Zibeline n°64 juin 2013
Zibeline n°64 juin 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°64 de juin 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 8,3 Mo

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  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Intensités historiques () 06 I M UC E M Les premiers moments de la programmation événementielle du MuCEM marquent d’emblée le champ que Thierry Fabre veut leur insuffler : festifs, et sérieux à la fois. Après le concert d’ouverture le 7 juin (voir ci-contre), le temps de Marseille Transit s’est installé sur trois jours, du 14 au 16 juin, proposant débats, projections et chansons, autour de Marseille entre 40 et 42, dans la France dite Libre. Période où l’horizon marin était le seul espoir de départ pour nombre de réfugiés fuyant le nazisme, juifs, intellectuels ou artistes « dégénérés », opposants politiques. Mais la mer restait aussi une barrière imposante, et le régime de Pétain une dictature aux pratiques arbitraires. Les formalités administratives étaient longues, chères, et les candidats nombreux à l’exil volontaire. Vers le Mexique ou les États-Unis, ou vers l’Afrique du Nord pour rejoindre De Gaulle, tous transitaient par Marseille, et y attendaient les nécessaires cartes, visa de sortie et d’entrée, et autorisation de transit par l’Espagne ou le Portugal. C’est sur ce cul-de-sac administratif qu’Anna Seghers a construit son roman, Transit, qui a inspiré toute la programmation. Le premier débat s’attachait à L’art en guerre, d’après l’exposition du musée d’Art Moderne de Paris, avec Jacqueline Munck commissaire de l’exposition et Alain Paire, concepteur de ce cycle Marseille Transit. Ensemble ils parlèrent de cet « art de la défaite », né sur les murs du camp Transit de Rene Allio des Milles, ou à la villa Airbel. Le lendemain le débat avec Jean-Marie Guillon et Gérard Malgat évoqua deux figures essentielles, qui ont permis de sauver des milliers de réfugiés en leur faisant accorder visa ou droit de passage : Varian Fry, qui ouvrit la porte de l’exil vers les États-Unis à nombre d’écrivains et d’intellectuels. Moins connu aujourd’hui, le diplomate mexicain Gilberto Bosquez ouvrit la voie vers le Mexique, d’abord pour les Républicains Espagnols fuyant Franco, puis à tous ceux qu’il pouvait, moins tenu que Varian Fry à sauver d’abord les artistes. La soirée 15 juin se termina en chansons avec la création de Radio Transit, on chantait quand même : Serge Hureau a mené un travail patrimonial de collecteur de ces chansons cocasses ou sentimentales, populaires et gouailleuse, qui grâce à la radio résonnait pour la première fois comme ne culture sonore commune. Une autre manière, festive, d’évoquer Marseille à l’époque. Car la veille le film Transit de René Allio plongeait dans l’atmosphère plus tendue du roman de Seghers. Le film modifie notablement certains personnages, en efface d’autres, mais donne plus que le roman l’atmosphère enfiévrée d’attente de Marseille. Léché, cadré, exact, le film dégage pourtant une impression de vitalité, de naturel confondante. Grâce aussi à la musique de Georges Bœuf, qui réinvente de fausses rengaines, que les spectateurs fredonnent en sortant, et qui sont très joliment ciselées. Et puis, voir sur l’écran la mer et le port que l’on voit aussi autour de soi du haut du Fort Saint Jean, constitue une mise en abime inédite… Car la magie du lieu est époustouflante, et regarder le soleil se coucher sur la mer, entendre les sirènes des bateaux qui sortent, donne ce plaisir étrange de la coïncidence parfaite entre la fiction, historique pourtant, et la réalité d’un horizon beau à couper le souffle. AGNÈS FRESCHEL ET MARYVONNE COLOMBANI Les Intensités du MuCEM La programmation artistique du MuCEM se poursuit au Fort Saint Jean et l’Auditorium Germaine Tillion. Après Primed, une sélection de documentaires et reportages liés à la Méditerranée (remise des prix le 21 juin au MuCEM, projections jusqu’au 22 juin), Antonia Naïm initie le cycle cinéma Méditerranée(s), une traversée en images (voir p 64) à découvrir jusqu’en décembre, dont les rencontres, projections et spectacle dans le cadre de l’événement Pourquoi Camus ? (5 et 6 juillet). Le 12 juillet, concert autour de la figure de Louis Brauquier par le combo vocal Radio Babel Marseille (à 20h), suivi du ciné-concert Cœur fidèle, un sublime portrait du port de Marseille. Les 20 et 21 juillet, les films qui ont inspiré les grands cinéastes : Vengo de Gatlif, Scorsese ressuscitant Transes d’AhmedEl Maanouni (le 20 dès 18h30), puis le dimanche à partir de 16h : Fatmad’AhmedBadrakhan, Le Blues de l’Orient de Florence Strauss, J’ai même rencontré des Tziganes heureux d’Aleksandar Petrovic. Le 26 juillet à 18h30, l’auto-documentaire d’Agnès Varda, les Plages d’Agnès, suivi par Toni de Jean Renoir. Le 28, Honeymoons de Goran Paskaljevic (à 18h30) et L’éternité et un jour d’Angelopoulos (22h). Chaque projection est précédée d’apéro concerts au Fort St Jean : Ashes to Machine (30 juin à 20h30), Ssahha (20 juillet), Gerardo Cassiello (26 juillet), Kirika (24 août). À suivre également, en coproduction avec le Festival Mimi (voir carnet festivals p XI) la performance audiovisuelle Good Bye Schlöndorff (4 juillet), la présentation des films de jeunes réalisateurs du Kirika Onur Ethem Parlar Campus Fid Marseille (7 juillet), le Forum Euroméditerranéen (10 juillet), la rencontre-débat D’où vient l’avenir dans le cadre du Festival d’art lyrique d’Aix (11 juillet) (voir p.XVI), le concert Sira de Jasser Haj Youssef Quartet (13 juillet) et la retransmission d’Elektra de Richard Strauss mis en scène par Patrice Chéreau (19 juillet). Les Intensités de l’été jusqu’au 1er septembre 04 84 35 13 13 www.mucem.org
Le Grand Tour Au fort Saint-Jean, la photographie contemporaine inaugure la programmation 2013/2014 du bâtiment Georges-Henri Rivière, « inventeur de la muséologie moderne », confiée au directeur du musée Nicéphore Niepce à Chalon-sur-Saône. François Cheval, tel un architecte, pose d’abord les fondements avant de monter l’édifice, en proposant une exposition collective au titre générique Les choses de ce côté du monde- ou comment mettre en lumière « les lignes de force, les trames communes qui fondent la Méditerranée, mais aussi les contradictions et les oppositions ». Comme celles qui se joueront ensuite entre Antoine d’Agata, Kathryn Cook et Patrick Zachmann, lors des expositions monographiques suivantes. Le premier épisode n’est pas seulement mis en scène, il est « construit » : par les questions qui sous-tendent l’ensemble des travaux des huit artistes invités (visions architecturales, politiques, sociétales, humaines) ; par le système de châssis en bois d’une belle simplicité imaginé par l’architecte Olivier Bedu et la scénographe Juliette Morel. Tout ici est correspondances, cohabitations ou symétries. Entre la vidéo d’Ange Leccia qui retient d’un rassemblement soufi au Caire le mouvement permanent des jeux de lumière des néons, et la précision clinique du regard d’André Mérian sur la banalité de l’architecture portuaire méditerranéenne (Marseille, Izmir, Tanger, Valence, Alexandrie, Thessalonique). Autre architecture et autre point de vue, celui de Stéphane Couturier qui filme et photographie Alger à la manière d’une frise panoramique, et muette. En face, place à la réalité d’un monde pastoral pré-chrétien dans les deux vidéos qui composent BirdVillage de Servet Kocyigit. Le dialogue, toujours ouvert à 360 degrés se poursuit avec les 21 pérégrinations de Jean-Luc Moulene en Orient « qu’il faut regarder par delà ce que l’on voit car chaque image du patchwork parle de photographie ou de l’impossibilité de la photographie ». Une mise en abîme de la photographie que François Cheval tenait à souligner dans cette introduction. D’autres enjeux traversent l’exposition. La mère du King, Saida, 2001 lean-Luc Moulene La mère du King, Saida, 2001 Jean-Luc Moulene Portrait double, 2002 Patrick Tosani Adagp, Paris 2012 Portraitdouble, 2002 Patrick Tosani Adagp, Paris 2012 La « fiction », dans la pièce vidéo Telematch Sadat de Wael Shawky qui refait jouer par des gamins les grands moments de l’histoire contemporaine égyptienne... La guerre, un « jeu de gosses » ! Et la représentation de « l’Histoire » avec ces images d’enfants de Damas photographiés par Patrick Tosani où l’on dépasse l’idée martelée de l’enfant martyr, pour voir les êtres. MARIE GODFRIN-GUIDICELLI Les choses de ce coté du monde MuCEM, Marseille jusqu’au 29 juillet 04 84 35 13 13 www.mucem.org À venir Odyssées, Antoine d’Agata du 9 août au 23 septembre Memory of Trees, Kathryn Cook du 4 octobre au 18 novembre Mare-Mater, Patrick Zachmanndu 29 novembre au 28 janvier Au cœur de la musique… méditerranéenne À la nuit tombée, alors que le bleu étincelant du MuCEM se reflète dans la mer, une couleur orangée, vive mais plus petite, fait son apparition à ses côtés. Sur l’esplanade du J4, une scène de concert en plein air a été installée pour l’occasion. Aucune barrière tarifaire à l’entrée, tout le monde est convié à la fête et se laisse entraîner par les rythmes effrénés des cultures méditerranéennes. Sur la scène, la musique arabe traditionnelle est fièrement représentée par le oud d’Elia, le qanoun (sorte de cithare sur table) d’Osama et le violon de Basil formant ensemble le groupe The Khoury Projet. Leur agilité rappelle à quel point cette musique est aussi précise que délicate. Une maîtrise qui leur permet d’adapter ces mélodies orientales à d’autres styles comme le jazz ou encore le flamenco. C’était le thème-clé de cette démonstration musicale au bord de la méditerranée : le mélange des cultures. La voix puissante de la chanteuse andalouse Estrella Morente et les rythmes endiablés du guitariste Montoyita s’entremêlent avec le swing des jazzmen Pierrick Menuau au saxophone, Guillaume Robert à la contrebasse et Gaetan Nicot au Piano. Trombone et trompette complètent cet orchestre insolite dont la mixité ne fait en aucun cas perdre de crédibilité à l’ensemble, les échanges et les relais pris entre les musiciens se faisant avec cohérence. Quand Estrella Morente se lève soudainement pour faire chavirer son châle, l’orchestre s’accorde alors au gré des pas de flamenco. Ils prennent du plaisir et le public aussi ! ANNE-LYSE RENAUT 07 M UC E M I Le concert The Khoury projet et Estrella Morente a eu lieu le 7 juin à l’occasion de l’ouverture du MuCEM sur l’esplanade du J4, Marseille Agnès Mellon ITALIE — BRESIL 3 A de Davide Enia Wise en sr.pnnAlexandra Tobelaim f compagnie Tandalm..u. wHw.rahYaim.[um, a,r.-, R t =.wti :.trr9 Inl l I,f,t. —rr, 18h35 idu 7 au 27 juillet y7p.n3611 la manufacture 2 rue des cot - AVIGNON la manufaCkure 110, euka,t eaxerr4,vau



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