Zibeline n°63 mai 2013
Zibeline n°63 mai 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°63 de mai 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 12,9 Mo

  • Dans ce numéro : la culture sans artiste, une idéal libéral.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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78 A U PRO GR A M M E A RT S V IS U EL S Le corps du nuage 141)20 vA Pour sa dernière exposition au sein du musée Réattu, Michèle Moutashar explique ses choix et sa démarche singulière de commissaire. Plus proche d’un corps à corps avec les œuvres que de l’intention démonstrative L'oeuvre de Jaume Plensa en cours d'installation- Nuage IV, 2012, acier, 180x122x196cmC. Lorin_Zibeline Zibeline : Quelle a été la genèse de ce projet ? Michèle Moutashar : Cela vient de loin. D’un premier étonnement avec Le Corrège à Parme, plus tard d’une réflexion de Arp à propos de la concrétisation des nuages, ensuite de la rencontre avec Hubert Damisch qui part lui aussi du Corrège pour son livre sur la théorie du nuage. Pourquoi le nuage a-t-il soulevé un tel intérêt ? Il est différent pour le moine taôiste, le berger malien en attente de la pluie, le peintre occidental, mais le nuage touche à l’anthropologie, à la vie quotidienne, la science, l’histoire de l’art. Mais pour toucher au nuage si vous restez dans le ciel vous êtes foutu ! Bien des gens ont essayé de faire une typologie de cet insaisissable mais ça ne marche pas, on ne peut les dépeindre complètement. En Asie le nuage exprime l’énergie vitale. Une des pièces fondamentales au début de l’exposition est une pierre de lettré chinoise façonnée dans les torrents qui en a gardé l’énergie dans ses formes et sert de support de méditation. Arp a montré comment le nuage s’incarne, peut être à portée de main, à portée de hanche, à portée de corps. Le nuage est au-delà des notions d’abstraction et de figuration, totalement sensuel pour ne pas dire sexuel. Dans cet esprit comment avez-vous conçu cette exposition ? Pour moi il y a deux manières de faire des expositions. La première, la plus fréquente : vous avez une théorie et vous allez chercher des œuvres qui confirment votre théorie. C’est la meilleure façon d’empêcher le spectateur d’entrer en contact avec l’œuvre d’art. Pour moi une œuvre d’art est un corps vivant qui parle, le minimum est de pouvoir lui donner la possibilité de s’exprimer. L’autre façon d’exposer est de faire comme les pêcheurs méditerranéens à la palangrotte. Vous avez une sorte de ligne que vous lancez, moi ma ligne c’était Arp et une certaine empathie avec le sujet, les émotions produites par Le Corrège. J’ai constitué Électrons libres Peu d’élus et peu de pièces, De main en main resserre son propos sur la sculpture du XX e siècle dans le Sud autour de 9 artistes et 33 œuvres. Un choix réalisé par Jean-Roch Bouiller, conservateur, chargé de l’art contemporain au MuCEM, pour dire sa conviction : « C’est une histoire d’artistes charismatiques qui ont laissé des empreintes profondes chez ceux qui les ont rencontrés », et son interrogation : « Dessinent-ils, bout à bout, les contours d’une géographie artistique propre à la sculpture ? » Constituent-ils un foyer artistique, rien n’est moins sûr. Mais des filiations apparaissent, des préoccupations communes, des admirations partagées. Plus encore, une indépendance d’esprit. Richard Baquié traça sa route en solitaire, comme Judith Bartolani (superbe sélection de 3 Pte. Fourmi-lion, 1993, 25 x 87 cm, grains de verre fondus sur des grains de sable CIRVA (Marseille) Richard Monnier (Galerie Arlogos Frac Paca) œuvres à la fragilité puissante), tous deux influencés par Toni Grand qui transmit son goût de la liberté à Richard Monnier (ces Sablier réalisés au CIRVA ouvrent une voie de transparence sur sa sculpture en gravier et plâtre Tout tas est-il ôté d’un tout ?) et Arnaud Vasseux, merveilleux observateur de la réaction des un corpus d’œuvres qui sont des bombes d’énergie, qui expriment tout : la notion de métamorphose, de flux continu, d’incarnation. Tout en constituant cela, j’avais en tête ce bâtiment, son paysage : la quantité d’eau qui tourne sous ses fenêtres, le mistral qu’il se prend en pleine figure, la lumière qui est excessive. Réattu y a fait son atelier. Sa chambre des nuages. C’est comme ça que les Chinois désignent l’endroit où ils réfléchissent. L’exposition entière est un nuage moulé par le bâtiment. Nous sommes dans une partition organique où le visiteur en est la clef. C’est lui qui combine tous les éléments d’une façon mouvante. Nous nous éloignons de la part conceptuelle… En mettant le visiteur comme acteur physique et mental vous dépassez les clivages d’érudition. La fréquentation d’une exposition ne peut pas être uniquement intellectuelle. Regardez les tasses à café de Bailly-Maître-Grand, il n’y a pas plus trivial et plus existentiel. PROPOS RECUEILLIS PAR CLAUDE LORIN Nuage jusqu’au 31 octobre Musée Réattu, Arles 04 90 49 37 58 www.museereattu.arles.fr matériaux qu’il assemble (résine, encre, plâtre). Natif de Briançon, professeur à Nice, aujourd’hui Marseillais, Dominique Angel est insaisissable, même si sa Pièce supplémentaire le met en scène piégé par la glaise, sculpture éphémère que l’on appréhende à travers la trace photographique… Des œuvres mises en perspective avec celles d’André Masson, César et Germaine Richier qui leur ouvrirent une voie royale. M.G.-G. De main en main jusqu’au 9 juin Galerie d’art du Conseil général, Aix Catalogue, éd. SilvanaEditorial, 22 € 04 13 31 50 70 www.culture-13.fr
I Un cru gouleyant Les chiffres sont éloquents et les artistes loquaces : le Sm’art est une réussite ! Ce ne sont pas les 20 000 personnes qui ont flâné au Parc Jourdan qui le démentiront : 30% de hausse de fréquentation depuis son implantation en centre ville, sans compter l’augmentation des ventes de 10% par rapport à 2012. Ces chiffres record n’étonnent pas Christiane Michel, créatrice et commissaire du Sm’art. « Je fais tous les salons d’art et je sais que depuis une dizaine d’années le métier de galeriste est en zone de turbulences. Celles qui ont plus de 25 ans ont des artistes connus, mais pas les autres… À raison de 58 000 professionnels inscrits à la Maison des artistes, il est clair qu’il y a un déséquilibre ! Beaucoup de gens de talent ne savent pas où présenter leurs œuvres. » Quant aux salons de décoration qui flirtent avec l’art contemporain, ils feraient fausse route : « Ce n’est pas la même démarche. Les gens veulent rencontrer des artistes et non pas des décorateurs. » Au Sm’art, impossible de ne pas les voir devant leur tente blanche munis de pressbook, de catalogues, de cartes de visite et d’un large sourire. Car s’il y a compétition, il y a « une belle coopération et une vraie émulation ». Sourski, installée à Auriol, a participé au salon l’an dernier Sourski dans son atelier au Sm'art, mai 2013 MGG/Zibeline avec l’Art-Gallery Laramée et revient en nom propre : « Quand on fait un salon, il faut persévérer pour que le public s’habitue à votre travail, pour transformer les coups de cœur en désir d’achat. Je participe au SIAC à Sourski dans son atelier au Sm'art, mai 2013 MGG/Zibeline Marseille depuis 3 ans, j’expose dans les jardins d’Albertas pour les Journées des plantes. Depuis 12 ans que je me consacre à la sculpture, c’est comme si je jetais des bouteilles à la mer… aujourd’hui je suis ravie des ventes et des contacts. » Même enthousiasme de l’association La Bourguette qui lutte contre l’autisme et présente les œuvres de Chantal et Frédéric réalisées dans les ateliers ferronnerie et céramique. Avec 15 pièces vendues, dont 3 mini David, répliques de la sculpture du Parc de Bagatelle à la mairie du 8 e de Marseille, c’est toute la motivation des équipes et des patients qui est boostée. Pour sa première participation, le sculpteur seynois Mimi est positif : « Avec les ventes je couvre mes frais et le potentiel dans l’avenir est intéressant. C’est un bon investissement. Après le SIAC, j’ai retrouvé des collectionneurs fidèles. » Il faut dire que même installées au fond d’une allée, ses sculptures monumentales en résine noire et blanche respirent à pleins poumons à l’orée de la canopée. M.G.-G. Le Sm’art s’est déroulé à Aix-en-Provence du 2 au 6 mai 79 A U PRO GR A M M E A RT Animaux au bestiaire À Istres et sur le territoire Ouest-Provence Animal Paradise nous emmène à la rencontre d’un bestiaire peu commun où Darwin aurait du mal à reconnaitre une généalogie… a Noé œuvra sur ordre pour recréer un paradis. De l’éden à l’enfer nombre d’artistes n’ont pas attendu qu’on leur montre un chemin pour emprunter d’autres voies. Animal Paradise, en convoquant les bons et mauvais genres, déployé en divers lieux istréens et villes partenaires (Œuvres en mouvement), montre comment des artistes -une trentaine dont la moitié sont des femmes, pour ça aussi ça nous plaît ! - s’emparent de la figure animal dans des dispositifs signifiants complexes et inattendus. Après l’installation historique de Gloria Friedmannou I’m an animal de Myriam Méchita, une des pièces les plus signifiantes avec Farmset pigs de Pascal Bernier, la mythologie animale se décline sous de multiples tournures. Animal naturalisé, hybride (Grünfeld, Gagliardi), trophée, robotisé (Cadet, Blanchard), squelettique/Mickey (Rubinstein) ou sublimé/or (Zanca), pop (Jabbour,Ciavaldini), pseudo scientifique (Duchêne), renouvelant la tradition du dessin (Otero Torres), en paradis exotique (Ghelloussi), absent/présent (Castell)… Sans pour autant l'm an animal too, Myriam Mechita, 2010/2013C. Lorin/Zibeline confiner les œuvres dans des catégories commodes, l’animalité s’expose en postures incongrues, inquiétantes ou désenchantées comptant que le visiteur saura construire sa part d’appropriation dans cette arche fantastique où en filigrane une autre part de l’Homme est donnée à voir avec ses résonnances actuelles. Le travail entamé voici deux ans par Catherine Soria et l’équipe de la POPARTs se confirme tant par l’approche conceptuelle que par le choix des œuvres sans craindre le grand public ni les ouvertures plus pointues. Seul bémol, le bâtiment dont on rappelle les limites. Conférences, visites nature, évènements ponctuent la programmation. CLAUDE LORIN Animal Paradise jusqu’au 12 octobre Poparts, Centre d’Art Contemporain Intercommunal Istres et autres lieux 04 42 55 17 10 www.ouestprovence.fr S V IS U EL S



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