Zibeline n°68 novembre 2013
Zibeline n°68 novembre 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°68 de novembre 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 9,8 Mo

  • Dans ce numéro : comment l'État aide la presse ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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56 A U PRO G R A M M E C I N É M A Burlesque en musique Pour cette 9e édition du Fimé (Festival International des Musiques d’Écran), les organisateurs ont axé sur la thématique du rire, à la recherche de chefs-d’œuvre du muet, évitant coups de pieds aux fesses et peau de banane ! Buster et Harold La première a eu lieu le 1er novembre au cinéma Royal, à Toulon. Quel plaisir de redécouvrir l’acteur extraordinaire Harold Lloyd dans le film de 1923 de Fred Newmeyer : Monte là-dessus (Safety last). 70 minutes de dynamisme, d’émotion, de quiproquos, de cascades, dont la scène mythique où Harold est suspendu aux aiguilles d’une horloge sur le toit plat d’un immeuble, la caméra en plongée donnant l’illusion du vide ! Le trio jazz, Laurent Marode, piano, Karim Gherbi, contrebasse, Abdesslem Gherbi, batterie, devant l’écran, a travaillé en découpant chaque séquence, apprenant par cœur le déroulement : « La partition, c’est le film » dira le pianiste, à l’interprétation très physique et sensible, millimétrée, où la part d’improvisation… cadrée, permet de beaux moments de magie : mélodique, rythmique, accords lents Blues ou guirlandes Boogie, une deuxième vie par la rencontre musique-image. Deuxième soirée : l’Opéra de Toulon est le cadre majestueux de la projection du film de Clyde Bruckman : Le Mécano de la General, 1927. Un ciné-concert grandiose avec l’orchestre symphonique de l’Opéra, dirigé par Alexandre Myrat, jubilant sur une musique originale de Joe Hisaishi. Buster Keaton (Johnny), se lance seul à la poursuite d’espions nordistes qui se sont emparés de sa bien-aimée et de sa locomotive ! Sur fond de guerre de sécession le burlesque est toujours présent, sublimé par un Keaton étonnant avec son air de chien battu. La musique d’Hisaishi est puissante, lyrique, deux grands thèmes, binaire et ternaire s’opposent en une immense fresque symphonique où les variations et les Leitmotive permettent de mémoriser personnages et lieux principaux. Le public, ravi, fait un triomphe. Chaplin, Resnais et Jarman À 24 ou 25 images seconde, un film de Chaplin ressemble toujours plus ou moins à un marathon. Forts de ce constat, les quatre chanteurs des Voix Animées, groupe à géométrie variable dirigé par Luc Coadou, ont décidé de relever le défi en revisitant avec un plaisir non dissimulé une quantité non négligeable de tubes, thèmes savants ou populaires, sur une partition arrangée au millimètre pour quatre voix distinctes par Alexis Roy. Cette création vocale, Le Mécano de la Général X-D.R Charlot, Octave et Bobine donnée le 6 novembre au théâtre Marélios de La Valette, construite sur des onomatopées et vocalises enveloppées dans une mise en scène loufoque et diablement efficace de Jean-Christophe Mast, soulignait avec pertinence le propos comique des images des deux courts-métrages retenus pour ce concert. The Adventurer et Easy street projetés en version restaurée en étaient comme rehaussés : une belle tranche de rire pour petits et grands. Le 7 novembre, exit le format comique pour une carte blanche au label Optical Sound à Hyères dans la piscine de la Villa Noailles, pour une atmosphère arty et branchée. Fleuron du label, Scanner, alias Robin Rimbaud, musicien britannique officiait derrière son laptop mixant sur des courts étonnants d’Alain Resnais et Derek Jarman. Son set, aux harmonies lancinantes et hypnotiques gorgées d’infrabasses enveloppantes et de nappes statiques donnait aux images un caractère lunaire, plongeant le spectateur dans une forme d’apesanteur, vagabondant d’un univers livresque (la BNF) à une usine de pétrochimie (Pechiney) dans une étrange tranche de rêve. YVES BERGÉ et ÉMILIEN MOREAU La 9 e édition du Fimé a eu lieu du 1 au 10 novembre Max Linder renaît ! William Benedetto, directeur du cinéma l’Alhambra, était heureux de célébrer Max Linder (1883-1925), maître du burlesque, dans le cadre des cahiers de vacances de MP2013 le 5 novembre (voir p.18). Un défi étonnant proposé par Raoul Lay, directeur de l’Ensemble Télémaque, à trois jeunes compositeurs : poser une musique actuelle sur trois courts-métrages de 1912 ! La Turque Asli Kobaner compose sur Max a peur de l’eau ; Kasia Glowicka, Polonaise, sur Amour Tenace et KarlFiorini, Maltais, sur Entente cordiale de et avec Max Linder, dont les gestes, expressions, entre énergie et souplesse, influencèrent tant Chaplin. La beauté des images, des mouvements, de la lumière inspirent l’excellent trio instrumental : Linda Amrani, clarinette, Solange Baron, accordéon, Christian Bini, percussions, jouent en direct devant les films et le résultat est saisissant ! On rit, on écoute, on colle aux images, on boit du petit lait devant la graphie si raffinée des billets centenaires. La musique dans son ensemble est tonale, mais des appuis très contemporains, acérés sur des scènes mythiques, montrent le talent des compositeurs. Ce n’est pas de la musique Bon anniversaire Max X-D.R descriptive mais une narration mélodique, rythmique, harmonique, fascinante de poésie et d’énergie qui collent au personnage de Max, gentleman cabotin. Leitmotiv thématique riche, modes de jeux, couleurs appropriés… le cinéma muet a cent ans et plus une ride ! Au lendemain de l’inauguration du PIC à l’Estaque (voir p.17), une dynamique de quartier s’installe, belle parade aux idées sombres. YVES BERGÉ Bon anniversaire Max ! le 12 déc à 10h et 14h30 Cinéma l’Alhambra, Marseille 04 91 03 84 66 www.alhambracine.com Le PIC, Marseille 04 91 39 29 13 www.ensemble-telemaque.com
Bonheurs cinéphiles Festi’Life Le Festival de Gardanne cultive cette remarquable particularité d’unir le sérieux d’une programmation riche et cohérente dans sa quête de sens sur les remuements du monde et sa convivialité. Le succès ne se dément pas au fil des ans et cette année particulière à plus d’un titre -les 25 ans du festival et la réduction à deux salles pour cause de travaux ! - suit la tradition. Sélection internationale bien sûr, avec un focus sur la Méditerranée. On pouvait découvrir ainsi le superbe film palestinien de Hany Abu-Assad, Omar, un Roméo et Juliette contemporain, avec les trahisons, la guerre entre Israël et la Palestine, et des acteurs d’une belle vérité. Millefeuille (Tunisie) de Nouri Bouzid, échappant à tous les lieux communs, évoque sur fond de Printemps arabe la condition de la femme avec deux actrices émouvantes et espiègles, Souhir Ben Amara et Nour Mziou, qui font l’éducation des hommes englués dans les traditions. Fort éloigné des problématiques contemporaines, Météora, film grec de Spiros Stathoulopoulos, évoquait les amours interdites d’un moine et d’une nonne, avec des inclusions de dessin animé comme une icône naïve. Polluting paradise, film turc de Fatih Akin, soulève sous la forme d’un documentaire le problème des catastrophes écologiques et du manque de pouvoir des populations face à la logique d’administrations qui se refusent à oublier le profit immédiat. Une place particulière était accordée à l’Italie. On se régalait avec Chaque jour que Dieu fait de Paolo Virzi et les amours de Guido et Antonia, ou encore on applaudissait la fabuleuse prouesse d’acteur de Toni Servillo qui interprète des frères jumeaux aux trajectoires différentes, dans Viva la Libertà de Roberto Ando. On partait pour des contrées plus nordiques avec un magnifique Oh Boy (Allemagne) en noir et blanc de Jan Ole Gerster, qui narre sur le mode de la Dolce Vita les déambulations désabusées de Niko, jeune Berlinois presque trentenaire. Plus loin encore, Gold (Allemagne-Canada) de Thomas Arslan narre dans les grands espaces canadiens la ruée vers l’or, avec une photographie et une profondeur de champ superbes. On aimait aussi le coup de poing du Géant égoïste de Cloi Barnard (GB) dans une esthétique proche de celle de Ken Loach, tandis que le film Ukrainien La maison à la tourelle d’Eva Neyman rappelle à quel point la guerre, le froid et la faim génèrent égoïsme et cruauté, et que le film argentin Le médecin de famille de Lucia Puenzo évoque les nazis retirés en Amérique du Sud. Des films français aussi, l’émouvant hommage à Guédiguian, Robert sans Robert de Sasia, la plongée en soi avec une caméra épaule de Dominique Cabrera, Grandir, le documentaire remarquablement juste Les enfants valise de Xavier de Lauzanne, Suzanne de Katell Quillévéré, magnifique tant par la caméra que par l’analyse des personnages. Enfin, le prix du public était attribué au film de Gilles Perret, Les jours heureux, sur le conseil National de la Résistance, ses principes, ses détournements dans les discours politiques actuels. Seul point à être oublié, le vote des femmes ! MARYVONNE COLOMBANI La 25 e édition du Festival cinématographique d’automne au eu lieu du 25 octobre au 5 novembre à Gardanne Gilles Perret et Stephane Hessel, les Jours heureux X-D.R Mon petit-frère de la lune de Frédérick Philibert Sacrebleu prod Dans le cadre de Marseille-Provence 2013, la Ville de Marseille lance au Château de la Buzine, les 15 et 16 novembre, la première édition du Festival International du Court Métrage sur le Handicap, Festi’Life, né d’une collaboration avec Procap, une association d’entraide Suisse pour personnes handicapées, qui organise le Festival Look&Roll de Bâle. Au programme, 24 films issus de 11 pays, réalisés entre 1997 et 2011 : des fictions comme le multi primé Aglaé de Rudi Rosenberg, Aglaé une jeune handicapée, objet d’un pari perdu ou Les Pinces à linge de Joël Brisse, Sale Battars de Delphine Gleize, César du meilleur court métrage en 2000. Des documentaires comme Signs & Vibrations « Concert spectaculaire et bien réel, musique aux fortes vibrations pour un public composé essentiellement de sourds et de malentendants », de Nalia Giovanoli, sélectionné au Festival de Locarno 2011 ou Love Davka (L’Amour malgré tout) de Rona Soffer, prix du public au festival Look&Roll. Des courts d’animation comme l’émouvant Mon petit-frère de la lune de Frédérick Philibert, parent d’un petit garçon autiste ou encore Brother où Adam Elliot se rappelle avec tendresse son enfance dans la banlieue avec son frère, asthmatique et malvoyant. ANNIE GAVA 57 U A U PRO G R A M M E C I N É M A Courts métrages sous-titrés en Français, mise à disposition d’une boucle d’induction magnétique pour les porteurs de prothèses auditives, annonces et échanges traduits en Langue des Signes Française. Audiodescription simultanée disponible sur écouteurs. Réservation recommandée. Entrée gratuite pour les personnes accompagnant des spectateurs handicapés. Maison des Cinématographies de la Méditerranée, Marseille 04 91 45 27 60 www.labuzine.com



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