Zibeline n°68 novembre 2013
Zibeline n°68 novembre 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°68 de novembre 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 9,8 Mo

  • Dans ce numéro : comment l'État aide la presse ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 24 - 25  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
24 25
24 T H É Â TR E Pour que le grain ne meure Jean Zay Celia Vinciguerra Il est des travaux qui apparaissent nécessaires, car ils sonnent l’alarme, portent dans une nouvelle lumière des faits, des actions qui parfois ont été « oubliés » par l’histoire officielle. Ainsi celui effectué à partir de Souvenirs et Solitude de Jean Zay (éd. Belin) par Raymond Vinciguerra et Jean-Manuel Bertrand pour la Cie TETRA ART. Jean Zay, ministre du Front Populaire réforme profondément l’enseignement, invente les bibliobus, crée des musées, puis, jugé de manière inique par Vichy, dégradé comme Dreyfus, emprisonné 4 ans, est assassiné par des miliciens en juin 1944. La pièce s’orchestre autour des textes de Jean Zay. Une jeune femme d’aujourd’hui (Nancy Madiou) distribue les tours de parole, interrogeant le passé qui s’anime avec l’homme de Vichy (Michel Grisoni), industriel pétainiste et collaborateur, le jeune milicien (Mathieu Tanguy), le gardien de prison (Michel Panier) ancien de 14. Un panorama de la France sous l’occupation est ainsi brossé. Jean Zay (Philippe Séjourné), en prison, analyse lucidement les comportements et prépare des réformes qu’il pense pouvoir mettre en œuvre à la Libération. Il reçoit dans sa cellule son épouse et ses deux filles. Le texte de la pièce a été soumis à ces dernières en première lecture. Elles sont d’ailleurs présentes lors de la première au Toursky. Émotion, hommage, un moment fort malgré des longueurs, une action qui mériterait d’être resserrée. Le théâtre s’érige ici en devoir de mémoire militant. MARYVONNE COLOMBANI Jean Zay a été joué le 17 octobre au Toursky, à Marseille À venir le 19 nov La Colonne, Miramas 04 90 50 66 21 www.scenesetcines.fr o Entre le soleil et le fleuve Entre la chaleur du soleil et la fraîcheur des eaux, peu de place pour les compromis… Les Ox vénèrent le Dieu Fleuve, les Iq le Dieu Soleil, tous les ingrédients sont réunis pour l’instauration d’un conflit aussi stupide et destructeur que l’on peut l’imaginer. Les deux grands prêtres antagonistes s’enferment dans l’étroitesse d’une haine sectaire. La fille de l’un sauve le fils de l’autre, éveillant les malédictions paternelles. Les enfants traversent le fleuve, découvrent une île et inventent une nouvelle manière de vivre. La fable est belle, adaptée de la pièce de Jean-Claude Grumberg par la troupe Débrid’arts, dans une mise en scène à la fois simple et efficace de Judith Arsenault. L’utilisation de masques (construits par Patricia Gattepaille) renforce le caractère universel du propos, mais souligne aussi les différents caractères. Les Grands prêtres aux idées monolithiques portent des masques complets, interdisant toute nuance, toute évolution, alors que ceux de leurs enfants, plus réduits, laissent o aux visages la possibilité d’exprimer des émotions diverses. Le spectacle destiné aux enfants ne tombe pas dans un discours bêtifiant, se contentant de mettre en évidence l’absurdité des intégrismes de tout poil. Le jeu des acteurs est empreint de vivacité, de fraîcheur, établissant une jolie complicité avec le public. Ne pensez pas que seuls les enfants se sont régalés ! M.C. La Bataille, d’après l’ouvrage Iq et Ox de Jean-Claude Grumberg (Actes Sud Papiers), a été jouée les 15 et 16 octobre au Bois de l’Aune, à Aix À venir le 17 déc Salle Pezet, Le Tholonet www.letholonet.fr le 21 déc Salle Yves Montand, Saint-Cannat 04 42 57 34 65 www.saint-cannat.fr Hors des cous 1 Elle n’a pas froid aux yeux Rouge… Il faut dire qu’avec un prénom pareil, son destin paraissait tout tracé : « Rouge, j’ai pas eu le choix de la couleur […] Rage, passion, Carmen… » La petite fille bout d’une rage exubérante rentrée, chantant à son miroir quelques notes bien senties qui laissent présager d’un avenir violent… Il l’est, dès la disparition du père dans le canapé du salon (!), obligée de vivre avec une mère qui fait ce qu’elle peut mais ne peut endiguer le caractère bien trempé de la fillette qui annonce la couleur : « Je prendrai pas le bon chemin… » Dans cette très libre adaptation du Petit Chaperon Rouge de Charles Perrault, Jeanne Béziers et sa bande du groupe Cordcore (Cie Macompagnie) s’en donnent à cœur joie pour dévoyer un chaperon qui avait tout pour aller contenter sa grand-mère, suivre le chemin tracé par Perrault dans son conte et subir l’effroyable destin qu’on lui connaît… C’était sans compter sur la douce folie de Jeanne Béziers, qui offre une héroïne rebelle aux enfants qui apprécient le danger quand il ne fait que les frôler. La peur peut être jouissive quand l’échappatoire comique n’est pas loin ; mais que se passe t-il si Rouge tombe amoureuse du loup ? Tout ici est mis en musique, des bruitages -pertinents et très réalistes- aux chansons qui racontent la révolte adolescente du chaperon (dont un succulent rap qui explique le sens de l’expression « la bobinette cherra »). Rouge va tracer son chemin bien à elle, quitte à atterrir dans le ventre du loup et ne plus vouloir en sortir parce que « dehors c’est tout pourri » … DOMINIQUE MARÇON Rouge a été chanté et joué le 29 octobre au Sémaphore à Port-de-Bouc CordCore Le Bijou
Des fleurs pour Asaki Suite à un accident survenu alors qu’il avait 5 ans, la mémoire immédiate de Stirs n’excède pas 3 minutes. Ses parents l’envoient alors vivre au Japon, un pays « neuf » pour lui, loin d’un quotidien dont il ne comprendrait pas les évolutions. Là, Asaki, sa nourrice, va accompagner chacun de ses pas, réinventant au gré des questions (« C’est à qui ça ? », « On se connaît ? », « Elle est où ma chambre ? ») une action possible. Mais comment vivre l’éternel recommencement ? Comment fait-on, par exemple, pour sortir de la maison-cocon et aller acheter des fleurs à Asaki ? Le metteur en scène Alexis Armengol met en mots et en images un sujet grave avec légèreté et poésie, créant une scénographie à hauteur du propos : la scène est à la fois maison et rues de Tokyo, et espace d’intervention à vue -projections de vidéos et de dessins (magnifiques) réalisés en direct par Shih Han Shaw- qui démultiplie les pistes de lecture. La mémoire de Stirs (impeccable Laurent Seron-Keller) est alors relayée par des illustrations qui s’effacent au fur et à mesure qu’il les regarde et en prend conscience, et par la voix d’une narratrice-accompagnatrice-complice et chanteuse (Camille Trophème) qui déroule le fil de son histoire, jusqu’à se transformer en fantôme japonais sauveur d’êtres perdus aux chevaux rouges, d’une esthétique japonisante proche du manga. On passe d’une trouvaille à l’autre, dans la peau d’un petit garçon qui a en fait 39 ans, puis… 99 ans. Stirs, tout en naïveté et innocence sauvegardées avance en âge, mais n’aura jamais que 5 ans, pour toujours. DO.M. J’avance et j’efface a été joué aux Salins, Martigues, le 6 novembre À venir le 7 fév Théâtre d’Arles 04 90 52 51 51 www.theatre-arles.com les 18 et 19 fév Le Jeu de Paume, Aix-en-Provence 08 2013 2013-11-09 www.lestheatres.net Marie Pietry P.Fabre Ce que nous sommes Qu’est-ce que c’est que d’être une femme noire en France aujourd’hui ? qu’est-ce qu’être un noir Français ? En adaptant deux des ouvrages de Léonora Miano (qui vient d’obtenir le Prix Femina pour La Saison de l’ombre, Grasset), Femme in a City (seconde partie de l’ouvrage Écrits pour la parole, l’Arche) et Blues pour Elise (Pocket), Eva Doumbia met en scène un groupe de femmes, des Afropéennes qui se retrouvent une fois par mois dans un restaurant, le Waliblues, lieu de toutes les mises au point. Derrière des propos complètement anodins et futiles, qui englobent la coiffure, les vêtements, les déceptions amoureuses, le boulot, se nichent des questionnements politiques qui replacent l’afropéenne dans un contexte historique qui continue à la définir aux yeux des blancs : la femme noire française ne peut être que descendante de colonisés ou de déportés. Ce handicap historique elles le vivent au quotidien, invoquant le destin de leurs pères aux « chéloïdes courant le long des cœurs » (cicatrices), les stéréotypes depuis trop longtemps intégrés comme des vérités, en se réappropriant aussi, légitimement !, la Marseillaise et le drapeau Français sur fond de musique soul… Eva Doumbia mixe les disciplines, entremêlant les parties parlées, chantées et dansées à la cuisine, faite sur le plateau. Comme une prise de conscience qui ferait des goûts qui se transportent la métaphore d’une France qui se transforme. Reste que ce spectacle-là éclaire d’une dimension humaine et bien réelle le débat actuel français sur un racisme toujours très présent dans une nation qui « se fantasme blanche, mais ne l’est pas » nous dit Eva Doumbia. Do.M. Afropéennes a été joué au Sémaphore, à Port-de-Bouc, le 8 novembre 25 P T HO LÉ ÂI T TR I QE U E CULTURE L L E BILLETTERIES EN LANE espaceculture_netlbïlletterie I digi#ick.cam Imp2013_1r RENSEIGNEMENTS Espaceculture_h4arseiLle I 42 La Canebiêre Marseille [11 04 96 11 04 61 - espacecuiture_rret SAMEDI 30 NOVEMBRE 2013 C 21 H AUDITORIUM DU PARC CHANOT 1 MARSEILLE [$°1 TARIF UNIaUP ; 25 € Plus d'infos sur le programme complet des Rencontres d -Averroks ; RENCONTRESAVERR0ES_NET



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


Zibeline numéro 68 novembre 2013 Page 1Zibeline numéro 68 novembre 2013 Page 2-3Zibeline numéro 68 novembre 2013 Page 4-5Zibeline numéro 68 novembre 2013 Page 6-7Zibeline numéro 68 novembre 2013 Page 8-9Zibeline numéro 68 novembre 2013 Page 10-11Zibeline numéro 68 novembre 2013 Page 12-13Zibeline numéro 68 novembre 2013 Page 14-15Zibeline numéro 68 novembre 2013 Page 16-17Zibeline numéro 68 novembre 2013 Page 18-19Zibeline numéro 68 novembre 2013 Page 20-21Zibeline numéro 68 novembre 2013 Page 22-23Zibeline numéro 68 novembre 2013 Page 24-25Zibeline numéro 68 novembre 2013 Page 26-27Zibeline numéro 68 novembre 2013 Page 28-29Zibeline numéro 68 novembre 2013 Page 30-31Zibeline numéro 68 novembre 2013 Page 32-33Zibeline numéro 68 novembre 2013 Page 34-35Zibeline numéro 68 novembre 2013 Page 36-37Zibeline numéro 68 novembre 2013 Page 38-39Zibeline numéro 68 novembre 2013 Page 40-41Zibeline numéro 68 novembre 2013 Page 42-43Zibeline numéro 68 novembre 2013 Page 44-45Zibeline numéro 68 novembre 2013 Page 46-47Zibeline numéro 68 novembre 2013 Page 48-49Zibeline numéro 68 novembre 2013 Page 50-51Zibeline numéro 68 novembre 2013 Page 52-53Zibeline numéro 68 novembre 2013 Page 54-55Zibeline numéro 68 novembre 2013 Page 56-57Zibeline numéro 68 novembre 2013 Page 58-59Zibeline numéro 68 novembre 2013 Page 60-61Zibeline numéro 68 novembre 2013 Page 62-63Zibeline numéro 68 novembre 2013 Page 64-65Zibeline numéro 68 novembre 2013 Page 66-67Zibeline numéro 68 novembre 2013 Page 68-69Zibeline numéro 68 novembre 2013 Page 70-71Zibeline numéro 68 novembre 2013 Page 72-73Zibeline numéro 68 novembre 2013 Page 74-75Zibeline numéro 68 novembre 2013 Page 76-77Zibeline numéro 68 novembre 2013 Page 78-79Zibeline numéro 68 novembre 2013 Page 80