Zibeline n°63 mai 2013
Zibeline n°63 mai 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°63 de mai 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 12,9 Mo

  • Dans ce numéro : la culture sans artiste, une idéal libéral.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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48 M US I Q U E Entre l’ancien et le nouveau iti De manière atypique se dessinait la formation de l’Ensemble Les Voix animées, pour l’interprétation du deuxième volet de la trilogie du cycle Entre terre et mer, Gaudeamus : une soprano, deux contre-ténors, deux ténors, un baryton, Luc Coadou, également à la direction musicale. Le programme s’orchestre autour de la Missa « Viri Galilaei » de Palestrina, à la jointure entre la Renaissance et le baroque. Viennent s’intercaler des motets de Josquin des Prés et de Tomas Luis de Victoria, tous deux ayant appartenu comme l’illustre maître à la Chapelle Pontificale. Les pièces s’appuient sur l’assise de la basse, s’élèvent en cathédrales, sonnent en cloches victorieuses, recherchent la plénitude, s’emportent en un langoureux vertige. Les lumières du soir ocrent les murs de l’abside, les chants des oiseaux répondent aux chanteurs. Les voix superbes se glissent avec aisance dans ce répertoire, cisèlent les phrases musicales, sculptent la matière, définissent de nouveaux et subtils équilibres. Par trois fois, en nappes sonores aériennes, juste appuyées par une pulsation monocorde, le motet Sicut cervus de Dimitri Tchesnokov (commande des Voix animées) auquel en bis répondra en écho lointain le Sicut cervus de Palestrina. Dimitri Tchesnokov, particulièrement heureux de pouvoir écrire pour un tel chœur -deux autres motets accompagneront bientôt Les voix animees, Gaudeamus, abbaye du Thoronet Bernard Vansteenberghe ce concert-, a écrit, explique-t-il, ce motet avec le soutien de la SACEM, spécialement pour ces voix et le cadre acoustique de l’abbaye du Thoronet. La qualité du silence qui laisse résonner les dernières harmoniques, suffit à en dire la réussite. MARYVONNE COLOMBANI Le concert a été donné le 14 avril à l’Abbaye du Thoronet À venir « Music Divine » le 11 mai Eglise de l’Immaculée Conception, Toulon le 12 mai Abbaye du Thoronet 06 51 63 51 65 www.lesvoixanimees.com Marseille baroque 0 En cette année capitale, Jean-Marc Aymes et l’ensemble Concerto Soave, nous emmènent de Naples à Marseille, à la découverte de musiciens méconnus. Marseille comptait de nombreux maîtres de chapelle de talent aux XVII e et XVIII e siècles ! Le napolitain Pergolesi est le seul compositeur référent du concert, rendu immortel par le Stabat Mater, écrit juste avant sa mort à… 29 ans ! Dans son sublime Salve Regina, la voix de Maria-Cristina Kiehr se fond dans le legato des cordes, avec une magnifique montée chromatique... Les surprises commencent avec l’Ouverture de l’opéra Andromaque de Leonardo Leo, rappelant l’énergie des opéras italiens. L’ensemble (10 cordes, basson, clavecin) imprime de belles envolées. On se pose alors dans la cité phocéenne pour se délecter du Dies Irae d’Alexandre Louët, né à l’angle de la rue Grignan et de la rue Paradis en 1743 ! La soprano dévoile son art parfait du style baroque : vocalises, longues tenues, sons enflés, relâchés. L’esprit du concerto grosso est très présent ; les musiciens s’en donnent à cœur joie, dans un jeu de questionsréponses jubilatoire, prouvant que les voyages étaient incessants entre Marseille et l’Italie. On pense à Corelli, Vivaldi, ou Gluck et Bach. De Chalabreuil on ne sait pratiquement rien, mais son Exultate Deo a tout le charme du motet à la française, avec alternance de vocalises et de phrases plus déclamées. Une Sonate, brillante et dansante, de Pierre-Gabriel Buffardin, virtuose et pédagogue hors pair de la flûte, complète ce riche programme, qui permet de redécouvrir le génie de ces compositeurs provençaux oubliés, fussent-il de répertoire ! YVES BERGÉ Ce concert a eu lieu le 27 avril dans le cadre du Festival de musique sacrée de Marseille Concerto soave Yves Bergé Des flûtes pour des violons L’ensemble des Festes d’Orphée, spécialisé dans le répertoire baroque, s’est amusé à décliner les flûtes dans son dernier concert, Flûtes en fête, de la ténor à la « sopranino ». Le programme très éclectique musarde entre les auteurs baroques. Le Concerto IV de Schickhardt dont l’allegro aurait pu servir d’indicatif pour l’ancienne ORTF, laisse la Canzoni francese de Frescobaldi accorder à la partie de la viole de gambe une indépendance visà-vis des flûtes qu’elle ne faisait que soutenir précédemment. Boismortier apporte une construction plus complexe dans un style fleuri et narratif ; Pachelbel reste très sage avec ses variations de flûtes en canon sur l’ostinato de la viole de gambe. Michel Corrette ouvre la deuxième partie la plaçant dans le registre mutin et léger, avec le Concerto comique La servante au bon tabac où chacun reconnaît l’air de la comptine. L’entrain du morceau fait passer les curieux frottements du Concerto a quatro de Telemann, transcrit pour quatre flûtes. La Fantazia de Purcell guide alors les auditeurs dans un univers étrange, travail de demandes et réponses, échos, auxquels succède l’écriture lumineuse de Vivaldi dans son Concerto pour quatre violons transcrit pour flûtes et basse continue. Le bis quitte totalement ces univers pour une œuvre « retrouvée par John Towner Williams », dixit en souriant Guy Laurent. Il s’agit du thème d’Indiana Jones qui achève ce concert sinon dans la création du moins dans la bonne humeur. M.C. L’Ensemble des Festes d’Orphée s’est produit le 30 avril à la Chapelle des Oblats, Aix
Premiers de cordées Juste après qu’on a assisté à quelques concerts de musique de chambre dans la (trop) grande salle du GTP lors du Festival de Pâques à Aix, on se retrouve le 9 avril à l’Auditorium de la Timone, dans des conditions optimales d’écoute et de vision, pour le dernier récital de la saison 2012-2013 de la Société de Musique de Chambre de Marseille (SMCM). On y réentend le Quatuor Modigliani, toujours jeune ensemble qui s’invite à la Faculté Médecine pour la 5 e fois… en à peine dix ans ! De fait, ces quatre garçons surdoués, dont le parcours commun est époustouflant, ont commencé à jouer ensemble en 2003 : ils soufflent dix bougies musicales en notre compagnie. On loue, par ailleurs, le « flair » de l’équipe de Bernard Camau l’intimant à découvrir, avant tout le monde, de jeunes talents ! Dans la salle palissée de bois, près de 500 personnes apprécient l’acoustique nette du lieu comme la proximité avec les artistes. Si les quatre instruments italiens des XVII e et XVIII e siècles mettent un temps avant de trouver leur plein régime, justesse, cohésion, pâte sonore dans l’Opus 50 n°1 de Haydn ou l’ultime Quatuor n°16 de Beethoven, et de fulgurants moments de grâce inventive, les Modigliani recouvrent la hauteur de leur (déjà grand) renom dans Ravel. Ils nous embarquent dans la sonorité soyeuse, féerique et colorée, pointilliste et expressive du génial Quatuor en fa qui rythma les images d’Un cœur en hiver de Sautet. La prochaine saison Placée sous le signe de la jeunesse, d’octobre 2013 à avril 2014, le programme s’appuie sur de jeunes artistes récemment et brillamment primés à Bordeaux, Vienne, Pékin, Genève, New York comme les quatre filles du Quatuor Zaïde ou, canadiennes, celles du Cecilia String Quartet pour une étape dans leur tournée européenne, les cordes mixtes du Quatuor Hermès ou la belle pianiste russe Natasha Paremsky. En duos, on retrouve Lise Berthaud (alto) et Adam Laloum, Julian Steckel (violoncelle) et Paul Rivinius (piano), Nurit Stark (violon) et Cédric Pescia (piano), en trio enfin Liana Gourdjia (violon), Marc Coppey (violoncelle) et Peter Paul (piano). Traditionnellement, la SMCM accueille la Biennale Internationale de Quintette à Vent pour une belle affiche de Dixtuors. JACQUES FRESCHEL Devenir adhérent : Espace Culture 04 96 11 04 60 Par courrier : Société de Musique de Chambre de Marseille, 21 Bd Haguenau, 6 allée Ste Colombe 13012 Marseille - smcm@laposte.net www.musiquedechambremarseille.org Quatuor Modigliani Andrew French Abdel Rahman el Bacha Mitsuta Abdel Rahman « le Pacha » Ce n’est pas Le Vaisseau fantôme que dirige Fabrizio Maria Carminatiau Silo le 12 avril ! De fait, dans la vaste nef de l’ancien magasin à grain transmuté en salle de concert, l’Orchestre de Philharmonique de Marseille possède un bien « Capitaine », bondissant, électrique… C’est Wagner, cependant qu’il conduit à la baguette, Ouvertures des Maîtres Chanteurs de Nuremberg et de Tannhäuser : on les voudrait plus augustes, célestes quand on les trouve militaires, pompières, grossières... Avec le chef italien, c’est un peu « Chico » qui s’introduit au Venusberg ! Alors on ferme les yeux, car on se dit que la vue brouille parfois l’entendement… et l’orchestre joue bien, sans faille, ni accroc. Il aurait sans doute mérité une plus grande hauteur de vue, échelle de nuances dans l’équilibre des pupitres, un dessin plus précis des traits instrumentaux dans les tutti… Aussi, quand il attaque la longue introduction orchestrale du 1er Concerto de Brahms, tranchante comme une hache… on prend peur ! Mais, ouf, le Silo trouve son « Pacha » ! Dès les premières mesures du piano, Abdel Rahman el Bacha impose son tempo, son style, sa vision détachée, puissante et articulée. Il marie le souffle romantique au lyrisme mystique, tire à lui l’orchestre, impose une écoute mutuelle, oscille entre la fusion et le combat, détaille… On renoue avec l’essentiel : la justesse du ton et l’émotion ! JACQUES FRESCHEL 49 M US I Q U E



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