Zibeline n°62 avril 2013
Zibeline n°62 avril 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°62 de avril 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 8,4 Mo

  • Dans ce numéro : des modèles en crise.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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26 D A N SE (Art)mez vous ! Interprète privilégié de Preljocaj et de Jan Fabre, Olivier Dubois a été nommé parmi les 25 meilleurs danseurs du monde. Il aurait pu se satisfaire de cette réussite mais chacune de ses pièces est un manifeste engagé. Ainsi Révolution, premier volet d’un cycle autour de l’humanité appelé Etude critique pour un trompe-l’œil. Sur scène, douze danseuses en noir pivotent autour d’une barre de « pole dance ». Synchronisées, elles suivent cet axe, et entament une marche répétitive et éprouvante sur le rythme du Boléro de Ravel. Elles semblent prisonnières, comme enchaînées à ce symbole du striptease et de la domination sexuelle. Silencieuses et solidaires, elles partagent leurs efforts avec le public qui doit lui aussi patienter et commence à ressentir l’effet de la répétition, de l’inaction de l’absence d’évolution. La sueur des danseuses se mêle à la chaleur des anxieux (certains sortent de la salle). Puis l’une d’entre elles tente de se révolter, de s’écarter de la barre. Le geste est brutal et épuisant, un appel à la résistance. D’autres la suivent, elles tentent de trouver ensemble de nouveaux mouvements qui les extraient du geste commun, qui soient à elles. Mais sans véritable engagement, le changement est impossible. Avec cette création, Olivier Dubois met en scène la prise de parole de la femme, sa force physique et mentale, ses asservissements. Il administre une piqûre de rappel brutale, sur le caractère oppressif de notre société ! ANNE-LYSE RENAUT Révolution a été joué les 28 et 29 mars à l’Odéon, Nîmes o Tommy Pascal Jean-Luc Beaujault Métamorphose cyclonique Troublant personnage, transgenre, fascinant d’étrangeté, qui s’offre à nous dans Vortex. Empaquetée de lourdeur sous de multiples couches asphyxiantes, Phia Ménard opère une performance-métamorphose totalement hypnotisante et très signifiante. La chrysalide débute sa prestation dans une féerie virevoltante de danseurs de (sac) plastique, happés par 24 ventilateurs calibrés au millimètre près encerclant une arène. Elle nous entraine dans le tourbillon infernal de sa propre mue. Si Debussy ouvre en douceur les hostilités musicales, la bande son qui en découle ne laisse aucune échappatoire, angoissante et possessive. Au gré de l’air propulsé, ses encombrantes peaux de latex et de nylon s’envolent pour un ballet aérien dans des sculptures hallucinantes de beauté, développant des images de combat et de corps-à-corps majestueux. Poupées gonflables dont l’artiste réussit à se débarrasser pour atteindre sa liberté d’être, tirant de ses entrailles d’infinis cordons ombilicaux et des fantômes de souffrance. Un accouchement frénétique pour recréer son propre cocon, choisir son corps et son identité, pour une renaissance assumée et magnifiée par l’art. DELPHINE MICHELANGELI Vortex a été joué du 3 au 5 avril à la Scène nationale de Cavaillon La danse en partage Just to Dance créé avec des danseurs du Congo, du Japon, du CCN de Caen, le multi instrumentiste Camel Zekri et la soprano Dominique Chevaucher, c’est l’idée du « vivre ensemble » par l’expérience du « danser ensemble ». Sous un titre ludique, Héla Fattoumi et Éric Lamoureux convoquent leurs singularités pour chanter un hymne à la diversité des corps, des cultures, des langues et des imaginaires. Abstraite, puis narrative, cette composition « symphonique » sur l’altérité est avant tout philosophique… Une mêlée reptilienne parcourt l’obscurité lunaire, la danse doucement se met en place dans un melting-pot de peaux, de couleurs : chacun s’échappe de la masse tournoyante pour dire son nom, chacun tente d’apprivoiser l’autre. Et Laurent Philippe quand la rencontre est possible c’est l’explosion de joie ! Élancements, circulations complexes entre les plots de bois, sauts frénétiques, déhanchements comiques et saugrenus : tous se pavanent comme des coqs dans un poulailler et se lancent dans des numéros incongrus. Ils font les beaux et elles font les belles, électrisés par la voix de Aucarré Rudolf Ulitch Ikoli N’Kazi coiffé d’un casque colonial... Ce monde riche de ses électrons libres et disparates disjoncte dans un show décoiffant. Puis l‘effervescence laisse place à une danse d’ensemble complexe, addition de chorégraphies individuelles, de duos, puis de trios, pour composer un mouvement unique. Car, nous dit Just to Dance, il faut « abandonner l’idée que les différences c’est ce qui oppose ». MARIE GODFRIN-GUIDICELLI Just to Dance... a été donné le 29 mars au CNCDC Châteauvallon, Ollioules o
La fusion du Trocadéro Don Quichotte du Trocadéro de José Montalvo démontre avec brio la nécessité vitale du divertissement. Combien nous est nécessaire cet art, regardé avec mépris par les conceptuels, avec condescendance par les tenants de la cruauté, et constamment dévoyé par les coucous des écrans (vous savez, ces habitants des lucarnes télévisuelles qui, quand ils sont placardisés, viennent occuper les nids des alouettes en tuant leur descendance). Dans ce sublime Don Quichotte tout est constamment virtuose, au-delà du parfait : les vidéos, leur montage, les couleurs, mais surtout les danseurs, si époustouflants, chacun dans leur genre, qu’il faudrait inventer des superlatifs pour vous en donner une idée. Et le plus étonnant n’est pas là, dans leurs performances personnelles classiques ou néo, hip hop ou orientales, africaines, claquettes ou flamenca. Le plus épatant est à quel point les treize interprètes parviennent à danser ensemble, dans une fusion des genres qui laisse à chacun sa singularité mais ne se permet aucun décalage, à une vitesse folle, avec une ampleur incroyable, une souplesse d’un autre monde, et des placements parfaits. C’est-à-dire toutes les qualités de toutes les danses, pour la première fois sans doute réunies à ce point dans des numéros communs. Ajouter à cela un humour d’un raffinement extrême, reposant sur la mémoire de la danse Patrick Berger revisitée ; une autodérision délicieuse, grâce à Patrice Thibaud qui campe un Don Quichotte au second degré absolument hilarant, commentant tout, exécutant des numéros entre danse et mime qui vous laissent sans voix tant ses gestes d’escamoteur sont rapides ; un sens du rythme qui permet qu’aucun numéro ne soit trop court ou trop long, et que leur enchaînement vous conduise vers plusieurs climax de rire savamment orchestrés pour vous laisser reprendre votre souffle ; un propos intelligent enfin, qui affirme mine de rien que l’énergie vitale de notre société est dans la mixité, la rencontre, que nous pouvons la vivre sans rien y perdre, et que les quêtes d’absolu se dénichent au fond de nos stations de métro, qui abritent nos rêves… AGNÈS FRESCHEL 27 D A N SE Don Quichotte du Trocadéro a été créé en janvier au théâtre de Chaillot, joué à la Criée, Marseille, du 14 au 16 février, au Théâtre de Nîmes les 20 et 21 mars À venir les 3 et 4 mai Théâtre Liberté, Toulon 04 98 00 56 76 www.theatre-liberte.fr ♕ Wf'100 ans de Sacres ! La version revisitée du Sacre du printemps par Roger Bernat, en hommage à Pina Bausch, prônait la liberté de la gestuelle du danseur qui l’avait majestueusement adapté en 1975. Pour ce spectacle du créateur catalan, un dispositif interactif surprenant a été mis en place. En entrant dans la salle, il n’y a ni chaises, ni scène, ni même de danseurs ! Un simple casque audio est mis à disposition de chaque spectateur. Une voix électronique et anonyme plante avec délicatesse le décor composé d’un pré printanier entouré de collines et de la forêt. De mystérieuses instructions surgissent dans l’oreille du Le sacre du Printemps par Roger Bernat X-D.R. public, l’assemblée se déplace de musique d’Igor Stravinsky, la ligne manière harmonieuse, et au fur à directrice est donnée avec humour mesure, chacun trouve sa place… par cette voix malicieuse et tout dans le ballet ! La mutation opère aussi amusante. Mais sur scène, et le spectateur se métamorphose c’est lui qui agit, ce spectateur/danseur, timide, expressif ou maladroit en interprète. Pas de brutalité, pas d’obligations, pas de performances peu importe… Ce spectacle sera ou de jugements, le rôle est donné unique, quel privilège ! à qui le souhaite et l’interprète Une autre version de cette œuvre comme il le ressent. Rythmé par la majeure du siècle dernier a été proposée par Dominique Brun. Les archives de la chorégraphie originale ayant disparu, la créatrice a décidé de s’inspirer des dessins de Valentine Gross-Hugo. Pour cette cent-quatre-vingt-dixseptième version (#197), elle restructure totalement la danse mais aussi la musique originale qui est mixée, saccadée, décomposée et par instant, chantée par la sublime mezzo-soprano, Isabel Soccoja. Six danseurs parmi lesquels François Chaignaud, Emmanuelle Huynh, Sylvain Prunenec entrent en harmonie, et même en transe, avec les fibrations de la musique électronique. La source qui l’a inspirée module toute la mise en scène grâce à cette décomposition et ces temps d’arrêts liés au caractère immobile du dessin. Une véritable exploration artistique, innovante, dont il est malheureusement difficile pour le spectateur de saisir les enjeux. Dominique Brun entamera l’année prochaine une seconde partie du Sacre du printemps. C’est un fait, cette œuvre magique perdurera… jusqu’à son bicentenaire ! ANNE-LYSE RENAUT Le printemps « des sacre(s) » ! a eu lieu du 21 au 26 mars au théâtre d’Arles



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