Zibeline n°6 avril 2008
Zibeline n°6 avril 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°6 de avril 2008

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 72

  • Taille du fichier PDF : 10,0 Mo

  • Dans ce numéro : ouverture de la Biennale.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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66 ÉDUCATION CONSERVATOIRE NATIONAL Drôle de nom pour un établissement d’enseignement artistique ! Pourquoi donc les endroits où l’on apprend la musique s’appellent-ils des « Conservatoires », et qu’y conserve-t-on ? X-D.R L’établissement dirigé actuellement par le violoniste Philip Bride, est situé au Palais Carli, à Marseille, avec des annexes dans le 7 e et le 5 e arrondissements. Il compte actuellement 1600 élèves, qui y pratiquent un instrument en cours particulier, et ont des cours obligatoires de formation musicale (qui constitue un enseignement plus complet que ce qu’on appelait avant « le solfège ») et de pratique collective (chant choral, orchestres, harmonies...). Les études sont organisées en quatre cycles (éveil : 1 an, cycle 1 : 4 ans, cycle 2 : 4 ans, cycle 3 : 3 ou 4 ans, et dans certaines classes un 4 e cycle). Ces étapes mènent les jeunes enfants, à partir de 5 ans, jusqu’à la maîtrise professionnelle de leur instrument... et l’âge adulte ! Les études, longues, sont aussi ponctuées, chaque année, d’auditions, d’examen de fin d’année, de contrôles techniques, et de concours de fin de cycle... La sélection est à l’œuvre à chaque étape, surtout dans certaines classes comme le piano, le violoncelle ou le violon... Mais au Conservatoire on enseigne aussi le jazz, l’électroacoustique, l’écriture, la musique de chambre, la direction chorale : des classes où les plus grands, et des adultes, prennent visiblement beaucoup de plaisir. Et, globalement, les enfants que nous y avons croisés avaient l’air plutôt épanouis et heureux ! Et de milieux sociaux assez divers, avec visiblement beaucoup d’enfants d’origine étrangère... Le Conservatoire serait-il moins conservateur que son nom ne laisse supposer ? Organisation des études Nous avons rencontré Anne Battini qui est chargée de l’organisation des enseignements à horaires aménagés (voir page 68). Elle précise que tous les nouveaux élèves sont admis sur concours en septembre : le candidat doit interpréter les morceaux imposés communiqués par voie d’affichage début juillet. Au fur et à mesure de l’avancée dans les cycles les matières obligatoires s’additionnent : d’abord l’orchestre au milieu du cycle 1, puis, en fin du cycle 3, la Musique de Chambre qui devient une discipline obligatoire. « Selon le niveau, les horaires de cours sont de plus en plus chargés et donc la quantité de travail personnel à fournir est de plus en plus grande. Et il n’y a pas d’internat pour les jeunes. Ceux qui viennent de loin sont obligés de loger chez des familles d’accueil ou en foyer, mais c’est très cher et pas toujours satisfaisant. C’est pour cela qu’on a moins d’élèves qu’à Nice dont le Conservatoire est équipé d’un internat. » Et puis les jeunes isolés ont parfois des difficultés. Il n’est pas rare alors qu’ils se confient à Anne Battik ou Andrée Deschamps qui font tout ce qu’elles peuvent pour les aider. Le Conservatoire est une grande famille ! Les parents Andrée Deschamps est présidente de l’Association des Parents d’Élèves du Conservatoire (APEC). Bénévole depuis 17 ans, passionnée depuis toujours, présidente depuis 7 ans, elle est animée d’une flamme communicative et entraîne un grand nombre de parents dans son sillage. C‘est elle qui a impulsé les Portes Ouvertes du Conservatoire et qui est à l’origine de la création de l’Orchestre Mistral Junior (OMJ) en 1997 : « Il fallait mettre en avant le côté ludique de la musique en organisant un concert, un dimanche par mois. Sans oublier le goûter qui suit et qui permet aux parents et enfants de se retrouver avec plaisir ! » Portes ouvertes Car le 29 février et le 1er mars le Conservatoire a ouvert ses portes pour la 2 e année consécutive pour donner à voir ce qui se passe en ses murs. Visite Notre guide au joli prénom de Cylia nous a promenés dans les nouveaux bâtiments entièrement rénovés et relookés avec des murs patinés, des escaliers en ferronnerie et des parquets, le tout dans un style contemporain discret. Des salles de répétition et de cours insonorisées et lumineuses, des issues de secours aux normes, des toilettes dans des lieux qui en étaient dépourvus, des distributeurs de boissons : tout a été pensé pour que les étudiants qui passent beaucoup de temps entre ces X-D.R Étudier au Conservatoire
67 Elle veut présenter le concours d’entrée au Conservatoire National Supérieur de Lyon car l’enseignement du basson y est très réputé. murs aient un confort mérité. Il faut dire que le monument étant classé, les travaux sont toujours plus difficiles. D’ailleurs ce n’est pas fini ! Une très belle salle, la salle Magaux, qui était la salle du Ballet de Roland Petit est scandaleusement à l’abandon : l’humidité décolle les fresques superbes des alcôves et détériore les parquets. Des concerts Le vendredi un concert accueillait les premiers visiteurs dans la salle Henri Tomasi : L’histoire de Babar de Francis Poulenc. Une découverte de la musique pour les élèves de Primaire de la Palade dans le 13 e arrondissement et de l’école Longchamp, public très attentif et très content de la visite à la sortie. Toute la journée du samedi fut ponctuée de concerts des élèves, en diverses formations, et le conservatoire n’a pas désempli. Mais le Conservatoire propose aussi des concerts exceptionnels : ainsi Philip Bride se produisait avec Bruno Rigutto le 3 mars. Et les classes se produisent régulièrement : la classe de composition y crée ses œuvres, les orchestres et harmonies s’y produisent régulièrement. Et leur programme est disponible sur demande ! CHRIS BOURGUE Conservatoire National de Région Place Carli, Marseille 1er 04 91 55 35 74 www.marseille.fr/vdm/cms/culture/conservatoire X-D.R X-D.R Sven a 20 ans. Prédisposé tout petit à la musique par son père professeur de guitare classique à Gap, il s’est mis à taper sur tout ce qui se trouvait à sa portée dès son plus jeune âge et a eu sa première batterie à 11 ans. Il joue déjà dans plusieurs formations et dans plusieurs styles : jazz, rock festif à Gap avec son groupe Basta Paï Paï, l’Ensemble de Percussions de Marseille, Symblema, l’Orchestre Symphonique sous la direction de Philip Bride ; il participe aussi à la D’un instrument l’autre ! Nous avons recueilli quelques témoignages au détour des couloirs Cylia, notre guide, est bassonniste. Elle a débuté le piano à 4 ans, s’est mise au basson à 11 et vient de s’attaquer à la trompette ! En Musique de Chambre elle travaille avec une flûtiste et une clarinettiste. Elle est en première année de Musicologie à Aix-en-Provence. Son projet : l’enseignement du basson ; c’est en effet la relation pédagogique qui l’intéresse, pour faire passer son amour de la musique. D’ailleurs elle a beaucoup aimé ce jour-là accompagner la visite des élèves des écoles. « C’est le travail de l’instrument qui me passionne, c’est plus concret que les études musicales. » X-D.R création de l’opérette La vie parisienne d’Offenbach avec la classe d’Art Lyrique. Cela paraît énorme, cependant Sven semble très « zen » ! Son dynamisme et son enthousiasme font plaisir à voir ! Aurélie Deschamps n’est plus au Conservatoire de Marseille, mais y a passé de nombreuses heures, dépassant les espérances de sa mère (voir ci-contre) ! Premier Prix de Musique de Chambre, Premiers Prix de violon et d’alto, elle a décidé de se consacrer à l’alto, attiré par son répertoire de musique contemporaine. Après Marseille, elle a suivi la formation du Conservatoire de Paris où elle a obtenu son Diplôme et a pu rejoindre la formation de Perfectionnement qui s’adresse aux interprètes qui veulent devenir solistes. En plus de tout cela, Aurélie, âgée seulement de 23 ans, a été lauréate en janvier de la Fondation d’Entreprise du groupe Banque Populaire, ce qui lui permet d’avoir une Bourse, la Bourse Natexis, pendant 3 ans. À Paris depuis 5 ans, elle est maintenant intermittente du spectacle. Elle vient de faire une résidence de 10 jours en Bretagne avec un quintette à cordes pour travailler des pièces d’un compositeur contemporain, Gilbert Bescond. « C’est une belle expérience enrichissante : 10 jours avec le compositeur à raison de 6 heures par jour ! C’est exceptionnel ! On se sent très proche de l’œuvre ! » Jean-Marc Fabiano, professeur d’accordéon et soliste réputé, venait rejoindre ses élèves en répétition. Il a bien voulu nous confier quelques souvenirs : « J’ai commencé la musique assez tard, à 14 ans. J’ai eu le coup de foudre pour l’accordéon lors d’une émission à la télé que je regardais beaucoup parce que j’étais malade et obligé de rester couché ! Je ne connaissais rien à la musique : aucun musicien dans la famille. Très vite j’ai fait 10 heures de musique par jour. Plus tard un ami m’a conseillé d’aller en Finlande, à Helsinski, c’est là qu’on trouvait la meilleure formation. J’y suis resté 2 ans. De retour, après un début d’enseignement à l’école de Musique de Rognac, on m’a très vite proposé de créer une classe d’accordéon au Conservatoire de Marseille ; c’est la seule en France. Et depuis 1992 on accueille des étrangers de tous les pays ! » ENTRETIENS RÉALISÉS PAR CHRIS BOURGUE



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