Zibeline n°66 septembre 2013
Zibeline n°66 septembre 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°66 de septembre 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 7,2 Mo

  • Dans ce numéro : la culture... c'est pas primaires.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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La culture, c’est p 4 P O L I T I Q U E CULTURE L L E Nous souhaitions enquêter sur les politiques culturelles des candidats aux primaires socialistes marseillaises. Quatre ont répondu. Patrick Mennucci, qui a été viceprésident à la Culture à la Région, Marie-Arlette Carlotti, Samia Ghali et Christophe Masse ont déroulé ambitions et programme ! In the mouv’Zibeline : Vous souhaitez une « movida marseillaise ». Pourquoi faire référence à cet esprit de liberté créatif signant la fin du franquisme ? Marie Arlette Carlotti : Parce que j’ai la conviction que la culture peut être pour Marseille le vecteur d’un changement profond qui déborde la vie culturelle stricto sensu. J’ai parfaitement conscience que les difficultés que rencontre Marseille n’ont rien à voir avec le franquisme. Mais, comme en Espagne, les conditions sont réunies pour qu’un grand mouvement culturel bouleverse la politique, l’économie, l’urbanisme… La movida ne se décrète pas, elle n’est pas un simple projet politique, c’est un état d’esprit, un mouvement que je veux insuffler à Marseille. Comment jugez-vous l’état du tissu culturel marseillais, des artistes, des compagnies et des structures culturelles, après MP2013 et les mandatures de Monsieur Gaudin ? Le gisement de talents est considérable, mais le maire sortant a failli car il n’a pas donné à ces talents la chance de s’exprimer comme ils auraient dû. Je veux prolonger la dynamique de MP2013 avec un agenda « Marseille movida » porté notamment par une agence du même nom dans laquelle les acteurs culturels eux-mêmes seront présents. Je veux que la culture inonde les rues, et que Marseille devienne une grande ville de festival : je soutiendrai l’existant pour que nous soyons rapidement en mesure de proposer un grand festival de musiques actuelles tout le long des plages. Je souhaite également que notre ville accueille un festival du film méditerranéen. Je créerai une maison des cultures urbaines Marie-Arlette Carlotti X-D.R avec des ateliers de chants, d’écriture, de DJing et de danse, des résidences d’artistes, des cours, des battles, des expositions de graff et de nombreux spectacles ouverts à tous. Je mettrai en place une zone « artists friendly » : les politiques foncière et fiscale y seront au service de la création, de la production et de la diffusion artistiques. J’ai tant de projets culturels pour Marseille… Venez voir mon site ! Vous reprochez dans votre programme à Monsieur Gaudin de ne consacrer que 107 euros par Marseillais à la culture, quand Lyon y consacre plus de 200 euros par habitant. Souhaitez-vous augmenter le budget que la ville consacre à la culture ? Oui. Les finances de la ville sont très mauvaises, mais encore une fois j’ai la conviction que le rebond de notre ville passe en grande partie par la culture. Culture associative Zibeline : Quelle politique culturelle envisagez-vous pour Marseille ? Christophe Masse : Avant tout je tiens à dire que la culture n’est pas la cerise sur le gâteau, elle est la base des liens sociétaux, et ne peut être pensée que par rapport à un territoire. Marseille est une grande commune composée de villages. Il faut donc s’appuyer sur les associations culturelles des quartiers. Faire aussi venir des grands artistes internationaux… mais il faut laisser les acteurs culturels en charge, directeurs des lieux, conservateurs, présidents d’associations culturelles. Le rôle d’un maire, et des équipes municipales, n’est pas de se mêler de la programmation. Quel bilan tirez-vous de Marseille Provence 2013 ? C’est une forme de succès, toutes les collectivités ont relevé le défi. Un succès populaire tout d’abord, et puis de grands équipements sont nés. Mais partout ce sont les Marseillais, par leur présence et leur attitude, qui ont été les vedettes de la capitale. Seul petit bémol, les artistes locaux se plaignent d’avoir été oubliés. Mais il fallait faire des choix. Comment voyez-vous l’avenir ? 2013 ne doit pas s’arrêter, et il faut soutenir le mouvement associatif culturel pour que cela continue. Et également, veiller à l’éducation artistique. Le conservatoire national doit pouvoir retrouver les moyens de travailler, s’ouvrir aux quartiers, pour que chaque enfant puisse pratiquer le violon ou le piano, la danse, le théâtre… C’est essentiel, et c’est l’avenir. Christophe Masse X D.R Christophe Masse X-D.R
as Primaires… Contre la pauvreté Zibeline : Quelle politique culturelle voulez-vous mettre en place ? Samia Ghali : Je pense qu’il faut juger les gens par les actes. Regardez ce que nous avons fait ici, dans la mairie de secteur du 15/16, sans moyens. Hôtel du Nord, personne n’y croyait, notre travail sur la convention de Faro (convention européenne sur la valeur sociale du patrimoine dont Samia Ghali est la marraine française,ndlr), personne n’y croyait. Aujourd’hui dans mon secteur on peut devenir hôte, qu’on ait une villa à l’Estaque ou qu’on habite un HLM dans le 15e. J’étais une enfant privée de culture, et très malheureuse de l’être, de ne pouvoir jouer du piano, accéder à ce monde. Je veux qu’aucun enfant ne puisse aujourd’hui ressentir cela. Dans chaque noyau villageois, comme dans le 15/16 aujourd’hui, je veux que les enfants puissent accéder au théâtre, à la musique, à la danse, y aller, en faire. Être pauvre ne doit plus amener à être pauvre en culture. Il doit y avoir des médiathèques, des lieux de pratique dans chaque quartier. Vous voulez donc généraliser à Marseille ce que vous faites dans vos quartiers Nord ? Oui. En ouvrant les écoles en Zone d’Éducation Prioritaire jusqu’à 19h et en confiant les animations à des associations culturelles et sportives, pas aux tatas. En ouvrant les lieux de culture comme l’opéra, le conservatoire, les musées, pour que chacun puisse y aller, y compris sur scène si il a quelque chose à montrer. Pour l’attractivité de la ville je veux mettre en place une Biennale des cultures urbaines sur le modèle de secteur 8 (concours offrant aux lauréats amateurs enregistrement et concert aux côtés de professionnels,ndlr). Je veux que la grande culture qu’on dit élitiste soit offerte à tous. Quel bilan tirez-vous de l’année capitale ? Trop de gens ont été frustrés, la culture mise en évidence est venue d’ailleurs, les équipements sont réussis mais il n’y a pas de coordination ni de vision d’avenir. Il faut mettre en place un conseil de développement culturel, travailler à la L’artiste au cœur Zibeline : Quelle politique culturelle envisagez-vous pour Marseille, si vous êtes élu maire ? Patrick Mennucci : Le maire de Marseille n’a pas à se substituer aux artistes, aux metteurs en scènes ou aux programmateurs de spectacles. Ce qu’il faut, c’est leur donner les moyens de réussir, autour d’une ligne politique définie. Quelle serait votre ligne ? La culture depuis 1995 à Marseille, par l’action de la municipalité Gaudin, a une dimension essentiellement récréative. Il faudra organiser des conférences de consensus avec les présidents des différentes collectivités territoriales pour définir les besoins du territoire et coordonner nos actions. Mais ma priorité sera de remettre l’artiste au cœur de la politique municipale. Marseille est un immense laboratoire artistique à ciel ouvert. La municipalité doit se réconcilier avec ses artistes, les aider et les valoriser. Le bouillonnement de Marseille frappe tous les observateurs qui ont la chance d’y être confrontés. Ce bouillonnement ne doit pas nous inquiéter, au contraire le maire doit permettre son épanouissement. Ce n’est pas le cas lors de cette année 2013 ? Les artistes sont sûrement ceux qui ont fait la capitale européenne de la culture… mais en subissant des baisses drastiques de budget afin de lui permettre d’exister ! Cette manière de faire est inacceptable et aura des conséquences terribles sur la pérennité de ces structures en 2014. Nous avons aujourd’hui une dette envers ces artistes, nous devons beaucoup à ces créateurs Patrick Mennucci B. Raynaud communication pour que chacun puisse savoir ce qui se passe dans toute la ville. Voulez-vous augmenter pour cela le budget de la culture ? L’état des finances de la Ville est catastrophique… Mais on peut changer sans augmenter. D’abord en n’hésitant pas à arrêter ce qui ne marche pas. Quand il y a dix personnes, ou que des initiés, à une manifestation, il faut se poser des questions. Puis en travaillant sur la transversalité : tout le monde dans une équipe municipale doit se préoccuper de culture, de l’aménagement urbain à l’éducation. Ainsi on trouve des ressources inexploitées. 5 P O L I T I Q U E Samia Ghali X-D.R CULTURE L L E qui souffrent, et si je suis élu maire de Marseille je m’engage à sanctuariser le budget de la création culturelle marseillaise. La Ville de Marseille en a-t-elle les moyens ? Évidemment la question budgétaire revient sur la table quand on parle de culture : nos finances sont exsangues, nos marges de manœuvres sont restreintes, c’est indéniable. Mais cette question budgétaire doit être dépassée. Imposer un financement est une question de courage politique. Courage de dire que la culture relève d’une mission d’intérêt général, et n’a ni à être rentable, ni à faire marcher le tourisme, ni à être un outil de communication politique. Mais aussi, courage de dire que la municipalité n’a plus les moyens de répartir les crédits sans objectifs déterminés. Quels sont ces objectifs ? Le rôle de la Ville de Marseille est à la fois d’amener les Marseillais à profiter de la culture, et de tout faire pour permettre aux artistes de s’exprimer. La solution pour atteindre ce double objectif réside dans la * suite p.6



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