Zibeline n°65 jui/aoû 2013
Zibeline n°65 jui/aoû 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°65 de jui/aoû 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 64

  • Taille du fichier PDF : 17,6 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... économie et culture.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Tranches de vies 14 F E S TI V A LS T H ÉÂ T R E Artiste associé de la 67 e édition avec Stanislas Nordey, Dieudonné Niangouna a refait le monde à la Carrière Boulbon dans Shéda, un poème épique volubile. L’auteur, metteur en scène, comédien congolais, inspiré par les histoires que lui contait sa grand-mère, plonge durant 5 heures le spectateur dans la gueule du loup, lieu monstrueux en totale adéquation avec le propos -pourtant décousu- porté par 14 comédiens et musiciens africains et européens. « Que le premier qui crève gagne » annonce le gardien de la ville morte dans ce désert de pierres reflétant les limites du monde contemporain, d’où une communauté cherche à se reconstruire (ou à se détruire) parmi les légendes et crises identitaires. « Vous ne pouvez pas aimer la vie si vous ne connaissez pas la mort » … Flots de paroles ininterrompus, poésie crue, métaphores et monologues parfois artificiels occupent l’espace, déjà majestueusement habité. On s’évade alors du texte fleuve et fantasmagorique, de ces histoires de sorcières, de civilisations perdues, de peur, de solitude et d’urgence, pour se noyer dans le décor d’après guerre et voir les hommes-dieux tomber du ciel, un seigneur déchu (Frédéric Fisbach) plonger dans la mare aux crocodiles (drôlerie !), Niangouna jaillir des gradins en voyageur abandonné proférant que « le sous développement et la chaise électrique sont les véritables maladies de l’être humain » et s’impatienter, un peu, face à la tribu transformée en super-héros qui laisse filer le temps. Pour quitter, après une 1 re partie sous les flots (éclairs et pluie, invités magiques de la soirée), les 1001 contes de cette fresque mythologique que l’auteur a mis 12 ans à enfanter, foulant la caillasse de cette Carrière décidément très bavarde. Maux féminins Les femmes ont sensiblement ouvert cette 1 re partie de Festival. Dans La Parabole des papillons, la Cie Mises en Scène leur donne la parole et une digne place sur scène. Amatrices ou professionnelles, enfants, adultes, mères, filles, épouses, en fleurs, en deuil, maltraitées ou en amour, elles se racontent, vivantes et fragiles, dans un montage de textes issus d’ateliers où elles se sont livrées dans l’année, improvisant ensuite au plateau. Ces témoignages autour de « l’être femme », remaniés par les auteurs Jean Cagnard et Valérie Rouzeau et tricotés par le dramaturge Gilles Robic, Michèle Addala qui travaille depuis plus de 25 ans dans le quartier Monclar à recueillir des tranches de vie, poignantes, révoltantes et souvent drôles, en fait matière à poésie. Car leur vie, qu’elle soit d’Avignon ou d’ailleurs, est un théâtre universel. Le plateau -ou la table principale : « C’est ici l’endroit où on parle ? » -, déborde d’images et de vie Alors que La FabricA a été inaugurée par le Groupe F (voir p.44) et la ministre de la Culture Aurélie Filippetti, les premiers spectacles du 67 e Festival d’Avignon révèlent des conteurs qui ont l’art de mêler leur vie à la fable avignonnaise (ils sont 27 femmes et quelques hommes) et devient la partition émouvante des souffrances, petits plaisirs, chants harmoniques, corps parlants, rencontres improbables, traces invisibles, exils douloureux, percussions corporelles comme morceaux de bravoure… Et l’homme dans tout ça ? « L’homme doit résister, surtout s’il est une femme. » Ni manichéen ni larmoyant, un spectacle choral touchant de vérité… et d’espoir. Une autre femme, Angélica Liddell, a fait résonner ses mots de douleur et de colère. Invitée dans deux spectacles issus de sa trilogie sur la Chine, l’Espagnole torrentielle et incandescente présente dans Todo el cielo sobre la tierra sa version du La Parabole des papillons Delphine Michelangeli syndrome de Wendy. Exit Neverland, direction l’île d’Utoya au lendemain de la tuerie de 69 jeunes gens, « l’âge auquel le sexe et l’amour physique sont possibles », avec un détour par Shangaï exactement (l’auteure toujours aussi exaltée sait rebondir d’une rive à l’autre dans des détours fascinants, « un écrivain est honnête dans ses livres, il est faux dans sa vie », profère-t-elle), face à Wendy-Liddell visitée par les morts et obsédée par l’abandon et la perte de la jeunesse. « Puiser ces forces dans ce qui n’est plus » pour tisser des fils dramaturgiques où se croisent un garçon perdu, un orchestre et deux septuagénaires chinois qui valsent interminablement, et puis cet ébouriffant monologue, où la performeuse a le don inouï d’utiliser l’hystérie pour se livrer, déchirée par son « incapacité à être heureuse » et son « sentiment de non appartenance ». Bouleversante, monstrueuse Angélica Liddell qui fait de sa souffrance (« la norme » selon elle) son manque d’illusion pour l’humanité, sa haine envers les mères et sa peur de l’amour, son œuvre. Et qui, - virevolte, presqu’enfantine, en réclamant un rock’n’roll (et un brin d’amour ?). Balade intérieure C’est encore la mort, l’identité, la mémoire, la croyance… et le libre arbitre qui sont originalement abordés dans le projet déambulatoire Remote Avignon du Rimini Protokoll. « 50 personnes performent pour elles-mêmes » dans ce parcours à travers la ville où une voix artificielle guide une horde de spectateurs hagards et dociles affublés de casques et de doutes existentiels. Un projet excitant qui nous met face à notre façon de considérer le monde du vivant (consommation, université, foule) et des morts (cimetière, église), techniquement parfait, et tout autant crispant puisqu’il est impossible de quitter la mini-société recréée grâce à qui « tu fais des choses que tu n’aurais pas fait tout seul », sous peine de perdre le signal de transmission sonore. Troupeau tu es, troupeau tu resteras ! Chacun s’en extirpera comme il peut. Avec à l’évidence un regard modifié sur la ville. DELPHINE MICHELANGELI À lire sur www.journalzibeline.fr la suite des chroniques sur le Festival d’Avignon Festival d’Avignon du 5 au 26 juillet www.festival-avignon.comei
Aida Giuseppe VERDI 21.24.27.29 Septembre et ler Octobre représentation supplémentaire ! e 3 Octobre La Straniera Orphée aux Enfers."._Aiues l ; 27, 29. 31 Décembre et 3.5 Janvier Lucia 1111 AA Le Roi d'Ys LALO 10.13,15,18 Mai La Traviata fi 31 Octobre et 3, 5, 8 Novembre Orphée et Eurydice Christoph Willi bald G LU CK avec LE BALLET NATIONAL DE MARSEILLE 30 Novembre et ler Décembre Gaetano DONIZETTI 31 Janvier et ler, 2, 4, 5, 6 Février Jean-Claude PETIT 8,11,13, 16 Mars 17.18 19, 20, 21.22Juin (coo sejgo-. jpil Ou "'s 91 55 ❑ Ile Opera m I 0 MARSEILLE- PROVENCE 2013 VILLE DE MARSEILLE C6x7.k CONSEIL GENERAL qiMARSEILLE www.marseille- fr MARSEILLE MONIOIE DEhI]4RSEILLE CAL LAWRENCE FOSTER Vendredi 11 octobre 20h00 à !'Opéra Cinquantenaire de la disparition de COCTEAU et POULENC Mireille DELUNSCH Pianos Momoyo et Mari KODAMA Dlrectlon musicale Lawrence FOSTER Vendredi 15 novembre 20h00 a l'Opera Les chefs-d'œuvre de VERDI Direction musicale Lawrence FOSTER Vendredi 13 décembre 20h00 l'Auditorium du Pharo BRAUh4SlDVOA4K Violon Olivier CHARLIER Violoncelle Jean-Eric THIRAULT Direction musicale Lawrence FOSTER Dimanche 12 janvier 16h00 au Silo M07ART ! MAHLER Direction musicale Adrian PRABAVA Dimanche 16 février 161100 a l'Auditorium du Pharo HAYDN ! MOZART BEETHOVEN Piano Jean-Bernard POMMIER Direction musicale Christoph ALTSTAEDT Dimanche 23 mars 16h00 à l'Opéra KHATCHATOURIAN GINOUXlOUKAS Direction musicale Eun Sun KIM Vendredi 4 avril 20h00 au Silo La Symphonie n'9 de BEETHOVEN Ricarda MERBETH Simone WS Donald LITAKER Daniel KOTLINSKI Direction musicale Lawrence FOSTER Samedi 12 avril 20h00 au Silo BERNSTEIN/RAVEL Piano Direction musicale Lawrence FOSTER Vendredi 16 mai 20h00 à !'Opéra Concert RIO-PARIS Natalie DESSAY Agnès JAOUI Helena NOGUERRA Liat COHEN Vendredi 23 mai 20h30 a l'Église Saint-Michel PUCCINI Direction musicale Fabrizio Maria CARMINATI Mercredi 28 mai 20h30 à l'Église Saint-Michel HAENDELlBACH Direction musicale Kenneth MONTGOMERY enseign e 04 9C `t Oil ` 14 9155 10 aP era.rnarsér h3 M P-053 MARSEILLE- PROVENCE 2013 VILLE DE MARSEILLE a Or CONSEIL GENERAL cg 3.rr 7'rvRLE t7E 1MARSEILLE 1mww RT815e7YIe.fr



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