Zibeline n°64 juin 2013
Zibeline n°64 juin 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°64 de juin 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 8,3 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... cerveau indisponible.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 22 - 23  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
22 23
22 T H É Â TR E Émergence et distance Vincent Marin En trois ans, le Festival Émergence(s) s’est imposé dans le paysage culturel avignonnais. À la mi-mai, alors que la plupart des théâtres ont bouclé leur saison, Surikat Production offre à la jeune création artistique un rendez-vous privilégié avec un public renouvelé dans 10 lieux du territoire. Dix jours de programmation pluridisciplinaire d’artistes émergents (locaux à 60%), où la littérature trouve aussi sa place avec la revue de création littéraire & curiosités graphiques Le Chant du Monstre, montée par trois complices féminines et parue aux éditions Intervalles. Du bel ouvrage, bâti sur le principe de l’hybridation, qui relie auteurs contemporains et arts plastiques dans un espace nourri d’imaginaires. Ces jeunes artistes, tous rémunérés cette année, bénéficient d’une équipe de passionnés et de l’aura des premières fois. Et il en faut pour émerger ! Dans l’avenir, l’association, stimulée, mettra en place une plateforme d’accompagnement et de mutualisation des artistes émergents après une récente aide de l’Union européenne, et tentera de d’initier des évènements réguliers. Stimulant. Pour cette 3 e édition, 1800 spectateurs ont suivi les propositions reliant questions sociétales, mémoire et vivre-ensemble. Dans Tout ce dont nous avons besoin, les Corps de Passage dissèquent « la victoire écrasante du parti du sourire » après une élection-mascarade. La compagnie organise autour de la « patrie mère nourricière » un défilé pour abattre un système dictatorial duquel le « peuple » cherchera à s’affranchir. Si la résistance de ces hommes déshumanisés par une société factice finit par craqueler, le souffle du désir reprenant le pas sur le contrôle des pulsions, le changement « c’est pas tout à fait pour maintenant » et l’émancipation se fait attendre pour le spectateur, impatient de voir aboutir le dérèglement annoncé. La Cie Strophe a plongé tête la première dans l’Amour de Phèdre. Monter du Sarah Kane reste un choix audacieux et la prise de distance avec l’obsession de mort et de perversion de l’auteure s’avère périlleuse. Le jeune homme blasé qui nous accueille, en se masturbant (signe largement exploité et rapidement convenu), est aimé jusqu’à la brûlure par sa bellemère. Il meurt d’ennui, elle l’adore de sa folie. Hippolyte, prince décadent et « obèse qui baise », perdu dans une famille incestueuse et dans la société moderne, accusé de viol par Phèdre (pour le sauver ?) n’arrivera pas à se confesser devant le prêtre, également perverti. L’amour et le sexe ne le ramèneront pas à la vie. Qu’apporte ici l’adaptation ? Une perplexité devant la lourdeur des actes simulés... Dans les Voix sourdes, première création à peine finalisée, la Cie Havin’Fun aborde la Shoah frontalement, toute souffrance et égratignures dehors. Les trois breakers dansent sans filet, brutaux et impulsifs, vers la douleur. Si la littérature semble pouvoir « sauver » ces oubliés -pertinente séquence des livres qui bâtissent des remparts à la mémoire-, les corps en présence, martyrs et meurtris, mériteraient là encore de prendre quelque distance. DELPHINE MICHELANGELI Émergence(s) a eu lieu à Avignon du 10 au 20 mai L’amour plus fort que la farce ? flier-meint.0 + a +. n:✓ _.Disons-le tout de suite, ce Dindon de Feydeau va comme un gant à la troupe du Kronope. Tous les ingrédients sont réunis pour que l’équipée sauvage, emportée par Guy Simon au mieux de sa forme, s’engouffre avec l’énergie qui la caractérise dans les rebondissements foisonnants du vaudeville. D’intrigues en aveux, de mensonges en quiproquos, la vingtaine de personnages joués par cinq comédiens tonitruants -particulièrement Anaïs Richetta qui prouve ici sa totale démesure et une vraie générosité pour la transformation et l’outrance en incarnant 5 rôles, à l’instar de ses partenaires d’une élégance masquée plutôt rare pour le Kronope, habitué à en mettre plein la vue-, autour de la figure démultipliée du triangle amoureux et de l’adultère à moult rebondissements. Ça rentre, ça sort, se cache et se démasque, se moque, hystérise, force le trait et jubile, Philippe Hanula accélère, ralentit, claque les portes et se cogne au mur : l’esprit de troupe magnifié ! Et cerise sur la farce, des boites modulables en véritables magiciennes, chorégraphiées au millimètre, démultiplient à l’envi les univers chers au Kronope : miroirs déformants de la société et confusion des sentiments à l’appui du flagrant délit. DE.M. Le Dindon s’est joué les 24 et 25 mai à la Fabrik Théâtre, Avignon (reprise au Festival Off du 6 au 28 juillet au théâtre de l’Oulle)
Ni dieu ni maître Dans La Maison d’os, adaptée de la pièce savoureusement absurde de Roland Dubillard, où le langage s’amuse à tenter d’expliquer l’inexplicable, Anne-Laure Liégeois nous plonge concrètement dans la poussière de la fin de vie. Le Maître, Pierre Richard tout en sobriété face à ses partenaires de scène formidables, regarde son monde s’effondrer à l’approche de la mort et s’interroge, en voix off, sur son intérieur : cette maison d’os à double entrée, corps et bâti, qui se plaint et crève de peur en vivant ses derniers soubresauts. L’homme entouré de quatre serviteurs insomniaques, est enfermé dans sa tour de solitude, perdu dans les couloirs labyrinthiques de sa maison-château décrépie, où des fantômes surgissent encore, entre animaux empaillés et fuites d’eau, pour finir la fête. Un Roi dépendant qui congédie un par un ses valets comme ultime domination, avant de laisser fuir son corps finissant, souffrant encore l’absence de sa mère et butant en dernière résistance sur le Notre Père. Que lui reste-t-il à son âge ? Crever ? Pas si facile… Une pièce noire et intense, à multiple tiroirs, rythmée par une mise en scène et une interprétation solides. DE.M. La Maison d’os a été jouée les 14 et 15 mai au théâtre de Cavaillon Ils ont pris le melon ! Après avoir couché Marseille sur le divan, et avant le Grand Paris, l’Agence Nationale de Psychanalyse Urbaine s’est penchée sur le Vaucluse. Six villages psychanalysés par une équipe de doux dingues, chacun étant le jouet Charles Altorffer de leurs diagnostics farfelus, et de leur écoute scrupuleuse, accueillant habitants et spécialistes du territoire, souvent au café du coin, à la recherche des paradoxes et névroses originelles. La conférence commence par un questionnaire chinois, où l’on apprend que s’il était un légume Le Thor serait un navet, qu’il a l’âge d’un ado « qui fait des grasses mat’, plein de potentiel », et qu’il est hypocondriaque « car il se croit malade alors que tout va bien ». Le psy (Laurent Petit spécialisé dans les spectacles para-scientifiques) propose des solutions thérapeutiques nébuleuses, avouant d’emblée « encore chercher à cerner le territoire du Vaucluse », notamment les contours de l’intercommunalité dont un schéma projeté appuie l’absurdité. « L’expert » revient sur la généalogie du département, mêlant à l’histoire -l’appel à la main d’œuvre étrangère, l’effondrement de la production maraîchère, la dérivation du canal de Durance- des approximations et des lapsus hilarants. Bien sûr sa stratégie urbaine est improbable, son projet pilote immobilier immonde, sa proposition de réseau THC (transport hors du commun) en forme de melon moqueuse. Mais le public, pris entre fiction et réel, rit des propositions « mal expliquées partant d’une très bonne idée » jusqu’à « créer une communauté de commune entre les deux villes maudites de la région, Marseille et Cavaillon ». Subversif, poétique et fédérateur ! DE.M. Vaucluse sur le divan a eu lieu du 10 au 15 juin en Nomade(s) avec la Scène nationale de Cavaillon Christophe Raynaud De Lage so" Opér *e 700 ihpmindr Ixiarha 1,13414 PaurrIüres 51ro : ww.alopersaumlllaga.rr POURRIERES (83) C=C]IJYENT DES MINIMES Don Quiciiçate crrcaüan de Hervé r/,IearAliChel BoSskIpi R » recicnemcna 06 98 3142 05 corrtatt@laperaeuvlllage.Ir I r r/wv.SSEnrvnYnrrknap1tp14fr'rrrltNirnii W nilst:cWu. Lb4l.VfwrliMnrifn:i.'16-18-20-22-24 juil let 45£ diner wmprls Fiescr.a-Ion : 06 98 31 42 06 {rnl,ri.qgraal ltII.,R tr jtiü.`. We Festival 2013 T ht ants Avignon - Nlonclar er:les}jours i 10 ru auf Ies dirnane ¶4 & i 27 duitet et tout public i ju ? Net MAISON DU THÉÂTRE POUR ENFANTS 20 AVENUE MONCLAR - #95 5 www,fes # iv al theatrra om. k l'É1rttl. AYliiS1CoE us1n1gs PIGI>Si d 1 ; 1f.n _



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


Zibeline numéro 64 juin 2013 Page 1Zibeline numéro 64 juin 2013 Page 2-3Zibeline numéro 64 juin 2013 Page 4-5Zibeline numéro 64 juin 2013 Page 6-7Zibeline numéro 64 juin 2013 Page 8-9Zibeline numéro 64 juin 2013 Page 10-11Zibeline numéro 64 juin 2013 Page 12-13Zibeline numéro 64 juin 2013 Page 14-15Zibeline numéro 64 juin 2013 Page 16-17Zibeline numéro 64 juin 2013 Page 18-19Zibeline numéro 64 juin 2013 Page 20-21Zibeline numéro 64 juin 2013 Page 22-23Zibeline numéro 64 juin 2013 Page 24-25Zibeline numéro 64 juin 2013 Page 26-27Zibeline numéro 64 juin 2013 Page 28-29Zibeline numéro 64 juin 2013 Page 30-31Zibeline numéro 64 juin 2013 Page 32-33Zibeline numéro 64 juin 2013 Page 34-35Zibeline numéro 64 juin 2013 Page 36-37Zibeline numéro 64 juin 2013 Page 38-39Zibeline numéro 64 juin 2013 Page 40-41Zibeline numéro 64 juin 2013 Page 42-43Zibeline numéro 64 juin 2013 Page 44-45Zibeline numéro 64 juin 2013 Page 46-47Zibeline numéro 64 juin 2013 Page 48-49Zibeline numéro 64 juin 2013 Page 50-51Zibeline numéro 64 juin 2013 Page 52-53Zibeline numéro 64 juin 2013 Page 54-55Zibeline numéro 64 juin 2013 Page 56-57Zibeline numéro 64 juin 2013 Page 58-59Zibeline numéro 64 juin 2013 Page 60-61Zibeline numéro 64 juin 2013 Page 62-63Zibeline numéro 64 juin 2013 Page 64-65Zibeline numéro 64 juin 2013 Page 66-67Zibeline numéro 64 juin 2013 Page 68-69Zibeline numéro 64 juin 2013 Page 70-71Zibeline numéro 64 juin 2013 Page 72-73Zibeline numéro 64 juin 2013 Page 74-75Zibeline numéro 64 juin 2013 Page 76-77Zibeline numéro 64 juin 2013 Page 78-79Zibeline numéro 64 juin 2013 Page 80-81Zibeline numéro 64 juin 2013 Page 82-83Zibeline numéro 64 juin 2013 Page 84-85Zibeline numéro 64 juin 2013 Page 86-87Zibeline numéro 64 juin 2013 Page 88-89Zibeline numéro 64 juin 2013 Page 90-91Zibeline numéro 64 juin 2013 Page 92-93Zibeline numéro 64 juin 2013 Page 94-95Zibeline numéro 64 juin 2013 Page 96