Zibeline n°67 octobre 2013
Zibeline n°67 octobre 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°67 de octobre 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 9,0 Mo

  • Dans ce numéro : une culture citoyenne.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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8 P O L I T I Q U E CULTURE L L E Dans le Var rien ne va plus La catastrophe est là. Celle qui pourrait sonner le glas des compagnies de spectacles vivants dans le Var, qui voient dans la diminution des aides du conseil général « une volonté déguisée d’éliminer purement et simplement un maximum de ces compagnies ». Cet avis est celui du Collectif des Compagnies du Var, créé en 2000 par nécessité de « devenir lieu d’échange, de réflexion et de solidarité face à une structuration des lieux de diffusion » : le Réseau Scène(s) -6 salles de la périphérie toulonnaise- et le label Var en scène du CG regroupant de nombreux théâtres du département. Le collectif qui regroupe aujourd’hui 34 compagnies professionnelles, tout en reconnaissant « que le financement de la culture par le CG représente un effort qui mérite d’être salué », souligne néanmoins une diminution des aides, en 3 ans, qui atteint 50 à 80% selon les différentes compagnies du collectif. Un financement public (villes, conseil général, conseil régional, État) qui représente 42% de leurs budgets, les 58% restants étant dus à leurs ressources propres (notamment billetterie et principalement ventes de spectacles). Une situation aggravée aussi par l’absence de coproduction pour la presque totalité des cies, et celle, quasi intégrale, de diffusion dans les salles et théâtres du territoire. « Que reste-t-il de ces opérateurs historiques qui ont coproduit ou diffusé les spectacles des compagnies varoises et plus largement de la région ? Le Réseau Scène(s) et le label Var en scène n’existent plus. » Il faut réagir Loin de baisser les bras, le collectif se mobilise en lançant réflexions et propositions à l’endroit des décideurs politiques et culturels, mais aussi du public, pour repenser les pratiques et les stratégies des politiques culturelles, envisager d’autres orientations dans la répartition des budgets, redéfinir les liens entre artistes et structures du territoire. Et se projeter plus en avant en demandant que soit pris en considération le côté économique de leur travail, rappelant à toutes fins utiles le chiffre d’affaire généré par ces cies : 1 500 000 euros entièrement réinvestis sur le territoire, des centaines de représentations par an, des cours, des stages, des événements… une réalité vivante, un maillage social et culturel que l’on pourrait considérer comme « un pôle artistique décentralisé et itinérant sur l’ensemble du territoire ». « Une fois cette prise de conscience réalisée, une fois cette ré-évaluation opérée, il sera temps de travailler aux critères, au fonctionnement, à la répartition, à l’évaluation. » Dont acte. DOMINIQUE MARÇON Terre comuni, symbole d’un esprit de communauté culturelle européenne Présentation de Terre comuni-Terres communes par (de gauche à droite) Frank-Éric Retière, Graziano Melano, Robert Pasquier, Jean Flores MGG-Zibeline À l’heure où l’unité européenne se fissure de toutes parts, la culture est un ciment, un liant ou un baume selon les diagnostics en cours… Pour les porteurs du projet franco-italien Terre comuni/Terres communes, elle est ce qui réunit les peuples par delà les frontières géographiques, historiques ou identitaires, ce qui stimule l’imaginaire collectif. Graziano Melano, directeur de la Fondazione Teatro Ragazzi e Giovani Onlus de Turin, en est convaincu, il est l’instigateur de cet échange transfrontalier : « L’esprit de Terre comuni est de mettre ensemble des équipes de théâtre et des créateurs de théâtre, son objectif est de stimuler les jeunes des villes partenaires et faire entendre les deux langues ». À ses côtés, d’autres ardents défenseurs du développement culturel sur le territoire transalpin : le Théâtre du Briançonnais (05), le Théâtre Durance à Saint-Auban (04) et le Théâtre de Grasse (06), où a été donné le 10 octobre le coup d’envoi d’une aventure associant 2 pays, 4 villes, 4 théâtres, des artistes et des jeunes autour d’un programme de création, de diffusion, de médiation, de traduction et de formation. Pour Frank-Éric Retière, directeur du Théâtre du Briançonnais, il s’agit « d’un projet exemplaire, éminemment humain, que j’espère nous pourrons pérenniser. Il faut que ce soit un début, une ouverture… ». Quant à Robert Pasquier, directeur du Théâtre Durance « né de l’Europe il y a dix ans », il se félicite de « la qualité du compagnonnage » et rappelle l’importance de « la fonction sociale de la culture qui crée du lien, de la proximité et met en synergie des lieux aux identités différentes ». Enfin, clin d’œil à la compagnie génoise Sarabanda qui présentait ce jour-là la première création du projet, Piccole Modifiche, le directeur du Théâtre de Grasse Jean Flores ne cachait pas leur « ambition de faire que le théâtre, petite pierre après petite pierre, petite modification après petite modification, participe à la construction culturelle européenne ». Concrètement, c’est dans la salle que le projet a pris corps, quand le jeune public a réservé une standing ovation à la compagnie Sarabanda -fait rare dans les représentations scolaires ! - qui démarrait en beauté sa tournée. Sur sa route, elle croisera la Fondazione Teatro Ragazzi e Giovani Onlus avec Hansel & Gretel des frères Merendoni et une performance en appartement (AT O) et Clandestine de Manosque qui créera Carta Memoria le 4 novembre à Saint-Auban. Avant de sillonner villes, départements, et régions… MARIE GODFRIN-GUIDICELLI Calendrier complet du projet (créations, résidences, ateliers) sur www.terrecomuni.eu
Une culture citoyenne Le Théâtre Durance est, depuis sa création en 2007, conventionné par le ministère de la Culture pour le jeune public et, par sa politique tournée vers la création, les résidences d’artistes, les actions transfrontalières, il est labellisé par le conseil régional de PACA pôle régional de développement culturel. Son directeur depuis l’origine, Robert Pasquier, lui apporte sa passion. Zibeline : Alors que nous sommes dans les annonces de restriction de budget, comment le Théâtre Durance réussit-il à s’adapter ? Robert Pasquier : Le budget du théâtre s’élève à 1 million 250 000 € quand il y a un projet européen avec la FEDER 1. Les deux premières années, le budget artistique représentait 55% du total. Aujourd’hui, c’est 48%, alors qu’il devrait être supérieur à 50% pour mener à bien les missions multiples du théâtre : l’enjeu du territoire est fort, nous sommes en zone rurale, les populations sont disséminées. Mais nous entrons dans une dynamique de crise, alors que jusque-là le 04 avait été épargné grâce à nos tutelles et aux institutions État et Région. On roule sur une petite équipe, les investissements technologiques permettent un gain en personnel et ce pour 60 à 65 levers de rideau par an ! L’efficacité vient du travail remarquable des bénévoles et surtout de l’engagement total de l’équipe professionnelle, je leur demande l’impossible et « elles et Robert Pasquier Alain Lebreton ils » vont au-delà ! C’est à ce prix fort que le Théâtre Durance est un lieu de diffusion et de création reconnu par tous. Mais la marge artistique s’érode, dans un délai de 5 à 6 ans, nous ne pourrons plus soutenir la création. Quelles solutions préconisez-vous ? Une réelle mutualisation des moyens serait nécessaire, rapprochement avec d’autres opérateurs, promotion des jeunes créateurs de la région, dans le cadre d’un projet de développement culturel et artistique départemental. L’installation d’un label national est indispensable à la survie du théâtre et des opérateurs du département. Cela permettrait la mise en œuvre de moyens supplémentaires stables, car de nombreux opérateurs de la région PACA sont en danger par la suppression des aides annexes. La fédération de tous ces moyens n’irait-elle pas à l’encontre de la diversité ? Certainement pas, c’est pour cela que j’insiste sur le concept de la mutualisation. Le seul critère, avoir les mêmes ambitions. Je m’inscris fortement contre la soupe, le populisme, me contentant de quelques concessions pour promouvoir ensuite la création, des œuvres engagées dans un véritable propos artistique. Il faut se préserver contre la pensée unique par la diversité d’accueil des écritures, garder une dimension plurielle. La culture crée du lien social, les formes artistiques amènent à penser en même temps qu’elles divertissent. Entretien réalisé par MARYVONNE COLOMBANI 1 FEDER : Fonds Européen de Développement Régional 9 P O L I T I Q U E CULTURE L L E - D’autres horizons Frédéric Flamand quittera le Ballet National de Marseille en janvier 2014. Une fin de mandat paradoxale, puisque son ballet tourne mieux que jamais : avec au mois d’octobre un focus important à Milan, une programmation à la Maison de la danse de Lyon, au Pavillon Noir, une tournée en Belgique… Frédéric Flamand, contrairement à ses prédécesseurs, n’interdit pas à son successeur -que l’on ne connait pas encore- de danser son répertoire. Le BNM va donc continuer cette année de tourner Sport fiction et Orphée et Eurydice, créations 2013 de Flamand, mais aussi de plus anciennes, Moving Target et Titanic, et les pièces d’Emanuel Gat, Emio Grecoet Olivier Dubois récemment entrées au répertoire. Une saison chargée donc, d’autant que le Festival de danse de Cannes de novembre (voir p.42), qu’il dirige, s’annonce passionnant ! Ramassant un ballet en miettes en 2005, sans répertoire et secoué de conflits après la révolte contre Agnès Mellon Pietragalla, il laisse une maison en ordre de marche, avec des danseurs jeunes et performants… mais trop ou pas assez (néo)classiques selon les goûts ! Le mandat de Flamand a également permis de rendre vie au Studio du BNM. D’en faire une salle de spectacles réguliers, fréquentés, un espace de résidence et de répétitions. Les Danses de l’Inde les 4 et 5 octobre ont réjoui le public d’un beau mélange entre danses populaires indiennes, et univers urbains. La Attakkalari Dance Company vient de Bangalore : leur Dancelogue, composée d’extraits courts de leur répertoire, présente un travail vidéo superbe, une bande son très travaillée, des danseurs passant des positions de bras traditionnelles au hip hop ou à l’acrobatie la plus débridée… D’autres horizons se sont indéniablement ouverts ! AGNÈS FRESCHEL



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