Zibeline n°68 novembre 2013
Zibeline n°68 novembre 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°68 de novembre 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 9,8 Mo

  • Dans ce numéro : comment l'État aide la presse ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 6 - 7  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
6 7
Les musées de Marseille : 6 P O L I T I Q U E CULTURE L L E Longchamp, Borély, Musée d’histoire, Cantini… Les réouvertures se succèdent en 2013, et les visiteurs sont là I l était temps. Marseille, deuxième ville de France et capitale méditerranéenne, était fâchée avec la pratique du musée. La plupart des 10 musées gérés par la Ville, dont huit sont labellisés Musées de France depuis 2003, ont connu des périodes de fermeture ou de sommeil dommageables. 220 000 visiteurs en 2012, 280 000 visiteurs au meilleur de la fréquentation des le renouveau années 2000, c’est peu : les musées des Beaux Arts de Lyon, Rouen ou Montpellier comptabilisent chacun, à eux seuls, 300 000 entrées annuelles. Et les expositions du MuCEM ont rassemblé en 4 mois plus de 400 000 visiteurs. Mais cela change ! La pratique du musée et de l’exposition, boostée par l’année capitale, est en forte hausse y compris dans les établissements municipaux : pour les 9 premiers mois de 2013, alors que les quatre musées rénovés viennent à peine de rouvrir, les 10 musées de la Ville comptabilisent 530 000 entrées 1, dont 220 000 pour l’exposition le Grand Atelier du Midi au Palais Longchamp. Une telle évolution est remarquable, d’autant plus qu’elle veut s’inscrire dans le temps : les grandes expositions vont continuer en 2014, les conférences, ateliers pédagogiques et projections se multiplient, animant des musées jusqu’alors silencieux. Et les rénovations sont réussies. Au Musée Borély les collections de faïence et d’art décoratif voisinent avec des œuvres contemporaines pertinemment mises en perspective. Le Musée d’histoire de Marseille recèle des trésors uniques et se visite agréablement. La restauration du Palais Longchamp est chaleureuse, ce qui est un exploit dans ces salles monumentales, et dans les réserves des collections exceptionnelles se cachent… qui seront exposées dès janvier. Une marge de progression D’autres trésors, qui s’exposent dans les collections permanentes, ne sont pas assez connus des Marseillais. Si les Inaugurations et Portes ouvertes rassemblent du monde, la fréquentation régulière reste en-deçà des attentes : ainsi le Musée d’histoire de Marseille a rassemblé 30 000 visiteurs en un mois, dont 16 000 pendant les trois jours d’ouverture. Soit 500 visiteurs par jour « seulement » le reste du temps. De même, 80 000 visiteurs ont fréquenté La Vieille Charité, dont 45 000 pour les expositions temporaires. Pourtant le Musée d’archéologie possède des antiquités égyptiennes rares, et le MAAOA, sigle barbare désignant le Musée d’arts africains, océaniens et amérindiens, cache quelques pièces que le Quai Branly nous envie, et qui complètent fort bien les collections du MuCEM. De même le premier étage du Musée Cantini, peu fréquenté même lorsque le rez-de-chaussée accueille l’expo César (prolongée jusqu’en mars) : il dresse un panorama du XX e siècle qui mérite largement qu’on monte les marches… Quant au MAC, excentré, et au Muséum d’histoire Naturelle, qui nécessite une rénovation, ils ne rassemblent que 25 000 ou 28 000 visiteurs pour des expositions aussi exceptionnelles que Le Pont ou Lumières. Les nouveautés Mais la Ville « y travaille », nous répond Sébastien Cavalier, directeur des affaires culturelles qui a mis en place ce renouveau enfin ambitieux. À côté des collections permanentes à redécouvrir, la Ville de Marseille prévoit en 2014 des grandes expositions. Visage : Picasso Magritte Warhol, sur le portrait au XX e siècle, se déploiera à la Vieille Charité dès février, complétée par les canons de la beauté antique au musée d’archéologie. Puis cet été Cantini se focalisera sur Paul Delvaux et ses femmes nues errant dans des paysages glacés… Des dispositifs pédagogiques nombreux, destinés aux scolaires et aux familles, permettront, de Grobet Labadié jusqu’au Préau des Accoules, de comprendre l’art et l’histoire par la pratique. Et un Pass musées annuel, enfin, verra le jour : pour 30 €, ou 20 € au tarif réduit, le visiteur pourra entrer dans tous les musées de la Ville de Marseille, expositions temporaires et collections permanentes, pendant un an ! Une idée cadeau pour Noël ? AGNÈS FRESCHEL 1 Musée Cantini, MAC, Musée Longchamp, Musée Borély, Grobet Labadié, Musée d’histoire Naturelle, Vieille Charité, Docks romains, Préau des Accoules et Musée d’Histoire de Marseille www.marseille.fr 2013, ça rapporte Le déficit annoncé de l’exposition le Grand Atelier du Midi est moins grand que les prévisions estivales ne le laissaient supposer. La fréquentation s’est améliorée durant les dernières semaines, et si elle n’a pas atteint les objectifs ambitieux fixés par la RMN 1 l’exposition ne plombe pas les finances de MP2013. Le personnel ayant été nettement réduit depuis septembre, des économies notables ont été réalisées, et les collectivités ont voté un budget de liquidation 2014 de 1.25 million d’euros. La situation semble donc nettement assainie, et la Chambre de Commerce ainsi que les professionnels du tourisme se félicitent d’une année capitale excellente pour les finances… privées. Reste que ce sont essentiellement les subsides publics de la culture qui ont été dépensés, et que 2014 sera difficile pour le monde culturel si les secteurs qui ont bénéficié de la capitale culturelle ne lui rendent pas la monnaie de sa pièce ! A.F. 1 Réunion des musées nationaux
Pourquoi ils croient à la culture, ou le grand malentendu La Semaine économique de la Méditerranée portait cette année sur la Culture, envisagée comme un facteur de développement économique Jacques Pfister Agnès Mellon Dès l’entrée le débat est faussé. Les acteurs de l’économie se félicitent du succès économique de la capitale culturelle : or au sens propre, l’économie de la culture se mesure en capital culturel, c’est-à-dire en création de richesse culturelle et en transmission de la richesse créée. Une enquête de satisfaction, après une capitale culturelle, devrait demander « vous sentez-vous plus cultivé ? », et aux artistes « avez-vous créé des œuvres transmissibles ? ». Or on mesure le succès en visiteurs des manifestations culturelles, voire en nuitées touristiques. En ratio économique : 1 euro investi pour la culture (par qui ? les collectivités) rapporterait 6 ou 10 euros au territoire (à qui ? aux entreprises et commerces). Ce que le citoyen y gagne, en culture, n’est pas mesuré. Pas plus que ce que les acteurs culturels y perdent. La première table ronde fut inaugurée par Androulla Vassiliou, commissaire européenne chargée de l’Éducation et de la Culture, qui se réjouit de la levée d’un « tabou » : « Il est permis aujourd’hui de parler de la fonction économique de la culture sans soulever de protestation. » « Cela ne veut pas dire que nous devons l’y réduire » concéda-t-elle dans une brève parenthèse qui ressemblait à un déni. Car de culture il ne fut plus jamais question. Mais de bénéfices immédiats en terme de « nouvelles audiences », des fonds européens qui permettent le développement (la part de l’Europe dans le financement des capitales européennes est très faible…), de milliers d’emplois créés sur le long terme, de territoires qui ont « refleuri » grâce au label européen : 20% d’emplois créés à Liverpool, 28% à Sibiu… Carlos Martins, intervenant dans la table ronde suivante, souligna davantage les bénéfices sociaux de la capitale portugaise (Guimaraes, capitale 2012) sur la population jeune (50% de moins de trente ans) et dans une petite ville qui a vécu une expansion ; tandis que Jacques Pfister, président de MP2013 et de la Chambre de Commerce, s’attacha à souligner qu’une coopération nouvelle était née entre les villes et les collectivités, une manière de travailler ensemble dans un intérêt commun. Quant à Bertrand Collette, chargé de mission Grands chantiers de MP2013, il rappela le travail accompli en 7 ans, la structuration du territoire, les équipements : 660 millions ont été investis pour remodeler le visage culturel de la région, 45 établissement ont été réalisés, rénovés ou étendus. Le budget de MP2013 pour son fonctionnement et la production d’événements (100 millions, dont 15 par des entreprises) a eu un effet évident sur le tourisme, les transports, la notoriété de la région, et a « transformé les habitudes culturelles des habitants » : 3.7 millions de visites ont été comptabilisées à la mi-octobre, pour les expositions (1.8 million, ce qui est exceptionnel), les spectacles, concerts et projections, et les manifestations populaires dans l’espace public (1.6 million de visites). Quant au directeur du MuCEM, Bruno Suzzarelli, il ne pouvait que se féliciter, le succès du MuCEM étant inespéré. Ce premier bilan semblait donc idyllique. Pourtant, interrogés sur la baisse des subventions des collectivités, qui avaient signé l’engagement de ne pas diminuer les subventions courantes pour financer la capitale, ils bottent en touche. Jacques Pfister répondant que ça n’est pas de son ressort, Bertrand Collette que « les engagements ont été tenus sauf à la marge ». Une fois encore les acteurs culturels sont renvoyés à leur place... Quant à savoir si la Capitale Culturelle a permis d’accroitre la culture méditerranéenne des habitants… Jamais les prévisions électorales n’ont donné le Front national aussi haut, ce qui est un très mauvais indicateur d’une culture méditerranéenne partagée, et de l’exercice éclairé d’un esprit critique, que toute entreprise culturelle devrait viser. AGNES FRESCHEL La semaine économique de la Méditerranée s’est tenue du 5 au 9 novembre à la Villa Méditerranée, Marseille 7 P O L I T I Q U E CULTURE L L E 1/z Voe e No t l opti vie II N.Q Mercredi 4 décembre - 10h & 16h THEATRE D'IDELIET (dès 8 ans] Carta MemoriaL. Compagnie Ciandestine -...oitunowl Terre tamale te th64itre DURA cr6ati- on Samedi 14 décembre - 21h DANSE OLICES ! Chateau-Arnoux/Saint-Auban (04) - www.theatredurance.fr - 04 92 64 27 34



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


Zibeline numéro 68 novembre 2013 Page 1Zibeline numéro 68 novembre 2013 Page 2-3Zibeline numéro 68 novembre 2013 Page 4-5Zibeline numéro 68 novembre 2013 Page 6-7Zibeline numéro 68 novembre 2013 Page 8-9Zibeline numéro 68 novembre 2013 Page 10-11Zibeline numéro 68 novembre 2013 Page 12-13Zibeline numéro 68 novembre 2013 Page 14-15Zibeline numéro 68 novembre 2013 Page 16-17Zibeline numéro 68 novembre 2013 Page 18-19Zibeline numéro 68 novembre 2013 Page 20-21Zibeline numéro 68 novembre 2013 Page 22-23Zibeline numéro 68 novembre 2013 Page 24-25Zibeline numéro 68 novembre 2013 Page 26-27Zibeline numéro 68 novembre 2013 Page 28-29Zibeline numéro 68 novembre 2013 Page 30-31Zibeline numéro 68 novembre 2013 Page 32-33Zibeline numéro 68 novembre 2013 Page 34-35Zibeline numéro 68 novembre 2013 Page 36-37Zibeline numéro 68 novembre 2013 Page 38-39Zibeline numéro 68 novembre 2013 Page 40-41Zibeline numéro 68 novembre 2013 Page 42-43Zibeline numéro 68 novembre 2013 Page 44-45Zibeline numéro 68 novembre 2013 Page 46-47Zibeline numéro 68 novembre 2013 Page 48-49Zibeline numéro 68 novembre 2013 Page 50-51Zibeline numéro 68 novembre 2013 Page 52-53Zibeline numéro 68 novembre 2013 Page 54-55Zibeline numéro 68 novembre 2013 Page 56-57Zibeline numéro 68 novembre 2013 Page 58-59Zibeline numéro 68 novembre 2013 Page 60-61Zibeline numéro 68 novembre 2013 Page 62-63Zibeline numéro 68 novembre 2013 Page 64-65Zibeline numéro 68 novembre 2013 Page 66-67Zibeline numéro 68 novembre 2013 Page 68-69Zibeline numéro 68 novembre 2013 Page 70-71Zibeline numéro 68 novembre 2013 Page 72-73Zibeline numéro 68 novembre 2013 Page 74-75Zibeline numéro 68 novembre 2013 Page 76-77Zibeline numéro 68 novembre 2013 Page 78-79Zibeline numéro 68 novembre 2013 Page 80