Zibeline n°63 mai 2013
Zibeline n°63 mai 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°63 de mai 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 12,9 Mo

  • Dans ce numéro : la culture sans artiste, une idéal libéral.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Le premier temps de la capitale culturelle a su rassembler les foules, proposer des formes contemporaines, et de singulières surprises. Même si la satiété esthétique ou intellectuelle ne fut pas toujours au rendez-vous. En sera-t-il de même pour le second épisode, qui s’annonce encore plus fort ? De Cézanne à Matisse : 22 I M P2 notre identité culturelle ? 0 1 3 Assurément, cela va être une grande exposition : tout le monde l’attend, ces peintres-là sont les préférés des Français et des touristes qui viennent en France. Le Palais Longchamp et le Musée Granet, chacun dans son genre, sont des lieux magnifiques, rénovés, tout à fait prêts à accueillir une grande exposition internationale, tant au niveau de la sécurité des œuvres que de la circulation des publics. Cela fait longtemps que l’on attend un vrai musée des beaux arts à Marseille, et une fois encore la capitale culturelle a permis l’équipement d’un lieu indispensable. Bref tout est réuni pour que Le Grand Atelier du Midi soit le climax, en termes de fréquentation, d’une année culturelle qui réunit les foules. On peut cependant s’interroger sur l’insistance de Jean-Claude Gaudin, lors de la conférence de presse organisée à Paris, à présenter cette exposition comme « le véritable début de la Capitale. » La Mairie de Marseille soutient pourtant ses artistes et la création. Pourquoi présenter ainsi cette exposition qui, si elle ravit le secteur du tourisme, et va permettre à chacun d’approcher un patrimoine inégalé pour au plus 19 euros (billet couplé plein tarif), ne crée aucune richesse culturelle, et dépense un budget colossal (non communiqué) en assurances, frais de transports, et locations d’œuvres ? Au plus jette-t-elle des ponts inédits entre des œuvres et des courants, comme le font l’expo Rodin à Arles ou Picasso à Aubagne : pour magnifiques qu’elles soient, ces expositions ne peuvent s’annoncer comme les événements primordiaux d’une Capitale qui veut avant tout fabriquer de la culture. Où est aujourd’hui l’atelier du midi qui permettra de léguer un patrimoine à nos enfants ? Un événement exceptionnel Mais la curiosité du public pour cette période artistique semble infinie, comme un éternel retour à ce qui figure en déformant, permettant à la fois de reconnaitre le sujet et d’admirer la distorsion. Dans ce domaine patrimonial l’exposition est indéniablement exceptionnelle, tant au niveau du volume (près de 200 œuvres rassemblées, dont nombre de grands formats et pléthore d’œuvres majeures, mais 1 seule femme sur 49 artistes) que du point de vue adopté. Il s’agit en effet de voir ces œuvres tout à côté des paysages qui les ont vues naître, dans leur lumière de l’été. Bruno Ély et Marie-Paule Vial, respectivement commissaires des expositions à Granet et à Longchamp, ont conçu des parcours éclairants, choisis, truffés de André Derain, Le Faubourg de Collioure, 1905. Huile sur toile, 59.5 x 73.2 cm, Paris, Centre Pompidou, musée national d’art moderne, achat en 1966 Centre Pompidou, MNAM-CCI, dist. RMN-Grand Palais – Philippe Migeat ADAGP, Paris 2013 Pablo Picasso, Paysage, Juan-les-Pins, 1924. Huile sur toile, 38 x 46 cm, collection particulière Succession Picasso 2013 mises en perspectives inédites. À Marseille l’histoire de la couleur, les fauves, depuis les tourments de Van Gogh, l’éclat de Bonnard, jusqu’aux années 50 avec Monet, Renoir, Dufy, Signac, Soutine, Vallotton, Dali. À Aix l’histoire des formes depuis Cézanne bien sûr, jusqu’à l’abstraction ou aux papiers découpés en passant par le cubisme, Picasso, Derain, Gauguin, Man Ray, Modigliani, Matisse, Braque… L’itinéraire de ces peintres se croise autour des mêmes motifs dans les paysages provençaux, mais aussi à Collioure, en Espagne, en Italie, sur les rives de cette Méditerranée latine où tous sont venus séjourner, s’arrêter et vivre. Et qui éclate indéniablement dans leurs œuvres, paysages marins, Sainte Victoire, Estaque, voies ferroviaires et jardins éclairés de la même lumière, faisant jaillir la couleur et la forme indomptées… AGNÈS FRESCHEL Le Grand Atelier du midi du 13 juin au 13 oct Musée Granet, Aix Musée des Beaux Arts, Marseille www.mp2013.fr/le-grand-atelier-dumidi-2 Claude Monet, Antibes, 1888. Huile sur toile, 65 x 92 cm, Londres, The Courtauld Institute The Samuel Courtauld Trust, The courtauld Gallery London
Picasso et la mère méditerranée Si le magnifique catalogue de 224 pages est trop lourd pour visiter l’exposition Picasso céramiste et la Méditerranée à Aubagne, le hors-série Découverte Gallimard écrit par Bruno Gaudichon est idéal. Petit, pratique, thématique et abondamment iconographié, il dit tout sur son aventure de la terre : le rapport du sujet ou du motif au support, l’inspiration tauromachique, « les grecqueries » ou l’Antiquité revisitée, l’enracinement dans la production traditionnelle locale, l’invention permanente… Mais on peut tout aussi bien appréhender le dialogue du maître avec la Méditerranée vierge de toute information tant l’exposition se lit à « œuvre ouverte ». Nul besoin donc de savoir que sa visite de l’exposition des potiers de Vallauris en juillet 1946 fut une révélation ou que son installation à Antibes à 65 ans sera un retour aux sources, décisif et foisonnant, pour admirer ces 160 pièces hors normes. Il suffit d’aiguiser son regard pour percevoir dans les formes l’importance des sources antiques ou populaires méditerranéennes : les gourdes portées sur le dos se transforment en insectes, les poêlons à châtaignes deviennent des masques, les tomettes et les lastres sont détournées de leur usage et dans les Tanagra, il réinvente ses propres codes. Pour remarquer la spontanéité des dessins exécutés d’un seul trait car il réalisait ses céramiques en peintre ! Pour s’étonner de la matité ou de la brillance des couleurs déclinées en d’infinies variations comme cette Femme aux cheveux verts de 1948 dont on voit les « accidents de cuisson ». Pour saisir l’amplitude des thèmes : les faunes cannibalisent les plats à viande, les pichets, les tomettes ; les motifs tauromachiques envahissent l’arène des coupelles et des plats espagnols ; les poissons et les grappes de raisin comme des natures mortes offertes… Par une habile mise en perspective de l’ancien et du moderne, et par sa générosité, l’exposition touche les néophytes comme les érudits. À la manière de l’illustre artiste qui légua la majorité de ses pièces aux musées de Malaga, de Barcelone, Céret, Paris, Antibes, et qui travailla main dans la main avec les artisans céramistes de l’atelier Madoura de Georges et Suzanne Ramié à Vallauris. Qui, en pleine maturité, « retrouva ce sentiment d’appartenir à la culture méditerranéenne » et ne cessa jamais d’ouvrir de nouveaux chemins. Jusqu’à sa mort. MARIE GODFRIN-GUIDICELLI jusqu’au 13 oct Chapelle des Pénitents noirs-centre d’art, Aubagne www.picasso2013.com À lire Catalogue, Gallimard, 39 euros Hors-série Découverte Gallimard, 8,30 euros Tête de femme (recto), Tête d’homme (verso), 12-8-50. Poêlon à châtaignes, terre cuite rouge chamotte tournée,peinte aux engobes, intérieur sous alquifoux 32,5 x 7,5 cm. Diam. 22 cm. Pièce unique. Coll. part. Successions Picasso 2012 Maurice AeschimannOeuvre de Patrice Gaelle Cloarec Les beaux jours J1 Nul ne sait encore ce qu’il adviendra de lui après l’année capitale... mais chic ! Le J1 prolonge son ouverture jusqu’au 26 mai inclus, occasion pour ses insatiables visiteurs (150 000 comptabilisés fin avril, soit 10 000 visiteurs par semaine…) de savourer encore ce lieu d’exception avant la pause estivale. De se prendre au jeu du photomaton argentique installé par Eddy Bourgeois, qui permet de composer un petit scénario en 4 images, et remporte un tel succès qu’une exposition est prévue à l’automne. De se perdre le long des tombes du Père Lachaise, dont Stéphanie Solinas a collecté les phrases d’adieu (« Qu’un nuage d’amour aille jusqu’à toi », « Ma tristesse est profonde, mais je sais que je te retrouverai »...) et photographié les médaillons, qui ressemblent de loin à des empreintes digitales, et de près à un corps radiographié. De s’attarder sur les visages composant l’ultime mosaïque des Chercheurs de midi, celle des Personnages, après l’épisode des Paysages et celui des Usages. La plus nostalgique, la plus touchante peut-être, celle où l’on voit le plus de photographies anciennes, qui évoluent du cliché posé « bourgeois » datant d’une époque où les appareils coûtaient cher à la démocratisation des prises de vue spontanées. La Galerie travaille sur un projet de livre et DVD avec les Éditions Bec en l’air, pour que les très nombreuses images reçues aient un avenir... Occasion surtout de découvrir l’incroyable travail de Patrice, compagnon d’Emmaüs à la Pointe Rouge, qui dans son atelier élabore une multitude d’objets mystérieux et évidents à la fois. Un sablier avec des cailloux en guise de sable, pour que le temps passe moins vite ; une série de couverts aux gestes caressants ; une pipe qui ne cassera pas, renforcée qu’elle est par une chaîne... Ce monsieur si discret qu’il a choisi de n’avoir qu’un prénom risque de ne pas pouvoir rester anonyme longtemps ! GAËLLE CLOAREC 23 M P2 I0 1 3 À venir Le Corbusier et la question du brutalisme du 11 octobre au 12 janvier J1, Marseille 04 91 88 25 13 www.mp2013.fr



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