Zibeline n°63 mai 2013
Zibeline n°63 mai 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°63 de mai 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 12,9 Mo

  • Dans ce numéro : la culture sans artiste, une idéal libéral.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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L I V 92 R ES Déambulations princières L’attachement du photographe ciotaden Michel Eisenlohr pour Marseille est tel qu’il lui a déjà consacré deux ouvrages : Trésor des églises de Marseille en 2010 (Éd. Ville de Marseille) et Aime comme Marseille en 2002 chez Images du Sud. Le même éditeur publie aujourd’hui Palais Longchamp, monumental et secret, fruit d’une errance dans les lieux entre 2005 et 2007, avant sa remise en valeur. Un travail d’ombres et de lumières, de courbes et de droites, d’absence et de présence qui fait la part belle à la patine du temps. Et une approche silencieuse et respectueuse digne d’un « photographe romantique » auquel Rudy Ricciotti voue une sincère admiration : « En revoyant ses photos, j’ai pensé à Curzio Malaparte comme à Pierre Paolo Pasolini quand les récits accrochent le cœur. » Par petites touches, Michel Eisenlohr saisit l’âme du Palais Un lieu, une histoire, une rue, une scène, une personne : chaque fois que Roland Laboye déclenche son appareil photo c’est une part de lui-même qu’il offre en partage. Petites tranches de vies plurielles qu’il fait siennes par sa proximité et son empathie. Un voyou coiffé d’une banane rencontre un flic au costume repassé, un coup de vent voile de pied en cap une none, une femme au chemisier fleuri se fond dans le décor d’une pépinière, un chien bondissant et un cheval à bascule partagent le même élan, triste visage d’un homme surmonté d’un trophée de tête de taureau… Quels liens entre tous si ce n’est son regard aimable sur les objets et les gens ? Si ce n’est sa manière décalée (et caustique) de débusquer l’inattendu, l’absurde ou l’incongru pour vriller en un éclair le sérieux des apparences ! et de son château d’eau, l’usure des pierres, la majesté des caryatides, la vie silencieuse des tableaux posés à même le sol, le temps suspendu des réserves, les saisons du parc dont on entrevoie les traces de l’ancien jardin zoologique. Une série romantique peut-être, classique certainement, qui laisse au sujet le premier rôle comme la mise en page sans chichi privilégie les photos. MARIE GODFRIN-GUIDICELLI Palais Longchamp, monumental et secret Images du Sud, 22 € Rencontre et dédicace le 13 juin à 17h30, Espace culture, Marseille Exposition au Pavillon M du 12 au 19 juillet : vernissage et concert le 11 juillet à 18h ; rencontre et dédicace le 12 juillet de 10h à 15h En tête à tête avec Laboye Roland Laboye attrape le monde par le petit bout de la lorgnette, toujours à l’arrière des paysages ou derrière ses sujets, à tel point qu’on le croirait invisible. D’abord on sourit, puis on se gausse, et enfin on éclate d’un rire franc face à tant de situations désopilantes et d’angles de vue inattendus ! Fruit du hasard ou d’une mise en scène, Le sirop de la rue se déguste par petites lampées pour faire durer le plaisir. M.G-G. À lire Le sirop de la rue, Le Bec en l’air, 28 € À voir Au Musée des Tapisseries à Aix jusqu’au 2 juin (04 42 23 09 91), en collaboration avec l’association La photographie (Aix) Exposition au Centre culturel, Saint-Raphaël du 15 juin au 3 août Rencontre et conférence le 28 juin à 18h animée par Rémy Kerténian, responsable de la Maison de la photographie de Toulon Photographier ? Le photographiable réunit les actes du colloque qui s’est déroulé à la Bibliothèque de l’Alcazar (BMVR) à Marseille en novembre 2009, doublé d’une exposition intitulée explicitement Aux limites du photographiable dont nous retrouvons certaines œuvres en fin d’ouvrage. La proposition des initiateurs, Michel Guérin et Jean Arrouye, professeurs à l’université d’Aix-Marseille, s’articule à partir d’un essai de référence Pour une philosophie de la photographie de Vilém Flusser paru en 1996 où l’auteur s’interroge sur le rôle programmatique des techniques et des appareils dans l’acte photographique, le photographiable. La notion fait l’objet de nombreux développements et controverses, suscite aussi l’extension vers des champs de réflexion relatifs notamment à notre société postmoderne, les limites et possibilités des technologies, la redéfinition de la photographie, de ses effets de réalité ou de déréalisation du monde, appuyés sur divers exemples artistiques comme sociétaux. Cette tâche complexe s’ordonne selon trois champs de réflexion pour autant de chapitres : Questions philosophiques, anthropologiques, éthiques puis Esthétiques enfin selon les Paradigmes littéraires et artistiques. On va jusqu’à supposer que dans tout art du visuel il y aurait du photographique avant même l’avènement de la photographie. On suggère aussi que « les limites du photographiable » sont « faites pour être reculées et déplacées ». L’ouvrage encouragerait à aller plus loin, et à travailler à la modification de ces limites, pour toucher à l’essence de l’artistique vs des usages plus prosaïques, à l’instar des artistes présentés dans Aux limites du photographiable. CLAUDE LORIN Le photographiable Ouvrage collectif sous la direction de Michel Guérin et Jean Arrouye Presses Universitaires de Provence, 24 € Le phatogrdphiable _"...m,ttiy. kftPlfi[r-
Schubert limpide Maria-Joao Pires était en concert le 4 mai au Grand Théâtre de Provence où elle a joué le 2 e concerto de Chopin en compagnie de l’Orchestre de chambre de Bâle (dir. Trevor Pinnock) (voir article p.50). Au disque, la pianiste portugaise, depuis son Voyage magnifique gravé en 1997, poursuit le dialogue intime qu’elle noue avec Schubert, tout en limpidité dans l’élan instrumental qu’elle impulse au clavier, jamais brumeux, et dont le fil sonore reste essentiellement mélodique. Avec les Sonates « tardives » n°16 (D.845) et la testamentaire n°21 (D.960), Pires s’attache à rendre le caractère méditatif, aérien de ce romantisme viennois, si singulier… chefs-d’œuvre qui touchent à tous coups ! JACQUES FRESCHEL Schubert Maria-Joao Pires CD Deutsche Grammophon 477 8107 À l’improviste L’altiste Guillaume Roy présente, en solo, pour le label marseillais émouvance, onze plages improvisées tirées de sessions d’enregistrements qu’on suit au fil d’idées, travaillées en coulisse ou écloses sur le vif, motifs polaires sur lesquels on s’appuie et qui hantent comme une obsession qu’on ne parvient pas à refouler. On se frotte à ses cordes, ondule dans ses boucles en trémolos, on y prend le jus, s’immisce au creux du silence entre deux souffles, harmoniques qui s’étiolent vers le grave… Gouttelettes qui claquent en pizzicati ou sonorités qui semblent issues de trames électroniques, en trompe-oreille, l’alto chante d’une voix rauque, ou à peine, à l’oreille et s’enhardit au fil de mots/sons grommelés (Corinne Frimas), crachotant comme un disque rayé… Un chemin insolite ! J.F. ArlllI LaILnie Püy 1 From scratch Guillaume Roy CD émouvance EMV 1035 www.emouvance.com 91 1 C D « Chat noir » Ça commence par une Grève générale, slogans de rue qui s’emboitent aux syncopes d’un reggae revisité, au riff à l’unisson d’une guitare et d’un violon jazzy-gipsy… Alors surprise : on perçoit un discours enregistré, habilement intégré, superposé en une espèce de slam distancié et onirique… on reconnait une voix : celle de… Stéphane Hessel, l’auteur d’Indignez-vous disparu en février dernier ! Le ton est donné : coloré et festif, composite… La douzaine de morceaux qui se succèdent doivent beaucoup à leur auteur Philippe Eschenbrenner (guitare, chant, bouzouki) et meneur du groupe marseillais Djanamango, qui arrange aussi des standards de jazz, des traditionnels tziganes pour piano et synthé, batterie, violon, basse. À découvrir ! J.F. Chat noir Djanamango CD Voilà du Son 203459 www.myspace.com/djanamango Sorti des dunes De l’electro-pop-rock arabisant made in Marseille. Temenik Electric, c’est un peu tout ça, et mais pas seulement. Après quelques années de maturation qui ont façonné une tonalité méditerranéenne profondément actuelle, le groupe sort son premier album, Ouesh Hada ? Même si la recherche de comparaisons est souvent vaine et dévalorisante, on pense inévitablement à Rachid Taha et c’est, dans ce cas, plutôt gratifiant. « On est des enfants du rock et du chaâbi, de la pop et des musiques orientales », explique simplement Mehdi Haddjeri, auteur et interprète. Les textes en arabe (algérien dialectal) sont autant de regards sur le monde d’aujourd’hui. Parfois sans concessions, en résonnance avec les guitares musclées, les transes gnawa et les rythmes electro. Les instruments traditionnels du Maghreb ne sonnent pas comme des pièces rapportées par nécessité culturelle, mais apportent leur douce rugosité. Ils font eux aussi le son Temenik. Un son qui invite à la révolte en dansant. THOMAS DALICANTE rEMEntK FLI7GTI#iCnt- i Ouesh Hada ? L’autre distribution disponible depuis le 29 avril Marsatac revient en galette Mixatac #1 Bamako est le premier chapitre d’une collection d’albums faisant suite à des créations entre musiciens marseillais et d’autres rives, initiées par le festival Marsatac. C’est en 2008 que le projet « Mixup » voit le jour à travers deux résidences à Bamako puis à Marseille. Enregistré au mythique studio Bogolan, l’album offre une rencontre réussie entre la musique mandingue et les rythmes électroniques, un dialogue entre instruments traditionnels -kora, percussions, balafon, sokou- et les machines d’aujourd’hui. Plus de quinze artistes ont participé à l’aventure parmi lesquels de grands noms de la scène actuelle malienne : AhmedFofana, Massaran Kouyaté, Issa Bagayogo, Aboubacar Koné, Neba Solo, Sidiki Diabaté... On n’est pas étonné de retrouver, côté français, les alchimistes David Walters et Alif Tree. À noter : les deux prochains albums de la série Mixatac prolongeront les créations Essaouira 2009 (disponible fin mai) et Beyrouth 2012 (sortie en septembre). Il aurait été dommage de ne pas immortaliser des concerts qui ont marqué les esprits. T.D. Mixatac #1 Bamako Orane/L’autre distribution



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