Zibeline n°6 avril 2008
Zibeline n°6 avril 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°6 de avril 2008

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 72

  • Taille du fichier PDF : 10,0 Mo

  • Dans ce numéro : ouverture de la Biennale.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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64 HISTOIRE ET PATRIMOINE MUSÉE DE L’ARLES ANTIQUE Anciennement « temples des Muses », aujourd’hui « lieux destinés à rassembler les monuments des beaux-arts et des sciences, les objets antiques… », tout a été dit sur ces sanctuaires de la connaissance, les musées conservateurs, ponts reliant les êtres à leur passé, à leurs racines. Et si Lamartine affirmait dans un soupir (on aimait beaucoup soupirer à l’époque) « je suis las des musées, cimetières des arts », c’est qu’il n’avait pas été initié au nouvel art muséal qui donne à penser, à réfléchir, et nous arme, nous accordant à notre histoire et nous incite à vivre. Voyage au centre de l’Antique Mosaïque de l’Aion Musée de l’Arles et de la Provence Antiques Si vous cherchez le musée archéologique dans la vieille ville d’Arles, au détour d’une rue typique, face aux arènes, à l’angle des cryptoportiques, derrière le café jaune de Van Gogh qui attire comme un aimant les groupes zélés de photographes en quête d’art, ou, plus démonstratif, sur la place de la République face à Saint- Trophime, devant l’obélisque… vous en serez pour vos frais et une charmante escapade ! L’obélisque constitue cependant un indice sûr. Il provient de la spina de l’antique cirque d’Arles ; dédié à Louis XIV, il fut charrié jusqu’à la place de l’hôtel de ville où il trône désormais. Quarante jours furent nécessaires à l’époque pour le transporter… Un quart d’heure à pieds, cinq minutes en voiture suffisent aujourd’hui à franchir la distance, et remonter le temps… C’est en effet à la sortie de la ville, au sommet de l’ovale du grand cirque, Maquette Musée de l’Arles et de la Provence Antiques désormais hachuré de voies de communication, que se trouve le Musée départemental de l’Arles antique. Symbolique Architecture résolument contemporaine, lignes nettes et franches, immense triangle de ciel bleu… Nous sommes bien éloignés du cabinet des antiques cher à Mérimée ! Dans un même espace, la plus pure modernité jouxte, ou plutôt sert, la protohistoire et l’antiquité, et, dès l’abord, nous donne une leçon. Car tout ici a un sens. Formes, couleurs, lumières, tout devient signe. Le triangle répond à l’ovale parfait de l’amphithéâtre romain. Henri Ciriani, l’architecte, définit ainsi l’espace : « Avant tout un matériau régi par des règles stables, et dominé par les directions symboliques de l’horizontale et de la verticale ». Les couleurs elles-mêmes répondent à l’exigence du symbole. Si le bleu qui verrouille les murs extérieurs évoque le ciel provençal, ce bleu affirmé des jours de grand vent, il accorde aussi une idée de permanence, un caractère quasi immuable à ce qu’il enveloppe. Le vert quant à lui nous renvoie à une perspective plus matérielle du temps qui oxyde le cuivre. À l’intérieur du musée, c’est la force vivante de cette culture qui nous irrigue, que porte le rouge profond de certains murs. Le blanc enfin, nous fait glisser dans une dimension intemporelle. Par leur forme aussi, les murs du bâtiment s’évadent du fonctionnel, dépassant les limites destinées à enfermer et protéger un endroit clos, et dessinent des ouvertures
65 d’énigmes et de malentendus- sont non seulement réécrites, ce qui éclaire les nombreuses abréviations, mais aussi traduites… ce qui donne l’impression d’être savant ! Faut-il insister sur le dynamisme des activités de ce musée, expositions, spectacles, ateliers, tournés vers tous les publics, un parcours tactile est même proposé aux malvoyants ou aux non voyants… Tout est indiqué et développé sur le remarquable site dédié au musée : activités prévues, horaires, tarifs. Et une documentation riche est proposée aux enseignants qui veulent préparer une visite avec leurs élèves. Car en période scolaire, le musée se transforme en véritable ruche du savoir ! MARYVONNE COLOMBANI www.arles-antique.cg13.fr X-D.R larges qui orientent notre regard vers un fragment de paysage, donnant sur le fleuve ou sur les vestiges du cirque. La vue, par la grâce de ce cadre, devient tableau. L’architecture nous apprend à orienter, discipliner notre regard en lui fournissant un point de vue. C’est à cette esthétique didactique que répond l’intérieur du musée. Promenade La lumière devient un constituant essentiel de l’architecture du bâtiment, y composant tout un univers. Artificielle, elle permet le surgissement de la protohistoire avec le lion d’Arcoule qui ouvre la visite, puis laissant la place à une lumière naturelle, elle nous laisse admirer les statues dans l’éclairage qui fut le leur. L’espace entier de l’exposition ne connaît pas le frein des murs, des pièces qui cloisonnent le savoir. Tout est situé sur un même plan. La visite suit un itinéraire chronologique et thématique, qui conduit de la protohistoire (2500 av. J.-C.) à l’antiquité tardive (VI e siècle) à travers des espaces où se retrouvent les thèmes de l’urbanisme, des jeux, de la vie quotidienne, de la religion, de l’économie. Le visiteur peut errer d’un univers à l’autre, libre de se promener au gré de son inspiration, de revenir sur ses pas, promenade où se satisfait son appétit de savoir historique ou son simple désir de plonger au cœur de la beauté. Au cœur des merveilles Les objets exposés sont choisis avec discernement, chacun invite à une nouvelle connaissance. Les commentaires qui les accompagnent sont précis et clairs. Aucune érudition gratuite, les propos sont efficaces. Des cartes jalonnent le parcours ainsi que des pans de mur qui situent les périodes historiques ou rappellent les conditions des découvertes, livrent des anecdotes éclairantes. Des maquettes d’une facture remarquable donnent vie aux fragments exposés, rendent tangibles et compréhensibles les points techniques obscurs, comme l’installation du velum sur l’amphithéâtre, les courses de char dans le cirque, le système hydraulique de la meunerie de Barbegal, la prouesse technique du pont de bateaux ; de petites figurines évoquant la vie quotidienne les animent, et fournissent une échelle. L’angle consacré au cirque, face à une large baie qui donne sur ses vestiges, permet de revivre les étapes de la découverte archéologique, présente les techniques de datation, les méthodes de construc-tion, exposant les pilotis sur lesquels reposait l’édifice. L’ingéniosité des Romains, ces magiciens de l’eau et de la construction, est racontée, évidente de réflexion et de simplicité… Le musée se livre dans une atmosphère de calme lumineux où l’esprit trouve une véritable tranquillité, telle celle si chère à Hadrien dont le buste marque le début de la file des empereurs conservés au musée. Mais comment rendre compte de la grâce aérienne de cette danseuse émergeant d’un bloc de pierre rousse, du tronc étrange de Mitra autour duquel s’enroule un serpent monstrueux, des sarcophages aux bas reliefs qui sont construits comme des bandes dessinées…. Un accueil exceptionnel Tout est accompli pour donner une impression de liberté d’indépendance, laissant au visiteur la capacité pleine de s’approprier les lieux et les informations qu’ils présentent. « Bien sûr, vous pouvez prendre des photos ! Bien sûr vous êtes libres du sens de votre visite ! » La courtoisie va jusqu’à ce pont, construit au-dessus des mosaïques pour permettre de mieux les observer. Et elles sont magnifiques, d’une finesse et d’une richesse qui n’est pas sans évoquer celles de la villa du Casale en Sicile ; la sollicitude est telle que les épigraphies -souvent si obscures, casse-tête du visiteur, sources Inauguré en 1995, le Musée de l’Arles et de la Provence Antiques accueille environ 800 000 visiteurs par an, dont 12 à 13 000 scolaires dans le cadre des visites-ateliers ; c’est l’un des musées les plus visité dans le domaine de l’archéologie en France. En 2007, et pour donner une meilleure lisibilité de la politique culturelle du Conseil général des Bouches-du-Rhône, il devient Musée départemental – Arles antique (MDAA). Doté d’un budget de 850 000 euros (hors personnel) et de 310 000 euros pour les acquisitions d’oeuves, le musée présente les collections archéologiques d’Arles et de son territoire, depuis le Néolithique jusqu’à la fin de l’Antiquité tardive. Il prépare actuellement une exposition temporaire sur les chefs-d’œuvre romains du musée du Louvre qui se tiendra du 20 décembre 2008 à avril 2009. Enfin, depuis octobre 2007, un vaste chantier expérimental donne naissance à un jardin d’inspiration romaine baptisé Hortus (mot latin du jardin). 6700 m² dévolus aux jeux et aux fêtes ainsi qu’aux découvertes et au savoir. Inspiré du « jardin hippodrome » de Pline le Jeune, Hortus fera le lien entre l’histoire antique d’Arles et le musée départemental de l’Arles antique. Hortus X-D.R



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