Zibeline n°66 septembre 2013
Zibeline n°66 septembre 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°66 de septembre 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 7,2 Mo

  • Dans ce numéro : la culture... c'est pas primaires.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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56 l i v r e s Tombe la neige... Un journal intime, du 3 décembre au 20 janvier. La narratrice, Carole, est revenue dans sa montagne natale autour de la Vanoise pour y attendre son père. Celui-ci a annoncé sa visite par l’envoi traditionnel d’une boule de verre avec neige synthétique et sujet. Ainsi Carole retrouve son frère Philippe, l’aîné, et sa jeune soeur Gaby. Depuis la mort de leur mère, ils ne se sont pas revus, les liens s’étant distendus en même temps que leur vie d’adulte s’affirmait. Au Val-des-Seuls, la vie est rythmée par les apéros au bistro, les coupes de bois, les discussions sur l’opportunité d’installer une piste de ski... Carole renoue peu à peu un dialogue parfois difficile avec les gens et les lieux de son enfance. Des souvenirs enfouis surgissent comme des flashs douloureux, tel l’incendie qui a ravagé leur maison conduisant leur famille à la ruine. L’attente se prolonge. Carole se rend utile dans le chenil de la Baronne qui recueille les animaux abandonnés, renoue avec son ami Jean, s’intéresse à La Môme, adolescente recueillie par Gaby et autour de laquelle flotte un mystère. Il se passe peu de choses au cours de ces pages ; pourtant on les lit avec avidité, le souffle court, tant on y sent vibrer l’importance des non-dits, la sensibilité du quotidien, le dénuement des gens simples. L’écriture de Claudie Gallay est ciselée et même hâchée parfois, organisée en petits paragraphes très courts qui vont à l’essentiel de la sensation. L’auteure a confié que ses personnages lui manquent quand un livre est fini ; ils vont nous manquer aussi. CHRIS BOURGUE Un récit de virtuose Confession, histoire d’amour, saga historique, souvenirs d’enfance... ? Le livre de Jaume Cabré est une histoire à tiroirs aux récits multiples couvrant cinq siècles d’histoire intime et sociale, mêlant personnages romanesques et réels. Le narrateur, Adrià Ardèvol, né pendant la guerre à Barcelone, vit une enfance solitaire dans l’Espagne souffrante du franquisme. Sur la fin de sa vie, menacé par la maladie d’Alzheimer, il entreprend l’écriture de sa biographie pour Sara, son épouse aimée disparue trop tôt. Cependant quelques autres narrateurs s’immiscent insidieusement dans le texte, comme son ami violoniste. Au fil d’épisodes souvent pleins d’humour, de ses apprentissages dont l’araméen et le violon, de ses rencontres, surgissent des événements marquants de l’Inquisition, du franquisme, du nazisme, et leur sinistre cortège de traîtres et de calculateurs. Le récit court d’une époque à l’autre sans prévenir, sans chronologie, les histoires se superposent en palimpsestes subtils, et Jaume Cabré joue avec son lecteur comme Adrià avec sa mémoire, se livrant à un dédoublement... Ainsi dans une même phrase la narration passe-t-elle souvent du « il » au « je ». Le fil conducteur de ce récit dense et foisonnant est fourni par trois objets qui passent de main en main : un violon de Storioni, une médaille de la Vierge et un vieux chiffon. Ces objets, chargés du Mal dont toute sa vie Adrià a cherché à écrire et enseigner l’histoire, ancrent le texte dans le quotidien. L’Histoire ne nous en saisit que davantage.C.B. Une part de ciel Claudie Gallay Actes Sud, 22 euros Confiteor Jaume Cabré, traduit du catalan par Edmond Raillard Actes Sud, 26 euros Les fantômes du passé Niçoise installée à Bruxelles, l’écrivaine et scénariste Catherine Locandroincruste dans son cinquième roman L’Enfant de Calabre de nombreux éléments issus de son propre vécu. Ou qui lui ressemblent étrangement... Une jeune romancière prénommée Frédérique enquête sur le passé troublant de son père Vittorio, ancien combattant d’Indochine, retrouve sa trace à Nice, transporte son lecteur de Diên Biên Phu à Bruxelles : premières coïncidences ! Longuement elle s’interroge sur les raisons de ses pannes d’inspiration à répétition et son incapacité à être autre chose que le « nègre » d’un écrivain à la mode… Curieux télescopages qui font que le lecteur, à son tour, se demande si l’écrivaine -la vraie- n’est pas, elle aussi, en panne d’inspiration ? Car le livre mêle les genres du policier via une vague enquête pépère, du roman introspectif sur la vérité familiale et du roman historique sans la force d’aucun des trois. Architecturé autour de trois structures narratives qui font se croiser le Père, la Mère, l’amante et la Vérité, sans oublier la narratrice dubitative sur les raisons de son propre exil, ses échecs amoureux, ses relations conflictuelles avec son Frère et son Éditeur, le tout est platement ennuyeux. Seules les premières pages de L’Enfant de Calabre peuvent soutirer quelques larmes, à défaut d’un semblant d’intérêt, qui débute par le convoi funèbre d’une femme de 39 ans à la vie anonyme comme la fosse commune qui attend sa dépouille. Nous sommes le 7 août 1937 à Cittanova, dans la Calabre du Sud. On se dit que l’ombre de Laurent Gaudé aurait pu surgir à tout moment annonciatrice d’un merveilleux roman à venir. On se retrouve dans la violente moiteur de Diên Biên Phu sans rien avoir éprouvé d’autre qu’un long bâillement. M.G.-G. Livre présélectionné pour le Prix des lecteurs du Var 2013 L'Enfa itit dc Calabre L’Enfant de Calabre Catherine LocandroHéloïse d’Ormesson, 18 euros
Une révélation : Léonor de Récondo Présélectionné pour le Prix des lecteurs du Var de la Fête du Livre de Toulon, Rêves oubliés est une découverte. Parce que c’est le deuxième roman d’une « jeune » auteure, Léonor de Récondo, qui plus est violoniste et fondatrice de l’ensemble de musique baroque L’Yriade. Et la (bonne) surprise est à la hauteur de notre curiosité ! Rêves oubliés se situe dans un temps où la haine s’aiguise : 1936, et un pays tombé entre les mains des franquistes : l’Espagne. C’est un hymne d’amour à la patrie martelé par une phrase qui résonne comme un leitmotiv : « Être ensemble, c’est tout ce qui compte ». Le roman tout entier est une réponse à la question « Pourquoi les idées sont-elles dangereuses ? » au point qu’elles conduisent à la guerre, à la séparation, à « la vie bousculée à jamais ». La vie d’Ama (qui écrit la nuit en secret sur son petit carnet vierge), d’Aïta, de leurs trois enfants, grands-parents et oncles, basculera une deuxième fois en 1939, quand l’Espagne s’éloigne plus loin encore et qu’une nouvelle guerre commence. Chacun portera en lui une part de culpabilité de cet exil forcé, même les enfants obligés d’abandonner leurs rêves. Comme l’aîné, Otzan, dont les mains blanches rêvaient de piano… Ces vies supportées à défaut d’être vécues sont relatées dans un style concis et une extrême sobriété qui siéent à ce roman, et également à son dernier-né Pietra viva. Même écriture épurée mais pas sèche, même précision horlogère dans le choix du mot juste qui fait que le récit, là encore, saisit l’essentiel : de courts chapitres dessinent le portrait de Michelangelo Buanarroti lors de son séjour à Carrare, creusant sa personnalité contradictoire jusque dans ses incertitudes et ses souffrances. Fouillant sa quête qu’il croyait apaisante pour son âme, mais qui sera parsemée de renoncements, d’interrogations et de rencontres inattendues… Du grand art, lumineux, tout en finesse. MARIE GODFRIN-GUIDICELLI LIEU ü'AR7$ Cb#17E19PbRAII1$//CENTRE O*ART SAi50N 2013 - 2014 JULIE NiOCmE ▪ KO.I ; Oy/MANON AMA ASSOCIATION TNESPLRADA 1 GERMAIIA CIVERA OEMESTEr1 YTTÏp I CHRiSt£LLE HpRSONN 1'A#IDAxM/ALEXANDRA TOKLiIJM CIE K.S.T. I ALAIN mica ALIETTE cosset 6UILLxUME LDISEAH 3 9IS f - LIEU D'ARTS CONTEMPORAINS Rf$1DENCE$ ÿiARTI5TE5 - CENTRE D 1 i4eY N5PITAL PSYCHIATRIQUE M6NTPERRiH 109, AVENUE OU PETTi 6ARTNtL#MY 13677 A1%-EH-RRüVENCE EE4X 1 U4 42 16 17 75 - GONTALT2381SF.COM WWW. 3BIS F. COh1 t4u 4X 4111011n iI 1 ! mllitr Yk iV1ra1 l4Wra4nlS i1111}T#1i r4 11 1UI+4+f. PAL f1 A.11crf aiaFi Cars n'a73* 4114f ¢'ir-rywiMa1[f CMStLi w]Ih11L 1[1'1100. N1-1/Wr WIN MIME LLFir [1"r L'i ! W in 111N [IiG11)514LC r [Willi [SCi1Rura l4 +ari p'als 1*140 Rêves oubliés Pietra viva Léonor de Récondo Sabine Wespieser, 17 et 20 euros



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