Zibeline n°67 octobre 2013
Zibeline n°67 octobre 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°67 de octobre 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 9,0 Mo

  • Dans ce numéro : une culture citoyenne.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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56 C I N É M A 711111.1ki.idiarig ELLES Les 8e Rencontres Films Femmes Méditerranée promettaient, parmi inédits et avant-premières, de beaux portraits de femmes au cinéma. Promesse tenue. La bande-annonce précédant chaque film a fait éclore en une mosaïque mouvante et colorée, leurs visages, jeunes ou vieux, tristes ou gais, devenus, au fil des projections, familiers. Le film géorgien d’ouverture n’en présentant pas moins de dix ! Dix femmes marquées par la vie et l’histoire de leur pays, prêtes à presque tout pour les 25 000 dollars et l’appartement de 4 pièces attribués par la production d’une émission de téléréalité à la « Meilleure mère de l’année ». Keep Smiling de Rusudan Chkonia commence par un drame hors champ et des témoins horrifiés qu’on écarte sans ménagement : « Il n’y a rien à voir ! ». La caméra dans la scène suivante suit des candidates de tout « format » et de tout style vestimentaire, traversant en file les coulisses d’un théâtre, ignorant le buste poussiéreux d’un Lénine abandonné, pour regagner un plateau où on leur explique les règles du jeu qu’on sait de dupe. Sur fond de propagande gouvernementale claironnant le renouveau de la mère-patrie, le compte à rebours vers la finale commence et la feinte sacralisation de la figure maternelle tourne au cauchemar des humiliations, sous les paillettes et les ors factices. À travers le destin de l’épouse-Barbie d’un député, de réfugiées de guerre vivant dans un hôpital désaffecté, d’une violoniste ratée, rebelle et paumée, s’esquisse un état des lieux du pays où les illusions semblent définitivement perdues. On pense à la comédie italienne des années 70 : crise des valeurs, farce et larmes. Le sourire de façade dans une société du spectacle, on le retrouve à Paris, le soir de l’élection de François Hollande, aux lèvres de Lætitia, la journaliste de La Bataille de Solferino de Justine Triet. Radieuse devant la caméra, commentant à coups de formules stéréotypées l’attente des résultats puis la joie de la victoire. Ravagée d’angoisse, téléphonant, fébrile, entre deux prises, au baby-sitter placide chargé de protéger les enfants de leur père, un Vincent Macaigne dément et véhément ! Film survolté où on passe des braillements de bambins à ceux de la foule des militants, où l’espace privé pénètre l’espace public, le documentaire, la fiction et où l’ivresse des grands soirs s’achève par une gueule de bois. De Suzanne, incarnée par Sara Forestier, dans le film de Katell Quillévéré, on gardera longtemps en mémoire, un peu perdu, grave et doux, ce regard d’enfant têtu qui traverse, d’ellipse en ellipse, 25 ans d’une vie ravagée par les « mauvais » choix, sauvée à chaque naufrage par l’amour inconditionnel d’un père et d’une sœur. De la Chronique d’une jeunesse géorgienne de Nana Ekvtimishvili et Simon Gross, superbe clôture des Rencontres, la danse-défi de la jeune Eka, contre le machisme violent de la Géorgie explosive des années 90. Et puis il y a eu aussi le corps lourd, usé, de la vieille Luisa dans le court-métrage de Celia Rico Clavellino, primé par le jury de 13 en courts ; histoire de la prise de possession... d’un fauteuil. Petite révolte sans cris, sans larmes dans une vie de linge à laver, de café à servir à un compagnon indifférent, une vie à petits pas, inscrite en plans Palmarès 13 en courts Prix du Jury : Luisa no está en casa de Celia Rico Clavellino (Espagne) Prix du Public : Quand ils dorment de Maryam Touzani (Maroc) Suzanne de Katell Quillévéré Mars Films serrés qui soudain se déplie, se délie. Coup de cœur pour la justesse du propos, du ton, du tempo de Vandal d’Hélier Cisterne, itinéraire de Chérif, adolescent graffeur, cousin lointain d’Antoine Doinel. Film d’homme choisi par sa compagne co-scénariste Katell Quillevéré à l’occasion de sa Carte Blanche (voir chronique sur journalzibeline.fr). Mention spéciale à La Tour de guet de Pelin Esmer pour la capacité de cette réalisatrice à rendre sensible la tension par le silence, la lenteur, les lignes de fuite d’un panorama aussi ouvert que ses personnages sont fermés, repliés sur leur douleur, leur colère, leur culpabilité. Des moments forts, tendres, drôles, émouvants et une sélection 2013 très généreuse. ELISE PADOVANI 1abate Les Rencontres se sont déroulées du 25 septembre au 3 octobre à Marseille et se sont poursuivies à Aix, Toulon et Hyères www.films-femmes-med.org
Un baptême en lumière DE GARDANNE Inaugurer une nouvelle salle de projection surtout quand son ouverture a été obtenue au prix de tant d’efforts, est une victoire ! Victoire chantée ce 9 octobre, avec une réelle émotion, par les politiques, le maire de La Ciotat, Patrick Boré en tête, par les personnalités du 7e art comme Thierry Frémaux, directeur de l’Institut Lumière de Lyon et par tous ceux qui ont permis cette résurrection comme Monique Valéri, présidente de l’association Berceau du cinéma. Doyenne des salles, l’Eden Théâtre a accompagné depuis l’époque d’Antoine, Auguste et Louis, l’histoire de la ville et des Ciotadens dont on dit que la moitié d’entre eux y a rencontré l’autre. « Tu te souviens quand on fréquentait ? » a-t-on entendu une femme dire à son compagnon. Fermé pour raisons de sécurité, l’Eden retrouve grâce au travail des architectes-scénographes Stern et Masson, son aspect d’origine de petit théâtre à l’italienne velouté de rouge, et une fonctionnalité correspondant aux normes actuelles. La façade identique à celle de 1889 n’a eu qu’à avancer de 80 cm pour laisser passer gaines et câbles. La vieille dame requinquée affirme des ambitions. Favoriser le mélange des publics, être un des chaînons du parcours culturel mis en place par la ville, fédérer les activités des associations, promouvoir le riche fonds patrimonial, organiser des rétrospectives, accueillir des festivals, s’ouvrir à l’ère numérique et au monde entier par le développement de l’Eden virtuel. En présence de Nathalie Baye, la cérémonie, menée par l’actrice Anny Romand dont l’arrière grand-père n’était autre Ouverture de l'Eden théâtre Elise Padova Ouverture de l’Eden théâtre Elise Padovani E.P que le polisson qui marche sur le tuyau d’arrosage du fameux arroseur, ne s’est pas limitée au ruban tricolore coupé et à la rhétorique des discours officiels brodés de métaphores et de citations. Thierry Frémaux était venu avec un montage des films Lumière qu’il a commentés avec humour et brio. Quel bonheur de voir ces premières fois ! Premier travelling à Venise, caméra embarquée sur le Grand canal. Premières utilisations du hors champ. Premiers effets de cadrages, de mise en scène en 50 secondes chrono. Visions d’avant 14, où éclatent l’optimisme, l’énergie, la foi positiviste des frères Lumière, hommes d’affaires, créateurs et inventeurs du concept même de « salle de cinéma », endroit où on partage ensemble des émotions. Olivier Dahan a présenté un extrait de son dernier film Grace. Nicole Kidman y incarnant la princesse monégasque semble déjà oscarisable. Enfin, filmés par Roman Polanski, on a retrouvé Mathieu Almaric et Emmanuelle Seigner dans le jeu ambigu des rapports de force en amour, selon Sacher Masoch et Roman. La Vénus à la fourrure, comme premier long métrage à l’Eden, ça ne manque pas de pigment ! La soirée s’est terminée dans la rue. L’Eden est alors devenu une locomotive balayée par les images mythiques du cinéma. Un baptême en lumière. ELISE PADOVANI www.edentheatre.org Du 25 octobre au 5 novembre 2013 www,cinema-gardanne,com 04 42 51 44 93 cmmi mmin EEI $-16 nov2013 s 0 " n7 4) f- 7R're.-o. : - -.r, ° 0 13°'1ei,r1zos. m 1r festival du film esnagnof J"i 0 de Marseille o ô s 0% 00 ; ipcb 0 O ° 04#0o0 0 0. a C a0 0 o yo-sÿy.A aio a 0



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