Zibeline n°69 décembre 2013
Zibeline n°69 décembre 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°69 de décembre 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 10,8 Mo

  • Dans ce numéro : Méditerranée, mer de notre avenir.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Dramaturgies arabes, ou dire aujourd’hui 18 T H É Â TR E Hiwarat. La création et la tournée de pièces arabes dans la région viennent éclairer les rapports artistiques qui règnent entre les deux rives… Marseille. Il fallait que ça ait lieu là. On n’a pas conscience, ici, du peu de lien artistique entre Maghreb et Machreq, (ensemble des pays arabes d’Asie et du nord-est de l’Afrique) entre chaque pays. Marocains, Libanais, Tunisiens et Palestiniens se découvrent autant que notre rive les rencontre, et leurs différences sautent aux yeux. Dans leur rapport politique au théâtre, conçu comme un témoignage et une lutte. Dans leurs modes de jeu aussi, incarnés, plus démonstratifs et jouissant du vertige des mots. N’enterrez pas trop vite Big Brother Pierre Grosbois Bye Bye Gillo Al Harah Theater Métissage Sur le grand plateau de la Friche N’enterrez pas trop vite Big Brother, fruit d’une commande à Dris Ksikes, auteur Marocain, par la Cie Parnas. Le texte en français est lyrique souvent, trop abondant parfois, préférant la figure poétique à l’efficacité dramatique, perdant plusieurs fois le spectateur dans ses méandres. La mise en scène de Catherine Marnas contrecarre ces élans par un dispositif résolument frontal et technologique : écrans, vidéos qui débordent, micros, musique… Il faut dire que ce Big Brother met en scène une geek manipulatrice, qui rassemble 20 ans après les habitants d’un immeuble disparu dans un incendie, et représentant la possibilité d’une société libre, où le corps n’est pas honteux et le sexe possible, où la religion n’est pas un poids, où les échanges se tissent hors du capital, entre humains. Mais cet immeuble 48 qui fait penser à l’Immeuble Yacoubian d’Alaa al-Aswany n’est pas nostalgique de cosmopolitisme, et il est dangereux de s’y livrer, dans une société où Big Brother occupe aussi les réseaux… La conclusion vient éclairer, sans doute trop tard, le propos, et la mise en œuvre souffre un peu du décalage entre les habitudes de jeu des acteurs Libanais et Tunisiens, celle des jeunes comédiens de l’ERAC formés autrement, et la volonté perceptible de construire un jeu rythmé et adressé au public qu’ils maitrisent mal. Il n’empêche, l’entreprise est belle, et Catherine Marnas ne renonce à aucun instant à faire acquérir ses exigeantes techniques de jeu… Plongées Sur le petit plateau, deux courtes pièces en arabe surtitré. Deux textes qui reflètent les souffrances de populations en prise directe avec la violence. Bye Bye Gillo du Marocain Taha Adnan, mis en scène par l’artiste palestinien Bashar Murkus, évoque, en une succession de tableaux rapides habillés de musique et de lumière crue, la situation des clandestins en Europe, un état de « guerre permanente ». Sur un plateau en pente, instable comme l’est l’existence d’Al-Jilali alias Gillo (il préfère ce prénom, moins susceptible que l’autre de « se transformer en chef d’accusation »), sur un plateau glissant donc, où dégringolent accessoires et acteurs, trois personnages portent haut la voix de Gillo. Est-il vraiment mort, celui que les deux autres lavent et apprêtent ? Peut-être pas. Mais au moment d’être expulsé de Belgique, c’est tout comme, car il a tout perdu, jusqu’à son nom qui « ne figure nulle part dans vos registres ». Hello veut dire bonjour de Tarek Bacha se déroule dans un café de Beyrouth où Walid est entré et où rapidement la situation dégénère : il abat l’un des clients, prend la serveuse en otage… Du texte, comiquement absurde, qui pointe la banalisation de la violence, Fouad Yammine propose une mise en scène loufoque, avec ses lieux signalés par de grands cartons blancs, ses accessoires en carton aussi, ses postures ridicules (celles du commissaire en particulier) et ses arrêts sur images fréquents, selon les ordres d’un commentateur-metteur en scène-musicien qui règle avec autorité le jeu des trois acteurs-marionnettes (à l’image des civils dans la guerre ?). C’est très réussi, on rit beaucoup… jusqu’à ce que l’ode finale à Beyrouth la victime vienne, maladroitement, casser l’effet explosif de ce texte décalé. AGNÈS FRESCHEL et FRED ROBERT N’enterrez pas trop vite Big Brother (Maroc), Bye Bye Gillo (Maroc) et Hello veut dire bonjour (Liban) ont été représentées à La Friche dans le cadre d’Hiwarat du 26 novembre au 1er décembre, au Sémaphore à Port-de-Bouc les 29 et 30 novembre, à La Passerelle à Gap les 3 et 4 décembre, Les textes en édition bilingue arabe/français sont disponibles grâce au partenariat mené par La Friche avec les Editions Elyzad (Tunisie). Le texte de Dris Ksikes est édité en Français aux éditions Riveneuve. À venir : N’Enterrez pas trop vite Big Brother est joué le 7 déc au Théâtre de Grasse, le 11 déc au Théâtre Liberté à Toulon et le 13 déc au Théâtre de Cavaillon ; Hello veut dire bonjour est joué le 5 déc au Théâtre de Grasse, le 10 déc au Théâtre Liberté à Toulon ; Bye bye Gillo est joué le 10 déc au Théâtre de Cavaillon et le 12 déc au Théâtre de Cavaillon. D
Amour mystique et haine terrestre La jeune Violaine est atteinte de la lèpre après avoir donné un baiser de compassion au lépreux Pierre de Craon. Son projet de mariage avec Jacques Ury se brise au profit de sa soeur Mara. Ivan Romeuf voulait monter L’annonce faite à Marie depuis longtemps. Plus que de transmettre le propos mystique de Paul Claudel qui attend la gloire dans l’au-delà, Romeuf insiste sur l’amour, charnel ou éthéré, et sur la violence ressortant de la jalousie. Mara profite de la lèpre de sa sœur pour lui voler son fiancé Jacques. Puis elle la tuera ne supportant pas que sa fille morte renaisse avec les yeux et le sourire de Violaine. Joué dans un tout petit espace, le grand classique de Claudel change de couleur, et atteint une intimité toute particulière. Les comédiens se déplacent dans un décor vide, avec des accessoires simples faisant comprendre les lieux où se déroulent les différentes scènes. La lumière vive au début devient de plus en plus sombre au fil de la pièce, tout comme les costumes qui semblent s’abimer comme pour montrer Violaine dépecée par la lèpre. Bien que Christiane Robin contraint à se déplacer exclusivement de côté sur la scène, les comédiens s’approprient l’espace, et le texte, la pièce de Claudel, se voit et s’écoute comme une poésie en mouvement, une plongée dans l’âme humaine, ses orgueils, ses douleurs et ses doutes. Seule Mara caricature son personnage au point d’en faire une méchante sans scrupules ni remords. ALICE LAY L’annonce faite à Marie, o mise en scène par Ivan Romeuf, est créée au Théâtre de Lenche, Marseille, et se joue jusqu’au 25 décembre L’Amérique et les juifs Ce qu’il y a de profondément singulier dans Fuck America d’Edgar Hilsenrath, c’est qu’il remet en cause l’idée reçue d’une Amérique sauvant et accueillant les Juifs après la Shoah. Jakob Bronski, petit juif sans moyen échappé du cauchemar qu’il refoule obstinément, vit d’expédients, de frustrations, de mauvais sexe et de misère. Seule l’autodérision le fait tenir dans la violence économique d’une Amérique incapable de prendre en compte son évidente inadaptation sociale. Le texte dans sa crudité et sa proximité entre narrateur et auteur fait penser à Bukowski : la consonance avec Bronski ne peut qu’être, pour ce roman allemand écrit en 1980, qu’une référence. Mais il chemine vers ailleurs, vers le moment où le souvenir remonte enfin, le traumatisme, comme une explication à cette distance à la vie que Bronski ne peut s’empêcher d’installer, qui lui donne son humour, son pouvoir d’écrire, mais aussi son douloureux rapport aux putes, et au monde. Haïm Menahem rend parfaitement compte de ce cheminement, fait d’écriture, par une spirale de papier où il tourne jusqu’à atteindre le centre des choses. David Rueff, aux saxophones, accompagne son parcours, passant d’accents Klezmer à du free jazz, mêlant les deux univers évoqués et les saupoudrant de figuralismes. L’accent très séfarade de Menahem sonne étrangement pour ce Jakob du nord et décale un brin la judaïté, mais cela est fait si simplement qu’on l’oublie très vite et que l’on rit, que l’on écoute, jusqu’à l’émotion finale construite tout au long du parcours. AGNÈS FRESCHEL Fuck America a été créé au Théâtre de la Joliette-Minoterie, Marseille, du 21 au 29 novembre ARTS f ciRQuEsi bAN.%,. BOIS AUNE I ` +" AliER 2014 MX-EN-PR.VIE NC CiI Meta Marhurmboli, w 4f I4 I Thabai Alla NOUS SOMMES PARE1115 A CES CRAPAUDS {elrgum 8 dansa.'Nn a. YendredllTjaoNarGLUh3ü SamaviI 18 Ilanrulrr a i9h30 +N { 40FP Philippe Houssin RE POE I GNEHEFl7S ET fl aïERYATIOMS 04 42 93 RS44 www.xgglo-payrdahs.fr Sols de l'A,me 1" place victor Schadchrr - A4x-enProvevsc#



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