Zibeline n°66 septembre 2013
Zibeline n°66 septembre 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°66 de septembre 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 7,2 Mo

  • Dans ce numéro : la culture... c'est pas primaires.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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* 6 P O L I T I Q U E CULTURE L L E structuration et l’organisation des pôles culturels de la ville. Pouvez-vous nous donner des exemples concrets ? Oh je peux détailler ! Mon programme d’action est prêt ! De multiples structures existent dans Marseille mais le rôle de chacune est flou, pour le public comme pour les artistes. Ainsi les musées de la ville sont dispersés et les expositions généralement mal fréquentées durant l’année. Dans le domaine du théâtre, nous porterons une attention particulière au pôle prévu à la Friche de la Belle de Mai. D’abord il faudra assurer l’acheminement du public grâce à la belle navette de Mai, qui partira de Longchamp, et fonctionnera jusqu’à ce que le métro que je propose de créer soit en fonction. Dans un désir de clarification, le théâtre Gyptis sera transformé en pôle image. Grâce à cette opération, nous pourrons réorienter vers le pôle théâtre de la Friche une partie des subventions que la région PACA attribue aujourd’hui au Gyptis et ainsi doter le pôle théâtre de moyens financiers plus importants. Ces nouvelles subventions ajoutées à celles prévues initialement pour la compagnie de Catherine Marnas, et celles déjà versées à la Friche, permettront de doter de moyens importants ce pôle théâtre. Qui devra être destiné à un collectif de compagnies marseillaises, et devenir un lieu de production comme de diffusion. Pour que les artistes d’ici puissent créer, et que le public puisse venir… Pour les autres théâtres de la ville de Marseille je souhaite que les spécificités des lieux soient précisées. Les nouvelles générations d’artistes doivent pouvoir prendre leur place en se nourrissant de l’expérience des plus anciens. Ainsi je ferai du théâtre de l’Odéon le grand théâtre de boulevard et d’opérette marseillaise de notre ville, le projet engagé à la Minoterie sera poursuivi et nous lui donnerons les moyens de son développement, le théâtre Toursky préparera son avenir dans une continuité sereine, ainsi que les Bernardines. Nous devrons également attacher une attention particulière à la sécurité autour de plusieurs lieux de production afin de permettre au public de se rendre aux représentations : ce sera prioritairement le cas pour l’Odéon et le Gymnase. On ne va pas au théâtre quand on a peur. Je ferai également respecter les cahiers des charges fixés par l’État avec le théâtre national et la scène nationale (la Criée et le Merlan,ndlr) qui doivent produire davantage de compagnies régionales. Le maire de Marseille a de l’autorité, sur ce type de dossier il doit en user. Avez-vous chiffré ces mesures ? La Ville a-t-elle les moyens de mener une telle politique culturelle dans les théâtres, mais aussi dans les musées, les bibliothèques, l’opéra… Des erreurs financières ont été commises ces dernières années. Je pense notamment au Château de la Buzine, au mémorial de la Marseillaise… ou au Silo, par la faute d’un montage financier opaque et de multiples erreurs. La culture est une mission d’intérêt général qui coûte souvent de l’argent. Lorsqu’elle peut en gagner, comme au Silo, il n’y a pas de raison de le donner au privé. Elle peut être un facteur de développement économique fort, un moyen de renforcer l’identité et l’image de la Ville pour affronter la compétition internationale. Mais je veux une culture qui crée du commun à partir du terrain. Par ailleurs une régie municipale sera créée afin que la mairie de Marseille se dote d’un parc matériel pour son usage, mais aussi pour le mettre à disposition des structures culturelles qu’elle subventionne, ce qui permettra des économies d’échelle. J’ai également de grande ambition pour l’opéra : le chant lyrique est une tradition méditerranéenne avec laquelle je ne veux pas que notre ville rompe. L’opéra, particulièrement à Marseille, reste un art populaire. Notre opéra, grâce aux travaux programmés, deviendra un opéra de dimension régionale, qui pourra en partie mutualiser ses productions avec ses voisins, et les diffuser hors de ses murs. La dimension populaire de la culture marseillaise est-elle votre priorité ? Dans une ville comme Marseille, la culture pour tous n’est pas une option : c’est une obligation. Je veux bâtir une culture inclusive. Par la pratique d’abord : les Marseillais ont démontré, depuis longtemps, leur créativité. J’ouvrirai dans chaque arrondissement une maison de la culture qui permettra aux Marseillais de produire, d’exposer leurs œuvres, de lancer des débats, avec un réseau de 16 pépinières créatives. Je mettrai en place pour les jeunes un pass culture qui, contre une somme annuelle modique, donnera un accès illimité à l’ensemble des ressources culturelles de la ville de Marseille. J’assurerai l’accès de tous à la lecture publique par l’extension des horaires des bibliothèques et des médiathèques le soir et le week end, et en veillant à ce que chaque marseillais se trouve à proximité d’un lieu de lecture public, de Saint Antoine à Saint Menet. Mais la culture est aussi affaire de transmission et de désinhibition pour tous ceux qui n’osent pas entrer dans les lieux de culture. Des cahiers des charges seront imposés aux institutions culturelles, en particulier aux écoles municipales, pour que des actions vers les nouveaux publics soient développées, pour les jeunes et leurs familles. Quant à la réappropriation de l’espace public, elle devra se faire par les artistes et non par des animateurs télé, avec des spectacles culturels de qualité sur les plages, les places ou dans les parcs de notre ville. En dehors de la structuration raisonnée de l’existant, avez-vous des projets nouveaux ? Le théâtre Silvain, qui sera le grand théâtre de verdure de Marseille. Ce lieu magique fera rayonner Marseille car il peut accueillir les plus grandes productions. Un festival des arts de la rue et des cultures urbaines verra le jour, en lien avec la cité des arts de la rue et la maison des cultures urbaines que je souhaite créer au J1. Enfin, Marseille est une ville de cinéma. Je ferai enfin aboutir le projet de MK2 sur la Canebière et je créerai un festival international du cinéma du bassin méditerranéen. Ces projets concernent le centre ville dont vous êtes actuellement maire de secteur. Qu’en sera-t-il dans les quartiers dits difficiles, plus au nord ? Marseille doit être fière de sa diversité, et embrasser ses différences au lieu de les stigmatiser. Cela passe par une valorisation du bouillonnement culturel de nos quartiers, dont on parle si peu par rapport à leur violence. Je mettrai en place de nouvelles structures dans les quartiers, souples, héritées des mouvements de l’éducation populaire mais modernisées et numérisées. Il faut aussi que Marseille sache garder les artistes qu’elle a vu grandir dans ses rues, en particulier ceux de ces quartiers-là ! Mais elle doit attirer au-delà, et devenir pour la Méditerranée ce que Miami est pour l’Amérique latine et Hong Kong pour la Chine : une capitale culturelle exogène. Elle doit être la ville qui incarne la liberté de création pour les start-up, pour les minorités discriminées, pour les femmes artistes privées d’expression, pour les créateurs censurés, menacés dans certains pays. En puisant dans sa richesse et sa diversité, et en accueillant les artistes, Marseille peut devenir une capitale créative bien au-delà de 2013… Entretiens réalisés par AGNÈS FRESCHEL
Gerda and Yvona, Minnebrom, Brakpan, 2009 Nouvelle exposition à voir à l’Atelier de Visu jusqu’au 5 octobre : Brakpan de Marc Shoul dans le cadre de la manifestation Saisons Afrique du Sud France 2013 & 2013 mAnTraiVIA:5:3-l= Dernier ouvrage publié en juin par le BDC, Détails, sculptures inhumaines de Mathieu Briand, artiste de la galerieofmarseille Bérézina annoncée La fin de la capitale culturelle a déjà commencé Pour cause de déficit le personnel quitte peu à peu, avant l’heure, la maison diamantée, et les structures culturelles, plongées dans leurs événements en cours ou à venir jusqu’en décembre, se retrouvent sans interlocuteurs… Le paysage pour 2014 s’annonce dévasté : si des équipements neufs et formidables sont nés et restent « pérennes », les compagnies indépendantes, les lieux qui existaient avant, ont tous vu leurs financements diminuer, ou revenir au mieux au niveau de 2012. Tous ont été poussés à des investissements importants durant l’année capitale, pour « en être ». Certains, nombreux, ne s’en relèveront pas ; d’autres vont devoir sévèrement serrer la ceinture, d’autant que les tutelles, qui ont elles aussi beaucoup dépensé pour la culture, ne sont pas en état de compenser les pertes, et devront avant tout éponger le déficit de Marseille Provence. Et que les entreprises, qui ont beaucoup gagné à la capitale, ne se pressent pas pour devenir les mécènes des structures en difficulté. La donne semble donc définitivement changée : les nouveaux équipements, dont les artistes sont la plupart du temps absents, programment selon des thématiques et passent commande ailleurs. À l’autre bout de l’échiquier culturel les tentatives alternatives, portées par le bénévolat, le sens de la débrouille et l’amour du dérisoire, survit par habitude des vaches décharnées. Mais les structures qui avaient réussi à se professionnaliser, à produire des créations et des festivals d’envergure, ferment boutique ou surnagent à peine, licenciant, annulant, désertant la région. Quant aux galeries et aux porteurs de projets d’arts visuels… Coup dur pour les arts visuels Le 31 juillet, le Bureau des compétences et désirs annonçait sa cessation d’activité ; fin novembre, l’Atelier de visu lui emboitera le pas. Leur disparition à l’heure de la capitale européenne de la culture apparaît paradoxale au regard des succès qu’ils ont aidé à bâtir, dans un domaine a priori attractif : Le Grand atelier du Midi, Ici, Ailleurs, L’atelier Van Lieshout, Le Bazar du genre, Art-O-Rama, Le Pont… La fin du BCD et de l’Atelier de Visu se ressemblent étrangement : le premier, ancré dans l’histoire marseillaise depuis 20 ans, l’autre depuis 15 ans, abandonnent faute de ressources suffisantes. Tous les œufs ont été mis dans le même panier en 2013 et la source est tarie. Pour Yannick Gonzalez, le BDC est dans l’incapacité de poursuivre ses projets, notamment avec la Fondation de France dont il était le médiateur agréé depuis 1997 : « Le programme des Nouveaux commanditaires nous a mis dans une situation particulière car il se décline sur un temps de 2 à 3 ans nécessaire. À cela s’ajoute une situation d’hyper activité liée à 2013 qui a mobilisé toute la structure et nécessité l’augmentation de l’équipe. Cela ressemble à une bulle spéculative : nous avons dû concentrer tous les efforts de 8 personnes sans pouvoir penser à 2014. Maintenant les charges sont disproportionnées et les collectivités donneront les mêmes subventions en 2014 qu’en 2012 ». Même constat pour Soraya Amrane à la tête de l’Atelier de Visu : « Avec une baisse de 20% des subventions annoncée par la Région, la situation ne va pas s’améliorer. Je n’ai pas eu d’augmentation budgétaire grâce à 2013 sauf pour deux actions (les workshops de Wortex et l’exposition de Mathieu Pernot à HLM 1). Rien pour le fonctionnement. J’ai donc prévenu mes tutelles que, malgré leur soutien moral et leur reconnaissance, je ne pouvais plus faire face ». S’ils ont à cœur d’aller jusqu’au bout des projets engagés, de clôturer leur exercice sainement et sereinement, licencier et mettre la clef sous la porte reste une épreuve. L’analyse de Soraya Amrane est sans appel : « Les arts visuels ont toujours été les parents pauvres des arts plastiques, la photographie en particulier. Dès l’ouverture avec Antoine D’Agata, chaque année il a fallu revendiquer une place, une visibilité. C’est d’abord les photographes et les galeries parisiennes qui nous ont soutenus ! Je ne pense pas que Marseille laisse tomber la photographie mais on privilégie les grosses machines comme la Friche, le Frac, le MuCEM… Je crois que la situation est tellement dramatique que les tutelles ne peuvent rien faire ». Quant à Yannick Gonzalez, il met à profit « une aventure qui s’arrête de manière positive parce qu’une nouvelle va se mettre en place sur le territoire » pour en tirer les enseignements. Et lancer une réflexion sur les nouveaux modèles : « Comment se réadapter à une nouvelle offre, plus expérimentale, après 2013 ? Le rôle d’une association est-il de faire de l’ingénierie culturelle ou de mener un projet militant ? ». L’effet Capitale n’est pas fini. MARIE GODFRIN-GUIDICELLI et AGNÈS FRESCHEL 1 Les Gorgan, jusqu’au 14 septembre, HLM, Marseille 2 e et Brakpan de Marc Shoul, jusqu’au 5 octobre à l’Atelier de Visu, Marseille 6 e www.atelierdevisu.fr 7 P O L I T I Q U E CULTURE L L E



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