Zibeline n°6 avril 2008
Zibeline n°6 avril 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°6 de avril 2008

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 72

  • Taille du fichier PDF : 10,0 Mo

  • Dans ce numéro : ouverture de la Biennale.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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08 POLITIQUE CULTURELLE BJCEM L’utopie à l’épreuve des faits La Biennale des Jeunes Créateurs d’Europe et de Méditerranée (BJCEM) fête ses 20 ans. La manifestation se tiendra cette année à Bari, dans les Pouilles, et réunira, du 22 au 31 mai, près de 800 jeunes artistes venus de 49 pays. En effet elle s’est élargie à tous les pays européens (jusqu’à la Norvège), et même ceux qui n’ont pas de façade méditerranéenne enverront quelques artistes. Mais la manifestation, malgré les 11 pays de la rive sud et ceux des Balkans, reste majoritai-rement latine. En particulier italienne, avec 32 villes sur 72 participantes (+ 25 pays) ! Histoire Le principe est simple : chaque ville, ou état, présente une sélection d’artistes de moins de 30 ans (35 pour les chorégraphes et les metteurs en scène) dans des domaines artistiques divers : les arts visuels, doublés des arts appliqués et des images en mouvement, dominent largement le nombre des propositions, mais la littérature, le théâtre et la danse, les musiques, surtout amplifiées, et la gastronomie (!) sont aussi présents. Pour son vingtième anniversaire la BJCEM édite un très beau catalogue, Original, qui reprend les œuvres de 100 artistes qui ont marqué son histoire. Le livre, qui sera disponible dans les musées et en librairie, est en anglais bien qu’imprimé à Milan, et Espaceculture 2007 écrit par des Italiens… Mais les œuvres sont reproduites avec soin, dans une très belle maquette, et ce catalogue permet de se souvenir qu’ErikM, Kelemenis, Ghazel ou Ema Kugler ont été remarqués lors d’une Biennale… L’édition des Pouilles sera donc la 13e, après Barcelone en 1985 et 1987, Thessalonique en 1986, Bologne en 1988, Marseille en 1990, Valencia en 1992, Lisbonne en 1994, Turin en 1997, Rome en 1999, Sarajevo en 2001, Athènes en 2003 et Naples en 2005. L’irrégularité des dates et la fréquence des villes italiennes sont symptomatiques de la difficulté de l’entreprise : conçue initialement comme une manifestation annuelle, elle a aujourd’hui du mal à se tenir tous les deux ans, mais surtout à franchir la mer pour s’installer sur l’autre rive. Car cette 13 e édition, qui était prévue en 2007 à Alexandrie… a d’abord été annulée. Vers l’autre rive Les organisateurs expliquent cette annulation sans cacher leur déception : aller à Alexandrie était pour eux l’aboutissement logique du projet, et réalisait l’utopie d’une méditerranée réconciliée. Car l’Égypte a d’abord reculé les dates, puis annulé la Biennale, parce qu’elle ne pouvait assurer la sécurité d’un tel nombre d’artistes et d’organisateurs, de visiteurs, à cause des attentats possibles. Puis généralement la présence d’Israël, bien sûr, a posé de nombreux problèmes lorsqu’il a été question d’aller au Liban, en Syrie ou même à Tanger. La réalité économique s’impose également lorsqu’il est question du Sud : il faut des structures d’accueil et d’exposition importantes, et un investissement privé notable. Mais la censure agit aussi : les artistes, jeunes, méditerranéens, produisent des images libres qui peuvent être perçues comme provocantes, en particulier quand elles exposent des corps. Les organisateurs pourtant ne renoncent pas, et veulent se donner les moyens de leur utopie, en reprenant, plus modestement, des workshops, des rencontres thématiques d’une vingtaine d’artistes, au Liban, à Tanger, en Égypte, histoire que le chemin se fasse peu à peu… Les Pouilles, porte vers l’Orient et vers le Sud, territoire historique des brassages les plus divers, auront force de symbole ! À Marseille Dès le 10 avril les plasticiens sélectionnés par la ville exposeront aux Beaux-Arts et à la Galerie d’artistes de la ville, et ce jusqu’au 17 mai. Des spectacles musicaux et théâtraux auront lieu également à Montevideo. 28 propositions à découvrir, dont Zibeline rendra compte avant le départ pour Bari. Puis dès l’automne 2008, un nouvel appel à candidature aura lieu pour la Biennale 2009 (l’année perdue se rattrape !) qui se tiendra à Skopje (Macédoine). Et chacun espère que l’édition 2013 aura lieu à Marseille, élue alors capitale européenne de la culture ! Un double pari, en espérant que la biennale aura, d’ici là, réussi à franchir la mare nostrum ! AGNÈS FRESCHEL Sélection Marseillaise Expositions du 10 avril au 17 mai Galerie des Beaux-Arts Ateliers d’artistes de la ville de Marseille Spectacles : du 24 au 26 avril Montévidéo Renseignements : Espaceculture, La Canebière 04 96 11 04 60 www.espaceculture.net Espaceculture 2007 r"
LE MOIS DE LA FEMME POLITIQUE CULTURELLE 09 Comment les femmes résistent service militaire, l’occupation des territoires, l’obéissance à l’autorité est une bonne chose pour eux, pour leur pays, pour la paix. Argentine, 2006 Pierre-Yves Ginet/Rapho Depuis 2005 le conseil régional PACA organise, plutôt qu’une journée annuelle de la femme, tout un mois pour elles, en partenariat avec le GRAIF (Groupement Régional pour l’Action et l’Information des Femmes). L’assemblée régionale, sans doute grâce à sa véritable parité, soutient les associations de femmes et défend, au-delà de l’égalité des droits, une égalité de fait. C’est donc en toute logique que le mois de la femme a débuté, le 25 février, par une conférence sur les Femmes en Résistance dans l’hémicycle, et le vernissage de l’exposition photographique de Pierre-Yves Ginet. Protéger La conférence, grâce aux femmes d’exception présentes à la tribune, fut un moment rare de mémoire et d’émotion. Marie-Josée Chombart de Lauwe parla de son passé de résistante et de déportée, avec pudeur et précision, et tenta de définir ce que les femmes, dans ces situations extrêmes, avaient de spécifique : une faculté d’organiser les réseaux, de protéger les faibles, d’héberger, de nourrir, de cacher, mais aussi de rédiger les tracts, et de les faire circuler. Quant à la vie dans les camps, elle souligna une solidarité plus forte entre les femmes, qui nourrissaient « naturellement » les plus faibles, les enfants, les bébés. Garder en mémoire Marie-Esther Tello, une des Mères de la Place de mai qui se sont dressées contre le « terrorisme d’État » argentin en allant réclamer des nouvelles de leurs enfants enlevés, insista aussi sur le rôle spécifique des femmes, et sur l’importance de la mémoire. Elle raconta le musellement terrifiant d’une société avancée, éduquée et riche, par une dictature qui s’en est d’abord pris aux intellectuels et à la culture, à l’exercice du sens critique, à la mémoire. Elle expliqua que l’Argentine paie toujours, que cela recommence parce que rien n’a été réglé : la terreur aujourd’hui passe par la dénutrition et l’abrutissement, qui rend possible la coexistence du luxe extrême et de la misère la plus noire. Cherifa Kheddar, fondatrice de l’association Djazairouna pour l’aide aux victimes des intégristes, parla du désastre d’une « réconciliation nationale algérienne » qui annule toute notion de faute, de crime, accorde des indemnités aux anciens terroristes, et laisse les victimes des viols, et leurs enfants, démunis. Et qui entraîne aujourd’hui le pays dans une spirale de violence recommencée, les attentats faisant à nouveau 400 morts par mois en Algérie. Enseigner La lutte des femmes en Afghanistan, menée par Shoukria Haidar et son association Negar pour la scolarisation des filles, semble plus essentielle encore, plus vitale : les attentats des Talibans visent d’abord celles qui osent aller au lycée, à l’école ; les établissements scolaires féminins sont les cibles privilégiées des terroristes, et les têtes des enseignantes sont mises à prix à 500 euros. Le combat de Diana Dolev, Israélienne, fondatrice de New Profile, mise également sur l’éducation : il s’agit d’agir dans un état « militarisé à l’extrême », de changer les constructions mentales des Israéliens, afin qu’ils se demandent enfin si le Visages de la lutte L’exposition de Pierre-Yves Ginet met des visages sur ces combats et sur d’autres (Tibet, Rwanda, Ouganda…), souvent anonymes, sur ces femmes poussées par un époustouflant héroïsme du quotidien. Ses photographies, très belles, groupées par thème et accompagnées des informations nécessaires, sont émouvantes et formatrices : il est parvenu, chaque fois, à capter la force, le désespoir, les souffrances et les sourires de celles qui sont souvent les premières victimes de ces « guerres » modernes, insidieuses, affamantes et sournoises. Femmes qu’on trouve peu souvent du côté des bourreaux. Ne serait-ce pas cela, finalement, leur plus évidente spécificité ? AGNÈS FRESCHEL Femmes en résistance jusqu’au 19 avril de 9h à 19h Hôtel de Région 04 91 57 52 78 www.regionpaca.fr Rwanda, 2005 Pierre-Yves Ginet/Rapho



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