Zibeline n°63 mai 2013
Zibeline n°63 mai 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°63 de mai 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 12,9 Mo

  • Dans ce numéro : la culture sans artiste, une idéal libéral.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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42 D A N SE Nuits câlines Angelin Preljocaj voulait avec ses Nuits écrire un chant de gloire à Shéhérazade, femme suprême qui peuple les nuits de son Sultan tyran et gagne le droit de vivre de ses récits essoufflants. Cela commence au harem, entre femmes lascives, se poursuit par un bal de virils guerriers, se peuple d’oppression, puis peu à peu l’érotisme s’installe, torride, offrant de magnifiques duos, Le sport est une danse comme les autres e explorant des déhanchements et des gestes de bras empruntés aux danses orientales, un tableau fort sur This is a man’s world, un autre ironique inspiré du générique d’un James Bond… Puis le propos se délite dans une succession de moments portés par des interprètes sublimes, mais émaillée de trop peu de contrastes pour qu’un certain ennui ne s’installe pas, malgré une 4, Quand Frédéric Flamand conçoit une création pour l’espace public, il ne le fait pas à moitié. Au contraire, il offre plus ! Tous les danseurs du BNM plus ceux de la classe d’insertion, un dispositif scénographique impressionnant, pléthore de costumes… et un allant réjouissant ! De quoi est-il question dans Sport fiction ? de célébrer le mouvement et son pouvoir d’évocation. À la manière d’une revue, par une succession de numéro, les danseurs donnent à voir chaque sport, avec jubilation ! Du foot à la boxe, du vélo au tennis, de la natation au saut à la perche… avec de légers décalages pour surprendre le regard : les footballeurs s’attachent à des barres horizontales de babyfoot, des femmes boxent, les escrimeurs rencontrent des ballerines… Les katas de judo, un ballet d’hommes d’affaires, des patineurs et des gymnastes évoquent une esthétique du sport proche des recherches chorégraphiques : on voit la danse de chaque discipline, avec un côté suranné années 30, des tenniswomen qui ressemblent à Olive de Popeye, des projections d’archives sportives de tous les temps surtout anciens, et d’ingénieuses Agnès Mellon scénographie de lumière subtile. La sensualité se désincarne en dépit de la beauté des corps, jusqu’aux deux derniers tableaux qui se centrent enfin sur le propos qui semblait essentiel : une Shéhérazade multipliée dompte l’homme en l’enrobant des effluves de son narguilé comme celle des Mille et une nuits remportait son combat par le charme de ses récits ; puis elle passe à travers les grilles de sa prison, libérée par le Sultan qui la laisse vivre au terme du combat des sens et de l’esprit. On renoue alors, enfin, avec l’exceptionnelle inventivité du chorégraphe. Avant cela sa danse reste techniquement parfaite mais ses Nuits mériteraient d’être resserrées, et leur propos plus lisible : car l’érotisme n’y semble ni franchement vaincu, ni vraiment triomphant. Parce que la douleur n’y est pas aussi sensible que dans Liqueurs de chair ? AGNÈS FRESCHEL Les Nuits ont été crées au GTP, Aix, les 29 et 30 avril allusions, sans ralentis ni saccades, aux décompositions du mouvement de Muybridge. La musique, répétitive américaine (John Adams), mais aussi extraite de cartoons ou des films de Tati, sonne à la fois symphonique et simple, alerte, burlesque comme cette célébration de l’épopée sportive, qui évite soigneusement ses tragédies et ambiguïtés, pour rechercher leurs esthétiques. Leurs danses ? AGNÈS FRESCHEL Sport fiction a été créé à la gare Saint Charles, Marseille, les 10 et 11 avril dans le cadre de la Folle histoire des arts de la rue Agnès Mellon Deuxième étape de Constellations à Toulon, KKI au musée d'art MGG - Zibeline De haut en bas Au premier jour Kubilai Khan Investigations prit de l’altitude pour déplacer danses et performances au sommet du Mont Faron à Toulon. Un parcours avec haltes inédites et galaxies sonores… Le lendemain KKI trouvait de belles résonances avec l’espace de la ville pris « comme un terrain de jeu », où les formes hybrides conçues par Franck Micheletti induisaient « des rapports moins conventionnels qu’au théâtre, au plus près de la danse et des artistes ». Comme dans les salles vides du Musée d’art propices aux investigations spatiales des danseurs aux prises avec le chambranle d’une porte, une tablechevalet recouverte de coulures ou une bicyclette maniée par Camille Chatelain dont on découvrira à la Cave de Lilith les talents de chanteuse. Ce fut l’occasion d’une belle révélation : en costume blanc et chemise noire, le jeune chorégraphe-danseur Simon Tanguy offrit un solo époustouflant, tout en énergie démesurée. Tel un cabri dans l’arène il entra dans une sorte de fureur de danser et de déclamer, soufflant, hennissant presque ! Après une halte chez Contrebandes, la procession s’élança jusqu’à la galerie Axolotl où Franck Micheletti et le clarinettiste Benoit Bottex improvisèrent un duo frénétique, avant de s’enfoncer dans d’autres mondes sonores à l’Arbre à Bulles. Au troisième jour Constellations bouclait sa trajectoire au niveau zéro de la mer, transformant les jardins de la Tour royale en scène à ciel ouvert : une manière de prendre la large… MARIE GODFRIN-GUIDICELLI Constellations s’est déroulé les 9, 10 et 11 mai à Toulon
Persistance de la lumière Comme dans un tableau surréaliste la scène présente trois espaces autonomes en écho délivrant chacun un fragment, un éclat de la puissante « méditation sur l’éternité » qu’a voulue Michel Kelemenis avec la création de Siwa (lieu mythique où Alexandre le grand a eu la révélation de son caractère divin) : le quatuor Tana interprète dans l’ombre du lointain Debussy et Yves Chauris ; les quatre danseurs hommes occupent le cœur du plateau, oasis minérale malicieusement convoquée par quelques verres d’eau, sous un ciel déchiré par le soleil double à la course à peine perceptible de la vidéo de SteeveCalvo. Ambitieux, le projet chorégraphique livre une danse sagement virile : la vie et la mort, l’attirance et la rupture, la solidarité… les interprètes se guettent, se cherchent, s’ébauchent en se frôlant ; contacts, reptations, jeux à trois contre ou pour un ; grave mais pas trop : ça se déhanche, ça fait la statue et le haut-relief, ça offre un bouquet de visages au projecteur (Jean Bastien Nehr au zénith) et ça fait la nique à la musique qui ne s’en porte que mieux. Le quatuor Tana paisiblement, libère Debussy de ses miroitements franchement impressionnistes et laisse vivre entre les mouvements de l’œuvre en sol(eil) mineur, mélodique et expressive, les pizzicati, les raclements à sec et les stridences rêches des cordes du Paysage emprunté que le jeune compositeur Yves Chauris a écrit pour accompagner l’œuvre Agnès Mellon scénique avec une grande intelligence de l’univers mental du chorégraphe. Beau travail de correspondances ! MARIE JO DHO 1 a SIWA, pour quatre hommes et quatuor (dont deux femmes) a été donné le 4 mai au théâtre de la Criée, Marseille, dans le cadre du Festival du GMEM (voir p 47) 43 D A N SE Osez le Hip rock ! Médaillé d’or en Modern Jazz, élève de la Rosella Hightower à Cannes, formé en danse contemporaine à New York, Hamid Ben Mahi est un ovni du hip hop. Cette large palette lui a permis d’entreprendre un travail de recherche dont il est l’initiateur, et de rapprocher le hip hop de la danse contemporaine. Mais ici il va jusqu’au rock ! Sans dénaturer les mouvements désarticulés et les acrobaties performatives du hip hop, le chorégraphe offre au public une nouvelle vision de la danse urbaine, qui détache le hip hop du rap et l’apparente aux révoltes du rock. Sur scène, ce sont les anciens musiciens d’Alain Bashung, Yan Péchin à la guitare et Bobby Jocky à la basse, qui revisitent considérablement les airs de la figure de proue du rock français. Une base sonore qui rythme les pas des danseurs vêtus de jeans et de vestes en peau. On pense aux habits de bison des apaches. Ils forment comme eux une tribu marginalisée, semblent égarés dans ce décor de garage automobile délabré, qui rappelle ce mouvement musical des années 60, précurseur du punk rock, intitulé « garage rock ». Ainsi, ces danseurs évoluent dans un univers atypique en apparence éloigné du leur. Cependant, au fil des tableaux, les individus sont traversés par ces sentiments universels que sont l’amour, la mélancolie, la colère et parfois la folie. Qui sont les mêmes pour les enfants du rock et du rap ? ANNE-LYSE RENAUT Apache a été donné le 3 mai au théâtre de Fos Laurent Philippe Repulsion Dieter Hartwig Hip H(electr)op o Dans ce spectacle en deux parties, le compositeur, vidéaste et chorégraphe Hiroaki Umeda s’interroge sur les interactions entre le réel et le virtuel. La première partie intitulée Duo est en fait un solo dans lequel le danseur se retrouve à côté de son double numérique. Les nouvelles performances technologiques permettent à cet hologramme de se dédoubler, se brouiller et parfois même de se zoomer. Le duo semble difficile à mettre en place face à ce double aux « superpouvoirs ». Mais c’est sans compter sur le talent de danseur désarticulé d’Umeda, qui grâce à sa connaissance du geste et des technologies numériques réussit à transporter le spectateur dans cet univers singulier en double dimension mi-numérique/mi-humaine, ou les avatars contaminent le mouvement des corps. La musique électronique est le fil continu de ce spectacle. On la retrouve dans la deuxième partie avec une pièce d’ensemble composée de trois danseurs hip hop. 2.repulsion met en avant la mécanisation du corps. L’ondulation des corps de ces danseurs hors pair suit avec précision les vibrations violentes de la musique. Comme si des ondes sonores virtuelles les traversaient. Ils ne se regardent cependant pas et seule leur association permettra de maîtriser cette énergie. À travers ces deux chorégraphies expérimentales, Hiroaki Umeda bouleverse les codes habituels du hip hop. En l’associant à une musique électrisante et saccadée, procédant par flux, il invente une esthétique aussi complexe qu’élégante grâce au rapport harmonieux ou conflictuel qu’il établit entre corps urbains et nouvelles technologies. A-L.R. 2.repulsion/Duo a eu lieu les 11 et 12 avril à l’Odéon, Nîmes



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