Zibeline n°65 jui/aoû 2013
Zibeline n°65 jui/aoû 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°65 de jui/aoû 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 64

  • Taille du fichier PDF : 17,6 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... économie et culture.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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24 F E S TI V A LS M US I Q U E Des nombres porte-bonheur Bonheur d’un lieu délicieux, le château Pontet-Bagatelle, plaisir d’entendre des artistes qui interprètent, mais aussi créent selon leur sensibilité propre, voilà ce que sait offrir le Festival international de guitare de Lambesc par l’association Aguira et ce pour la 13 e édition. Le public fidèle a pu ainsi applaudir les 50 ans de carrière de Jorge Cardoso, le directeur artistique du festival et des guitaristes du monde entier. On a pu remarquer ainsi le jeu très précis et intérieur de Ryszard Balausko (Pologne) sur Villalobos ou Antonio Ruiz Pipo, celui passionné de Jose Luis Ruiz del Puerto (Espagne) sur des pièces de Torroba ou La Mort inquiétante de Marco Tomas. Révélation : le jeune musicien Eren Süalp (Turquie) avec des pièces de Bayraktar ou ses créations comme le délicat Raindrops. Enfin, magique, Paco Ibañez. Hommage bouleversant à Moustaki avec En Méditerranée, et « ses pays oubliés que la guerre moissonne », à Brassens, « le Bach de la chanson française », à la Provence avec André Peyron. Paco Ibañez rappelle que « la terre a besoin que l’on prenne soin d’elle », lance ses foudres sur l’espionnage américain, s’insurge sur l’omniprésence de l’anglais qui fait disparaître toutes les autres langues, se réfère à La pensée unique de Claude Hagège, rappelle la beauté unique de chaque langue… En bis, il offre à un public Paco Ibañez Maryvonne Colombani debout Andaluces de Jaen. On sort plus riche, animés par la force enthousiaste et humaniste de ce grand compositeur interprète. MARYVONNE COLOMBANI Le 13 e Festival international de guitare a eu lieu à Lambesc du 30 juin au 6 juillet (2) Saveurs d’été Comme chaque année, dispersé sur différentes communes de Toulon- Provence-Méditerranée, le Festival Estival de Toulon a repris ses quartiers à Ollioules, Six-Fours et dans son port d’attache à la fin du mois dernier. Faute de Collégiale Saint-Pierre fermée cette année pour travaux, les amateurs ont dû se rabattre sur l’étonnant édifice néocontemporain qu’est l’église Sainte-Anne à l’architecture moins convaincante que son acoustique. On pouvait y entendre une première fois Jordi Savall et son ensemble Hespèrion XXI, suivis quelques jours plus tard de Fabio Biondi et L’Europa Galante jouant eux aussi sur instruments d’époque. Le répertoire baroque ainsi mis à l’honneur prenait un sens tout à fait singulier mettant l’auditeur face à une réalité qui a longtemps été occultée : en effet, qui dit musique concertante ne dit pas forcément musique pour grand ensemble mais simplement jouer ensemble. De cette communion naissent des dialogues instrumentaux d’où émergent aussi progressivement des solistes, une dualité très bien mise en évidence par les musiciens. On peut également parler de communion avec le Quatuor Psophos tant la complicité qui unit ses membres semble évidente à l’écoute. Agrémentée de la venue d’Emmanuelle Bertrand pour deux quintettes (F. Schubert et T. Gouvy), l’homogénéité de la recette ne faisait aucun doute tant l’adjonction d’un second violoncelle aux quatre cordes initiales semblait avoir inspiré aux compositeurs des combinaisons sonores multiples. En point d’orgue à ce Festival, Ferenc Vizi et l’Ensemble Cifra ont fait vibrer l’enceinte de la Tour Royale au son de mélodies tziganes et des fameuses Rhapsodies Hongroises de F. Liszt. Malgré une amplification (in)délicate, ce métissage populaire/savant distillait une chaleur bienvenue lors de cette fraîche soirée. EMILIEN MOREAU Le Festival Estival de Toulon et sa région a eu lieu du 25 juin au 11 juillet Fabio Biondi et l'Europa galante Emilien Moreau Pastré en majesté La Campagne Pastré a servi d’écrin à une manifestation unique. Jusqu’à minuit le parc a été exeptionnellement ouvert aux déambulations libres du public venu passer la soirée en famille. Soirée aussi inattendue qu’inoubliable qui clôture le programme du Festival de Marseille en partenariat avec le GMEM ! Le vagabondage proposé à travers bois et prairies permettait de croiser danseurs et conteurs tout en captant des sons venus des arbres ou du sol, des voix, des gargouillis créant une atmosphère étrange et apaisante à la fois. Autour de l’étang, les reflets des arbres dans l’eau nous faisaient perdre nos repères, les ombres grandissantes de la nuit trouées de quelques lumières se mettant à l’unisson de l’Appel des carillons de Llorenç Barber et des percussions de Philippe Foch. Plus loin le canal était occupé par la symphonie des Gouttes prolongées de Pierre Berthet ; dans le sous-bois on était surpris par les rugissements rauques d’Isabelle Duthoit et le violoncelle de Didier Petit. On ne pouvait ni tout voir ni tout entendre mais le public a été conquis par la proposition de l’Ensemble C Barré qui a entre autres donné des pièces du libanais Zad Moultaka et du jordanien Saed Hadda. CHRIS BOURGUE La Nuit Pastré s’est déroulée le 12 juillet Ensemble C barré Dan Warzy a) 1
Bouleversant On peut commencer par les points communs : mêmes dates, 1899- 1944, même parcours, camp de Terezìn, chambre à gaz d’Auschwitz, le 17 octobre 1944, tous deux musiciens, tous deux décrétés « musiciens dégénérés » … Tous deux enfin ont été joués lors du Festival d’Aix en juin au Site- Mémorial du camp des Milles cette année. Délicatesse du Quintette à vent opus 10 de Pavel Haas, pour flûte, hautbois, clarinette, cor et basson, en première partie. Les musiciens, tous professeurs au conservatoire d’Aix savent rendre la sensible sérénité de la partition. Quel plateau ensuite pour l’interprétation de Brundibár, opéra pour enfants, de Hans Krása ! Un Les voix d’Aubin chœur d’enfants composé de la classe de 6 e CHAM du collège Mignet et la classe de CM2 de l’école Sextius, mené avec une belle justesse par Anne Périssé dit Préchacq, présente le travail d’une année, rigoureux, précis, attentif aux aptitudes de chacun, qui s’inscrit dans le cadre du service éducatif du Festival d’Aix-en-Provence. Tout est réglé au millimètre, les déplacements, les expressions, les voix, les récitatifs, sur le superbe arrangement orchestral de Frédéric Isoletta au piano. On suit les démêlés de Pepícek et Aninka face au terrible accordéoniste Bundibár. Les enfants triomphent bien sûr. L’annonce finale, rappelant les conditions de 4 juillet : soirée de plein air au Théâtre de la Sucrière ! On fête les 10 ans du Festival De Vives Voix qui étoile, sous la houlette d’Odile Lecour, les nuits du 15 e arr. de Marseille. « Carte blanche » est donnée au fidèle Alain Aubin ! Le contreténor convoque une pléiade de musiciens, tisse avec la soprano Muriel Tomao de suaves duos qui nous bercent d’harmonies acidulées en vagues ternaires... À l’invite du vocaliste Gino Sitson, le public s’en mêle, ébauche un fond sonore sur lequel le Camerounais lance sa voix-trompette rythmée au tambour de ses lèvres… Jacques Chalmeau revêt le frac d’un pianiste à la palette fine, accompagne le chant, se jette en acrobate dans une transcription de Rhapsody in blue. Des cuivres de l’Orchestre du Pays d’Aix l’escortent dans sa métamorphose de maestro… Au final, il mène à sa main une impressionnante mosaïque de chœurs dont l’engagement fait plaisir à voir, à entendre, l’orgue aussi de Christian Guida, la clarinette basse de Magali Rubio… On recrée AOÏDE, oratorio qu’Alain Aubin avait pensé pour la soirée d’ouverture de MP2013 à la Major. Quel bel hymne à Marseille, puissant, épique… évoquant aussi la traversée tragique d’Africains, Ulysses miséreux bercés par des sirènes trompeuses, s’échouant aux portes de l’Europe ! La polyphonie tisse un dialogue porteur d’espoir entre les rives de la Méditerranée, appelle au renouveau d’une ville qu’on aime autant qu’elle irrite… JACQUES FRESCHEL Le festival De Vives Voix a eu lieu du 3 au 5 juillet à Marseille Gilbert Ceccaldi Brundibar Vincent Beaumes la création et le sort des petits interprètes, à Terezìn, qui venaient reprendre le rôle de ceux qui disparaissaient et ce pour les 50 représentations qui furent données de 42 à 44, accorde à cette œuvre un caractère poignant audelà de toute mesure. MARYVONNE COLOMBANI Brundibár a été donné les 21 et 22 juin au Camp des Milles dans le cadre du Festival d’Aix-en-Provence Flamenco vibrant Cette année le programme du Festival Côté Cour est tourné vers la Méditerranée, dans le cadre de Marseille-Provence 2013. Le 13 juillet, la jeune andalouse Rocío Marquez, revisitait un flamenco profond, cante hondo (ou jondo) en hommage à ses illustres anciens : Juanito Valderrama, Niña de los Peines, Niña de Antequera, Terremoto de Jerez, Antonio Chacón, Camarón… mais avec un regard tourné aussi vers le quotidien. La pétillante chanteuse étale une technique parfaite de souffle, sons filés, crescendo puissant, où se greffent des ornementations par paliers sans fin : impressionnant ! Le guitariste Alfedo Lagos, aux sonorités magiques, apporte avec ses rasgueados endiablés et ses golpes la fougue indispensable, suivant la soliste et son incroyable duende (virtuosité, transe). Jorge Perez, cajón et percussions, improvise, colle au chant et à la guitare avec la science de l’écoute. Les chants viennent de la vie quotidienne : amours, passions, joies, pleurs, projetés par une voix magnifique, inflexions puissantes ou très intériorisés. Elégante, sensible, lumineuse, Rocío est engagée dans ce combat permanent entre tradition et modernité. Une superbe découverte dans le cadre majestueux du Pavillon de Vendôme. YVES BERGÉ Yves Bergé À venir Concert de L’Hostel Dieux le 24 juillet Musée Granet, Aix Enco De Botte & C° le 28 juillet Pavillon de Vendôme, Aix 06 83 60 19 80 www.festival-cotecour.org 25 F E S TI V A LS M U S I Q U E NAR5EILLE.PROYEHCE2919 CAPfTALE EUROPÉENNE OE LA CULTURE 20 rhônements'VW 28 juillet 2013



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