Zibeline n°63 mai 2013
Zibeline n°63 mai 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°63 de mai 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 12,9 Mo

  • Dans ce numéro : la culture sans artiste, une idéal libéral.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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36 T H É Â TR E Trois pour neuf, mais… Ils sont dynamiques, vifs, drôles, et trois seulement pour jouer les neuf personnages du Misanthrope. La troupe du Cartoun Sardine Théâtre s’en donne à cœur joie dans cette interprétation. L’idée Célébrer l’esprit de troupe L’amour du théâtre est une chose rare, y compris chez les metteurs en scène. Charles Eric Petit et ses comédiens aiment le texte, le jeu, jusqu’à plonger dans le répertoire shakespearien pour y trouver des choses à dire sur notre monde. Sans le bousculer, en y ajoutant aux marges un cadre qui reflète leur vie d’aujourd’hui. Car le Songe d’une nuit d’été est une pièce sur le théâtre, et sur le couple. Les Individus (c’est ainsi que la compagnie se nomme) emmenés par Charles Eric Petit mettent en abyme la pièce de Shakespeare pour y parler d’une troupe d’aujourd’hui, désargentée et enthousiaste, traversée d’ego, de désirs et de passions. Dans un décor en ruine faits de portants et de costumes récupérés çà et là ils trouvent le matériau pour jouer les couples de la comédie, les rois et les dieux qui se divertissent du destin des hommes, les citoyens et les artisans qui les subissent mais parviennent à garder leur route en dépit des consignes, manipulations et ratages des instances supérieures. Et les comédiens-personnages s’amusent, adoptant le ton parfois philosophique du texte, tournant gentiment en dérision sa pompe, rendant sensible sa magie à deux balles, glissant de mise en abyme en linéarité, fabriquant au passage de très jolies images dans des cadres, puis plongeant sans hésitation dans le comique le plus farcesque, têtes d’ânes et chassés-croisées, parodie de théâtre élégiaque par des artisans qui sursignifient la lune ou le lion. Tous les comédiens sont justes, mesurés ou déchainés lorsqu’il le faut, incarnant sans hésitation l’émotion ou la distance, la violence des désirs et la versatilité dérisoire des sentiments. Une troupe et un spectacle qui devraient avoir un bel avenir, si les programmateurs et les subventionneurs aimaient encore, un tant soit peu, le théâtre. AGNÈS FRESCHEL Le Songe d’une nuit d’été a été créé au théâtre Gyptis, Marseille, du 9 au 13 avril Mathieu Bonfils X-D.R RML est originale, les effets comiques bien venus, les gens rient beaucoup aux facéties des petits marquis, d’Oronte, poète amateur et surfait, des minauderies de Célimène. Tout ce qui correspond à la superficialité de la vie de cour est rendu avec brio. L’escarpolette de la coquette renvoie à une Véronique qui ne se laisse pas cueillir… mais… comme dans la scène des portraits bien trop écourtée : à cet allant de commedia dell’arte, et l’indéniable complicité avec le public, manquent profondeur et nuances. L’atrabilaire amoureux a davantage d’épaisseur que celle qui lui est ici accordée. Les aveuglements du rigoriste Alceste, son intransigeance, sa volonté héroïque d’absolu dans un Compassion ou torture ? La première mise en scène de Vincent Franchi est une surprise de taille : l’assistant de Renaud Marie Leblanc est jeune, et s’attaquer ainsi à une pièce récente de Lars Noren, complexe et rude, dénote un courage certain… La justesse de la mise en œuvre confirme une maturité peu commune. Se déroulant dans un lieu ambigu -est-on dans une prison, un hôpital psychiatrique, un espace mental, une chambre, un bureau ? – Acte repose sur des incohérences psychologiques et des anachronismes constants qui déroutent, interdisent aux acteurs de se réfugier dans une incarnation facile, et les oblige pourtant à trouver des ressorts, une identité, à leurs personnages. Lui se prétend médecin, mais est-il un psychiatre, un tortionnaire, un policier ? Elle, une terroriste allemande des années 70, semble pourtant se battre comme une résistante contre un nazisme sous jacent… Le texte roule, assume ses ambigüités sans les résoudre, plongeant les deux personnages dans un huis clos où ils se dévoilent, se livrent, s’épaulent, se révoltent et se désirent même monde où la frivolité l’emporte, les nuances chères à Philinte, qui sait rester droit tout en sachant moduler ses attitudes avec tact, la finesse d’Éliante, qui analyse avec justesse la cristallisation de l’amour d’Alceste pour Célimène, sont gommés ; de trop nombreux passages sont supprimés. Aussi, l’étonnante gravité de la pièce malgré son appellation de comédie qui avait déjà surpris les spectateurs du XVIIe, est absente cruellement. La conscience douloureuse de cet « ennemi du genre humain » est sacrifiée au seul profit des effets comiques de ses excès. MARYVONNE COLOMBANI Le Misanthrope a été joué le 3 mai au Toursky, Marseille parfois, avec dégoût. Vincent Franchi met en scène ses acteurs dans un espace neutre dont la lumière évolue patiemment, avec des envolées de dialogues troués de silences, des changements de ton injustifiés et pertinents. La tâche pour les jeunes acteurs, incarnant des personnages plus âgés, est énorme, et ils sont un peu frêles pour ces rôles écrasants, marchant dans le bon sens et au bon rythme mais pas toujours justes s’ils sont souvent touchants. Quoi qu’il en soit, le travail de cette compagnie toulonnaise est remarquable d’intelligence dramatique, interrogeant notre rapport à la révolte, au remords et à la culpabilité peut être, à la soumission et à la terreur sûrement. Le texte demeure brut et lourd comme un bloc de granit, on voudrait le relire et revoir encore, tant son jeu avec le réalisme dramatique reste intrigant. AGNÈS FRESCHEL La Cie la Souricière a joué Acte de Lars Noren du 16 au 27 avril au Théâtre de Lenche, Marseille
Artaud Tunisien On le compare à Gide, Rimbaud, Artaud, et pourtant Mnaouar Smadah, né à Nefta, la perle du Djerid en 1931 et disparu un 28 décembre 1998, poète, luthiste, écrivain, journaliste, compositeur, responsable de la qualité des paroles pour les chansons à la radio tunisienne, producteur à la radio algérienne, est bien peu connu des publics hors de la Tunisie. La Compagnie Alzhar s’attache à rendre à un plus large public ce « pilier de la culture tunisienne » dont on ne trouve aucune traduction, explique Jeanne Poitevin, metteur en scène de Affaires et peines. « Un livre comprenant les poèmes traduits pour le spectacle est en cours d’élaboration et verra le jour probablement l’an prochain », nous assure-t-elle. Son travail, créé lors du festival de poésie Les voix de la Méditerranée en 2011, s’inscrit dans la continuité de ceux initiés en Tunisie, depuis sept ans, riches de questionnement sur le devenir des relations nord/sud, des espoirs suscités par la révolution, et la volonté d’un réel partage culturel. Symbole de cette ambition, le choix des deux acteurs qui interprètent les textes de Mnaouar Smadah, issus des deux rives, Maxime Carasso qui lit d’abord les poèmes en français, Heykel Mani, qui les interprète ensuite en arabe. Le sens est donné, puis on se plaît à le conjuguer aux sonorités du texte arabe : douceur des syllabes, échos de voyelles semblables, âpreté de certains accents, passion première du conteur qui s’emporte. « C’est le désert qui s’éveille au vent » pour un poète qui affirmait « dans la terre des douleurs, je me suis exilé ». MARYVONNE COLOMBANI Affaires et peines a été joué le 18 avril au Hang’Art à Gardanne Thierry Mondet « T’as joué, t’as perdu ! » La nouvelle création de Serge Barbuscia, Droit dans le mur, s’organise à partir de l’idée cocasse -et juteuse- de métamorphoser l’ancienne prison avignonnaise Sainte-Anne en hôtel 5 étoiles. Une actualité locale à rebondissement que le metteur en scène ouvre à la question universelle du vivre-ensemble. En convoquant poésie, chansons engagées et humour, il continue d’interroger la condition humaine et prend position contre l’exclusion (la Fondation Abbé Pierre soutient le projet). La pièce intercale dans un aller-retour entre fiction et réel une mosaïque littéraire (Michaux, Baudelaire, Aragon, Guéno), la voix et la colère de l’Abbé Pierre, Coluche, Ferré, et des témoignages vidéo des visiteurs de cette prison insalubre qui vivrait « un conte de fée en devenant un palace dédié au bonheur ». Les trois comédiens, impliqués dans le refus de l’amnésie, « sinon, on va droit dans le mur », tentent d’abattre les murs du silence, volent sur le mythe d’Icare, se cognent aux diagonales labyrinthiques de l’enfermement. La vie ne serait-elle qu’une grande partie de Monopoly, sans pitié pour les perdants ? La faillite ou le pactole, aller direct pour la prison ou éternel retour à la case départ. Est-ce ainsi que les hommes vivent ? DELPHINE MICHELANGELI Droit dans le mur s’est joué les 13 et 14 avril au théâtre du Balcon à Avignon, en avant-première le 9 avril au Toursky à Marseille, dans le cadre du Rapport au mal-logement 2013 Murmures et cascades o Alexandra Tobelaim aime à travailler sur les histoires ordinaires, qu’elle pêche ici et là, dans les transcriptions du réel. Villa Olga est écrit à partir de faits divers de la Côte d’Azur, sa Seconde surprise de l’amour frotte Marivaux avec les confessions impudiques de Sophie Calle, et Italie Brésil prend naissance dans un match culte. Pour débuter une longue association avec le théâtre de la Minoterie (voir p 6) elle a conçu une semaine d’événements de rue près de la Joliette. Avec sa bande de comédiens, elle a donné à entendre dans des situations spatiales inattendues, au creux d’un confessionnal de papier ou sous une cascades de mots, des histoires vraies plus invraisemblables que les scenarii les plus délirants. Un américain à la double vie qui a tué A.F sa famille puis en a fondé une autre ; une vieille dame qui met un voleur en fuite… sursaut d’horreur ou de dignité qui ont occupé un temps la conscience commune, et sont ou non restés dans les mémoires. Des Faits divers à partager à nouveau l’aprèsmidi dans le quartier de la Joliette du 21 au 24 mai. On pourra retrouver également la cie Tandaim le 1er juin dans Le mois du Chrysanthème (voir Zib’57) lors du Festival Chaud Dehors à Aubagne (voir p 9) et dans le savoureux Italie Brésil au théâtre de Fontblanche, Vitrolles, le 14 juin. A.F. Les Faits divers se sont déroulés du 23 au 27 avril aux ABD Gaston Defferre 37 T H É Â TR E



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