Zibeline n°67 octobre 2013
Zibeline n°67 octobre 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°67 de octobre 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 9,0 Mo

  • Dans ce numéro : une culture citoyenne.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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22 M U S I Q U E T H É Â T R E La tante qui chante Dans le cadre d’un hommage à la chanson française sur le territoire de Marseille-Provence 2013, et pour accompagner la sortie de son nouvel album Plus cher, le groupe Tante Hortense présidait à l’ouverture de saison du Théâtre de Lenche. Stéphane Massy -magnifique chanteur assumant avec grâce une gestuelle maladroite- susurrait de sa voix douce de précieuses vulgarités, tandis que Christophe Rodomisto installait en trois sifflements et un air de guimbarde une atmosphère digne d’Ennio Morricone. Tante Hortense partageait la scène avec le marseillais renégat, car désormais parisien, David Lafore, remplaçant au pied levé Alice Lewis. Toujours caustique (sauf lorsqu’il commet de trop appuyées chansons d’amour) et hilarant, il fallait le voir empoigner sa guitare, l’accorder pendant de longues minutes au nez du spectateur et danser tout bedon dehors, pour mesurer à quel point il est appréciable de partager, façon bœuf, musique et bonne humeur avec des artistes. Bilan : le public conquis a quitté la salle le sourire aux lèvres, en se répétant les meilleurs mots de la soirée. Vive la chanson française, quand elle ne se prend pas au sérieux ! GAËLLE CLOAREC Tante hortense X-D.R IM.. illiMMO, M.- D= rF Tante Hortense & guests s’est tenu du 17 au 21 septembre au Théâtre de Lenche, Marseille. Le concert de Tante Hortense avec David Lafore a eu lieu le 20 septembre Petite forme pour grand plaisir ! Une surprise de taille attendait les spectateurs pour l’inauguration du fringant Théâtre Joliette-Minoterie : le Molière 2011 du théâtre musical. Peter Brook y dévoile une forme légère et épurée du monument mozartien avec l’aide de Marie-Hélène Estienne pour la dramarturgie et Franck Krawczyk pour la musique. Réduite à sa partie pianistique, la partition est superbement interprétée par Rémy Atasay tandis que les interprètes sont très à l’aise dans un espace nu, uniquement occupé par de grands bambous, déplacés de temps en temps pour évoquer la forêt, la prison, des armes... Des surtitrages bien placés, accompagnés de dialogues parlés en français, permettent à tous de suivre l’intrigue soigneusement débarrassée du symbolisme et des lourdeurs de l’opéra. À l’aise dans cette forme allégée, les chanteurs-acteurs, très jeunes dans l’ensemble, évoluent avec plaisir dans ces situations et ces dialogues dont l’humour a été finement mis en valeur ; soulignons notamment l’heureuse prestation de Thomas Dolié dans le rôle de Papageno et la présence bienveillante d’Abdou Ouologuem en magicien. Un moment de charme, de plaisir partagé qui augure bien du devenir du nouveau théâtre. CHRIS BOURGUE Alicia Peres Alicia Peres Une Flûte enchantée s’est donnée du 28 septembre au 5 octobre au Théâtre Joliette-Minoterie À venir : Bleu ! De la Cie italienne TPO, création mondiale, en coproduction avec Marseille 2013,du 2 au 9 novembre (voir P.33) O Résister à l’exil D Chacal, la fable de l’exil ou comment trouver sa place dans une société donnée, de France ou d’Algérie. On retrouve dans ce spectacle un des aspects du travail de Virginie Aimone et Jérémy Beschon, à savoir une interrogation sur le pouvoir et la domination et la manière de s’en écarter, à défaut de s’en débarrasser totalement... Le projet s’appuie sur le travail de Tassadit Yacine-Titouh, chercheuse à l’EHESS, dans son livre Chacal ou la ruse des dominés (éditions La Découverte) dans lequel elle a regroupé fables et légendes de la tradition orale kabyle. En cela il s’adresse à un public plus large que celui des précédents spectacles de Jérémy Beschon qui en a assuré l’écriture et la mise en scène. On retrouve des personnages connus des enfants, comme le lion roi des animaux, le hérisson, le chacal, et, comme ceux de La Fontaine, ils nous font bien penser à nos voisins, avec leur charge de duplicité et de soif de pouvoir... Jérémy Beschon utilise une langue souvent savoureuse, baignant à la fois dans la poésie de la légende et l’acidité de la banlieue. Il faut rendre hommage à la comédienne qui assure l’interprétation de treize personnages avec subtilité, variant les timbres, les accents, pour incarner les différents animaux, passant de l’un à l’autre pour jouer les dialogues, trouvant pour chacun le geste sûr qui permet de le reconnaître ; ainsi quand elle incarne le hérisson, les coudes relevés, ses mains couvertes de mitaines noires s’écartent en étoiles... Ces fables donnent une belle leçon de résistance.C.B. Chacal s’est joué le 10 octobre au Théâtre Comoedia à Aubagne, dans le cadre du projet Nous serons tous d’ici, des médiathèques du Pays d’Aubagne, labellisé MP 2013 Chacal, la fable de l’exil X-D.R
Vifs Do.M Scène ouverte ! Le théâtre d’Arles a ouvert sa saison avec un temps fort des plus réjouissants, dévolu aux nouvelles écritures scéniques Quel pari que celui de débuter sa saison par une telle programmation ! Et quelle émulation au sein du public, curieux, en attente de surprenantes formes assez peu visibles ailleurs… Les propositions de ce temps fort, en offrant une réflexion sur l’état de notre monde, s’affranchissent souvent des codes de la représentation théâtrale, confrontant les écritures et leur représentation. Le 5 octobre, le collectif germano-britannique Gob Squad installait sur le plateau du théâtre un aquarium-laboratoire bordé de miroirs sans tain dans lequel sept très jeunes comédiens se laissent scruter par le public. On sent planer l’insouciance de leur jeune âge… démentie dès la première phrase : « En ce moment nous pensons souvent à la mort ». Le ton est donné, ces jeunes-là ont des choses à dire. Dirigés par une voix off féminine, et une bande-son pop-rock rafraichissante, ils vont vivre en accéléré, jusqu’à leur mort, une vie parsemée de questionnements, étrange miroir qui renvoie chacun au temps qui n’est pas forcément passé comme on l’aurait rêvé enfant. C’est à la fois bouleversant et réjouissant Toujours au théâtre, le 8, c’est à une étrange fin des temps que nous invitent les comédiens grecs du Blitz Theatre Group. Nulle joie visible sur le visage de ces trois femmes et trois hommes, nulle émotion, même pas lorsque les couples se forment pour danser une valse, première d’une longue série. Dans Late Night, seul compte le temps présent, empreint de nostalgie, que vivent ces six rescapés d’une guerre qui a décimé l’Europe. Alternant danses et prises de paroles, sans que jamais le mouvement ne s’arrête, chacun égrène et ressasse ses souvenirs, comme pour se persuader qu’une vie, avant, a bien eu lieu, et lui permettre simplement de continuer. Mais il n’est plus temps de regretter, encore moins d’espérer ; et dans un geste de résistance où ne cesse de poindre l’ironie, ils valsent, étourdis d’un rythme qui les tient debout. Tant que durera la musique… Sans frontières Dans l’écrin magnifique de l’église des Frères Prêcheurs, l’installation du GdRA a pris toute sa (dé)mesure, du 5 au 9. Initié par le théâtre d’Arles, en complicité avec Le Merlan, et coproduit par MP 2013, Vifs – Un musée de la personne est sans doute le projet le plus abouti du GdRA. Ici tout s’entremêle, le métissage entre les arts du spectacle et les sciences sociales donnant lieu à une déambulation (pour commencer) où la vue, l’écoute et le jeu (des capteurs sous certains écrans permettent de modifier l’image) mettent le visiteur/spectateur dans un état d’active participation. Pour questionner les notions d’identité et de territoire, 12 portraits filmés d’Arlésiens et de Marseillais sont projetés sur 12 écrans géants, que l’on écoute casque sur les oreilles : ces 12 témoignages de vie sont autant d’univers qui dessinent un territoire qui n’apparait plus seulement géographique, définissant un nouveau réseau que l’on imagine infini. Pour clore le voyage, musique et trampoline se rejoignent au cœur de l’installation, la voix de Christophe Rulhes résonnant sous les voûtes de l’église, tandis que les corps de Julien Cassier et Olivier Boyer chutent et se relèvent indéfiniment. DOMINIQUE MARÇON Les nouvelles écritures scéniques se sont déroulées du 5 au 16 octobre, au théâtre d’Arles et dans certains lieux de la ville. À venir Vifs - un musée de la personne du 17 au 27 oct Le Merlan, Marseille 04 91 11 19 20 www.merlan.org Intégrer 0 l’abjection Ce qu’il ya d’insupportable dans la condition de Sad, dans son long cri de désespoir, c’est qu’il a fait siennes les abjections racistes dont il est victime. Cet Irakien venu en Allemagne pour y étudier, parce qu’il en aime la langue, Goethe et Schiller, se retrouve dans la position d’un sans-papiers sans identité, sans existence. Celle de ces gens que nous croisons tous les jours, quand ils ne sont pas morts à Lampedusa ou expulsés vers des pays où ils ne peuvent vivre. L’enfer, Sad l’a retrouvé en Allemagne. Non pas parce qu’il y vit mal, puisqu’il survit, vendant des roses, attendant le retour de l’électricité, urinant proprement et mangeant ce qu’il trouve. Mais parce que le regard des Allemands, sur son crâne trop plat ses yeux noirs, la peur de l’envahissement qu’il fait naître en étant seulement là, le trouble qu’il produit dans l’identité nationale, le sentiment d’être un sous humain, tout cela il l’a intégré, admis, comme son odeur repoussante et ses pores dilatées. Il est une ordure (Dreck en allemand), une saleté, qui ne peut que disparaitre, se tuer, pour mettre fin à l’abjection. Ce qu’il fera à la fin. Charles Berling avait déjà mis ce texte de Robert Schneider en scène, en 1997, avec Alain Fromager. Il le reprend aujourd’hui et lui donne une autre actualité : l’époque est pourtant légèrement décalée -il s’agit du racisme des années 70, à la fois plus violent et moins installé- et l’Allemagne est présente parce qu’on entend son hymne rappelant le nazisme encore proche… Mais aujourd’hui, alors que les démons renaissent, que les frontières se referment partout en Europe qui a pourtant besoin d’immigration, Dreck sonne plus universel, et hélas plus près de nous. Alain Fromager est simplement époustouflant, à la fois repoussant, émouvant, perdu, éteint, explosif. Dirigé au cordeau par Charles Berling, dans un décor aussi nu que possible. AGNÈS FRESCHEL Dreck a été créé au Théâtre Liberté, Toulon, le 3 octobre À venir jusqu’au 19 octobre Théâtre Liberté, Toulon 04 98 00 56 76 www.theatre-liberte.fr Christophe Michel a23 P T HO LÉ ÂI T TR I QE U E CULTURE L L E



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