Zibeline n°62 avril 2013
Zibeline n°62 avril 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°62 de avril 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 8,4 Mo

  • Dans ce numéro : des modèles en crise.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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18 M P2013 Toulon abat ses cartes C’est à Guillaume Monsaingeon que l’on doit « l’atterrissage à Toulon d’une exposition présentée à Lisbonne, et qui ne pouvait être neutre au regard des spécificités de la ville ». Du coup la version toulonnaise de Mappamundi, art et cartographie a évolué et s’est enrichie de nouveaux éléments. Comme la commande passée à la plasticienne Céline Boyer qui a réalisé une série de portraits photographiques d’habitants du Var, Empreintes, exposés sur les grilles extérieures de l’Hôtel des arts et publiés chez Parenthèses. Comme le workshop de l’artiste marcheur Hendrick Sturmavec les étudiants de l’École supérieure d’art de TPM, objet d’une coédition avec le Frac (Toulon Mundi Termes géographiques). Ou encore la rencontre avec les auteurs et les artistes à la librairie Contrebandes. Épicentre de cette cartographie varoise, l’Hôtel des arts dément l’opinion de Stevenson selon laquelle les gens n’aiment ni les cartes, ni la géométrie, ni les maths, avec cette exposition savante mais joyeuse, aux grilles de lecture multiples, conçue autour d’une idée forte : « la carte comme terrain de jeu ». Dès l’atrium Cristina Lucas donne le ton : ses deux globes colorés Mundo Masculino, Mundo Femenino, illuminés la nuit, servent d’icône à l’exhibition. Son idée de frontières arbitraires se distille jusque dans les trois sections qui découpent l’espace : « le corps » ou comment les cartes possèdent une matérialité propre dans laquelle les artistes réinjectent leurs souffrances, leurs affects (dans Highland Dress, Susan Stockwell reproduit le monde en recréant les volumes du corps, Qin Ga évoque sur son corps tatoué la Longue Marche de Mao) ; « le combat », car la carte est un outil de l’Histoire au pouvoir symbolique et k a.a&aa7 s*r 1 -.r., : , ; n,. : , uws.n+sxr -r" - réel, et une arme de contrepouvoir (Nelson Leirner choisit le kitch et la dérision pour dénoncer le monde de Disney) ; « le conte », quand elle est une échappée belle hors du réel, un outil de fictions. « Un système de rêves comme la littérature » pour Guillaume Monsaingeon qui les fréquente assidument. À l’instar de Nicolas Bouvier, Jérémy Wood, Mateo Maté, David Reimondo, Chris Kenny ou Rosana Ricalde, dont les œuvres se moquent des contours institutionnels, réinventent les lignes de partage, Nelson Leirner, MAPA 2, 2009, Tirage photo encadree, 114 x 155 cm, Courtesy Galerie Gabrielle Maubrie brisent les frontières, créent un monde onirique, déplacent l’espace des corps, détournent le sens des légendes et distordent les échelles. C’est dire si les cartes sont une arme inépuisable au service de la dérive imaginaire ! MARIE GODFRIN-GUIDICELLI jusqu’au 12 mai Hôtel des arts, Toulon 04 94 9169 18 www.hdatoulon.fr Cousu main ! Si les artistes contemporaines se réapproprient le textile, ce n’est pas pour attendre le retour de leur bien-aimé… C’est pour tisser des récits singuliers en rapport à l’intime ou au lien social ; pour repenser la matière, la couleur, l’espace, la lumière à travers leur pratique de la broderie, du découpage, du collage, de la photographie, de l’image vidéo. Vaste corpus fictionnel qui emprisonne dans sa toile d’araignée des bribes de leurs histoires. Au fil du temps est la première parenthèse de l’exposition Tisser des liens conçue par Crystel Roy et Caroline Clément sur le temps et la mémoire, bientôt suivie d’une Carte blanche à Aïcha Hamu (29 juin/29 septembre) et de À fleur de peau autour de la présence du corps, voilé/dévoilé, de l’identité et de l’intime (12 octobre/31 décembre). Dans les salons de l’hôtel particulier au parfum suranné, la figure de Neptune peint au plafond est une merveilleuse source d’inspiration pour Marie Ducaté qui réalise une œuvre en miroir en résille de calque synthétique découpé à la main : « Un vrai travail de Pénélope ! Avec ce matériau, je peux imaginer chaque fois des choses différentes et concevoir des œuvres in situ. » D’où cette impression, paradoxale, d’avoir toujours été là. Du sur mesure encore, avec l’installation vidéo et rétroprojection d’Anne-Marie Pécheur, Rose Rose, qui joue des anamorphoses de la lumière et des couleurs pour dire combien les roses sont éphémères. De fil en aiguille Carole Benitah envahit le dessus de cheminée, les Isa Barbier, La chambre du secret, 2013 X-D.R vitrines et les murs de ses photographies rebrodées de soie rouge qui « neutralise la forme, gomme les silhouettes », met sous globe des sculptures en cheveux considérés comme des « fétiches, des objets de plaisir ». Évocation voilée d’une enfance tourmentée… Les deux Toison d’or de Michèle Sylvander se font face, antichambre à la ville utopique de Aïcha Hamucomposée de 23 modules de jardins suspendus, tandis que dans La chambre du secret, Isa Barbier chuchote aux oreilles de Louis et Lucrèce, les amants du Pavillon de Vendôme. M.G.-G. Tisser des liens Dans le cadre d’Ulysses, itinéraire d’art contemporain jusqu’au 16 juin Pavillon de Vendôme, Aix 04 42 91 88 75 www.mairie-aixenprovence.fr
Abris sans fortune Mer, mythe, épopée et sirènes ne riment pas forcément avec bonne fortune confrontés au principe de réalité. Pour preuve la série Shelter de Henk Wildschut à la galerie Voies Off Passer la mer ou faire la manche ? Dans la continuité d’un premier reportage sur les campements d’urgence suite aux tremblements de terre au Pakistan, le photographe néerlandais entame en 2005 un projet sur les émigrés illégaux de Calais. Il en sera tiré un livre et un film objets de plusieurs récompenses. Une sélection d’une quinzaine de photographies de grand format nous est présentée, appliquées directement sur les murs de la galerie, vouées ainsi à disparaître. Parti pris clair et cohérent en regard du sujet tout empreint des problèmes de précarité. Henk Wildschut, Calais, France, Fevrier 2009 L’auteur témoigne sans misérabilisme ni sensationnalisme du vernis de l’imagerie photographique. Quand nombre des projets sur la jungle calaisienne s’attachent aux personnes (Marion Osmont, Des hommes vivent ici, voir Zib’60), la majorité des clichés de Wildschut se passe de leur présence. Ses images semblent dire j’étais là, j’ai vu. Avec la bonne distance. En témoin et martyr. Car un martyr c’est à la fois celui qui témoigne et celui qui subit (du grec μάρτυς/mártus « témoin »). Journaliste comme martyr, refusant d’abjurer sa foi en son rôle d’informateur, de témoin, c’est celui qui rend compte du martyre de ses semblables. C’est aussi une façon de concevoir une forme nouvelle au travail sensible du photo-reportage en une période où ce domaine subit une profonde crise. Ou une mutation. Ces cabanes d’urgence de bric et de broc prennent une valeur universelle, renvoyant à toutes les formes de précarité. Ce sont celles aussi de l’enfance mais bien plus gravement celles que l’on subit qu’on soit indigène ou en exil. Shelter, abri de fortune. L’expression française prise à lettre induit un terrible oxymore. Il n’y a pas de châteaux à Calais. Les images de Henk Wildschut en témoignent. CLAUDE LORIN 19 M P2 I0 1 3 Henk Wildschut : Shelter jusqu’au 9 juin Galerie Voies Off, Arles 04 90 96 93 82 www.voies-off.com VitaNONnova Power Films, exposition photo, sculptures et performances, Polyptych Bobby Seale est l’élément final de VitaNONnova, un cycle de créations du collectif marseillais LFKs consacré à l’histoire du Black Panther Party et du Black Power. Ce troisième épisode rend hommage à Fred Hampton, président du Black Panther Party de Chicago, assassiné par une unité spéciale de police le 4 décembre 1969 et au « Chicago 8 », un procès dans lequel le leader national Bobby Seale a comparu bâillonné et enchainé à une chaise. Deux personnalités devenues les symboles de l’injustice inouïe et de la violence extrême exercées par les autorités américaines sur la population afro-américaine. Ces épisodes ont été la source d’inspiration des Booby Seale Got His 9 VitaNONnove#3 A tribute to Fred Hampton, Arles-Chicago artistes présents dans la grande Halle des Ateliers SNCF de Arles. D’où la présence d’un matelas ensanglanté sur son chevalet ; d’une grille de sécurité abimée posée sur un socle de bois ; de mystérieux petits livres bleus, fidèles copies du Petit livre rouge de Mao, dans la chapelle… Le spectateur-visiteur doit tourner autour de ces sculptures et en chercher le sens. Pour Jean-Michel Bruyère, le fondateur du collectif LFKs, « La sculpture c’est cela : la découverte par le déplacement du corps d’un ensemble de signes déployés dans l’espace et se transformant toujours tandis que le regard l’encercle. » Ces œuvres sont toutes implicitement liées à la bande son et la voix live du « performer » du film Bobby Seale Got His 9 qui résonne dans toute la halle grâce à un dispositif sonore colossal. Projeté sur cet écran gigantesque, ce film, tourné à Chicago pendant l’été 2012, est évidemment le fil conducteur de l’installation et crée volontairement le lien entre les paroles de ces révolutionnaires du passé et… le monde actuel ! ANNE-LYSE RENAUT Polyptych Bobby Seale Jusqu’au 5 mai Grande halle, Parc des ateliers, Arles 04 90 49 38 20 www.arles-info.fr



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