Zibeline n°64 juin 2013
Zibeline n°64 juin 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°64 de juin 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 8,3 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... cerveau indisponible.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Marseille entre terre et ciel 68 A U PRO GR A M M E A RT S V IS U EL S New York et son célèbre Brooklyn Bridge, Marseille et son Pont Transbordeur. Deux métropoles façonnées par les flux migratoires qui ont inspiré à Thierry Ollat, directeur du [Mac], l’exposition Le Pont : « Les artistes ont été les éclaireurs d’un mouvement global qui concerne aujourd’hui tout le monde. » Deux villes qui fascinent et ont en partage le même questionnement sur la complexité du melting-pot : « Comment les gens vivent l’expérience du déplacement, de la migration, de l’invention du monde ? Comment la parole de l’artiste appréhende l’espace public ? Quelle énergie vitale les habite ? Comment s’exprime le sentiment d’appartenance ? » … En invitant 145 artistes de 40 nationalités, en associant 22 projets disséminés dans la ville, le [Mac] renoue avec l’ancien pontos des Grecs qui évoquait la mer « comme un lien entre les civilisations et sa traversée comme une aventure ». Ici l’aventure commence avec des murs peints en jaune Gauguin éclaboussés des tracés fracassants de Mitja Tusek : Heaven/Hell/Earth, Liberty/Tyranny et Luxury/Poverty. Puis deux possibles parcours s’offrent au voyageur. L’un évoque l’idée du chemin collectif vers la liberté en questionnant les raisons qui propulsent les gens à quitter leur pays, et prend son envol dans le face-à-face entre le film de Moholy-Nagy Marseille Vieux-Port réalisé en 1929 et In the Street de Helen Levitt de 1943. Un bref aller-retour Marseille-New York en quelques images noir et blanc. L’autre est intrinsèquement lié à l’expérience intime et interroge l’individu face au monde, à l’instar de la sculpture de Adrian Paci Home Adrian Paci, Home to go Olivia Mistrih to go où l’homme, dénudé, porte sa maison sur son dos courbé. Icare aux ailes plombées. Le même Adrian Paci qui, dans Back Home, recompose le passé de familles albanaises exilées en Italie à travers leur portrait photographique, la peinture des intérieurs de leurs anciennes maisons et le télescopage des deux « images » en une seule ! Saisissantes tranches de vies reconstituées. Quel que soit le chemin emprunté, il est ponctué d’œuvres « en mouvement » qui disent les enjeux du monde. The Complete 21th Century de Dan Perjovschi, installation de 13 parois de verre à traverser autant qu’à déchiffrer ; le mur brulé du collectif Claire Fontaine dénonçant les propos de G. Bush après le 11 septembre (« They hate us for our Freedom ») ; le poème en verre de Giuseppe Caccavale et Erri de Luca (Scrittoio, Istituto di traduzione, parte II). De contrepoints en contrepoints les œuvres abordent la spiritualité, l’écologie, la mémoire familiale, la confusion des genres… C’est le dernier voyage filmé par Mounir Fatmi (Sleep Al Naim), le geste chorégraphique dessiné à la craie blanche par Robin Rhode (vidéo Harvest) ou la nature qui reprend ses droits, surgie d’un mur de défense monté à l’extérieur par Mona Hatoum (Jardin suspendu)… Toutes invitent à traverser le pont pour atteindre le monde ! MARIE GODFRIN-GUIDICELLI Exposition, projections vidéos et films au ciné[Mac] avec le FID Marseille jusqu’au 20 octobre [Mac], Marseille 04 91 25 01 07 www.lepontlexpo.com http://mac.marseille.fr En plein dans la mire ! Yazid Oulab avait déjà investi les quartiers nord marseillais en 2009 en accrochant sur les murs de la Cité de la Bricarde des « étagères de curiosités ». Au Centre Richebois l’artiste franco-algérien a animé un atelier artistique pour sept hommes et une femme en formation FLB (français langue de base), d’origines et de langues différentes. Ce centre spécialisé pour l’insertion de personnes handicapées veut aussi socialiser les stagiaires et les ouvrir à l’art et la culture. Durant 6 mois Yazid Oulab a créé avec eux des outils adaptés, qui ont fait naître des œuvres. Ainsi ils ont dessiné avec des perceuses, en remplaçant la mèche par un bâton de graphite, donnant un trait tremblé et habité. Partant de L’homme de Vitruve de Yazid Oulab, centre Richebois Chris Bourgue Leonard de Vinci ils ont réalisé des dessins très personnels exposés dans le conteneur qui leur a servi d’atelier. Ils ont aussi fabriqué et façonné du fil de fer barbelé pour former des mires. Disposées sur la rambarde de la terrasse qui domine la mer, elles visent le large en une métaphore du dépassement de soi. Parallèlement Yazid Oulab a réalisé deux oeuvres personnelles : une sculpture de métal qui tient de l’astrolabe et de la boussole tout en reprenant l’image de la mire, et un abri de tuiles en hommage aux maghrebins venus travailler dans les Tuileries Monier, partenaires du projet. Un beau travail qui parle d’horizons nouveaux, réalisé dans le cadre des ateliers de l’Euroméditerranée. CHRIS BOURGUE jusqu’au 31 décembre (sauf en août) Centre Richebois, Marseille 16 e www.voyonsvoir.org www.centre-richebois.com
Le PACte de confiance 3 jours, 3 parcours, 3 quartiers et un vrai coup d’éclat ! C’est désormais une réalité : la greffe du Printemps de l’Art Contemporain a pris tant du côté du public en progression constante (5 000 visiteurs en 2010, 14 300 en 2012 et plus de 19 000 en 2013) que des lieux (40 membres de Marseille Expos ou cooptés pour l’événement). Dont certains ne devraient pas tarder à intégrer le réseau à l’instar de la galerie Karima Célestin qui, en moins d’un an à La Plaine, s’avère être une vraie tête chercheuse. La preuve avec cette production collective où s’entrecroise Mustapha Sedjal dont les sculpture, dessin et vidéo usent de l’origami pour aborder le thème douloureux de l’exil, Félix Pinquier qui entretient « un rapport quasi typographique avec (ses) images associées aux sons », Cari Gonzalez Casanova qui évoque le Triangle des Bermudes, de la naissance du mythe à son rapport à la réalité. Ou encore la Straat galerie qui présente les Tas sériels de Nicolas Nicolini, jeune artiste marseillais installé à Berlin, objets « défigurés dans le cadre de l’expérimentation picturale ». Ainsi le PAC donne aux artistes l’occasion de dialogues féconds ! Cécile Beau et Mayura Torii (à l’affiche de l’expo Le Pont au Mac) investissent la galerie des Grands bains douches de la Plaine avec maestria tandis qu’à la galerie Territoires partagés, Lorraine Châteaux, Géraldine Py & Roberto Verde et Justin Sanchez tirent leur épingle du jeu de l’étroitesse du lieu en combinant formes et propositions. En solo show, Séverine Hubard casse la baraque à l’Histoire de l’œil avec l’installation Felix Pinquier a la galerie Karima Celestin, en arriere-plan oeuvre de Mustapha Sedjal, PAC 2013 MGG Zibeline d’un tunnel, Ni vu ni connu, reliant visuellement la rue au jardin intérieur par le jeu d’une passerelle en bois. Vidéos de ses performances et sculpture complètent cette proposition forte et singulière. Impossible, donc, d’ignorer cette 5 e édition qui tisse une toile bien visible à travers un parcours balisé de galeries en atelier (occasion rare de pousser la porte de Tohikebe, spécialiste de la sérigraphie, pour sa Carte blanche à Berdaguer & Péjus), d’institutions (Cirva, Cipm, Frac) en boutique (street art chez Agnès B. avec Dépaysement, escale 3 de Lek et Sowat), de maisons d’édition (Le Dernier cri avec Hollywoodoo et Panos, les éditions P avec Fournitures de Mathieu Provansal) en extérieur (Voyons voir-art contemporain et territoire)… Le petit plus du PAC ? Il donne le temps au public de se familiariser avec la création contemporaine dans toute sa diversité et sa vitalité -plus de 150 artistes- puisque certaines expositions jouent les prolongations jusqu’au 29 juin. MARIE GODFRIN-GUIDICELLI Le PAC a eu lieu du 17 au 19 mai à Marseille Programme complet sur www.marseilleexpos.com 69 A RT S V IS U EL S Cueillez dès aujourd’hui... le Cabinet de curiosites, atelier La Sauvagere dirige par Christiane Parodi G.C le Cabinet de curiosites, atelier La Sauvagere dirige par Christiane Parodi G Pour sa 5 e édition, le Festival des Arts Éphémèresa choyé son public. Dans une verdure particulièrement éclatante cette année, le magnifique parc à l’anglaise de Maison Blanche déployait les œuvres d’une vingtaine d’artistes reconnus, ainsi que celles de plusieurs étudiants et élèves des ateliers publics de l’École Supérieure d’Art et de Design Marseille-Méditerranée. Pour Jean-Louis Connan, directeur de l’ESADMM et commissaire de l’exposition, l’important est de concilier lors de cet événement exigence artistique, transmission des savoirs, et pratiques amateures. Un pari tenu, avec l’ambition de présenter à chaque fois un travail original, qui s’intègre dans ce contexte particulier : « Et pas seulement du land art, comme on le pense souvent quand il s’agit d’œuvres exposées en milieu naturel. Elles sont parfois très industrielles ou architecturales ! » C’est le cas de la carcasse de jetski de Boris Chouvellon, fossile d’une « nuisance bruyante » perchée dans le silence des feuillages, ou bien de la serre élaborée par Frédéric Pradeau, aux dimensions précises : 31,3 m², soit l’espace moyen par habitant de Marseille. Un « révélateur de frustration, ce sentiment éphémère -heureusement ! - car c’est ce qui nous permet de tenir le coup ». Sur la pelouse un peu plus loin, les Ongles de Laurent Perbos, plaques de métal vernies évoquant aussi bien une denture rouge de bétel, et une fiction provocante : Didier Tallagrand a posé un panneau prévoyant « Ici et bientôt » la construction d’un canal et la « reconstruction paysagère » du site, avec rapprochement artificiel... de la Sainte-Victoire. Le parcours sous les couverts du jardin est l’occasion d’une belle découverte : réalisation collective de l’atelier La Sauvagère dirigé par Christiane Parodi, son Cabinet de curiosités happe le passant avec délicatesse pour lui laisser un parfum salé d’aventures marines. C’est la trace du projet Ulysses, l’itinéraire d’art contemporain conçu par le FRAC PACA pour la Capitale européenne de la culture. Notre principal coup de cœur va cependant à la motte de terre qui respire de Caroline Le Méhauté intitulée Grow grow grow, dont on ne sait si elle prélude à l’extraction d’un golem ou si elle figure Gaïa en pleine méditation. Une œuvre dotée d’un impact profond, qui ne se donne pas instantanément, mais trouble autant qu’elle invite au recueillement. GAËLLE CLOAREC Le Festival des Arts Éphémères a eu lieu du 23 mai au 13 juin dans le Parc de Maison Blanche, Marseille



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