Zibeline n°62 avril 2013
Zibeline n°62 avril 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°62 de avril 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 8,4 Mo

  • Dans ce numéro : des modèles en crise.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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L I V 68 R ES Les vies d’Idriss Arno Bertina Charlotte Dupenloup Parmi les nombreux artistes invités au dernier Week-end Made in Friche, il y avait Arno Bertina, venu présenter Numéro d’écrou 362573 tout juste paru aux éditions du bec en l’air. Bertina est un habitué des lieux : il a été récemment en résidence d’auteur à La Marelle et c’est le quatrième ouvrage auquel il collabore avec Fabienne Pavia au sein de la collection Collatéral, une collection que Zibeline suit depuis longtemps et qui associe texte et photographie (voir la chronique de Lit national, p.74). Numéro d’écrou 362573 est né du travail de longue haleine que la photographe Anissa Michalon a mené auprès de l’importante communauté malienne de Montreuil. Elle a photographié les hommes dans les foyers de la banlieue parisienne ; elle a également effectué plusieurs voyages au Mali, rapportant des clichés de leurs villages, de leurs familles restées au pays, des maisons imposantes que leur argent si difficilement gagné permet de construire là-bas. C’est ainsi qu’elle a fait la connaissance d’Idriss, dont le livre relate l’« histoire tragiquement exemplaire », comme l’a rappelé Arno Bertina au début de la rencontre. Arno Bertina et Anissa Michalon se sont connus en 2004, leur projet a germé assez vite, mais jusqu’en 2009-2010, il ne savait pas quelle forme donner à son récit. C’est à Alger qu’il a eu le déclic ; l’hospitalité algérienne est d’ailleurs devenue un des leitmotive du court roman qu’il a imaginé autour d’un Idriss fictif devenu narrateur. Dans un Petirama plongé dans l’obscurité, la rencontre s’est déroulée en deux temps. Pendant une trentaine de minutes, Bertina a lu des extraits de son texte, avant de laisser « parler » les photos de Michalon. Un texte volontairement désolidarisé des images, comme dans le livre. Car, insiste Bertina, « le texte n’est pas là pour souligner ; les photos ne sont pas là pour illustrer ». Les deux voix divergentes se complètent en ne jouant pas sur le même terrain. Le travail documentaire d’Anissa Michalon et les commentaires dont elle accompagne ses photos mettent en évidence la violence subie par les migrants, soumis à la double pression de leurs familles restées au pays (une vingtaine de personnes vivent de l’argent envoyé par un travailleur émigré) et du pays dans lequel ils arrivent (la plupart sont sans papiers, condamnés à l’évitement perpétuel des contrôles, à des tâches sous-payées et à des conditions de vie précaires). Bertina montre lui aussi ce désarroi et la sensation de plus en plus prégnante d’enfermement dans laquelle s’enlise le migrant. Mais en plaçant Idriss au cœur de la fiction, il lui donne la parole. L’occasion, enfin, de devenir sujet de son histoire, et pas seulement un numéro d’écrou. FRED ROBERT La rencontre avec Arno Bertina au Week-end Made in Friche a eu lieu le 16 mars, à Marseille Numéro d’écrou 362573 Arno Bertina (texte), Anissa Michalon (photographies) Le bec en l’air, collection Collatéral, 14,90 € Emmanuel Lepage à Marseille X-D.R Maître improvisateur Aussi loin qu’il s’en souvienne, il a toujours voulu faire de la bande dessinée. Alors, depuis plus de vingt-cinq ans, il écrit et dessine des histoires. On lui doit, entre autres, La terre sans mal, les deux tomes de Muchacho, Alex Clément est mort (dont l’action se déroule à Marseille), ainsi que deux Fragments d’un voyage, Brésil et America, parus au début des années 2000. Mais c’est pour son magnifique Voyage aux îles de la désolation qu’Emmanuel Lepage était de passage en mars à Marseille. Cet album édité en 2011 est en effet en lice pour la sélection BD du Prix littéraire des lycéens et apprentis de la région PACA. Lepage était à ce titre invité au lycée Périer puis à la librairie La réserve à bulles. Répondant aux questions de Richard G, il a d’abord rappelé la genèse du projet qui lui a permis d’embarquer sur le Marion Duquesne à destination des TAF (Terres Australes Françaises), d’en revenir avec des dessins, des croquis, sortes de notes graphiques, et de réaliser ce « livre hybride qui s’est construit au fur et à mesure » en moins de six mois, dans un état de « jubilation » intense. Pourquoi tant de plaisir et une telle rapidité d’exécution ? Parce qu’il a lâché la bride à son désir d’improvisation. Parce qu’il a accepté de travailler « sur une matière en perpétuel mouvement ». Parce qu’il a trouvé dans cet album la juste distribution entre les dessins exécutés pendant l’expédition (et insérés sans retouches) et le rythme narratif d’une véritable histoire en images. De fait, cette BD documentaire est encore plus foisonnante qu’un carnet de voyage. Variété des techniques (lavis, pastel, crayon gras, encre, aquarelle…) et des cadrages (de la simple vignette noir et blanc à l’illustration double page couleurs), organisation dynamique et souvent surprenante des planches, c’est une superbe odyssée de l’image que ce maître dessinateur offre au lecteur. Il revient tout juste d’un voyage de deux mois en Antarctique. On espère déjà l’opus à venir. F.R La rencontre à La réserve à bulles a eu lieu le 19 mars Voyage aux îles de la désolation Emmanuel Lepage Futuropolis, 24,40 € (album sélectionné pour le Prix littéraire des lycéens et apprentis de la région PACA) l'miminuiky ! +N.. Voir sur www.journalzibeline.fr la chronique Un printemps à Tchernobyl, du même auteur
Jusqu’au bout de la nuit… … en toute liberté : de partir, de s’endormir sur un conte et se réveiller sur un autre. Dans les méandres des Mille et une nuits, flux d’histoires enchâssées dans lequel il pioche librement, et auquel il a soin d’ajouter quelques aventures de Nasreddine, et des anecdotes personnelles, Jihad Darwiche, conteur d’origine libanaise que les habitués de La Baleine qui dit « Vagues » connaissent bien, a ouvert La nuit du conte proposée à La Criée dans le cadre du caravansérail d’Ali Baba. Une nuit blanche à savourer les histoires de Shéhérazade, portées par la voix inspirée du conteur, son accent délicieux et son sens du rythme répétitif, cyclique. Sur le flot ensorcelant de sa parole, on se laisse voguer et les sessions d’une heure trente filent. Des quelque cent soixante spectateurs de tous âges, plus du quart ont passé la nuit dans le petit théâtre, dont la scène s’est peu à peu transformée en salon oriental avec tapis, coussins, poufs, afin d’accueillir confortablement les enragés d’histoires. Jusqu’à sept heures du matin ils sont restés. Quant au conteur, il adore ce genre de performance. Il aurait même, dit-on, le projet d’organiser sept nuits Jihad Darwiche Tomasz Mysluk blanches consécutives. Une semaine entière dans les contes ? Une histoire à suivre… FRED ROBERT La nuit du conte s’est déroulée le 23 mars à La Criée (Marseille), en partenariat avec La Baleine qui dit « Vagues » 69 L I V R ES Quand une Zibeline croise une Baleine… Créée en 1996, La Baleine qui dit « Vagues » est désormais incontournable pour qui s’intéresse aux arts de la parole. Salle de spectacles, lieu de résidence, centre de ressources, elle n’en finit pas de grandir et d’évoluer, allant souvent nager dans d’autres eaux. Pour que ce genre prétendument mineur et destiné aux enfants soit mieux connu de tous les publics. Car, comme le disent Elisabeth et Laurent Daycard, « le conte apporte des leçons mais ne les impose pas » et chaque relecture « répond à nos questions du moment ». Zibeline : Vous venez d’organiser une nuit du conte à La Criée. Sortez-vous souvent de votre espace du Cours Julien ? La Baleine : De plus en plus, car nous souhaitons élargir notre public, et promouvoir le genre dans la région. Grâce à cette nuit, de nouvelles personnes ont rencontré le conte. Cette saison, nous avons collaboré cinq fois avec La Criée. En plus de la nuit, nous avons proposé quatre séances de contes du monde à destination d’un public familial. Nous sommes aussi au Pavillon M le mercredi matin. Comme nous appartenons au Réseau National du Conte et des Arts de la Parole et que nous sommes missionnés par la DRAC, nous participons très régulièrement à des journées professionnelles dans toute la région. Nous accompagnons également des projets scolaires, municipaux. Mais nous proposons aussi des événements dans nos murs et dans le quartier. Lesquels, pour ces prochaines semaines ? Les 19 et 20 avril à 20h30, nous recevrons Salim Hatubou pour Kara’. Salim était en résidence à La Baleine l’an dernier ; il a collecté des récits et en a fait une « épopée comorienne », dont il donnera ici la version contée. Et aux beaux jours, ce sera la cinquième édition des Oralies, le festival que nous proposons sur le Cours Ju, histoire de sortir le conte des salles obscures et d’aller à la rencontre d’un public mixte, pas uniquement composé de spécialistes. Il s’ouvrira cette année sur une journée de contes en continu (une grande histoire, un seul conteur) le 19 mai. Et nous espérons pouvoir le clôturer le 22 juin par une nuit au Frioul, comme nous le faisions autrefois. PROPOS RECUEILLIS PAR FRED ROBERT La Baleine qui dit « Vagues » 04 91 48 95 60 http://labaleinequiditvagues.org ESCAPADES E $ trA,TEu ANIM LES'RONDE !, SPACES LI.—..pp,n. PPA.Pal PAP Ervx7,rrL 3/4/5 MAI 2013 CHAPELLE DE L'OBSERVANCE DRAGUIGNAN ÉDITIONS GALLMEISTER eHONNEUR HCfultylAGE A MARK TWAIN - RICK BASE CLAP OLMER COHEN iP OLIVER CiALLM'BERNARD HOEFT A10 JOHNSON MAN LEVESER Y.ADAM 1.40'Y 1NTIIONV PASTOR'FRCHARD FLLPmED ENNA GILBERT SHELTON/DAVID VANN MARC Vbilh E



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