Zibeline n°68 novembre 2013
Zibeline n°68 novembre 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°68 de novembre 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 9,8 Mo

  • Dans ce numéro : comment l'État aide la presse ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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70 L I T T É R A T U R E Les voix de la jeunesse Après une première soirée très réussie en septembre, les deux jeunes productrices radio Aurélie Charon et Caroline Gillet ont récidivé avec XXI : notre siècle, nos printemps. Une expérience publique de « radio live en 3 D », c’est-à-dire avec sons, discussion et dessins. Les sons, ils sont extraits de leurs séries radiophoniques réalisées pour France Inter (dont l’excellent Welcome Nouveau Monde qu’on peut écouter sur le site de la radio) et agrémentés de quelques vidéos. La discussion, c’est celle, tout en finesse, que mène le duo avec les invités du jour. Quant aux dessins et photomontages, ce sont ceux qu’Amélie Bonnin réalise en live sur tablette graphique. Une jolie performance technique, dont la préparation a sans doute été méticuleuse et dont on salue la fluidité et le naturel. Ce soir-là étaient réunis sur le plateau, pour évoquer leurs « printemps » à eux, Abdou d’Alger, Stav de Jérusalem (Stav est aujourd’hui la plus jeune élue à la Knesset, le parlement israélien), Amer et Sara, un jeune couple syrien exilé depuis peu à Paris ; grâce à une liaison Skype, on a aussi pu voir et entendre Aylin en direct d’Istanbul. Partout dans le monde méditerranéen, à Taksim, à Tel-Aviv (lors de ce que l’on a appelé « l’été israélien ») et ailleurs, malgré la censure, les arrestations, la torture parfois, une jeunesse sans peur affirme sa volonté d’en finir avec Sucré salé les régimes liberticides et l’injustice. Ce sont ces voix, des voix de jeunes de leur âge, que les réalisatrices nous ont permis d’entendre. Comme autant de contrepoints aux discours officiels sur les « printemps arabes ». Et on regrette beaucoup que le public ait été si clairsemé ce soir-là à la Villa Méditerranée. FRED ROBERT L’émission de radio live XXI : notre siècle, nos printemps a été réalisée le 26 octobre à la Villa Méditerranée, dans le cadre du cycle L’histoire autrement (lire également p.76) Les émissions d’Aurélie Charon et Caroline Gillet sont à écouter sur www.franceinter.fr Villa Méditerranée, Marseille 04 95 09 42 52 www.villa-mediterranee.org Welcome Futur Amélie Bonnin L’info graphique En amont du festival Les Littorales, Franck Bourgeron est venu présenter à la librairie La Réserve à Bulles le premier numéro de La Revue Dessinée, un mook trimestriel « 100% info, 100% BD ». Parce qu’il est un admirateur inconditionnel de XXI (il y a fait référence à de nombreuses reprises au cours de la rencontre), parce qu’il est convaincu que la BD est « un outil graphique formidable pour raconter le réel », Bourgeron a entraîné dans ce projet cinq autres auteurs de bande dessinée, qui détiennent aujourd’hui 80% du capital de l’entreprise, histoire de garder leur indépendance. Initialement, ce devait être une revue numérique avant tout (3,50 euros le numéro) ; mais les ventes en ligne ayant été décevantes (pour le moment), c’est sur La Revue version papier que les espoirs reposent. De fait, ce numéro remplit le cahier des charges : des écoles graphiques très diverses et des sujets d’actualité qui parlent à tous. On peut ainsi naviguer d’une très sérieuse enquête au long cours sur les gaz de schiste à l’évocation humoristique de la Ménagerie du Jardin des Plantes, d’un reportage sur « le prix de la terre » (ou des obstacles auxquels doit faire face tout jeune agriculteur désirant s’installer) à une excursion dans les terres australes à bord d’une frégate de la Marine Nationale, la liste est loin d’être exhaustive. Sur 226 pages, on croise aussi des exilés du Congo et du Rwanda, Salvador Allende, un skateur, un prof de sémantique, un viking percussionniste… Une revue énergique et engagée. À découvrir ! FRED ROBERT Grains de sel, le festival aubagnais « du livre et de la parole de l’enfant » est cette année labellisé MP2013 et a en conséquence renforcé sa programmation. Pour sa troisième édition, l’inépuisable thème de la famille a été retenu, et ce sont donc 50 maisons d’édition jeunesse, 25 ateliers, des expositions, des spectacles qui occuperont le centre ville pendant 4 jours. De multiples occasions pour les jeunes et moins jeunes de faire au choix l’acquisition d’un livre pop-up pour s’initier à l’oeuvre de Kandinsky, de rencontrer Axl Cendres, auteure d’un roman-feuilleton produit spécialement à l’occasion de la Capitale culturelle, ou encore de participer à une création collective lors de la Fête Foraine Graphique orchestrée par les Ornicarinks. Revisiter l’Encyclopédie de Denis Diderot sera également possible, avec Franck Prévot, ou bien partir à la conquête de l’espace en compagnie de l’astrophysicien Alain Doressoundiram. Les besoins spécifiques Grains de Sel Marc Munari, Ville d’Aubagne des ados et tout-petits seront comme chaque année pris en considération, avec en particulier l’histoire de Bouli Miro pour les premiers au Comoedia, et le spectacle Dans la lune par la Cie Tatem au Bras d’Or, destiné à un public de 12 mois à 3 ans. Une « Bulle » mangas, BD, romans accueillera les grands, tandis que la Véranda des enfants enchantera les bambins. Toutes générations confondues ne manqueront pas les 4 expositions programmées, avec notamment des planches originales de Claire Franek, illustratrice de l’album Le jeu de cette famille paru aux éditions du Rouergue. GAËLLE CLOAREC Grains de sel aura lieu à Aubagne, divers lieux du 14 au 17 novembre 04 42 18 17 77 www.aubagne.fr Franck Bourgeron était invité à La Réserve à Bulles le 17 octobre Bourgeron et Chris étaient présents sous le chapiteau des Littorales du 18 au 20 octobre La revue dessinée automne 2013, 15 euros Renseignements et abonnements sur www.larevuedessinee.fr AIl[iAe. LI 06" 41 eezw 4 iAGS Ve ronm*awue
Art, argent, mondialisation Quand la crise se déclarait en 2008 et infectait les sociétés à l’échelle de la mondialisation, pendant que le marché international de l’art contemporain continuait -jusqu’à aujourd’hui- de flirter avec les résultats insolents de l’industrie du luxe, en 2009, à Marseille, un colloque tentait d’en détricoter les tenants et aboutissants pour le domaine de l’art et la culture. Cinquième volet du cycle « L’histoire de l’art en question(s) », L’art, l’argent et la mondialisation sous la direction de l’économiste Nathalie Moureau et l’historien de l’art Jean-Noël Bret, restitue les différentes participations et réflexions amenées par ces rencontres 1. Des économistes, sociologues, philosophes, un critique d’art et un artiste tracent les linéaments complexes du phénomène. Galeries, foires, biennales, rôle des institutions publiques d’état et européennes, commissaires, historiens, collectionneurs (grands), critiques, comment par divers canaux chacun participe à la consécration de certains artistes, valorisent les collections (grandes) privées et leurs propriétaires comme autant de valeurs, infléchissant aussi la gouvernance des établissements culturels et patrimoniaux (l’exemple de la Rmn/Réunion des Qui selon qui Spécialisées et reconnues dans l’alternative écologique, les éditions Wildproject se fourvoiraient-elles lorsqu’elles s’intéressent à l’art contemporain phocéen ? Pourtant dans le domaine de la musique À fond de cale et M.A.R.S., respectivement pour une histoire du jazz et du hip hop à Marseille, étaient plutôt réussis dans la même collection « À partir de Marseille ». Qui est qui (sans point d’interrogation), formes et figures de l’art contemporain à Marseille rappelle dans la première partie du titre un jeu télévisé à succès où il fallait deviner des personnalités de divers horizons mais fonctionne à la fois comme les Ripolin et sur le principe des portraits croisés. Untel présente untel qui présente à son tour un(e) autre. Ainsi se succèdent hommages, petites chroniques, anecdotes du monde de l’art contemporain phocéen lié principalement au réseau Marseille expos. Défilent des artistes, musées nationaux selon Guillaume Montsaingeon) vers une conception managériale propre aux grands domaines industriels et financiers, l’artiste devenant un véritable entrepreneur porté aux nues de la réussite. La photographie a réussi l’épreuve du marché note Dominique Sagot-Duvauroux. Le cas de la Chine pour Alain Quemin incite à « reconsidérer les théories sur la globalisation culturelle ». Pour l’artiste Raoul Marek la culture mondialisée « repose […] sur la variété des cultures et la qualité des échanges ». Cependant Nathalie Heinich rappelle que derrière la crise financière subsiste une crise des valeurs (immatérielles). « Les artistes sont-ils encore susceptibles de créer indépendamment du système économique ? » s’interroge Marine Crubilé. Un bouquin indispensable, sobre, mais foisonnant jusqu’aux notes de bas de page. CLAUDE LORIN 1 organisées par les associations A.C.C. (art, culture et connaissance) et l’AEPHAE (association euroméditerranéenne pour l’histoire de l’art et l’esthétique), les 29 et 30 octobre 2009, Bibliothèque municipale à vocation régionale de Marseille des responsables de structures et autres acteurs d’hier et d’aujourd’hui. Sont convoquées des figures emblématiques qui ont assurément compté pour la promotion et la diffusion d’un art actuel. Une histoire (très) parcellaire peut ainsi se tisser de proche en proche, les uns se reconnaissant, les non initiés se les imaginant, l’ouvrage étant exempt d’illustrations. Cependant suivant un tel florilège, un tantinet people ou frisant l’autopromotion comme chez Triangle, il ne faut pas s’attendre à quelconque mise en perspective ou recul critiques sauf par endroits, quand PedroMorais rappelle la spécificité et les limites des structures associatives de l’art contemporain local. Le danger d’une telle publication serait de conforter la rumeur de l’entre-soi marseillais. Et on se demande vraiment à qui s’adresse la seconde partie en anglais ? À moins de parier Raconter la ville La littérature écrite et visuelle consacrée à Marseille n’a cessé de s’enrichir particulièrement avec cette année Capitale de la culture. En suivant ses fragments d’une ville, puisés dans un fonds personnel constitué entre 1996 et 2012, Sylvain Maestraggi donne à voir une ville parcourue dans ses moindres recoins, hors des visions et circuits pittoresques, au plus près des lieux et des gens, vernaculaire voire triviale. Le regard de l’auteur s’avère plus humaniste que documentaire rappelant les photographes de la street photography. La réalisation, libérée des contraintes éditoriales habituelles grâce à un financement par crowdfunding a permis au photographe et à la graphiste Florine Synoradzki de concevoir une maquette épurée laissant toute la place aux images. Celles-ci, près d’une centaine presque toutes présentées à l’horizontal et proches du format 9x13, se succèdent comme un montage cinématographique parcellaire et elliptique mais suggérant un récit plus englobant. Sauf une courte citation de Walter Benjamin et la liste d’une quarantaine de lieux, l’ouvrage ne comporte aucun texte, pagination, ni légende et datation. Ainsi décontextualisées, certaines photographies ouvrent cette déambulation vers d’autres lieux pour prendre une signification plus universelle mais non idéalisée. CLAUDE LORINr,aT, k'srtaYr 1 5umsrxhl7utttF4 ikea



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