Zibeline n°62 avril 2013
Zibeline n°62 avril 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°62 de avril 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 8,4 Mo

  • Dans ce numéro : des modèles en crise.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Des modèles en crise Au Théâtre Liberté de Toulon se tenait, du 21 au 23 mars, le Forum euroméditerranéen du réseau euromedinculture : l’occasion de tables rondes, ateliers et spectacles autour des politiques culturelles dans cet espace géographique dense et divers. La première rencontre de ce forum qui s’attachait à interroger les « nouveaux modèles économiques pour les arts et la culture », fit voir, de façon flagrante, la différence des réalités économiques d’une rive à l’autre, mais aussi une certaine inadéquation des cadres d’intervention des financements, avec les réalités locales. En Allemagne ce sont les régions et les villes qui financent la culture expliqua Herta Pietsch-Zuber, responsable de la culture de la Ville de Munich. Celle-ci, qui « a pleinement conscience que la culture est un vecteur de développement » lui consacre 5.2% de son budget, soit 160 millions, tandis que le Land de Bavière lui alloue plus de 300 millions ! Elle note pourtant que ces moyens stagnent depuis des années, alors que les charges s’accroissent considérablement, que financer les équipements et troupes salariées dans un pays comme l’Allemagne a un coût plus élevé qu’ailleurs : « le système est en danger de basculer, les fonds vont vers les institutions installées, et les projets indépendants ne parviennent plus à émerger. » Ricardo Vasquez (directeur de la culture du Var qui cofinançait le forum) qualifia le système français de monarchique. « C’est l’État qui décide de ce qui est bon ou ne l’est pas. Ses budgets sont en baisse, il s’est déchargé du paiement des artistes par le régime de l’intermittence, ou du RSA pour les plasticiens. Mais cela n’empêche pas l’hypercentralisation de ses financements : presque tout va à Paris, il faut faire partie des cercles approuvés pour tourner dans les réseaux nationaux. Aujourd’hui on enlève des moyens fiscaux aux collectivités territoriales, et cela va déboucher sur une véritable crise du financement de la culture, majoritairement assumé par les communes, même si l’État continue d’attribuer des labels et de décider des directions comme si il était le principal payeur. » Marina Barham, modératrice (Palestine), confirma que le système français était perçu en Europe comme opaque, fondé sur une compétition permanente qui nécessitait d’appartenir à des cercles… Bien sûr, la réalité de la Jordanie est tout autre : même si le Royaume est un modèle de stabilité dans la région, expliqua Lina Attal (King Hussein Foundation), les budgets alloués à la culture sont minimes, et les acteurs culturels doivent « tricher » pour obtenir des financements internationaux au nom des droits de l’homme : la culture ne fait pas partie des préoccupations nationales, en dehors de l’attrait touristique. Et en Tunisie « la culture sert à décorer le politique » explique Rochdi Belgasmi, chorégraphe. Mais une scène indépendante se construit grâce à la liberté nouvelle, et au soutien du peuple qui participe bénévolement, achète des produits dérivés, s’implique… Se dessine donc le paysage paradoxal d’une Europe figée dans d’anciens systèmes en crise, et de pays plus pauvres faisant feu de tout bois. Pour quel modèle ? AGNÈS FRESCHEL www.euromedinculture.org LES RENDEZ-VOUS SURPRISES 1)-414aili-tria1Il1 3 - di 16 mai 2013-19h1.5 LAmbi iMAR`.E/EnsembleTélémaque CiiAT 01-voUvoucAs et des Rencontres internationales des cinémas arabes RENDEZ-VOUS SURPRISE vendredi 31 mai 2013 -2oh3o Î Ensemble Télémaque www.th eatreg yptis.coa.)
La FabricA enchantée ? 10 mois après le début du chantier, le gros œuvre de La FabricA est achevé. L’ensemble architectural de 9000m 2 imaginé par Maria Godlewska, sous la maîtrise d’ouvrage du Festival d’Avignon, sera livré le 7 juin. Pari tenu pour le nouveau lieu de répétitions et de résidence, qui sera inauguré (gratuitement et en extérieur) le 5 juillet en ouverture de la 67 e édition avec une Topofiction du Groupe F, et visitable par le public toute la journée du 6. Nicolas Stemannbaptisera la salle modulable avec Faust I + II, 8 heures durant, du 11 au 14, et Krzysztof Warlikowski, qui ouvre également à Varsovie un lieu de création, prendra le relais du 19 au 25 avec un Cabaret Varsovien. Le « rêve de Vilar » devient donc réalité et offre à Hortense Archambault et Vincent Baudriller une sortie de piste « historique », Olivier Py leur succédant à la direction en 2014. Lors de la présentation de la 67 e édition, les représentants des institutions ayant financé le projet (10 M € partagés à part égale entre État, Ville d’Avignon, Département de Vaucluse, Région PACA) s’accordaient à louer la nécessité de cet outil qui permettra au « plus grand festival de théâtre du monde » de « trouver son ancrage dans le XXI e siècle ». Quant à son ancrage dans la région… la question de l’opportunité d’un tel investissement des collectivités locales, pour un Festival qui s’attache trop ponctuellement à soutenir la création des territoires qui le financent, et semble viser essentiellement une reconnaissance parisienne et internationale, ne fut pas soulevée. La FabricA changera-t-elle quelque chose à l’impression de « colonisation » estivale que vivent beaucoup de Vauclusiens ? Aura-t-elle le même rôle de pôle régional de création que la Scène nationale de Cavaillon par exemple, qui à l’heure actuelle se meurt faute de financements locaux ? Les publics du territoire ne seront quant à eux pas oubliés. La FabricA est née à la croisée des chemins entre créations et actions de sensibilisation, qui permettent au Festival de lever le voile « sur les mystères de la création » et de s’ancrer dans un quartier périphérique plutôt moribond, quasiment déserté par le tissu associatif et culturel, sur le terrain d’un ancien collège ZEP entre Monclar et Champfleury. Ce lieu dédié à la création (salle de répétition aux dimensions de la Cour transformable pour accueillir 600 spectateurs, espace de résidence avec 18 logements, ateliers techniques, foyer) assoit la volonté de développement culturel et d’éducation artistique dans les quartiers. Il s’agit même d’une « opération à tiroir » selon la Maire Marie-Josée Roig, puisqu’est prévu en 2015 l’installation sur le même terrain de l’École d’Art qui laisse son hôtel particulier pour l’extension de la Collection Lambert. Mais « ce formidable outil permanent de démocratisation culturelle » ne soignera pas tout seul les carences éducatives, sociales et culturelles envers une population en situation d’exclusion. Hortense Archambault rappelait avec justesse que « les collectivités devront prendre en compte la nécessité de rouvrir un centre social et penser l’aménagement urbain pour la réussite du projet ». Michèle Addala, qui œuvre dans les quartiers d’Avignon, souvent dans l’ombre, depuis plus de 25 ans avec la cie Mises en Scène, en témoignera, à sa manière, en créant La parabole des papillons, une pièce mêlant acteurs et amateurs, issue d’ateliers de parole menés auprès de femmes. Elles auront dans cette édition leurs mots à dire, enfin ! Car si La FabricA permet à des femmes et à des compagnies d’ici d’être financées et entendues durant le Festival, et pas seulement dans des manifestations périphériques, Hortense Archambault et Vincent Baudriller auront vraiment accompli quelque chose ! DELPHINE MICHELANGELI La conférence de presse de la 67 e édition du Festival d’Avignon, qui se tiendra du 5 au 26 juillet, a eu lieu le 18 mars à la Salle Benoit XII, Avignon La FabricA, mars 2013 DE.M A l'exposition Cet art de m'entreprendre, UPE 13, devant Les Pingouins de Gilles Aillaud, collection Mac Marseille X-D.R Ouvrir le fonds public À l’heure des baisses budgétaires généralisées, les institutions publiques voient d’un bon œil le rapprochement de l’art et des entreprises et espèrent que ces frottements déboucheront sur des projets communs, sans influencer les contenus artistiques. Vœu pieu ? Comme le Musée d’art contemporain qui « s’est laissé entreprendre » par l’UPE13 : « c’est important que le Mac s’inscrive dans la dynamique de la ville car le public des chefs d’entreprises est celui qui a le potentiel économique ». Un pragmatisme contagieux puisque le Fonds départemental des Nouveaux collectionneurs au collège (3 juin/1er août), le Fonds communal d’art contemporain de la Ville de Marseille (12 août/18 octobre) et le Frac (4 novembre/27 janvier 2014) jouent le jeu de l’exposition Cet art qui m’entreprend…, dévoilant ainsi aux acteurs privés une partie de leurs collections publiques. Une véritable malle aux trésors dans laquelle il a fallu opérer un choix draconien : 600 pièces au Mac, 1800 au Fonds communal créé en 1949, 80 aux Nouveaux collectionneurs et 960 au Frac ! Comme l’opération vise à susciter d’autres mécénats, l’UPE13 a pris soin d’éclairer les œuvres par des textes didactiques et des visites commentées, ultime « service après-vente » pour le commissaire d’exposition Bernard Muntaner qui espère « que les expositions entreprendront l’entrepreneur pour qu’il entreprenne l’art ». Premier volet donc, avec Au bord de l’eau, auquel Mécènes du sud s’associe en sélectionnant 4 artistes-lauréats sur la thématique « Donnez-nous de vos nouvelles ». Message reçu ! M.G.-G. 07 P O LI T I Q U E C U LT U RE L L E www.upe13.com et www.mecenesdusud.fr



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