Zibeline n°68 novembre 2013
Zibeline n°68 novembre 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°68 de novembre 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 9,8 Mo

  • Dans ce numéro : comment l'État aide la presse ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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20 D A N S E Triple Axel Agnès Mellon Stimmlos Agnès Mellon Klap Klap Klap Bravo à Michel Kelemenis et à son équipe pour ces questions de danse passionnantes et généreuses ! Le Klap a deux ans, et l’on se demande comment la danse régionale vivait sans… 24 compagnies ont trouvé, du 8 au 31 octobre, un lieu pour répéter, fabriquer, questionner, partager entre artistes, et montrer au public leur travail, dans des conditions professionnelles et une grande convivialité. Une initiative qui fait honneur à ceux qui l’ont portée, et montre à quel point la création chorégraphique est riche et variée dans notre région. Après Fana Tshabalala, Ex Nihilo, Itinerrances et Caroline Bô (voir Zib 67), la Méta-Carpe a proposé un laboratoire mettant en jeu le public le 14 oct, puis la Cie La Parenthèse un spectacle créé en Pays de Loire, fait de récits de vie collectés, de rencontres au bal, avec le très bon ensemble de jazz Paï Paï. La danseuse Julie Compans illumine la scène, pour ce Paso qui fait (trop ?) penser au Bal d’Ettore Scola. Passionné de Wagner, Arthur Perole s’inspire également des poèmes de Baudelaire pour créer un langage scénique singulier grâce à une gestuelle volontairement lente et un dynamisme créé par des changements d’angles de vue. Entre l’abstraction et l’expressivité, c’est le côté le plus noir du romantisme, celui de la passion presque irréversible qui l’intéresse dans Stimmlos, présenté le 15 oct. C’est ensuite toute l’éclosion d’un être partagé entre sa culture, son éducation et son apparence physique que nous a fait vivre Patricia Guannel avec Lespri Ko. Mêlant la danse classique, contemporaine ou traditionnelle, elle évoque une palette de sentiments avec une sensibilité extrême et une technique implacable. Le 18 oct, le public est propulsé dans une émission de radio consacrée au folklore autrichien. Avec I’m from Austria, like Wolfi !, le chorégraphe et interprète autrichien Christian Ublpose avec beaucoup d’humour la question de l’identité d’un pays dans une Europe qui se voudrait uniforme. Dans Themselves Jean-Jacques Sanchez bouleverse les rapports à l’espace, aux mouvements et aux émotions, entre les danseurs et le spectateur présent sur scène. Une façon de traiter de manière atypique la notion de proximité et du rapport à l’autre. Le 19 oct, le chorégraphe Nans Martin s’interroge sur la thématique de l’errance dans Muô. Guidées par la musique de Sylvain Olivier, les deux danseuses improvisent une chorégraphie qu’elles vivent comme « un travail sur une sorte de fenêtre toujours ouverte ». Enfin, Mathilde Monfreux a offert une performance physique et artistique étonnante lors de la présentation de Last Lost Lust. Entièrement nue, elle sort dans un tourbillon de violence, d’épuisement et d’exaltation de cette enveloppe molletonnée et immaculée de blanc. Au sol comme dans les airs, elle enchaîne des allers retours époustouflants, oscillant, parfois brutalement, entre cet état de chrysalide protecteur et celui d’une effrayante liberté. Le 22 oct Yendi Nammour proposait un solo mettant subtilement en scène sa dualité, et comment l’orient s’empare de son corps contemporain comme une mémoire ancienne qui reviendrait en elle. Puis la cie Dodescaden présente un bout de projet très abouti, qui évoque la rue et l’errance, la précarité, en plongeant dans le déséquilibre, le son saturé, des journaux jonchant le sol, faisant naître des Rues intérieures très fortes. Le 25 oct, Montaine Chevalier reprenait des extraits de D’assise, créé l’an dernier aux Bernardines (voir Zib 58), tandis que Ex Nihilo renouvelait son écriture en retrouvant la scène, délaissant la rue dans Mashy. Le 28 oct Sébastien Ly danse C2I, Circulations 2 Isohélie, un solo déroutant, intime, retenu, contrastant avec le discours extrêmement labile qu’il tient ensuite pour l’expliquer… tandis que le duo de Samir El Yamni, travail en cours, propose déjà de belles rencontres entre les corps. Le même soir Wendy Cornu dirige Ellipses, une pièce en cours elle aussi : ses danseurs obéissent à des contraintes très précises, aléatoires dans leur succession mais extrêmement déterminées, donnant aussi à voir comment des corps libres obéissent… Le 31 oct les Questions trouvent une conclusion en apothéose. Les élèves de la classe option danse de l’Ecole Bellevue ouvrent le bal avec Triple Axel, une création sur le sport. Le plaisir de voir danser ces enfants, tous d’origine africaine, est un peu terni par la tendance très nette des garçons à frimer, et des filles à rester derrière. Peut-on lutter contre ? Il le faudrait, si on veut parler d’éducation du corps… Puis trois pièces courtes : le solo My Way de Kelemenis, rituel sacrificiel porté par la grâce de Claire Indaburu, qui finit sous un voile blanc comme un linceul ; un duo de Christian Ubl, dynamique ; et la reprise réinventée d’un petit bijou de Bagouet, ironique pastiche de la corrida et du Paso, délicieux. La soirée se conclut par un bal rouge, où le public danse enfin, ensemble, avec les artistes. AGNÈS FRESCHEL et ANNE-LYSE RENAUT Les Question de danse ont été programmées du 8 au 31 octobre au Klap, à Marseille
Vogue le hip hop La biennale 2013 des arts urbains en Vaucluse a tenu sa 9 e édition du 15 au 24 octobre. Cavaillon, Le Thor, Avignon, Apt, Monteux ont accueilli et fait circuler, à bord d’un collectif cohérent de 9 partenaires à géométrie variable (et sans financement dédié, chaque structure programmant indépendamment), les artistes issus des cultures urbaines, du b.boying (ou danse hip hop) au graffiti, du DJing au Human Beatbox, et également des ateliers d’initiation. À l’Auditorium Jean Moulin, au Thor, la Cie Alexandra N’Possee a présenté Anima, mêlant arts numérique et danse hip hop, destiné aux enfants dès 6 ans. Si le jeune public a pu s’émerveiller de l’incessant bouillonnement d’images projetées, de marionnettes articulées, de jeux d’ombres ou de duels virtuels, la quête du jeune Zao se perdait malgré tout dans les corps des 10 danseurs dont les performances techniques souffraient d’imprécision et s’emmêlaient dans les filets virtuels. À force de multiplier des tableaux disparates qui n’en finissent plus, tout comme la musique sans véritable homogénéité, cette rencontre du monde de l’animation et du monde réel a du mal à résister à l’effet « jeu vidéo » abrutissant. A contrario, la compagnie Stylistic dans À ton image, au théâtre Golovine, à Avignon, a su cultiver la sobriété et la maîtrise technique pour donner du sens et colorer le mouvement. Ici, l’utilisation des arts numériques interactifs (sons, images, et vidéo créés en direct, avec un système basé sur la détection du mouvement) par le musicien Damien Traversaz, ont servi le propos pas forcément novateur de la quête des racines, surtout en hip hop, mais en empruntant un chemin pour le coup inventif et passionnant, et quasiment indétectable techniquement. Clarisse Veaux, dont la danse, entre contemporain et hip hop, se fortifie à chaque création, jouait du clair obscur et de la félinité pour aboutir à sa recherche personnelle en interaction parfaite avec les médias utilisés. DELPHINE MICHELANGELI Drôle(s) d’Hip Hop au eu lieu dans le Vaucluse du 15 au 24 octobre Anima, Cie Alexandra N’Possee Renaud Vezinv Parler (ou pas) du genre La Semaine du genre, une des dernières productions de MP2013, est restée relativement confidentielle (voir également p 16). La soirée d’ouverture au MuCEM donnait pourtant l’occasion, très pertinemment, de relier le féminisme et la cause lesbienne, souvent occultée médiatiquement par l’homosexualité masculine. Une performance de Cécile Proust qui rappelle le refus de la domination masculine et du modèle du couple hétérosexuel, explicite les catégories butch fem, l’évolution du terme queer, s’amuse à jouer au Drag King, interroge le désir de masculinité. Tout ça avec drôlerie et force extraits vidéo parfaitement calés et choisis, et une manière d’inclure le public dans la démonstration à la fois intrusive et sympathique ! Au 3bisf en revanche ça ne parlait pas. La création de Germana Civera s’avéra particulièrement obscure. Au sens propre -long noir, ombres qui passent, litanies de noms, interminable marche silencieuse, tentative de contact ratée… Puis soudain, après ces tableaux sans sens, un autre particulièrement réussi, autour d’une table dressée, où un jeu autour de verre d’eau permet de faire circuler le désir entre femmes, entre hommes, entre hommes et femmes. Après cela encore un tableau mal rythmé, To B, The real tragedy, Germana Civera Marc Coudrais (1) de morts et résurrections successives, liant désir et pulsion de meurtre. Des images restent pourtant, fortes. Qui complètent bien le théâtre documentaire et mutin vu en ouverture ! A.F. La semaine du genre s’est déroulée du 2 au 10 novembre à Marseille Vertige camusien Adapter L’Étranger pour la danse pouvait sembler un pari surprenant. Mais Emio Grecoet surtout Pieter Scholten l’ont relevé avec brio. La scénographie multimédia est prodigieuse ! Le cadre de scène est fait de centaines d’ampoules qui dessinent les états intérieurs de Meursault, des personnages de BD s’animent sur les murs, les vidéos se projettent avec une précision et une pertinence étonnante, et tout évolue vers l’enfermement final. Car chaque détail est signifiant et conforme au déroulement romanesque, et on ressent comme dans le roman l’énigme des états intérieurs de Alwin Poiana Meursault, son désarroi quand sa mère meurt, l’alcool et la chaleur, le dégoût et la mer, Marie, le meurtre, l’absence de remords, le refus du mensonge, et la peur. La danse d’Emio Grecoessaie de porter tout cela mais son corps n’est plus tout à fait à la hauteur de ses désirs de chorégraphe : sa danse, si belle quand il l’offre à ses danseurs, manque d’ampleur et de précision, même dans ses saccades caractéristiques, et sa tenue réaliste (chemise, chapeau mou et pantalon) est décalée et peu seyante. En revanche son regard à la fois impénétrable, dur et perdu, porte le vertige intérieur de Meursault avec une vraie conviction ; et la bande son, qui comme la scéno suit pas à pas les étapes clés du roman, contient très peu de mots, et fabrique une musique enveloppante, burlesque quand il va au cinéma, stridente sans excès sous le soleil, comprenant deux signaux majeurs : le coup de feu qui claque, et la sentence qui tombe. Plus qu’une adaptation, cet Étranger est une lecture du roman, une exégèse, qu’on ne peut comprendre sans connaître l’œuvre, mais qui l’éclaire et l’image. AGNÈS FRESCHEL L’Étranger a été créé au Jeu de Paume, à Aix, du 6 au 9 novembre 21 DP OA NL SI ET I Q U E CULTURE L L E



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