Zibeline n°62 avril 2013
Zibeline n°62 avril 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°62 de avril 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 8,4 Mo

  • Dans ce numéro : des modèles en crise.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Troublants face à face 78 P A TR I M OI N E Trois années de préparation pour cette exceptionnelle exposition, Rodin, La lumière de l’antique, qui s’inscrit dans la continuité du travail amorcé avec Ingres et l’antique (2006- 2007) au musée archéologique d’Arles. Le montage en fut complexe, les œuvres provenant du monde entier… Pascale Picard, commissaire générale de l’exposition, présente avec une grande finesse, nourrie d’anecdotes et de précisions historiques, la scénographie de l’exposition. Ni lourde ni didactique, elle fournit en quelques grands panneaux les informations nécessaires à la situation des faits, de leurs enjeux esthétiques. Rodin, explique-t-elle, au contraire des artistes de la Renaissance (qui vont aussi l’inspirer, particulièrement Michel- Ange), ne copie pas, mais continue la manière des artistes de l’antiquité gréco-romaine. L’objectif est d’atteindre leur virtuosité, dans leur invention et leur représentation de la nature. L’œuvre, comme chez les Grecs, est destinée aux dieux. Ainsi, la première version de L’homme qui marche était montée sur une colonne de 2m50 : les gens ne la voyaient pas ! Soulignant cette continuité, l’exposition ne se coupe pas des collections permanentes du musée, qui auraient passionné le sculpteur : ce sont de grandes toiles de tulle qui par leur transparence permettent au regard de s’évader, d’appréhender la porosité des genres, des époques. Le parcours de l’exposition s’orchestre en trois thèmes, L’atelier sacré, La beauté tranquille de l’antique : d’Aphrodite à Ève, L’ombre de l’antique. Avec en perspective l’Homme qui marche et le Penseur, un ensemble d’œuvres issues de la collection classique de Rodin sont assemblées, du Togatus de type impérial aux têtes d’Athéna. Arpenteur inlassable des musées, Rodin était un boulimique d’antiquités : sa collection personnelle comprendra 6 000 pièces (dont 2 000 gréco-romaines) qui couvrent l’histoire de l’art de l’Orient à l’Occident. Trois fois refusé aux Beaux-arts, il s’est formé par le regard, fréquentant le Louvre, le British Museum. Manquant d’argent pour se procurer le matériel nécessaire à la peinture, il passe de longues heures à reproduire les statues : pour cela un crayon et du papier suffisent ! Les statues antiques étant pour la plupart tronquées, il sculpte la tête de l’Homme au nez cassé qui par son infirmité les évoque. Refusée au Salon, elle ouvre l’exposition en forme de revanche posthume ! Continuité et relecture Les œuvres sont installées dans une perspective qui permet leur confrontation, à travers quelques principes simples : Rodin reprend le découpage en 4 plans (jambes, hanches, torse, tête) de l’art antique dont il admire la sérénité L’homme qui marche, Auguste Rodin, Bronze, 1905, RF.4094, 213x161x72 cm, Musee d’Orsay, Paris RMN Grand Palais (musee d'Orsay) Herve Lewandowski et la maîtrise. Ainsi, le Diadumène (jeune athlète se ceignant du bandeau de la victoire) trouvé à Vaison, donne une nouvelle perspective à l’Âge d’airain, dont la perfection avait fait dire aux détracteurs de Rodin qu’il s’agissait d’un moulage ! L’étude du mouvement voit son accomplissement dans l’Homme qui marche. Rodin met en œuvre une esthétique de l’inachèvement, le non finito de Michel-Ange, pour signifier les remuements de l’âme, la perpétuelle tension vers la perfection. Il accorde aux formes une vision allégorique, et relit l’antique à travers l’héritage judéo-chrétien : Aphrodite est transcrite en Ève, et la figure sereine prend un visage tourmenté. La scénographie installe avec humour l’Ève de Rodin, humble, derrière la magnifique Vénus d’Arles, revenue dans sa région d’origine le temps de l’exposition. Une série de dessins, des photographies, jalonnent le couloir qui mène à l’entrée de la pièce plongée dans un clair-obscur d’où émergent les formes des statues, grands groupes mis en perspective, le monument à Victor Hugo avec le Laocoon. Un éblouissement ! Autour, des formes plus petites, merveilles de finesse, comme la Centauresse, le jeune Pan retirant une épine du pied d’un satyre. En écho la vidéo du théâtre du Centaure dans l’atrium… Cette exposition sait à la fois transcrire la pensée d’un sculpteur majeur, et combler le visiteur par sa disposition qui joue avec humour de celle des grandes collections du XIXe. MARYVONNE COLOMBANI Rodin, La lumière de l’antique Jusqu’au 1er septembre MdAA, Arles www.arles-antique.cg13.fr Journées de l’Antiquité 0E10 Gaëlle Viard, maître de conférences en langue et littérature latines à l’université d’Aix-Marseille, et présidente de l’AJA (association pour les Journées de l’Antiquité), a concocté un nouveau programme passionnant : ces visites patrimoniales, conférences, et ateliers, qui ont obtenu la labellisation Marseille 2013, sont une des rares manifestations qui parviennent à allier les régions PACA et Languedoc-Roussillon ! Un ensemble de manifestations variées, érudites, régulières, ouvertes à tous… dont on retrouve le détail et le calendrier sur le site : www.cpaf.cnrs.fr. M.C.
Notre patrimoine religieux L’association Cathédrale Vivante organise à Aix dans la Cave aux Huiles un cycle de conférences érudit, les Samedis de Saint-Sauveur. L’essentiel du public semble venir y chercher des points d’ancrage à sa foi, mais ce patrimoine religieux appartenant aussi à l’état laïc, il devrait faire le bonheur de tous ! Ainsi le 9 mars dernier c’est un professeur émérite en linguistique, Marie-Christine Hazaël-Massieux, qui consacrait son exposé à Saint-Augustin. À partir des textes et de leur contextualisation, elle a mis en évidence l’originalité du personnage, dans l’histoire de l’église et l’Histoire, son humour, la richesse de ses images, son sens de l’humain. Grand spirituel, il ne concevait pas la foi comme une adhésion à une doctrine, mais comme une recherche de ce qui dépasse l’homme, et encouragea la recherche scientifique. Sa nouvelle traduction permet de mieux entendre son style direct, et même parfois, au détour d’une formule, quelques expressions berbères, langue de sa mère, Sainte-Monique. Après les textes le témoignage des pierres : Xavier Delestre, Conservateur de l’archéologie à la Drac, présente un état des fouilles d’Hippone, épiscopat de Saint-Augustin de 396 à 430, qui devint Bône, puis Annaba. Escale pour les navires au cours de la période carthaginoise, point de départ du blé pour Rome, Hippone, ville portuaire, était opulente. Sur une superficie de 60 ha dont 15 seulement ont été fouillés, on retrouve des thermes, des citernes, des bassins d’agrément, des fontaines, un théâtre, des villas, de superbes mosaïques. Mais dès les premières fouilles en 1833 les erreurs s’accumulent, on reconstruit pour donner un côté monumental aux ruines, on n’effectue pas de relevés précis des lieux ni des objets, si bien que les indices permettant de déterminer la fonction des bâtiments sont perdus ! « Fouiller, c’est détruire », rappelle Xavier Delestre. Ainsi Erwan Marec, en 1957, accomplira un travail considérable mais partial : il pense avoir découvert la basilique de Saint-Augustin, triture la documentation scientifique, détruit et reconstruit des murs pour que les vestiges corroborent ses intuitions ! Le sable coquillier qu’il utilise le trahit aujourd’hui, il n’est pas antique ! Xavier Delestre insiste sur la difficulté des missions, sur le paradoxe aussi de la notoriété du lieu, due à l’importance de Saint-Augustin, qui excède la quantité des vestiges. Et comme dans tous les pays où les religions se sont succédées, une étrange destinée des objets : c’est dans la mosquée d’Annaba que l’on trouve aujourd’hui les chapiteaux corinthiens… MARYVONNE COLOMBANI Cette double conférence a eu lieu le 9 mars à Aix Vue generale de la Basilique Saint-Augustin Robledo A LA VINA M DITERRANE witrii F4.11 ; 1r Le programme Vendredi 19 avril 2013 11h-12h30 Agir aujourd'hui en Méditerranée... Samir Dilou, ministre tunisien des droits de l'homme et de la justice transitionnelle Dimitris Kourkoulas, secrétaire d'État Grec aux Affaires Etrangeres Michel Vauzelle, président de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur er chargé de mission sur la Méditerranée parie Président de la République'Iaddré par Alexandra Schwarrzirrod, Libération 14h-16h Alger, nouvelle génération ? vant5 Koussitn, Falma Oussedik, &mina Zoubir Modc're par PniiippeJ7ri rarr ? üx, +JurarliBteaLibération 16h30-18h Jeunes du Caire, de Madrid, de Tunis et d'Athènes, même combat ? Pablo Elorduy Sophia Kourkoulakou, Hicham Ezzat, Lilia Weslaty Madërépar François.Liusseau, correspondant à i'viadridpour Libération 18h30-20h Rencontre autour de l'Actualité_.. Quel traitement de l'information ? Elodie Auffray, Ignacio Cembrero, Aviratna Golan, Yatutis Prctendcris Modéré par iNiicokis Don-murai, directeur de la rédaction rie Libération Samedi 20 avril 2013 10h-11h30 A1-Jazeera au-delà des clichés'r Mathieu Guidere, Rand a Habib, Pa'orna Haschke Moere paraMurwun Chahine, vun-espundunt au Cuire pour Lib xr{iun 12h-13h30 Et si la Méditerranée réinventait le commerce ? Cécile Jolly, Daniel Rouach, Konstantinos Yannidis Modéré par Philippe Onglon, directeur adjoint de l'information à i'AFP 14h30-16h Pourquoi tant de guerres ? Jean-François Coustillerc, Michel Foucher, Yacl Pcrlov w3aderé par Alexandra Schwarezbrnd, Libération 16h30-18h30 Rencontre autour de l'Actualité... La Syrie, une tragédie en Méditerranée. Khatrat Abou Di ab, Jean-Pierre Perrin, Monier Nia kilims, Farouk Mardam-Bey, Herse Bar Mudc're par Pierre Hii.rruxt, directeur thr <10-velcrppemerl t de Libérai krn Pius d'iriformaturris Sur www.villa-meditet-ranee. org O2. ! Si ! r www.liberation.fr enii 40bNS Provence-Alpes-Côte d'Azur = LCP TO MIMA TA MEA



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