Zibeline n°65 jui/aoû 2013
Zibeline n°65 jui/aoû 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°65 de jui/aoû 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 64

  • Taille du fichier PDF : 17,6 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... économie et culture.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Un formidable jeu de correspondances 18 F E S TI V A LS D A N SE Lieu de tous les croisements, le Festival de Marseille danse et arts multiples aura été marqué par des œuvres fortes, et lumineuses. Au sens où la lumière les pénétra de diverses manières Sadeh21 Agnès Mellon Difficile de présenter en deux mots Ryoji Ikeda, figure majeure de la scène minimaliste électronique. Un « chef d’orchestre », certainement, car il manie à la perfection le son, l’image, les matières, les phénomènes physiques et les notions mathématiques. Quitte à déstabiliser notre écoute par l’avalanche de détonations visuelles et sonores, de vibrations, de partitions chiffrées, de phrases parfois faciles (« Information is not Knowlegde »), de formes et de graphismes impulsés par le son. Qu’importe, son concert-performance Superposition propose une expérience cosmique dans une obscurité quasi totale, aux allures de rituel mystique. Même sensation d’immersion avec l’une des deux œuvres en dialogue du suédois Christian Partos qui emprunte aux nouvelles technologies leur vocabulaire plastique : dans M.O.M. (Miroir à orientation multiple), cinq mille petits éclats dessinent le portrait de sa mère disparue, apparaissant et disparaissant au gré de notre propre reflet qui, selon l’inclinaison de la lumière, le recouvre totalement. L’œuvre procède de la même geste que Sophie Calle affrontant la mort de sa mère dans son exposition-performance Rachel, Monique jouée au Festival d’Avignon 2012. La seconde, Step-Motor- Animations, est une œuvre à la table composée de deux disques en rotation éclairés par une lumière stroboscopique : l’effet de spirale entraîne dans son sillage l’image mille fois dupliquée de sa fille bébé. Seul bémol à cette double installation, le lieu -département spectacles vivants et hall d’entrée de l’Alcazar- qui a l’avantage d’être ouvert à un large public mais dont les espaces sont peu appropriés. Une galerie du réseau Marseille Expos aurait pu jouer la carte de l’art contemporain accessible à tous… Chroma de Shiro Takatani et Soleils de Pierre Droulers ont, dans des grammaires très différentes, fait surgir de belles correspondances car ils partagent un même questionnement sur la lumière et entretiennent des relations intenses avec la couleur. Vibrantes même ! Chroma c’est le noir qui chemine vers la couleur, c’est la rédemption après la mort. Shiro Takatani, en maître du clair obscur, dessine dans une scène crépusculaire des images mouvantes sur le sol, découpe des silhouettes fugaces telles des ombres chinoises. Ellipses de danse surgies du tréfonds et murmures chuchotés dans un monde de lignes et de plans, d’images vidéo où le paysage se fond dans le paysage, où la toile disparaît du châssis et où les tableaux sont monochromes. Vivre Chroma sur scène a la même intensité que voir Le Carré blanc sur fond blanc de Malévitch ! Dans Soleils, Pierre Droulers nous ramène où la clarté se fait. Là où la lumière sculpte les silhouettes fuyantes, glissantes, quand la danse questionne le geste et le vide, quand les corps se musicalisent et drainent le rythme. Lancinant, entêtant, martelé au sol dans un souffle puissant. À la vitesse du feu la lumière passe de main en main, se propage ; elle est incantation quand le « dieu soleil » prend possession des corps emportés par le tempo des percussions. Chroma Agnès Mellon Au-delà du cercle de lumière Le Festival de Marseille connut d’autres instants magiques avec Bill T. Jonesqui, à l’issue de Play and Play : An Evening of Movement and Music, esquissa quelques pas de danse devant un public conquis par la gestuelle épurée de ses interprètes, l’élégance de ses chorégraphies, le mariage complexe de son écriture avec la musique de Ravel et de Mendelssohn. Ses trois pièces explorèrent tour à tour le champ de la mélancolie, le monde de l’image et le tourbillon de la vie. Même standing ovation pour Sadeh21 de la Batsheva Dance Company dirigée par Ohad Naharin. Le raz de marée émotionnel prit naissance dans une succession de figures au ralenti et de pas de deux énergiques, grossit à force de déhanchés joyeux et de diagonales ascensionnelles, s’immobilisa dans la violence d’un corps-à-corps explosif avant de culminer dans un ensemble exclusivement masculin, scandé, foulant la terre aux pieds. Un flux et reflux permanent jusqu’à ce que les corps disparaissent derrière le mur dans un ultime mouvement : « Je voudrais (…) que les murs tombent dans une interrogation commune, le temps d’une représentation. » C’est chose faite. Puis une ultime lumière noire venue d’Afrique du sud envoûta la dernière soirée du festival quand la pop instrumentale du quartet d’Éric Truffaz fit entendre la danse musicale de Gregory Maqoma. MARIE GODFRIN-GUIDICELLI Le Festival de Marseille a eu lieu du 19 juin au 12 juillet
U donc ! Il serait vain de tenter le moindre jeu de mots sur ou avec le nouvel opus transalphabétique d’Appaix : tout (Univers) y est envisagé avec la grâce (light) du biais (oblique), apanage tout aussi bien des oracles d’Apollon que de la course du crabe. Et il y a des deux dans ce spectacle qui monte, démonte et remonte, selon la démarche bien connue de la Compagnie La Liseuse, rien moins que les grands et les petits moments de l’aventure de l’écriture, de la flamme vacillante du premier feu (de bout en bout les images de Renaud Vercey sont de justes compagnes) au crépitement de la machine à écrire (le son d’Olivier Renouf est un bon compagnon). Rien d’épique ni de biblique dans cette entreprise, mais des corps pris à la lettre avec leurs bras et leurs jambes de danseurs qui semblent naître à un matin du monde par l’accolade, la tape amicale ou la torgnole (figure éponyme du précédent spectacle en T) marques pour soi de la présence de l’autre ; des voix aussi par des bouches en O (joli duo primitif de Séverine Bauvais et Pascale Cherblanc) qui s’essaient au mot dans sa matérialité : les langues claquent, les gorges raclent et les lèvres vibrent. De la pierre gravée aux monuments fragiles de cartons qui s’écroulent parfois -car le gag y est inscrit-, la danse se fait étymologie d’ellemême via la calli/topographie : Georges Appaix se livre en chorégraphe qui doute et crée en arpentant régulièrement le territoire du plateau comme une page blanche ; les danseurs vivement se cherchent et se lient en jouant les minuscules, écrivent cachés dans leur cahier d’écolier et le spectacle se déploie en scrabble jubilatoire jusqu’au défilé lettriste des toges de papier. Plus poétique que jamais, il ne manque pas une cédille à ce U condamné à être une éternelle majuscule ! MARIE JO DHO Univers Light Oblique a été créé au Festival de Marseille le 9 et 10 juillet Alger, cité radieuse ? Ce que Le Corbusier n’a pu réaliser pour la ville dans les années 30, Hubert Colas le réussit somptueusement pour la Villa Méditerranée et le festival de Marseille : son Gratte-Ciel est magnifique, maîtrisé et sa ligne claire s’impose... celui de Sonia Chiambretto, moins bien dessiné, peine à s’élever. Autrement dit une mise en scène qui caracole toute seule légèrement à côté d’un texte qui hésite à en être un. L’auteure, poursuivant son travail de tricotage des mots des autres (ici des entretiens sous diverses formes avec des algériens de tous milieux et de tous âges) laisse la parole s’imposer -et ce respect est irréprochable-, mais aussi peser dans un empilement de matériaux où se croisent évocation de moments du passé bien connus, témoignages directs et fragments de vie actuelle ; « faits divers » qui appartiennent à l’histoire douloureuse ou relèvent du désir de vivre d’une jeunesse pleine de vigueur, universelle donc, tourmentée et légère comme un dialogue facétieux sur Facebook. Des personnages s’esquissent et s’effacent : Paul l’appelé éthique ou Hakim, leitmotiv incarné entre constat et injonction « Hakim court/Hakim, cours ! » mais pour aller où ? Sans doute trop brut ou déjà un peu usé, le discours ne devient pas poème malgré le puissant travail scénographique et dramaturgique mené par Hubert Colas pour ses comédiens en empathie avec le vidéaste Pierre Nouvel. Autour, la plupart du temps, d’un podium/ring numérique lumineux en mouvement, les six comédiens pour la plupart « familiers » de la collaboration Colas/Chiambretto représentent et portent les paroles à bonne distance, toujours justes dans leur engagement et leur immersion bien calculée dans la mer d’images dont le flux et le reflux préservent le spectacle de la pesanteur didactique. M.J.D. LES DATES DU FESTIVAL > Vendredi 9 - t3 A 19h [gratuit] Centre villageC. Cucuron L âarnedi 70...1 2011 e 1 ! h jgratull Centre village de Mirabeau Parade " I.-i Rami-mode " w^reect _= r-r= Renseignements 05 42 45 02 50 I > Samedi 10 aout 2013 A 21h [21-26E1 Chateau de Mirabeau "Le Hui Arthur " Cmpagne Les3roane Festival Durance Luberon Mardi 11 Bout 2013 A 21h 112-159 La Commanderie - 1-suris H. Schumann : " Les Autours du Poète " et " L'Amour et la Vie d'une Femme Sanareie Sutter - Ulnc i Studer - Franck Villard } Yrandr.di 197roùt 2013 A 1% [12-15E] Château d'Amajon - Le Puy Ste tféparade Apero]a72 Donne Rryo vota et $urnedi17hais2013A21h[15-201 Théâtre du Vallon de l'Escale St Estève Janson Bach sur Scene Audenle Barnd.Air an Provence Secreta nar du FOL et contact presse testivaldurlub@gmail.com 05 42 46 02 50 FNAC ! Carrefour I Hyper U worw festival-durance-Iuberon.corn Il -allAllqtlfl/t 9ftAN 11+i0 au x1.13 ridule > Lundi 19 août 2013 a 25h [12.15E] Château Paradis - La Puy Ste Réparade " Le Carnaval des Animaux " et Casse Noisette Duo Lanus Milhaud - Mein Cane r Mercredi 21 0001 2013 i 21h 115-20e] Cour de l'école primaire - Lourmarin FlamcncOpérA Tdroune r Vandr..di 23 août 2013 a 2 th [21-25£] Abbaye de Silvacane - Le Roque cf'Antheron Britten : " The Company uFHc.mn e Ad °antes Cancaru:n. Jan Heitng Mane Chrsoine Barraue Febtival IlII`r Yi*..rr w.u* d. wab - 13,3e0 Lmr Amaalman a 1001...Mid +3a 1.35353 0M36lk.ev drdwmf 1001950 5 3 1001650 Aneeme MnondwMaoannm b0 La Roque dhmrdtrmSamedi 24 août 2013 i 19h [12-15E] Château La Verrerie - Puget sur Durance x Dimanche 25 août 2013 i 19h 112-15E] Place de l'église - Grambols Spectacles accessibles Nous prtvemr pour un meilleur accuelk " ri Vi31 n'Ill MN:1411144 Aper Opc rA Tatrdra Faucounau - vactik POi050 VIVRE TOUTES LES MUSIQUES ENSEMBLE CLASSIQUE 11 JAZZ h/MUSIQUES ACTUELLES//ELECTROACOUSTIQUE CHANSONS 11 MUSIQUES TRADITIONNELLES OU MONDE Entants-Adolescents-Adultes 8 CENTRES Â MARSEILLE INSCRIPTIONS Vendredi 13 septembre 2013 de 15h30 â 19h30 Tickets disponibles â partir de 8h30 ALA CITÉ DE LA MUSIQUE, CENTRE VELTEN 16 rue Bernard du Bois - 13001 Marseille www.citemusique-marseille.com Gratte-Ciel de Sonia Chiambretto a été créé à la Villa Méditerranée en coréalisation avec le Festival de Marseille du 4 au 7 juillet giTS ri. CONSEIL ROpcn% Lm...Ar e-Mats-t ex,dMw



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