Zibeline n°64 juin 2013
Zibeline n°64 juin 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°64 de juin 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 8,3 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... cerveau indisponible.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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34 M US I Q U E Virée macabre Le dernier événement événement rin du Festival Focfivnl Les/oe Musiques Mein..ae du Gmem (associé à Musiques en chantier) proposait la création d’un « Opéra de chambre » du compositeur Lionel Ginoux : une mystérieuse Médée Kali, imaginée d’après un livret de Laurent Gaudé qui s’inspire et développe le mythe de l’antique meurtrière, infanticide et magicienne trahie par Jason. Le 15 mai aux ABD Gaston Defferre, on suit un monologue tragique, puissamment servi par la soprano Bénédicte Roussenq, au fil d’une partition tendue, éprouvante, qui se souvient de Schoenberg (Erwartung) ou Strauss (Elektra). Un quatuor instrumental (Joël Versavaud aux saxophones, Adeline Lecce au violoncelle, Marion Liotard au piano et Laurent Camatte à l’alto) soutient la fureur de l’héroïne lors d’une scène orgiaque… comme dans l’attente statique… souligne la désolation statuaire du tombeau, la sensualité de l’amante ou la froideur tranchante d’une scène de crime, lorsque ses fils agonisent dans ses bras Quand la ligne mélodique du saxophone de Joël Versavaud s’élève, lyrique, luxuriante, explorant enfin l’ambitus « naturel » de l’instrument, du grave à l’aigu, on comprend mieux le sens de la « partition sonore » que le compositeur Georges Bœuf a imaginée sur le texte de Jean Giono L’homme qui plantait des arbres. C’est Regain qu’il chante, et son espoir de bonheur reconquis dans les vallées alpines, après la désertification, les saignées guerrières, son Grand troupeau macabre ! Quelle prose pouvait mieux convenir au Festival de Chaillol qui, sous la houlette de Michaël Dian pollinise la vallée du Champsaur de spores en forme de notes accrochées aux reliefs du Gapençais ? Avant de prendre de l’altitude, c’est à Marseille, le 22 mai dans la Salle Musicatreize, qu’un trio d’artistes a créé l’opus. Au début, à l’image du pastoral, solitaire et taiseux Elzéard Bouffier, semant obstinément ses graines, les percussions de Claudio Bettinelli, minérales, pierres résonantes ou blocs de bois soigneusement choisis dans cette nature qu’exaltait Giono, se font minimales, pointillistes, embryonnaires d’une vaste forêt que le berger seul est capable d’imaginer… Le narrateur, d’abord extérieur, puis complice, prend vie à la mesure d’une diction travaillée (Bénédicte Debilly) qu’on écoute, comme la partition, au fracas percussif de la guerre de 1914-18, si traumatisante pour l’écrivain, aux jeux d’eau, vitale, résurgente, lorsqu’une espèce d’harmonica de verre rustique, façon « pyrex », fusionne avec les harmoniques du sax... Magique ! J.F. Medée Kali Jimmy Valentin Semer des notes… assassins… À cette facture puissante, tragique, s’agrègent des « sons fixés sur bande » figurant l’onirique vent du voyage, les eaux du Gange d’où cette Médée réinventée serait issue, le feu du bûcher, autant d’éléments (purificateurs ?) auxquels s’ajoute encore la terre, froide, d’où la mère exhume ses enfants trépassé set dont on entend les voix, fantomatiques, « horschamp » … Pareil à l’homme mystérieux qui file l’héroïne Joel Versavaud & Claudio Bettinelli Alexandre Chevillard Felix Ibarrondo et Roland Hayrabedian X-D.R dans l’histoire chantée, on emboite le pas à cette Médée-là, au cours de son voyage, d’un récit passionnant, dérangeant, cyclique : un aller-retour de l’Inde à la Grèce, haletant, sanguinaire, au rythme d’une alternance mixte (vocale & instrumentale, électronique & récitée) jusqu’aux portes de la folie, dans l’intimité de sa voix intérieure, indéchiffrable, de ses fantasmes, sa danse macabre… JACQUES FRESCHEL Lullaby of Marseille Programmer un cycle de Berceuses, même en création contemporaine, comporte un risque : celui d’endormir… le public ! Disons que Mareta, mareta, no’m faces plorar de Daniel Tosi, conçue sur l’idée de la difficulté d’endormir un bambin (quelle résistance !), malgré une polyphonie continue, longue et répétitive, a partiellement réussi son coup… Mais seul le temps est juge de la qualité d’un opus, le propre des critiques étant de se tromper sur leur portée historique ! Quoiqu’il en soit, Musicatreize a davantage convaincu avec Lo bai lo du basque Felix Ibarrondo, en particulier grâce à l’incantatoire rituel de pleureuse, suppliant et cajoleur, de la belle mezzo Mareïke Schellenberger. On fêtait, le 12 juin Salle Musicatreize, le jour anniversaire des 100 ans de feu Maurice Ohana. De fait, le concert commençait par sa mélodieuse et tendre Berceuse (Kaoli Isshiki), œuvre de jeunesse colorée de lointaines harmonies debussyste et se poursuivait avec Sybille, classique de 1968 au geste vocal puissant (Kiyoka Okada) qu’aurait volontiers chanté la Berberian. Mais c’est Maadannde Zad Moultaka qui emporte l’adhésion finale : une pièce magnifique où les voix, dirigées par Roland Hayrabedian, se font tour à tour métaux qui, du fer à l’or, fusionnent dans un bain sonore, quand le soufre et le mercure associent leur propriété dans un alchimique tutti ! JACQUES FRESCHEL Prochain concert du Cycle des berceuses Le 5 juillet à 20h. Salle Musicatreize (voir p XV)
Une heure exquise Fidèle à son désir de proposer au public de l’aire toulonnaise un répertoire méconnu et hors des sentiers battus, ainsi qu’à sa volonté légitime de rendre aux musiciennes la place qu’un machisme coutumier leur refuse, la claveciniste Claire Bodin aux commandes de sa compagnie Les Bijoux Indiscrets nous a fait découvrir quelques perles baroques d’Anna Bon di Venezia. Cette compositrice injustement oubliée –d’où l’absence cruciale d’informations concernant sa biographie- naquit vraisemblablement vers 1740 à Venise et y suivit une formation musicale au réputé Ospedale della Pietà vouée au chant et à la musique de chambre qui lui valut le titre de « Virtuose » dans ce domaine. À en juger par les quelques Divertimenti opus 3 pour 2 traverso et basse continue, publiés aux alentours de sa vingtième année, cette illustre inconnue, à défaut d’audaces formelles, développait dans son écriture des techniques de jeu variées nécessitant de la part des instrumentistes un talent certain ! Derrière d’habituels contrepoints aux flûtes, truffés d’ornements mélodiques, retards et appoggiatures en tout genre, on percevait clairement la volonté de rendre au continuo une place plus importante. Les interprètes de l’ensemble se sont emparés de cette musique avec une belle complicité pour nous faire découvrir des compositions singulières et subtiles empruntes de légèreté, qui n’avaient rien à envier à celles des compositeurs masculins de l’époque. Un exploit, quand on sait combien il était difficile pour les femmes d’accéder au savoir musical ! ÉMILIEN MOREAU Ce concert a été donné le 16 mai à l’opéra de Toulon Ensemble Polychronies X-D.R Percuter Pour son dernier concert de la saison « Les classiques », le Festival de Toulon s’est aventuré dans un répertoire singulier puisque le concert donné au collège de La Marquisanne accueillait l’Ensemble Polychronies autour d’œuvres entièrement écrites pour la percussion. Malgré un espace scénique confortable, le volume de l’auditorium était trop étroit pour contenir la charge sonore mais qu’importe, le plaisir de découvrir des univers sonores nouveaux est resté intact. Conçu comme un voyage sonore à travers le XX e siècle, au travers de figures du répertoire contemporain telles Xenakis ou Reich, le programme laissait apparaître les différents types d’écriture existant dans ce domaine : on pouvait entendre d’un côté des œuvres construites sur d’habiles et savants contrepoints rythmiques alternant phases de polyrythmie et d’homorythmie, de l’autre des pièces plus simplement élaborées autour de la notion de timbres et de propriétés acoustiques, et reléguant aux oubliettes nombre de travaux sur le son élaborés en studio depuis les années 60. Autour d’un panel complet et très diversifié de percussions qui reflétait bien un domaine sonore apparemment sans limites, Florent Fabre (fondateur de l’ensemble à géométrie variable) et ses deux compagnons d’un soir, François Combémorel et Bernard Boellinger, ont joué avec une grande complicité des œuvres idiomatiques de ce répertoire en constante exploration. E.M. Ce concert a été donné le 23 mai à Toulon 35 M US I Q U E F est va de Musique de Toulon et sa Région treia ; wi : i-trpi -s-CALtdr iOddefeiLe Quatuor Les PianQtokës Valeriy Sokolov/Orchestre de l'Opéra Graeme Je17kinE François-René. Duchkile/Alain Carfié Jordi Savaii/Hespërion XXI Fahio Blondi/Europe Galante Quatuor Psophos/Emmanuel le Bertrand Ferenc Vizi/Ensemble Mira LCMCA-oN ; Offices de tourisme Tou'on 04 94 18 53 07/Six-Fours 04 94 07 02 21/Friac. Carreto.,r, www.festivalmusiquetvulon.com Measlore, Auvlun



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