Zibeline n°64 juin 2013
Zibeline n°64 juin 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°64 de juin 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 8,3 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... cerveau indisponible.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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... 04 M UC E M Agnès Mellon Agnès Mellon Plus de 64 000 visiteurs pendant les journées portes ouvertes, entre 6000 et 9000 visiteurs par jour dans les collections depuis l’ouverture payante, sans compter tous ceux qui se promènent dans les passerelles et jardins en accès libre, entrent dans les salles offertes, s’attardent accoudés aux remparts du Fort Saint Jean face à une vue unique d’une baie dont on redécouvre l’exceptionnelle beauté… Le succès dépasse, deux ou trois fois, les attentes les plus optimistes. Il faut dire qu’il a fait beau ! il faut dire surtout que les Marseillais aiment leur ville, et souffrent depuis toujours des négligences de l’État à son égard, et des mauvais choix des locaux à son encontre. Ce cadeau exceptionnel, unique, de l’État à une ville qu’il a toujours méprisée, se reçoit aujourd’hui avec émotion, comme le signe d’une possible réconciliation. L’accueil de la presse nationale, c’est-à-dire parisienne, est d’ailleurs emblématique : alors que MP2013 peine à échapper aux critiques les plus diverses et souvent les plus absurdes, et mal renseignées, le MuCEM a d’emblée suscité le dithyrambe : les expositions, mais surtout l’architecture… Et la presse « nationale » n’a pas tort : le bâtiment de Rudy Ricciotti est une merveille d’intelligence inspirée, s’arpente dans un sentiment de liberté, d’espace et d’intimité pourtant. Les passerelles et l’esplanade du Fort Saint Jean offrent des points de vue insoupçonnés et stupéfiants, et la restauration du Fort est délicate et belle. Parcours dans le Fort En entrant dans le MuCEM par la passerelle du Panier on pénètre le Fort par en haut, et un parcours historique à entrée libre est offert : l’évocation du Quartier Saint Laurent dans la Salle de Garde fait entendre et voir comment ce pan de Marseille, son cœur historique, a été soustrait à la ville. Un Parcours historique autour des remparts permet de comprendre comment Marseille s’est construite, tout en admirant les panoramas. Puis le Jardin des migrations, en quinze tableau : pour l’heure (ça pousse !) la végétation n’est pas luxuriante, mais il s’agit de plantes méditerranéennes, et d’un jardin sec, sans arrosage ni engrais. On y redécouvre ces plantes de garrigue qui poussaient sur nos collines avant Le MuCEM, un nouvel horizon On attendait un bouleversement, c’est une métamorphose. Le MuCEM est un des plus beaux musée du monde, et change considérablement le visage de Marseille, lui offrant une véritable cité culturelle… que les incendies successifs ne modifient les équilibres ; on y voyage aussi, glanant ce que les migrations ont fait circuler de plantes et de savoir faire horticoles. Des sentiers ethnobotaniques expliquent, font sentir. Mais la foule dense des premiers jours rendait difficile le simple geste de s’y accroupir un instant pour voir ! La pratique du jardin, saisonnière, variée, se goûtera dans le temps… Dans le Fort l’exposition Le Temps des loisirs ouvrira début juillet, seul volet de l’ouverture ayant pris un peu de retard… Dans la Chapelle Saint Jean (entrée Tour du Roi René au niveau de la mer) les rites de passage sont exposés dans une gigantesque vitrine en hauteur, qui transforme un fatras hétéroclite d’objets populaires en œuvre sacrée : la quille des militaires, les rites de mariage, de baptême, de deuil accumulés dans les réserves du musée des arts populaires sont ici réinvestis, restaurés, offrant leur contraste joyeux sans explications, hors une tablette où le visiteur peut sélectionner et comprendre… Sur la place du dépôt un castelet invitera tout l’été, grâce au fonds unique du MuCEM en ce domaine, à découvrir des spectacles de marionnettes traditionnels à 17h30 (Cie 7 e act les 29 et 30 juin, collectif Zonzons le 21 juillet, Arketal ensuite…). Tandis que le bâtiment Georges Henri rivière abrite les expositions photographiques… Dans le J4 Les trois expositions sont de grandes réussites, presque incontestées. Le Noir et le Bleu tient toutes ses promesses : la scénographie, discrète et solide, laisse respirer les dimensions de chaque œuvre. L’essentiel du parcours que Thierry Fabre (voir interview Zib 63) propose pour découvrir les différentes périodes d’ombre et de lumière qu’ont connues les rives méditerranéennes, repose sur des œuvres artistiques incontestées : Goya, Picasso, Miro, Masson, Tapiés, Jabès satisfont les esthètes, mais aussi les plus grands photographes de presse, les plus grands artistes contemporains. Le propos, clair, s’articule en miroir dans chaque cellule de l’exposition, opposant les regards du colonisé et du colonisateur, du cosmopolitisme et du repli identitaire, de l’utopie et des violences, du progrès et du chaos. Cette exposition, qui hélas n’est que temporaire et cessera en janvier 2014 (la prolonger ?) repose peu sur des témoignages populaires, plutôt sur des objets de « Haute Culture ». En ce sens elle surprend moins que l’exposition permanente la Galerie de la Méditerranée, essentiellement fondée sur des objets populaires appartenant au MuCEM et issus du fonds des ATP (musée des Arts Traditions Populaires) dont Zeev Gourarier (voir interview Zib 63) fut le directeur adjoint. Les quatre salles de la galerie, si elles offrent au regard des Chagall, des objets archéologiques précieux, des œuvres contemporaines intégrées au propos, est formée pour l’essentiel d’objets récents qui témoignent des pratiques ancestrales, comme
la sakieh égyptienne qui s’impose au cœur de la première salle consacrée à l’invention de l’agriculture (et des dieux). D’autres objets sont des symboles forts, comme la guillotine ; des films explicatifs, de témoignage ou de fiction éclairent le propos, dans une foison hétéroclite qui n’a d’égale que la liberté tranquille du propos. Car au fond cette Galerie de la Méditerranée est un musée de l’homme, visant à constater à travers des preuves scientifiques et sur une grande échelle historique l’affaiblissement du divin, le triomphe de la citoyenneté athée et la naissance moderne de la raison et de la connaissance. L’autre exposition temporaire, dans un espace hélas un peu petit, propose un véritable bazar, volontairement désordonné et grouillant d’objets, sur tout un fatras de question liées au genre. On y chine comme aux puces, et ici les objets n’ont de valeur que par leur signifié, ou leur côté kitsch : difficile de passer de la révérence du Noir et Bleu à l’ironie du Bazar du genre ! mais l’oppression des femmes méditerranéennes, et des homosexuels, y trouve de parfaites illustrations, souvent décalées, parfois révoltantes… Au CCR C’est la partie cachée du MuCEM, discrète mais pas secrète pourtant. Le Centre de Conservation conçu avec modestie et lyrisme du secret par les architectes Corinne Vezzoni et André Jolivet, s’offre aussi au visiteur, étant aussi centre de Ressources. Pour les chercheurs, mais pas uniquement : les amateurs peuvent consulter le fonds d’ouvrages, visiter l’appartement témoin qui dévoile un très vaste échantillon des collections du MuCEM héritées des ATP et classées par type : fers à repasser du plus antique au calor vapeur, fleurs artificielles, bouillottes, voisinent dans les réserves avec une impressionnante série de manèges, outils agricoles, mobilier… une collection insensée, qui semble la réalisation d’un fantasme hallucinant, entre la bibliothèque de Borges et le Xanadu d’Orson Welles ! Avec en prime une salle d’exposition, au principe intéressant : le MuCEM offrira régulièrement à un commissaire la possibilité d’écrire une exposition à partir des pièces du fond. Le choix est vaste ! Pour l’heure Présentée vivante, fondé sur un récit de femme crocodile écrit pour l’occasion par Joy Sorman, à partir d’objets choisis et scénographiés par Jean Blaise et Patricia Buck… En accès libre aux heures d’ouverture du CCR. AGNÈS FRESCHEL Entree du CCR David Huguenin Les publications Les librairies du MuCEM (voir p 83) disposent des ouvrages relatifs à la programmation, et édités par le MuCEM. Le texte de Joy Sorman (exposition Présentée vivante) est disponible, ainsi que des « parcours » des expositions temporaires Au Bazar du genre et Le Noir et le Bleu, et un guide parcours des expositions permanentes (La galerie de la méditerranée et Le temps des loisirs) qui présente une sélection d’objets commentés. Autre est la démarche des catalogues publiés en coédition avec Textuel. Le Noir et le Bleu est une mine. Une première partie y reproduit avec une grande qualité dans le choix des formats, des respirations et de la mise en page, la quasi-totalité des œuvres de l’exposition, en expliquant succinctement le principe de chaque salle. Puis un abécédaire, en papier ivoiré élégant, explicite chaque concept, ou période historique ou artistique. La préface de Thierry Fabre est éclairante et belle. Le catalogue Au bazar du genre, plus modeste dans sa facture, n’a pourtant pas moins d’ambition. Reposant nettement moins sur l’iconographie il est un livre qui se lit comme autant de brèves études thématiques d’auteurs divers, qui viennent compléter et éclairer le Bazar : qui sont les vierges jurées d’Albanie ? quelle est la réalité des usages du voile ? de la répression légale de l’homosexualité ? quel est le paysage nouveau de la relation amoureuse ? Le choix, pour y répondre, est le texte. A.F. I05 M UC M E Au bazar du genre, Féminin masculin en Méditerranée Ed Textuel, 39 € Le Noir et le Bleu, un rêve Méditerranéen Ed Textuel, 45 € La culture sans artistes… suite : rectificatifs, et précisions Nous écrivions dans notre numéro précédent, p6, l’article La culture sans artiste, un idéal libéral, que la subvention de l’État était supprimée. Ce qui est inexact : mais la subvention de fonctionnement de la Minoterie dispensée par la Drac, et les subventions des collectivités, ne sont pas suffisamment augmentées (diminuée même pour la Région) pour permettre le bon fonctionnement d’un lieu nouveau, plus grand, érigé à grands frais, sur lequel on fait ensuite des économies de bout de chandelle. Ce qui est absurde, et à l’œuvre dans tous les théâtres marseillais. Ce qui amène à se demander pourquoi on construit… pour que ça marche, ou pour faire des coups avec les coûts ? La Friche, toujours en attente de savoir quels crédits seront affectés à son pôle théâtre, est dans la même situation, et les compagnies régionales en meurent. Autre rectificatif : nous écrivions dans le même article que seuls la Criée, Le Gymnase et le merlan avaient de réels moyens de production. Or quelques jours plus tard on apprenait que les productions du Gymnase, en difficulté financière, étaient affectées, en particulier aux dépens de Renaud-Marie Leblanc et sa Cie Didascalies, dont les prochaines œuvres ne seront pas coproduites, et qui se trouve aujourd’hui sans moyens suffisants pour créer. Quant à la Criée, il n’y aura pas durant la saison suivante de production propre, faute de budget… A.F.



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