Zibeline n°64 juin 2013
Zibeline n°64 juin 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°64 de juin 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 8,3 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... cerveau indisponible.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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80 L IT T É R A T U R E Il fait flamber Marseille Licencié en histoire, diplômé de l’école de journalisme de Marseille, Cédric Fabre vit de sa plume depuis vingt ans. Entre critiques littéraires (spécialité polar et SF), chroniques pour la presse institutionnelle et pour la presse rock, ateliers d’écriture, il a tout de même trouvé le temps d’écrire cinq romans, dont quatre sont aujourd’hui édités. Le premier est paru en 2000 dans la prestigieuse Série Noire (La commune des minots, SN 2577). En avril 2013, il publie Marseille’s burning, un polar stylé fortement empreint de ce qu’il nomme « surréalisme social ». Cédric Fabre en parle comme d’une « caricature ». Vraiment ? Ce roman qu’on lit d’une traite se situe à Marseille juste avant le début de l’année capitale et le regard qu’il porte sur la ville, sur les enjeux politiques et culturels locaux, est aigu. Zibeline : Pourquoi avoir situé l’action de ce roman à la veille de 2013 ? Cédric Fabre : Parce que je trouve les politiques culturelles locales absurdes. Cette année, entre deux spots, il se passe quoi ? Où est la vraie convivialité ? Faire du minimal dans une ville voluptueuse comme Marseille me paraît un non sens. Je regrette aussi qu’on continue à ne pas favoriser les créateurs qui vivent et travaillent à Marseille. Le personnage du Gabian que j’ai introduit dans le livre est d’ailleurs inspiré d’un artiste d’ici, qui vend ses œuvres dans le monde entier mais n’a jamais pu exposer dans sa propre ville ! Votre roman brosse un portrait de la ville sans concession. Pourtant, on sent un véritable amour. Oui, j’aime cette ville. Outre son site merveilleux, elle offre un contre-modèle à la folie et à l’urgence ambiantes. J’aime les gens. C’est pour cela que je suis en colère contre les édiles, qui privent les Marseillais de leur ville, de leur espace public, de leur culture. Dans mon livre, derrière la farce et le jeu, se posent les questions de la communauté, du vivre-ensemble. Qu’est-ce qui se joue exactement avec l’idée de « métropole » ? C’est ce à quoi j’essaie de faire réfléchir. Plusieurs personnages sont originaires de Bosnie. Pourquoi ? Marseille’s burning fait suite à Dernier rock avant la guerre (éd. Rail noir,ndlr), qui se passait entre la Croatie en 1995 et Marseille en 2007. En 1995, dès qu’il y a eu le cessez-le-feu, je suis parti là-bas. Encore aujourd’hui, j’ai une histoire personnelle très sensible avec l’ex-Yougoslavie. Il y a aussi une BO importante, dont on trouve la playlist à la fin du livre : pas vraiment l’ambiance jazzy de certains romans noirs ! Le titre du roman fait référence, entre autres, au London’s burning des Clash. Je reste Cedric Fabre Caroline Fabre Cedric Fabre Caroline Fabre fidèle aux mouvements rock et punk, pour leur puissance de subversion, leur insoumission. Phil, mon personnage, est un rocker dans la capitale du rap. Une façon pour moi de rendre hommage à tous les groupes rock marseillais. Des projets ? Une suite. J’aimerais tenir une sorte de chronique de Marseille et de ses contradictions. En m’orientant sans doute vers l’anticipation, ce qui me permettrait d’aborder des questions plus philosophiques. PROPOS RECUEILLIS PAR FRED ROBERT À lire Marseille’s burning Cédric Fabre La manufacture de livres, 20,90 € So british Les fans n’ont pas été déçus. L’escale de Jonathan Coe à Histoire de l’Œil, en VO brillamment interprétée par Marguerite Capelle, a été un grand moment d’élégance et d’humour britanniques. Teint très clair, yeux très bleus, cheveux très blancs, Coe incarne, verre à la main, cette Angleterre qui « craignant d’être considérée comme prétentieuse, envisage toujours les choses sérieuses selon le prisme de l’humour ». Autodérision, tel semble être le maître mot de ce romancier célèbre (il est aujourd’hui étudié à l’université) à la modestie délicieuse. Interrogé par Pascal Jourdana à propos de Désaccords imparfaits, un recueil tout récemment paru de quatre textes courts, il déclare avoir « un peu honte » de cet ouvrage qu’il appelle une « plaisanterie ». Lui qui écrit généralement des sommes et juge « plus facile d’écrire long » avoue avoir du mal à atteindre la concision, la simplicité et l’élégance nécessaires à l’écriture de textes courts. Il persiste pourtant et a révélé en avoir rédigé deux autres, non encore édités en France. Certains personnages de ses nouvelles se retrouvent d’ailleurs dans ses romans ; son projet étant de proposer un « panorama de la famille et de la société anglaises depuis les années 50 », une sorte de Comédie Humaine ou de Rougon- Macquart à l’anglaise. Amateur de musique, il se passionne pour la composition. Voilà sans doute pourquoi il a consacré une très longue biographie à B.S. Johnson, auteur expérimental des années 1960 tombé dans l’oubli. Son « livre le plus personnel », un dialogue entre lui et Johnson sur la fiction romanesque. Afin de poursuivre une œuvre forte, pétrie d’humour et de cruauté, mais jamais cynique. FRED ROBERT Jonathan Coe était invité pour des Escales en librairies les 7 et 8 juin La plupart de ses romans sont disponibles en Folio (Testament à l’anglaise, Bienvenue au club, Cercle fermé…). Désaccords imparfaits est édité chez Gallimard (8,90 €) Jonathan CoeC. Helie Gallimard i I
Marit Roloff Quinquennat ID Le 5 e Festival du Livre de la Canebière vient de s’achever, et un tournant s’amorce. Cécile Silvestri, qui en assure la direction, le dit franchement : « La Canebière, c’est fatiguant. On se dirige de plus en plus vers des formes itinérantes, ce qui correspond de toutes façons à notre thème initial, le voyage. L’idée est de partir à la découverte de notre propre ville. » L’association Couleur Cactus qui porte l’évènement déploie énormément d’énergie, et reçoit peu d’aides : « Opter pour le nomadisme allège la logistique, les coûts, favorise les partenariats, permet de mélanger les publics, ce qui est au coeur de notre projet associatif. » Il est vrai que le format actuel semble avoir atteint ses limites : les libraires présents sur les stands vendent peu, car « les gens n’ont pas d’argent » ; les performances et conférences se font dans des conditions difficiles pour cause de pollution auditive importante, et les organisateurs sont las d’avoir à écarter les « cramés » du quartier ayant élu le kiosque à musique comme pissotière. Dès que le festival prend un peu le large, par contre, le public suit, alors même que la programmation a été étoffée pour l’année capitale. La rencontre littéraire avec René Frégni à l’Anse du Pont de la Fausse Monnaie a été un succès, de même que l’Atelier d’Écriture Nomade. On sent un appétit d’expression personnelle dans la population, de plus en plus prononcé ces dernières années. Parmi les partenariats noués par Couleur Cactus, l’Établissement Pénitencier pour Mineurs de Marseille, qui a créé un Pôle Artistique où l’écrit, « la forme la moins chère et la plus immédiate », est favorisé. Le dimanche 9 juin, l’atelier d’écriturepeinture-lessive proposé par l’association Tatem collait à merveille au thème de cette édition 2013 : le silence. Secrets légers, colères rentrées, non-dits à crier et maux à effacer ont retrouvé le chemin ancestral du lavoir en Provence. Et l’esprit collectif, ce qui était aussi le point fort de la performance pâtissière d’Özlem Sulak la veille, où chacun par solidarité a pu manger un morceau de livre censuré. Un partage de gâteau évoquant irrésistiblement le Fahrenheit 451 de Ray Bradbury : en assimilant chacun sa part, on préserve le patrimoine de tous. Le 14 juin, c’est dans le quartier Belsunce à La Compagnie que le festival a lié cinéma et littérature, avec des courts-métrages et des livres filmés (ah, Le petit bal perdu de Bourvil version Philippe Découflé !) avant de migrer le lendemain pour une « journée estaquéenne » à l’invitation de la Mairie des 15 e et 16 e arrondissements. Et afin de conclure en beauté, quel meilleur présage de futures pérégrinations que d’embarquer à bord du voilier le Don du Vent pour la journée de clôture ? GAËLLE CLOAREC Le Festival du Livre de la Canebière s’est tenu du 7 au 16 juin à Marseille, divers lieux Makenzy Orcel Chris Bourgue La parole des femmes L’association Couleurs Cactus et le collectif PACA Pour la mémoire de l’esclavage ont accueilli l’auteur haïtien Makenzy Orcel pour une rencontre, en amorce du Festival du livre de la Canebière. Dans son premier roman, Les Immortelles, écrit dans l’urgence de réagir au cataclysme du 12 janvier 2010 (voir Zib’57), le jeune auteur trentenaire met en scène Shakira, morte dans le séisme, prostituée dès l’âge de 12 ans, passionnée de littérature et notamment des romans d’Alexis, l’écrivain haïtien opposant à Duvalier. « J’ai voulu trouver des phrases coups de poing et dire les choix de cette fille, la petite, qui a choisi le livre et la prostitution alors que sa mère lisait la Bible. » Son livre veut « rendre vivantes » toutes ces femmes, leur donner enfin la parole. Lorsque Marion Cordier, modératrice, lui fait remarquer que les hommes sont absents, violeurs ou incestueux, il affirme que la société haïtienne repose sur les femmes : « Les hommes partent toujours, il y a 18% de matriarcat en Haïti. J’ai moi-même été élevé par ma mère... La voix des femmes est plus juste... Je ne peux pas écrire à la place de l’homme. » C’est de sa mère que viennent les contes qui ont éclairé son enfance et guidé son écriture. La violence de la misère éclate dans Les latrines, son second roman, en un souffle qui vient de la poésie, un cri qui libère, un lieu qui délie les voix. À la question de Jonas Jolivert, haïtien et neurochirurgien, sur l’engagement pour la reconstruction de l’île, Makenzy Orcel a souligné la difficulté de sa mise en œuvre, étant donné les manœuvres permanentes des puissances étrangères pour garder la mainmise sur le pays. Qu’il combat par un long chemin d’écriture, au service de ses sœurs de misère... CHRIS BOURGUE Cette rencontre a eu lieu le 21 mai aux Grands terrains à Marseille www.couleurs-cactus.com a Les immortelles Zulma, 16,50 € Les latrines Mémoire d’encrier, 24 € 81 L IT T É R A T U R E



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