément drôle ! Ce Germinal n’a rien à voir avec Zola, ni avec le mois révolutionnaire, ni avec la germination, à moins qu’elle ne soit celle du langage. Le tour de force de ce spectacle est de parler à tous. On s’y délecte de son franc côté burlesque, parce que les quatre comédiens pince-sansrire sont des hurluberlus cultivant leur clown ; on rit des décalages : les personnages sortent du sol, comme ils y trouveraient des truffes, une piscine, des micros, une guitare... soit tout un matériel de théâtre ; on s’étonne de la pertinence des démonstrations linguistiques : tous les stades de construction d’un langage, depuis la phonation jusqu’au classement paradigmatique, y sont mis en œuvre avec une ironie permanente, qui n’a d’égale que leur justesse théorique. Enfin, plus profondément encore, on s’épate de la mise en œuvre formelle : comme Marivaux plongeant ses personnages dans un état de nature pour y étudier la relation et le désir, Antoine Defoort enferme ses hurluberlus dans un espace vierge, ne recélant que quelques accessoires techniques enfouis, à peine des mots, et surtout pas d’incarnation, de passif théâtral. Comme quoi on peut encore, après la post post modernité, trouver du neuf sans retourner en arrière… Tout en faisant rire des lycéens qui, à la sortie, disaient à leur prof « Ah madame, on a tarpin trop kiffé ! » (si si, entendu !) AGNÈS FRESCHEL Germinal a été joué au Merlan, Marseille, du 27 au 30 novembre But !... Récemment installé dans ses locaux rue de la Joliette, le Théâtre de la Mer présente un spectacle pêchu qui emporte l’adhésion des spectateurs. Répartis sur les trois côtés d’un espace central, ceux-ci peuvent suivre -comme au stade ! - les évolutions des joueurs « sur le terrain ». Aux murs, des écrans projettent de temps en temps des publicités de boissons. Trois équipes s’affrontent, trois troupes de théâtre (Théâtre de la Mer, MC d’Amsterdam, ARTA d’Al-Hoceima au Maroc), trois langues, six comédiens, dont une femme (efficace Carole Errante). Le spectacle a demandé des rencontres en amont, un travail personnel puis une mise en commun réalisée par les deux metteurs en scène, Frédérique Fuzibet et Maarten van Hinte. Malgré la réduction importante de l’aide de MP 2013 et le problème des marocains pour Alain Rico obtenir leur visa, la réalisation a pu être menée à son terme et interroge sur les similitudes de comportement des spectateurs et les notions de « jeu » et d’échanges dans le sport et le théâtre. Entraîné dans le jeu, le spectateur se met à chanter en néerlandais sous la direction de l’excellent Koen Kreulen, donne son avis sur Omar Ahaddaf, Carole Erranr, Manuel Diaz et Koen Kreulen Dan Warzy Frieke Janssens Les mille vies d’Orlando Le théâtre de la Joliette créait l’événement en décembre en accueillant pour la première fois à Marseille le grand metteur en scène flamand Guy Cassiers et son adaptation théâtrale d’Orlando, roman souvent qualifié d’« inclassable » de la très peu classable Virginia Woolf. Biographie imaginaire d’un lord anglais né homme, sous le règne d’Elisabeth au XVI e siècle, se réveillant femme en Orient au XVIIIe, pour devenir en 1928 une poétesse reconnue alors qu’elle est retournée dans son pays natal qui a bien changé en trois cents ans ! Un voyage littéraire où les genres se mêlent, un conte initiatique fantastique, parodique, picaresque avec ses reines, princes, ducs, bohémiens, métamorphoses et un héros aux mille et une histoires qui a toujours trente ans. Une vie-fleuve dont Katelijne Damen, blonde, pâle, lumineuse, toute de blanc vêtue, seule sur scène, devient la biographe et le médium. Sa voix caressante chante un néerlandais surtitré, dans un flux continu accroché parfois par un commentaire décalé, humoristique, facétieux. Son corps immobile ou arpentant énergiquement le plateau (découvrant des baskets sous la robe élisabéthaine), foule un plan horizontal composé de quatre dalles mobiles, qui se projette à la verticale sur grand écran. Il y apparaît parfois, en partie : mains, visage, tête, sur fond de cartes anciennes, photos, textes superposés, paysages, identifiables ou grossis jusqu’à l’abstraction. Arabesques bleues, jaunes, orangées, surfaces craquelées, consumées, grattées. Effets kaléidoscopiques, correspondances sensorielles, représentation poétique des fragments disjoints du réel, on est submergés par cette scénographie, admiratifs devant la performance de l’actrice qui, ôtant peu à peu les couches de son costume, clôt l’aventure sur fond blanc, à même le sol, identifiée à celui/celle dont elle a parcouru les vies. ÉLISE PADOVANI 8 é Orlando a été joué du 5 au 7 décembre au Théâtre Joliette-Minoterie, Marseille la participation des femmes. Cela en dit long sur la manipulation des foules... Les acteurs chantent, crient, dansent avec une belle énergie. Des rencontres sont prévues avec des clubs de supporteurs... On se prend à rêver qu’ils soient plus nombreux à franchir les portes de nos théâtres. CHRIS BOURGUE Foot et moi la paix a été créé à l’R de la Mer, Marseille À venir le 20 déc La Distillerie, Aubagne (programmation du Comoedia) 04 42 70 48 38 www.distillerie.theatre-contemporain.net
Projet cofinancé par l’Union Européenne L’Europe s’engage avec le Fonds européen de développement régional Oh les beaux vers… Deux heures trente, une courte éternité pour faire naître un monstre ou plutôt deux : le Néron de Racine et le Britannicus de Xavier Marchand. En un jour en un lieu, et en 1768 alexandrins, un empereur de 19 ans ourdit son premier crime semi-fratricide et tue symboliquement sa mère ; le metteur en scène laisse parler la langue de feu aux césures impeccables et c’est une réussite incontestable dont on oublie trop qu’elle ne va pas de soi. Que voit-on alors qui dérange ou déroute ce confort ? Les acteurs ont à peu près l’âge de leur rôle et c’est là semble-t-il l’essence même de leur jeu : adolescents un peu timides de leurs gestes (les bras ballent, les regards ne se croisent jamais, les déplacements sont presque furtifs) qui disent à leur insu l’ampleur du désastre ; Junie (Marine de Missolz) dans sa blanche tunique courte somnambulise jusqu’au hurlement qui acte l’empoisonnement de Britannicus ; Néron (sensible Joseph Bourillon à qui n’est pas éloigné de plus de deux rangs) se « fait » doucement sans l’emballement exclamatif lié habituellement à son rôle ; les cernes rouges felliniens disent la fréquentation du soleil noir de la mélancolie plus que la cruauté du fauve ; quant à Agrippine (Anne Le Guernec, Bérénice dans le second volet du dyptique à venir), sa majestueuse fureur est davantage contenue dans l’élan noir de sa coiffure de matrone et la hauteur de ses talons que dans sa voix qui fait barrière à la violence. Les deux précepteurs à la lourde perruque tricotée (?) campés dans une radicale antithèse -sage Burrhus, hiératique et monumental dans sa diction et ses déplacements/traitre Narcisse ricanant et gesticulant de mille bras- font encore grincer la machine. Classique, baroque, cathartique, tragique, acidulé à la pointe burlesque de la « furtiva lacrima » de Donizetti ou des cris de mouette poussés dans la lumière sanglante du décor labyrinthe, ce Britannicus discrètement déplacé force l’attention et active les questions sinon les émotions... en attendant Bérénice... MARIE JO DHO Britannicus a été créé du 20 au 28 novembre à La Criée, Marseille À venir Bérénice du 6 au 9 fév Théâtre Joliette-Minoterie, Marseille 04 91 90 07 94 www.theatrejoliette.fr b Eric Reignier MÉDITERRANÉE écHELLES DES TEMPS LE TEMPS DES HOMMES ET LE TEMPS DE LA TERRE En MéDiTERRAnéE à partir du 29 novembre 2013 Villa Méditerranée - Gobi studio EsplanadE du J4/13002 MaRsEIllE www.villa-mediterranee.org Région Provence-Alpes-Côte d'Azur II CENTENAIRES + DE DANSE À MARSEILLE ! LE FESTIVAL DE CULTURE CHORÉGRAPHIQUE LES DE DU SAMEDI 14 AU MERCREDI 18 N I DÉCEMBRE 2013 J I N S K I RENSEIGNEMENTS, RÉSERVATIONS 04 96 11 11 20 — COMPAGNIE@KELEMENIS.FR WWW.KELEMENIS.FR



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