Zibeline n°62 avril 2013
Zibeline n°62 avril 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°62 de avril 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 8,4 Mo

  • Dans ce numéro : des modèles en crise.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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20 T H É Â TR E Funny games Ah le théâtre ! on va voir Ubu Roi et on se retrouve dans son salon -à une moulure près- à écouter France Inter égrener les turpitudes d’un certain JérômeC. Il faut dire que la scénographie de Nick Ormerod est aux mises en scène de Declan Donnelan ce que sont les cartes à l’art de la guerre et ici le champ de bataille est d’un raffinement exquis. D’abord, l’idée lumineuse que le regard-laser bien vert d’un ado sur Pa et Ma, qui reçoivent leurs amis à dîner, contient une puissance destructrice dont le jeune Jarry aurait fait un festin de cruauté ; la pièce se construit sur deux niveaux qui s’emboîtent à merveille : le « merdre » inaugural se tient au bord de la cuvette des wc filmée par un fils vacant, et du babil bio du repas entre amis se lève « l’hénaurme » tempête verbale et gesticulatoire de la farce. Il faut bien du talent Cecile Leterme, Camille Cayol, Vincent de Bouard Baba au Rom La grande création de Macha Makeïeff à la Criée s’appuie intelligemment sur une relecture du conte persan, Ali Baba, pour le nourrir de nos images d’Orient contemporaines, celui qui jouxte nos frontières, ou avec lequel on cohabite à Marseille. Ses Mille et une nuits sont du Maghreb et de nos quartiers, ont l’accent de Fernandel, la faconde acrobatique de breakers, habitent à la belle étoile comme nos Roms, ferrailleurs et usuriers de nos légendes, mais tout près de containers des docks comme les immigrés récents que nous sommes. Le symbole est juste, le choix du conte judicieux, la métaphore universelle : qu’arrive-t-il au marchand qui trahit son frère, au pauvre sur qui tombe la fortune, au fils qui voit son père changer ? La fable est rendue par une distribution bigarrée qui danse, chante, joue et trahit avec enthousiasme. On peut regretter que deux des trois rôles féminins soient travestis et que la seule femme danse du ventre et joue peu (lorsqu’on vous disait que les femmes aussi programment peu de femmes…), mais il est rare d’avoir sur nos plateaux des acteurs de cette diversité d’origine, hors les musiques du monde… Ce propos sur la diversité est servi par une scénographie fourmillant de détails et de trouvailles, très élégante dans ses fausses références à la vie de bohême, ou de souk. Trappes où les accessoires s’échangent et les regards espionnent, rideaux et lointain où le jeu se prolonge en projections, portes ouvrant sur des lieux qui restent imaginaires, l’espace dramaturgique est finement travaillé. Mais le temps l’est beaucoup moins : par manque d’attention aux équilibres sonores les voix des acteurs, le soir de la première, s’échappaient dans les volutes de la musique et les acteurs, drôles parfois, à l’abattage certain, semblaient combler un enchainement dramatique incertain avec des petites danses, chant, numéros, et des dialogues bien écrits, mais mal calibrés dans le temps. Des questions de rythme qui se règleront sûrement au fil des représentations, en resserrant une matière trop peu consistante pour les deux heures et demies du spectacle. AGNÈS FRESCHEL Ali Baba a été joué à La Criée, Marseille, du 13 au 29 mars, et du 5 au 7 avril au Théâtre Liberté à Toulon À venir le 3 mai Théâtres en Dracénie, Draguignan 04 94 50 59 59 www.theatresendracenie.com Brigitte Enguerand Finalement consensuel Le problème avec l’humoriste, c’est la distance à soi-même et à la salle -quelles que soient les dimensions- toujours trop proche de la scène : « 1 mètre 50 » évalue approximativement Xavier Adrien Laurent au début de son dialogue ininterrompu avec le public et l‘artiste dramatique qu’il incarne. Malaise donc : de qui parle la personne en scène ? de ce personnage inquiet qui accueille le spectateur à l’entrée par une poignée de mains de condoléances anticipées et le remerciera gentiment service fait ? de ce comédien qui a bien des malheurs entre les vers qui résistent à l’emphase, les exercices abscons du conservatoire et la pub pour le loto qui lui colle son image à la peau, n’est-ce pas lui ? Le savoir-faire déployé (le gag de la chaise-téléphone fait rire comme un gag... tout va bien) dans la mise en abyme ou la désacralisation du jeu - hop le premier rang mis à contribution et le gentil monsieur appelé sur scène pour dire le « vide » - n’a-t-il pas pour fonction d’exposer les souffrances du métier pour se faire consoler par un public en empathie totale ? Du rassurant sur toute la ligne : en convoquant Baudelaire, Hugo, Verlaine, Rimbaud et Akhénaton sur la pelouse de l’OM, et en les mêlant aux rires, on se rapproche encore et on se serre les coudes contre ceux qui voudraient peut-être que la poésie ne soit pas en vers ou ne contienne pas tous les plus beaux sentiments du monde –les parisiens peut-être, les intellectuels bien sûr ! Spectacle de tradition qui faisant mentir son slogan d’accroche fera bien voir la culture « comme avant » sans la moindre délocalisation intérieure. Attention artiste pas méchant et qui ne mord pas ! MARIE JO DHO Artiste Dramatique écrit par Xavier Adrien Laurent et mis en scène par Hervé Lavigne a été présenté au Café-Théâtre de l’Antidote, Marseille, du 19 au 30 mars aux comédiens, Christophe Grégoire et Camille Cayol en tête, pour habiter les deux registres ; en parfaits acteurs shakespeariens frenchy, tous ont la fluidité et l’intelligence de leur double jeu. Et c’est un massacre jubilatoire qui va souiller, renverser, détruire en toute démesure potache : le gigot et sa sauce tomate se retrouvent naturellement dans l’énucléation sanglante du capitaine Bordure et les ustensiles de cuisine façon dada sont des armes redoutables (mixer Moulinex et cervelle font bon ménage !). Le salon bourgeois est soufflé, le spectateur aussi, par la déflagration d’enfance, de burlesque Grand-Guignol qui pulvérise les barrières... et pif et paf… quelle efficacité ! Réglé par le désir de ne pas faire dire plus à ce texte que sa jeunesse transgressive, ce spectacle atteint sans doute ce qu’il y a de plus profond en chacun. M.J.D. Ubu Roi d ‘Alfred Jarry dans la mise en scène de Declan Donnellan a été donné à La Criée, Marseille, du 3 au 6 avril
Patrimonial ! Le Piccolo teatro de Milano + Eduardo de Filippo + les frères Servillo : on ne peut rêver meilleurs ambassadeurs d’une culture italienne que l’on dit fragilisée par les temps qui courent. Rien à craindre ici ! La création au théâtre du Gymnase de Le Voci di Dentro a donné tous les signes de l’aisance confortable d’un théâtre les pieds sur terre sinon bien assis ; seul le surtitrage, le soir de la première, a peiné à suivre la coulée continue du dialecte napolitain jamais refroidi mais fermer les yeux n’est pas déplaisant quand les oreilles sont ainsi comblées. Comédie grinçante qui s’ouvre sur un corps lourdement pris dans le sommeil et se clôt par un monologue debout d’une amertume décapante, ces voix du dedans sont celles qui peuplent un immeuble d’après-guerre et tissent une conversation permanente où il est question de savon et de chandelle, de macaronis réchauffés, de chômage humiliant ou de prostitution camouflée ; ce sont peut-être surtout les voix intérieures -le diable probablement- qui poussent Alberto Saporito (savoureux Toni Servillo, immense acteur de cinéma qui assure aussi la mise en scène) et son frère (fort à propos Peppe Servillo) à dénoncer à la police la famille voisine pour un assassinat... vu en rêve. Dérèglement dans les étages et délation généralisée : Eduardo de Fillipo n’a pas son pareil pour donner des dimensions cosmiques à une tragédie de cuisine et c’est ce que jouent talentueusement les acteurs dans les règles de l’art ; expressivité haut de gamme, fluidité des déplacements et du verbe haut. Que dire ? Une bonne soirée ?... voilà ! MARIE JO DHO Le Voci di Dentro d’Eduardo de Filippo, mis en scène par Toni Servillo a été créé au théâtre du Gymnase, Marseille, le 20 mars 2013 AU{-EN-PROVENCE ET PAYS D'AIX Fabio Esposito Encore Eschyle Son Agamemnon l’accompagne depuis des années. Mireille Guerre le triture, lui donne les traits d’Alain Fourneau obsédé lui aussi, puis d’un autre, se laissant emporter par la lyrique traduction de Judet de la Combe, préservant bruts les passages les plus archaïques, les confiant à des corps et des voix typées, contemporaines, qui disent la brutalité en se Thomas Fourneau gardant de l’hystérie. Là pour cette version, L’homme de son lit, elle s’est concentrée autour du drame familial. Du meurtre. Agamemnon le premier qui tue sa fille pour du vent, mais surtout Clytemnestre, dont Cassandre ne semble que l’écho, comme si Médée s’était scindée en sorcière étrangère, et en épouse vengeresse. L’inéluctable de la tragédie se joue sans suspens, tout se déplace vers son but… et les comédiens, chacun dans son genre, semblent les jouets d’un destin décidé ailleurs, et dont on ne fait qu’observer les corps perdus dans les rouages. Pascale Bongiovanni, maître des lumières, ouvre la cérémonie avec une justesse de Coryphée retrouvé… AGNES FRESCHEL L'écran de fumée Le Maquis (théâtre) New cabaret Cercke d'Or de Venelles (cabaret) Lain d'eux Mauvigrtier collectif Les possédés (théMre} Blanche neige Jelinek Cie ta Variante (tlléatrP) L'art tangent en valise a55aciat Arsène (performance) Rév'illusian Taoufiq Pzeddit u Cie Avanie (danse) Dobaut an bout Cie Cirquons flex (cirque} PhAdre Jean Baptiste Sastre Frédéric Boyer (théatre) Vania Tchekce colleeéiF Les possédés (théâtre) L'opéra baroque Les frères Forman (marionnettes) 944293 85 49 www.aixpaysdaix2413,corn Bois de !'Aune 1"° place Victor 5dhcekher L’Homme de son lit a été joué aux Bernardines, Marseille, jusqu’au 29 mars 41166 PKC ÆNCi1iSr I Ji.1.1411 PAYS D'AI7L...rE.. erg 15',1 Wstli Mini- MP irl67pipatcuEdrtl4BliCannimul6d parifkf



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