Zibeline n°68 novembre 2013
Zibeline n°68 novembre 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°68 de novembre 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 9,8 Mo

  • Dans ce numéro : comment l'État aide la presse ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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10 M U C E M Pain Noir Alfama Films Mourir à la guerre Le MuCEM a consacré toute une soirée à l’Espagne dans le cadre de sa programmation cinématographique, soit deux longs métrages précédés de deux courts. En premier lieu, Les désastres de la guerre de Pierre Kast, à la pellicule très abîmée, amplifiant l’atmosphère atroce des gravures de Goya réalisées suite à l’invasion napoléonienne (1808-1814). Puis El perro negro de Péter Forgàcs, excellent travail sur des images d’archives des années 30, contrastant un univers digne de Jacques Henri Lartigue chez les riches industriels, vivant de loisirs et de fêtes, avec les visions du monde ouvrier secoué de grèves. L’Espagne connaissait alors le mouvement anarchiste le plus puissant d’Europe, et l’on suit avec effroi la République proclamée en 1931, la montée du franquisme, les communistes assassinant libertaires et trotskistes, la dernière ville à tomber en 1939, Madrid, et la vision terrible de la légion Condor allemande dessinant le nom de Franco dans le ciel... quelques mois avant d’aller frapper la Pologne. À peine une courte pause, et l’on repartait avec Guernica d’Alain Resnais, prenant de plein fouet la dimension expérimentale de cette attaque allemande contre les populations civiles basques en 1937. Pour finir par Pain noir d’Agusti Villaronga, film en catalan adapté de l’auteur espagnol Emili Teixidor, une fiction éprouvante mêlant l’héritage sanglant de la guerre civile et la perte de l’innocence enfantine. GAËLLE CLOAREC Ces films ont été projetés le 27 octobre au MuCEM, Marseille..."4,4 1-2,0ite Quand le jazz est là Tarek Yamani, né au Liban, était venu à Marseille, rappelle-t-il en début de spectacle, pour du rap, il y a 11 ans. Il est passé par différents styles, du hip hop à l’Afro-cubain ou au flamenco… Puis il y a le jazz, le Prix Télonius Monk en 2010, des concerts, des CDs, une reconnaissance de ce remarquable musicien autodidacte, et pourtant, quelle technique ! Gammes et arpèges nourrissent en un jeu fluide les créations du jeune musicien, Passegiata, Sama’i Yamani, Ashur, Dabke in eb Nakriz ou un bel hommage à Coltrane avec Giant trane ; Bach se syncope avec humour dans son Prélude n°2 en do mineur, un swing subtil habite les pages les plus lyriques. Parfois une note bleue s’orientalise. Des formes arabo-andalouses prennent un air de la New Orleans. À la fougue emportée de certaines envolées, répondent des instants nus d’une simplicité évidente et dépouillée. Les passages d’improvisation dénotent d’un sens subtil de la mélodie. Ashur, cité et dieu assyrien, est aussi le nom du groupe de Tarek Yamani. Auprès de lui, on entend la batterie inventive de Kristijan Krajncan et le tuba de Goran Krmac. Certes on peut être surpris par l’entrée du tuba dans le trio classique de jazz. Il prend la place de la contrebasse, il en endosse le rôle, et apporte des nappes sonores qui enveloppent le texte musical avec pertinence, que ce soient des incursions dans les années 80 avec Everybody’s Got to LearnSometime de JamesWarren, ou le retour à des morceaux plus anciens comme East of the Sun de Brooks Bowman. Le groupe offre un bis de Coltrane à un public conquis. MARYVONNE COLOMBANI Ce concert a eu lieu le 1er novembre au MuCEM, à Marseille citi Retour à se"'.4 1-abe Marseille Cet hommage à Henri Tomasi fut particulièrement émouvant. Parce que le compositeur marseillais, longtemps oublié, doit aujourd’hui la reconnaissance de son œuvre à son fils Claude Tomasi, présent et heureux, et que ce sont des musiciens marseillais qui défendent sa mémoire. Chaque pièce, introduite par Lionel Pons, révèle l’aspect solaire d’une œuvre qu’on dit aujourd’hui méditerranéenne et qui est surtout très personnelle, s’étant gardé pendant 30 ans des chapelles qui ont traversé le vingtième siècle. Cyrnos (1929), poème symphonique transposé pour deux pianos, est traversé de thèmes, de questions et de réponses, de morceaux de bravoure, mais paraît par endroits mièvre et surchargé. Peut-être l’interprétation de Fabrice et Nathalie Lanoë, trop mécanique et sans respiration, n’en rendait-elle pas toutes les nuances. Le trio pour cordes interprété par Pythéas (YannLeroux, Cécile Florentin et Guillaume Rabier) possède en revanche des pages de toute beauté, en particulier un Nocturne à fendre l’âme : dix ans après Cyrnos l’écriture est affirmée, et les trois interprètes cherchent l’émotion, s’amusent, à l’écoute, vibrant. La troisième œuvre est une cantate profane, écrite en 1966, transposée ici pour 5 percussions emmenées par Alexandre Régis. Daniel Mesguich, qui a créé ce Retour à Tipasa en 1985, reprend le texte de Camus de sa belle voix à la diction parfaite et un peu solennelle… Le texte se déploie sur un tapis de percussions évocatrices de l’atmosphère intime et lyrique du texte, le chœur d’enfants Anguelos (direction Bénédicte Pereira) place ses deux voix comme un chant antique et lointain, et nous partons sur la route de la beauté douloureuse du monde… AGNÈS FRESCHEL Ce concert a été donné au Mucem le 25 octobre dans le cadre de la saison de Marseille Concerts
Parlez-nous d’amour Le cycle Féminin/Masculin en écho à l’exposition Au bazar du genre se poursuit au MuCEM jusqu’à la fin de l’année. Il fut question, le 30 octobre, du cinéma grec dans le cadre de la deuxième carte blanche donnée à l’auteure Ersi Sotiropoulos. Son invité, le critique Michel Demopoulos, a rappelé à un public trop peu nombreux l’aventure du cinéma hellénique des années 40 à nos jours et l’émergence, en pleine crise économique, de nouveaux réalisateurs indépendants, novateurs, démystificateurs, imposant leurs films dans les festivals internationaux. Au programme, deux exemples de cette « nouvelle vague » grecque, Strella de Panos Koutras (2009) et Attenberg d’Athina-Rachél Tsangari (2010). Le premier est un « remix subversif du mélodrame classique ». Œdipe en transsexuelle couche avec son Attenberg d’Athina-Rachél Tsangari photo de Despina Spyrou Haos Film 2010.tif père. La fatalité antique s’y joue et s’y déjoue. La transgression n’apporte pas ici la mort mais un nouvel équilibre, reconstituant une famille idéale sans tabou. Le film aux petits airs « almodovaresques » s’achève comme une comédie américaine autour d’un sapin de Noël. Le deuxième, Attenberg, ne propose pas d’utopie. C’est un film d’apprentissage tout en ruptures formelles, où la réalisatrice évoque non seulement l’initiation sexuelle d’une jeune fille, entre fascination animalière et discours clinique sur la mécanique des corps et des fluides, mais aussi un XX e siècle révolu dont les cendres du père dispersées dans la mer deviennent la métaphore. Au fond, ces deux films nous ont parlé d’amour, un amour à réinventer sans cesse à sa propre démesure. ELISE PADOVANI Cycle cinéma Féminin/Masculin, questions de genre jusqu’au 18 décembre MuCEM, Marseille 04 84 35 13 13 www.mucem.org 11 M U C E M Agir, interagir et réagir au MuCEM Les spectacles High Tech Le MuCEM produit un spectacle de Nermine Al Ansari intitulé L’objet du crime et son souvenir d’enfance. Mêlant le dessin, la vidéo et la musique, les différents artistes offrent une manière originale d’illustrer le travail de mémoire (le 22 nov). Les artistes syriens Kinan Azmeh et Kevork Mourad proposeront également une performance audiovisuelle insolite autour d’événements actuels tels que les révolutions du monde arabe (le 29 nov). Les débats de « genres » Sophie Bessis, agrégée d’histoire, s’intéressera aux rôles que les femmes ont joués pendant la révolution tunisienne de 2011 dans Féminisme, Femmes et printemps arabe (le 13 nov). Le psychologue clinicien Tom Reucheur et Karine Espineira, docteure en sciences de l’information et de la communication, tenteront de répondre à la question Est-ce qu’on appartient à l’humanité si on n’est ni un homme ni une femme ? (le 20 nov). Enfin, la sociologue Pinar Selek s’interrogera sur la construction sociale des hommes dans Pouvoir masculin et sociétés hiérarchisés en Question (le 27 nov). Les débats « Histoire et civilisations » Athena Georganta, professeure en littérature grecque moderne, expliquera dans Lord Byron, poète du Levant, l’importance de la Méditerranée dans les œuvres du poète anglais (le 14 nov). Entre utopie et réalité, le poète Camille de Toledo, l’écrivain Abdelfattah Kilito et le traducteur Omar Berrada discuteront d’un souhait qui leur est cher : Je parlerai toutes les langues du monde (le 18 nov). Le débat Benito Mussolini et la nouvelle Rome permettra à l’historien Luciano Marrocu de montrer comment Mussolini a lié le rayonnement de Rome au fascisme (le 21 nov). Emmanuel Laurentin recevra Alain Dieckhoff, directeur de recherche au CNRS, lors de la rencontre du Temps des Archives intitulée 1978, Les accords de Camp David, le premier traité de paix entre Israël et un pays arabe (le 25 nov). Lors du débat Germaine Tillion, vivre ensemble en Algérie, l’historien Tzvetan Todorov exposera les différents travaux de l’ethnologue (le 5 déc). Les débats « Sport » Le sport peut-il être utilisé comme un moyen de lutte contre les discriminations ? Georges Vigarello, co-directeur du Centre Edgar Morin, et Claude Boli, docteur en histoire contemporaine, donneront des éléments de réponses dans Sport et citoyenneté (le 2 déc). Quant au professeur d’anthropologie Christian Bromberger, il s’intéressera à la mesure qui interdit la présence des femmes en Iran dans les stades où se déroulent des compétitions d’hommes dans Offside de Jafar Panahi, les femmes et le football en Iran et ailleurs (le 4 déc). MuCEM, Marseille 04 84 35 13 13 www.mucem.org



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