Zibeline n°67 octobre 2013
Zibeline n°67 octobre 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°67 de octobre 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 9,0 Mo

  • Dans ce numéro : une culture citoyenne.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Au cœur de la musique ar"4% 1,2ibite 28 M U S I Q U E Marathon singers Le 14 septembre, on s’agite autour de deux gradins enserrant le chœur dans un angle des « Grandes Tables » à la Friche de la Belle de Mai. Les chanteurs donnent de la voix alors qu’on circule, s’interpelle... À la console, Alexandros Markeas organise un espace sonore mouvant dans lequel on baigne. Au centre, Roland Hayrabedian jouent les sémaphores, chef hyper-concentré risquant à tout moment de perdre le fil du temps millimétré par l’électronique. On tend l’oreille, déchiffre les phonèmes. Le public est conquis quand Dionysos, le vin, le sang… prend des accents tragiques, que les voix épousent un fortissimo électronique. Pour certains, c’est un premier contact avec de la musique qu’on dit « contemporaine » … souvent décriée ! Le 15 septembre Musicatreize achève son marathon à la rue Grignan après une vingtaine de concerts donnés un peu partout. L’ensemble américain Cantori débute avec des opus placés sous le signe de la Méditerranée. Puis Musicatreize fait entendre trois de ses auteurs fétiches : Zad Moultaka et son haletant Ikhtifa, Edith Canat de Chizy pour une Berceuse colorée de percussions, le Grec Alexandros Markeas avec son inquiétante Wall Street Lullaby d’une mère à son enfant sur fond de crise financière… Dialogue Nord-Sud Du 16 au 18 septembre, la Villa Méditerranée accueillait deux « Tenso Days » et quelques ensembles vocaux parmi les meilleurs d’Europe qui questionnent les traditions vocales méditerranéennes. On consacre Maurice Ohana et son centenaire. Pour le concert de clôture, c’est le Sud et le Nord qui dialoguent ! Musicatreize chante Swan Song d’Ohana, folklore incantatoire réinventé, et une belle pièce de Zad Moultaka : Callara II fouille dans le ventre des pianos, le grain cannelé des cordes de harpes, les percussions et les voix, afin d’en extraire des sons qui se mixent, s’amplifient en une espèce de cérémonie rituelle sur fond de culture maya et de prophéties apocalyptiques… Quel contraste avec les univers glaciaires, vents septentrionaux et lumière rasante glissant sur une banquise d’accords mouvants de compositeurs baltes interprétés par l’excellent Chœur de la Radio Lettone ! « Apsveicu » (bravo) lance-t-on à Riga ! Sappho à l’Opéra Le 26 septembre : Berlioz aurait aimé la démesure de cette « Odyssée dans l’espace » qui, à l’Opéra de Marseille, a écrit ses derniers chants. L’immense projet Ils n’ont pas chômé les chanteurs de Musicatreize du 13 au 26 septembre avec « Les parcours dans la ville », « Tenso days » ou « L’Odyssée dans l’espace » … X-D.R mêlant professionnels et amateurs connait son apothéose. Sur le plateau et dans la fosse d’orchestre s’organise le vaste dispositif vocal et instrumental. Tout le second balcon est occupé par une mosaïque chorale, si bien que le spectateur se trouve baigné dans une marée sonore qui lui arrive de toutes parts. Les deux œuvres au programme sont inspirées de la poétesse Sappho (vers 630-580 av. JC). Dans Sapphô’s Legacy, le Suédois Jesper Jordin s’intéresse à son héritage en déclinant une mosaïque de textes féminins courant des Pussy Riot à Hildegard von Bingen... Alors que la texture sonore déploie ses trames planantes, une soprano (Géraldine Keller), dans le suraigu tutoyant le cri, franchit la barrière chorale… Nous parviennent alors une myriade de textes parlés, de notes obstinées, de dissonances serpentines, vocalises modelant un magma quasi-électronique, polyphonie soyeuse se souvenant du plain-chant… avant que tout s’achève à coup de cloche, de sons glissés et souffles zéphiriens, dans une métaphore figurant l’immortalité. L’enjeu du Libanais Zad Moultaka est amarré à la Méditerranée. Avec Leipsano, il s’intéresse aux « restes » des manuscrits, ses « trous » textuels, épouse la forme des « lambeaux » calligraphiés, laissant au « vide » l’espace de s’emplir… Ce sont des éclats de mots grecs qui se superposent, scintillent au gré d’un ballet difracté de chefs de chœurs appointant ou déphasant leur battue. Une puissante machine se met en marche, empruntant un continuum quasi imperturbable, ralentie au tempo de caisses pesantes qui s’éteignent dans une expiration aérienne chapeautée d’harmoniques sifflantes… JACQUES FRESCHEL Chanson française Fraîchement remarquée sur la scène régionale, Ottilie [B], artiste à l’humour parfois mordant, a eu du mal à convaincre son public dans l’exercice ingrat de la première partie tant son univers musical semblait éclaté. Sur des textes au sens obscur, dans un patchwork de styles qui puisent dans le musette, la chanson, voire la pop, ses errements vocaux cherchent une cohérence entre l’exubérance du cri, le chant diphonique ou les harmonies en re-recording. Mélange déroutant, d’autant que la voix semble puissante et accrocheuse grâce à un timbre cuivré dans le médium. Preuve de cette quête sonore inaboutie, une improbable reprise de Madame Rêve dans un maelström bruitiste assez incongru. Aux antipodes, Mathieu Boogaerts semblait en deuxième partie à l’aise dans son art, distillant ses subtiles mélodies sur des arrangements singuliers et simples pour voix et instrument. En version solo avec son jeu de guitare très fluide ou au piano en version simplifiée, il se mue pour un soir en un chantre de l’Amour Courtois version XXI e siècle, avec sa voix très douce et sur le ton de la confidence. Il crée une intimité avec son public tant ses textes et la musique qui les porte sonnent comme un gage de sincérité. EMILIEN MOREAU Ce concert a eu lieu le 12 octobre à Hyères dans le cadre de la programmation de Tandem
Marsatac invincible Husbands Agnès Mellon Tricky Agnès Mellon 29 M U S I Q U E Malgré un léger recul d’affluence -30 000 spectateurs contre 35 000 l’an dernier-, l’édition 2013 du festival a tenu ses promesses Après trois soirées à guichets fermés à Nîmes, Marsatac a posé son vaisseau dans sa ville d’origine pour huit événements aussi variés qu’un après-midi jeune public, un ciné-concert ou encore une grand-messe électro dans une église. C’est au Silo que la grosse machine est lancée avec un plateau composé pour attirer un public aussi large que le spectre musical proposé. Au menu, deux formations 100% marseillaises avec, en lever de rideau et pour leur première grosse scène, Husbands, un patchwork de la nouvelle scène phocéenne : des membres de Nasser, Oh ! Tiger Mountain, Kid Francescoli et les jumelles d’Isaïa au chœur. Leur pop léchée fonctionne et dégage une certaine innocence maîtrisée. Loin du phénomène inexpliqué appelé Fauve, dont le chanteur agace par ses déplacements autistiques et son chant saccadé de diatribes post-adolescentes que quelques commentateurs osent comparer à du Ferré ! Quant au nouveau spectacle de Nevchehirlian, il poursuit le sillon creusé depuis Vibrion, trouvant un équilibre harmonieux entre un rock épuré, des montées électros, des percussions accentuées et une poésie engagée. Pas facile de trouver le ton juste après l’immense succès de son incursion chez Prévert. Mais ce sont tout de même le torse dénudé et le trip hop irradiant de Tricky qui auront provoqué le plus d’hystérie au cours de cette soirée. Le lendemain, au Dock des Suds, trois drôles de musiciens, cheveux longs et chemises colorées. En apparence, les Stepkids ne semblent pas en accord avec leur époque. Ce côté décalé est pourtant la qualité première de ce trio américain insolite. S’ils qualifient leur musique de « soul psychédélique », la particularité du groupe reste avant tout cette savoureuse mélodie, parfois très cosmique, mixant la soul, la pop et le jazz. Sur scène, aucune fausse note. La batterie, la basse ainsi que la guitare s’accordent subtilement avec les timbres de voix singuliers de ces trois crooners. Non loin, les Sud-Africains Shangaan Electro enflamment le public avec leurs danses énergiques et leurs rythmes effrénés. Proposant un style encore méconnu, le groupe n’hésite pas à revisiter la sonorité des musiques traditionnelles en créant un cocktail musical détonnant, constitué de sons électroniques. Derrière leurs platines, le duo Modeselektor de Gernot Bronsert et Sebastian Szary propose des mix puissants et variés. Ces petits génies réussissent à surprendre le public à chaque morceau, et effectuent une belle démonstration du rayonnement actuel de la scène électro berlinoise. Le punk poissonnier ça vous dit quelque chose ? et l’électroclash dégénéré ? Des photographes aux premières loges arrosés de liquides en tous genres, vous en avez rêvé, les licencieux Sexy Sushi l’ont fait ! Acclamés par une foule dense surexcitée, Rebeka Warrior et Mitch Silver n’y vont pas avec le dos de la fourchette. Le duo nantais n’a pas besoin de se mettre en jambe avant de mettre les watts. Et ce n’est pas le charmant bourreau, en chair et en os qui embellit de manière raffinée la scène, qui empêche dès le troisième titre une vingtaine d’aficionados de fouler dans une hilarité communicative le dance floor de fortune au milieu de l’imperturbable Mitch et de la sirène dénudée Rebeka. Si le répertoire des punks de l’électro n’invite pas à la quiétude et à l’écoute contemplative, il n’hésite pas à secouer un festival bondé et à le réveiller pour la nuit. Un son plus saturé tu meurs, une pulse intenable, une logorrhée impossible à suivre et surtout un show néo-dadaïste complètement dingue. Pour clore 11 jours de marathon musical, Marsatac le festival a invité Marsatac producteur et label au théâtre national La Criée pour une soirée tournée vers les musiques du monde (à notre grand bonheur bien présentes dans cette édition). Il s’agissait de proposer les restitutions scéniques des Mixatac, triptyque discographique résultant de collaborations entre musiciens marseillais et d’autres grandes villes du monde (Bamako, Essaouira, Beyrouth), provoquées par le festival. On y retrouve Nasser, Fred Nevchehirlian ou Alif Tree au côté du fleuron de la musique mandingue comme AhmedFofana et Massaran Kouyaté, d’un maître gnawa, Maalem Hassan Boussou, ou encore de la nouvelle scène pop libanaise avec Rayess Bek et Ziad Saad. Une initiative salutaire car c’est indiscutablement sur scène que l’on saisit la subtilité de ces rencontres artistiques et l’énergie qu’elles dégagent, complètement étouffées par les versions albums. THOMAS DALICANTE, FRÉDÉRIC ISOLETTA, ANNE-LYSE RENAUT Marsatac s’est déroulé du 19 au 29 septembre à Nîmes et Marseille. « q. szute



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