Zibeline n°62 avril 2013
Zibeline n°62 avril 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°62 de avril 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 8,4 Mo

  • Dans ce numéro : des modèles en crise.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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30 M US (A)More à mort'I I Q U E Le Verdi imaginé par Nadine Duffaut est gris ! Dans le décor stylisé d’Emmanuelle Favre, intemporel, les pans de murs, colonnes angulaires, sont lisses, anthracite, les costumes d’esprit Renaissance de Katia Duflot se dessinent dans le même ton, plus clair : matière grise d’Iago, habile à penser… le Mal ! Tout Chypre semble envenimée par sa parole manipulatrice, monochrome d’où deux êtres émergent. Au rouge : Otello ! Son visage est argile, sa vêture un clin d’œil au « Méphisto » de Boito (musicien/librettiste qui, en 1887, adapte Shakespeare) : incarnat, symbole de son amour pour Desdémone, du sang invoqué en châtiment, de l’enfer où le conduit la jalousie. Au blanc : sa jeune épouse, pure, injustement soupçonnée. Comment le More peut-il ne pas croire à son innocence ? Le Démon n’est sans doute pas là où on l’entend : s’il cède au fiel d’Iago, c’est que le Diable est déjà en lui, dès l’ouverture-éclair, comme son spectre mortuaire figé sur le gaillard d’un navire en pleine tempête, avant son victorieux « Esultate » ! Ces deux-là, leur improbable amour, font tache ! Elle s’efface au souffle des trois derniers baisers déchirants… comme des larmes qu’on biffe sur nos joues… du dos de la main. Phénomènes vocaux ! Impérieux Vladimir Galouzine : dans le rôletitre, il est puissant, sombre, émouvant, héroïque, rare… Impressionnant Seng-Hyoun Ko : fort baryton, mordant à pleins décibels dans son maléfique Credo ; excellent acteur, il joue sur toute une palette de timbres. Leurs duos coupent le souffle ! Impeccable Inva Mula : elle parvient à rester légère, aérienne, à faire aussi claironner son soprano face à un excellent Orchestre (dir. Friedrich Pleyer) volontiers « sonophage » ! Et les artistes du Chœur (dir. Pierre Iodice) ajoutent leur part à la réussite de ce Verdi qui restera dans les mémoires. JACQUES FRESCHEL Otello de Verdi a été joué jusqu’au 5 avril à l’Opéra de Marseille Christian Dresse 2013 Évocation andalouse Jouer en intégralité Iberia d’Albéniz est une performance pianistique : difficulté acrobatique des rythmes, subtilité des variations de couleurs, équilibre délicat entre une facture classique et l’évocation d’une certaine couleur locale avec les échos des différents genres musicaux populaires de l’Andalousie. Les quatre cahiers écrits entre 1905 et 1908 nous entraînent du port de Sainte Marie de la Province de Cadix, au quartier gitan El Albaicin de Grenade puis dans une auberge, Eritaña, aux abords de Séville, où l’on entend l’air d’une procession. Aux lieux aimés correspondent les parfums de musiques traditionnelles, Almeria, Ronda, El Polo, flamenco, ou les mélodies de Jerez de Malaga… Jean-François Heisser nous emmène de ses doigts dans ce voyage où les tableaux de genre se conjuguent, avec une élégante légèreté, à de douces rêveries peuplées d’instant méditatifs, de retournements calmes, d’interrogations étonnées, d’échos de fêtes. Le quatrième cahier, le plus ardu, permet au virtuose une interprétation éblouissante. Cet hymne à l’Espagne se complétait de la présence de la guitare flamenca de Chaparro de Malaga, et des colpas de la chanteuse Antonia Contreras : le jeu perlé de la guitare qui sonne parfois comme une mandoline, la voix rauque de la chanteuse, particulièrement belle quand elle s’intériorise, renforçaient l’ancrage populaire de ces pages, sans en trahir l’écriture savante, en remontant à sa source. En bis un Gracias a la vida façon flamenco a clos ce concert du partage… MARYVONNE COLOMBANI Iberia a été joué le 25 mars au Théâtre du Jeu de Paume, Aix el Crime eLD et châtiment Atroce scelus nefas que celui de la Sacristine qui tue le propre enfant de sa fille, Jenufá, avant de plonger dans une culpabilité qui la rongera jusqu’à la folie. Le roman de Gabriela Preissova est une histoire familiale tragique, sous fond de tares héréditaires, d’alcoolisme, de relations quasi incestueuses ; Steva, père de l’enfant, est le cousin de Jenufá et le frère de Laca, autre prétendant à sa cousine ! Tragédie familiale typique d’un naturalisme fin de siècle (le XIX e) qui transpirait jusqu’à l’opéra ! Ce sujet complexe fut l’occasion pour Janácek, dans cet opéra composé en 1903, de poser des traits d’écriture qui définiront son style dans les œuvres suivantes, telles que les deux Quatuors ou la Petite Renarde Rusée : la technique de la segmentation, l’utilisation de motifs rythmiques très courts (xylophone dans le premier acte), la prolifération d’idées mélodiques qui se substitue à la notion classique de développement, d’où la difficulté à retenir des mélodies, les sonorités abruptes… autant de déviations de la syntaxe musicale dominante, qui a créé le langage très particulier de Janácek… qui lui a valu d’être à la fois rejeté par les hommes de son temps, puis par les « contemporains » qui suivirent comme trop tonal. Balàzs Kocsàr, à la tête de l’Orchestre et du Chœur de l’Opéra d’Avignon, eut du mal, du fait de cette écriture complexe, à trouver un équilibre entre l’orchestre et les chanteurs, voire à rendre perceptible cette formidable palette sonore présente dans l’orchestration. La distribution, comme très souvent à Avignon, était en revanche très bonne : Christina Carvin dans le rôle principal, et les deux ténors, Martin Miller, Laca, et Florian Laconi, Steva, insufflèrent à cette tragédie toute leur énergie. Quant à la mère diabolique, Géraldine Chauvet, elle fut un peu en-deçà au niveau de la puissance, mais à fond dans l’incarnation de son rôle. Glaçant ! CHRISTOPHE FLOQUET Jenufà a été donné le 17 mars à l’Opéra-Théâtre d’Avignon Cedric Delestrade - ACM Studio - Avignon
Où sont les femmes ? Par la grâce d’une élégante et discrète mise en scène, les interprètes du Concert Privé à L’Ospedale Immaginario ont rendu un vibrant hommage aux femmes innombrables qui ont peuplé durant l’époque Baroque ces mêmes édifices vénitiens. Constitué pour la plupart d’orphelines, ces vénérables institutions où officièrent d’illustres compositeurs, à l’image du fameux Vivaldi, offraient à la gent féminine une formation musicale de haut vol. Étrange paradoxe lorsqu’on sait que les femmes étaient alors interdites de scène par l’Eglise catholique elle-même, vocalement mises à l’index et remplacées de la manière la plus barbare qui soit par des castrats. Pour ce concert inaugural du Festival Présences Féminines, à l’exception du violoncelliste Etienne Mangot présent sur scène, touchant lui aussi de délicatesse, le plateau musical était exclusivement composé d’interprètes féminines. Au continuo et des claviers, Claire Bodin, la fondatrice du Festival, dirigeait l’ensemble Les Bijoux Indiscrets. Le timbre rond et chaleureux de la soprano Anne Magouët était magnifiquement mis en valeur, interrompu parfois par des lectures envoûtantes en forme de courriers intimes imaginaires par la comédienne Véronique Dimicoli. Au final, on regrettera juste que dans ce beau moment de poésie suspendue à la gloire de ces femmes oubliées, preuve que l’histoire de la musique est un long chemin entaché de machisme, plusieurs ouvrages aient été encore… d’origine masculine. Mais la suite du festival a fait entendre Clara Schuman et Louise Farrenc, qui composèrent malgré les hommes ! ÉMILIEN MOREAU Ce concert a eu lieu le 15 mars au Théâtre liberté, Toulon Veronique Dimicoli X-D.R v 31 M US " I Q U E L'ensemble Pytheas X-D.R Esprit des Lumières… Pas un bémol pour le récital de musique de chambre de l’Ensemble Pythéas, donné le 17 mars à Notre-Dame du Mont ! Nonobstant, si leur prestation n’en mérite pas, les partitions à l’affiche, pour clarinette, signées Mozart ou Haydn, en comportaient de fait… des bémols… à la clé ! C’est que ce tuyau d’ébène s’accordait naturellement, à l’époque classique, aux tonalités de si ou mi bémol majeur. Linda Amrani, belle anche virtuose, a enfilé des guirlandes de sons, suaves ou brillants, à l’envi, sautillant, rebondissant telle une funambule solidement encordée par un beau trio d’archets : YannLe Roux-Sédes (violon), Pascale Guérin (alto) et Xavier Chatillon (violoncelle). Le programme exposait une pertinente unité viennoise, avec aussi Beethoven ou Hoffmeister, contemporain méconnu de cette première « école » qui fonda, sur le Danube, l’esthétique classique, ses formes et ses genres, tout en clarté, élégance, sens du jeu… Un esprit épris des Lumières fort bien transmis par le quatuor de musiciens. JACQUES FRESCHEL Tour de force La venue pour le Festival de Musique de Toulon d’un artiste tel que Giovanni Bellucci, pianiste peu médiatisé en nos contrées, a bien mérité le concert de louanges qui auréole ses prestations tant il a fait preuve de maestria en interprétant deux des plus grands monuments du piano romantique. Au programme figuraient des transcriptions de Franz Liszt d’œuvres de Mozart et Verdi où l’on pouvait déceler une virtuosité contenue. Haute technicité qui fut confirmée dans la Sonate n°2 opus 35 de Chopin où le piano semblait à peine supporter la charge acoustique que lui imposait la puissance du pianiste ! Mais l’apogée fut incontestablement atteint lorsque résonnèrent les premières notes de l’impressionnante Sonate en Si mineur du hongrois. Le mélange d’ombres et de lumières qu’offre la partition était traduit avec une rare intensité : les pianissimo semblaient fragiles et dérisoires aux côtés des passages fortissimo tonitruants ! L’impression fut confirmée avec une Rhapsodie hongroise généreusement offerte en bis. Magistral, somptueux, explosif, merveilleux, sublime, fantastique, transcendantal… une démonstration en quelque sorte. EMILIEN MOREAU Ce concert a eu lieu au palais Neptune, Toulon, le 4 avril Irmeli Jung



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