Zibeline n°67 octobre 2013
Zibeline n°67 octobre 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°67 de octobre 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 9,0 Mo

  • Dans ce numéro : une culture citoyenne.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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L’actécrit est joliet 20 T H É Â TR E Un des mérites les plus saillants d’actoral est de savoir programmer dans chaque lieu des propositions qui lui ressemblent, et peuvent rencontrer, et faire légèrement bouger, son public. Dans le nouveau théâtre de la Joliette le cycle l’objet des mots, élaboré avec la SACD, jouait sur du velours : nouvelle salle, mais public déjà conquis, dans ces murs tapissés de livres, cet accueil ouvert, cet escalier où l’on descend chercher des mots comme à la Minoterie on montait vers les combles. En bas donc, grande salle : la Cie du Zerep, soit Sophie Perez et Xavier Boussiron présents aux commandes, mettent sur orbite Stéphane Roger, clown affreux sale et obéissant. Sur un texte de Nathalie Quintane dont on ne sait pas trop ce qui reste, sauf le personnage de Gros pépé papa et son chien, avec des bribes de Duras et des extraits de Macbeth. Cela s’appelle Broute solo, et c’est indescriptible. Comment expliquer qu’un comédien fasse hurler de rire toute une salle en répétant et déclinant sur les tons les plus extravagants qu’une soupe est bonne ? Ou en essayant de monter sur des praticables cul nu après avoir enlevé les leggins que les deux autres, hilares, l’ont obligé à mettre ? Leur regard sur lui, leur manière de La Part du rite Domitille Chaudieu. lui refiler des consignes absurdes (« en anglais », « en zozotant »), de le sadiser en n’envoyant pas la musique, de rire eux aussi à son monstrueux grotesque, introduit encore une épaisseur, une complicité de spectateur avec le public. Savoir jouer ainsi avec son propre ridicule est du grand art. Nettement moins drôle et pourtant, Yves-Noël Genod qui nous balance un texte de Jean-Michel Espitallier. L’Invention de la course à pied (et autres trucs) est pourtant drôle et cruel : la haine du sport, de ceux qui courent pour rien en uniforme de joggers, de l’éthique D’or et de fange Confrontation de géants au théâtre Toursky : Philippe Caubère se mesure au texte d’André Suarès, Marsiho. De l’Estaque au château d’If, dans le soir incendié, André Suarès brosse le tableau de la ville. Vue générale, nimbée de lumières, évocation des différents quartiers… toute la ville du début du XX e siècle renaît avec ses bruits, ses odeurs, ses activités, ses quais, ses rues, ses maisons, sa galerie truculente de personnages, ses scènes de genre… Indignations emportées, lorsque la bêtise des politiques détruit des merveilles d’architecture. Description infernale de la Bourse, avec sa « masse brutale » qui semble être vouée aux « 126 flammes de l’enfer » … vision de peintre, de coloriste, amoureux de la lumière, qui se plaît à évoquer les Daumier, Puget, Cézanne… Marseille, « Cosmopolis », sublime et fangeuse, se love dans une prose amoureuse et poétique rendue avec une verve bouleversante dans le jeu efficace de lumières de Philippe Olivier. Caubère, seul sur scène, tout de blanc vêtu, interprète cet hymne avec puissance, humour, variant subtilement les nuances, jouant sur les silences, la douceur de Debussy, les élans wagnériens… À la fin du spectacle, il remercie Richard Martin de lui avoir permis de réaliser ce rêve de 20 ans, jouer Marsiho à Marseille… Comment expliquer qu’un tel monument n’ait pas été labellisé MP2013 ? On entre dans la partie des mystères, et l’on change d’auteur pour se plonger dans Eugène Sue… MARYVONNE COLOMBANI Marsiho photo Michele Laurent @ Maison de la poésie de Paris proprette, des anabolisants et des musculatures, est toujours réjouissante, surtout lorsque la méchanceté affleure franchement, et que la virilité en prend pour son grade. Mais Yves-Noël Genod joue la désinvolture systématique, avec un débit uniforme, sans contraste, les seuls événements étant le surgissement d’un éphèbe nu et une progression vers l’avant-scène. Le parti pris est bien tenu, mais un peu assommant… Plus surprenant encore La Part du Rite : Isabelle Launay, conférencière spécialiste de l’histoire de la danse fait un exposé, partant d’Isadora Duncan et sa danse libre jusqu’aux notations codifiantes de Rudolph Laban, et les mettant en rapport avec l’histoire populaire et politique, des années folles au nazisme, de la pratique partagée à la pratique dictée. L’écouter serait déjà passionnant. Mais le dispositif surprend et désoriente : la conférencière est allongée, empaquetée totalement dans une serviette de bain blanche et Latifa Laâbissi, le visage entièrement couvert de ses cheveux, ne va pas cesser de la malmener, la trimballer, la plier, la couvrir, elle toujours enfermée dans sa serviette et poursuivant imperturbablement ses propos sur ce qui signifie le geste libre… La juxtaposition des deux discours, s’il établit clairement une performance –mais comment fait-elle pour parler ainsi malmenée pendant 40 minutes ? - met en place également un tremblement de sens, sans métaphore et sans illustration, quelque chose qui interroge le geste et l’art, à la bonne place. AGNÈS FRESCHEL Les Objets des mots et la Part du rite ont été donnés à la Minoterie dans le cadre d’actoral, du 8 au 11 octobre Marsiho a été donné le 12 octobre au Toursky, à Marseille Marsiho, André Suarès, éditions Jeanne Laffitte, 10 euros ac
Le dernier jour du Jeûne est un spectacle enlevé, franchement drôle par moments, où l’on croise ces personnages que l’on voit dans la rue, hauts en couleurs, excessifs, hâbleurs et fragiles. Un peu lent au démarrage, le spectacle de plus de deux heures passe ensuite dans le plaisir. Car les comédiens sont Pas ma Méditerranée Le Dernier jour du jeune Raphael Arnaud pleins de fougue, et le texte de Simon Abkarian frappe juste, grâce à sa langue travaillée, qui superpose avec une grande habileté des phrases triviales ou littéraires. De même les personnages, à mi-chemin entre les divinités de l’Olympe et la verve populaire de quidams d’aujourd’hui, savent rester sans référents temporels précis, et ressemblent à tous les méditerranéens, chrétiens, juifs ou musulmans, levantins, maghrébins ou européens… Les accents de chacun se mélangent, d’Ariane Ascaride à Simon Abkarian, si bien qu’on ne sait pas sur quel bord de la Méditerranée on se trouve ni à quel Dieu on fait référence. Mais cela passe tout seul, parce que l’en-commun est plus fort que tout… Mais voilà : cet en-commun est franchement terrifiant ! Matriarcal à mort mais enfermant les femmes, superstitieux et se riant de la raison et des vérités des livres, demandant aux filles de se marier et aux garçons de trouver du travail… Bien sûr le boucher est un père incestueux, bien sûr il sera descendu à froid par le patriarche, qui par la même occasion apprend à son fils comment il faut se venger lorsqu’on est un homme… Il semble dangereux de renouer avec la tragédie antique si c’est pour adopter ses lois archaïques : la vengeance et le meurtre, l’apologie de la femme d’intérieur et de l’attente, et cette abominable scène où la jeune fille dit non à son père qui la viole, entre deux moments comiques, donnent décidément peu envie de cette Méditerranée… où certains osent excuser les bijoutiers qui tirent sur leurs cambrioleurs. AGNÈS FRESCHEL Le Dernier jour du jeûne a été créé au Théâtre du Gymnase, Marseille, du 24 au 28 septembre À venir le 12 oct Théâtre de L’Olivier, Istres 04 42 56 48 48 www.scenesetcines.fr le 15 oct Théâtres en Dracénie, Draguignan 04 94 50 59 59 www.theatresendracenie.com du 18 au 19 oct Théâtre de Grasse 04 93 40 53 00 www.theatredegrasse.com r THÉMA #10 ENFERS ET PARADIS Variation libre autour du spectacle Dreck de Robert Schneider, mis en scène par Chartes Berling, avec Alain Fromager, l'histoire d'un paradis fantasmé et d'un enfer vécu. DU 3 OCTOBRE AU 30 NOVEMBRE Le Paradis sur terre, scënographie numérique et sensorielle de Tomek Jeralim, Pascal Pinel" Guillaume Rouan, Christian Feriauittat et Emmanuel Martini. DU 3 AU 19OCTOBRE Dreck au TheStrc Liberté, Toulon MERCREDI 16 OCTOBRE Â 19H30 Projection Le Nc uucau Manda de Terrence Maliek, 2005 MERCREDI 6 NOVEMBRE A 19H30 Rencontre sur Le Nouveau Monde Entre l'ami. et Eec ran MERCREDI 13 NOVEMBRE Â 1$H30 Les Habitants d'Artavazd Pe lac hian {10, 1970] Leçons de Ténèbres de Werner Herzog {52', 1992} Window Water Baby Moving de Stan Brakhage (12',11959l Les projections seront suivies d'une rencontre Entre l'ceil et l'eeran MARDI 19 NOVEMBRE t7 20H30 Tab te ronde Enfer et paradis au regard des religions et de la psychanalysa. modérée par Jean-Michel Vives avec un psychanalyste et des represenlants de différentes communautés religieuses MERCREDI 20 NOVEMBRE A 19H30 Projection Stalker d'André Tarkovski, 1979 MARDI 26 NOVEMBRE A 19H30 Conférence d'Yves ivlichaud Enfers et Paradis du tourisme MERCREDI 27 NOVEMBRE A 19H30 Rencontre sur Stalker Entre l'ce i l et [écran Entre l'ceil et ri-cran, parcours ciaémakographique prgpgyt par Cédric de Yei9Y I THEATRE L19ERTE - PLACE DE LA LIBERTÉ 9 3004 TOULON - 0494300 56 96 — iWYY1-T#iEATRE-LIBERTEJFR fi, 1P'Font a1Rs.#



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