Zibeline n°6 avril 2008
Zibeline n°6 avril 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°6 de avril 2008

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 72

  • Taille du fichier PDF : 10,0 Mo

  • Dans ce numéro : ouverture de la Biennale.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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06 POLITIQUE CULTURELLE LA STATION ALEXANDRE Allez donc vous balader dans le quartier du Canet au boulevard Charles Moretti, vous vous arrêterez certainement quelques numéros avant les 29- 31 du boulevard, impressionnés par la beauté et la majesté imposante de l’architecture de fer qui s’élève devant vos yeux Là, à la fin du XIX e siècle, était implantée une gare de triage d’huilerie qui entrait dans la fabrication du savon. Le trésor architectural dont la charpente est industriel marseillais. Ce coup de cœur n’étant pas une mince affaire, trois années de travaux allaient être nécessaires afin de voir revivre ce témoin du passé glorieux du quartier. La Caisse des dépôts est sollicitée, et l’architecte Eric Castaldi engagé. Les travaux de réhabilitation débutent en octobre 2004. ENTRE MODERNITÉ ET TRADITION L’idée était de respecter les origines du bâtiment, comme la symbolique de la gare, sans oublier les techniques des ingénieurs d’antan qui mettaient en valeur l’armature de fer et de fonte. Tout en retrouvant l’esprit moderne dont ces matériaux témoignaient à la fin du XIX e siècle. Restaurer et reconstruire les parties manquantes ou endommagées à l’identique, jouer sur la lumière des beaux volumes avec les parois de verre, traiter vivants. La nuit tombée, il se transforme en une scène originale et éclectique, témoin de créations et de rencontres pluridisciplinaires. La musique classique, le jazz, la musique actuelle, le théâtre, la danse, les arts plastiques, le cirque même, tant le hall est haut… Tout est possible à la Station Alexandre, les rencontres avec les artistes sont la preuve de la proximité et des échanges que peut offrir un tel lieu. Equipé de matériel sono, de vidéo et de jeu de lumières, le hall se transforme rapidement en espace fonctionnel, et intemporel. Intérieur ou extérieur, le doute est permis dans la rue principale qui est… à l’intérieur. Et qui est un monde : on peu tout faire dans la Station Alexandre, se faire coiffer, travailler, acheter un livre, boire un café, écouter un concert ou encore voir une exposition. Et le travail n’est pas terminé, l’aile Marius sera livrée L’incroyable histoire d’un vieux hangar à l’automne 2008 et des bureaux sont encore à louer ! Au fait, pourquoi Alexandre ? Simplement un hommage au grand-père maternel qui fut entrepreneur. On ne doute pas qu’il aurait été fier du travail de sa petite fille. FRÉDÉRIC ISOLETTA AU PROGRAMME : Le petit prince Cie Atelier Théâtre 24 Du 28 au 30 mars (après la représentation de 11h, le 30 mars, un brunch étoilé est proposé par l’association Andromède, sur réservation) visites commentées par l’association Andromède de l’Observatoire de Marseille Séances de Planétarium sur réservation (Stella et le Chercheur de Lunes, À l’aube de l’ère Spatiale, le mercredi à 13h30 et 15h, le samedi à 17h30 et 21h, et le dimanche à 14h30 04 91 42 05 87 www.station-alexandre.org attribuée à Gustave Eiffel témoigne de l’industrie foisonnante des quartiers d’arrière-port qui a fait la richesse et la réputation de Marseille. Laissé à l’abandon, le bâtiment doté d’une grande richesse décorative allait connaître un nouvel essor, une véritable renaissance. Chapiteaux corinthiens, rosaces et motifs géométriques allaient être réhabilités au hasard d’une rencontre et à la faveur de la volonté d’une femme, Sylvie Caulet. COUP DE FOUDRE AU CANET En 2003 la friche devient zone franche urbaine (ZFU) et attire les investisseurs immobiliers, conscients que nombre d’entreprises voudront bénéficier des exonérations d’impôts en installant leur siège dans le quartier. Rapidement, des bureaux prennent place et investissent les murs en pierres de l’huilerie restaurée, mais la démolition guette le vieux hangar. Sylvie Caulet, qui recherche dans le coin un lieu pour le cabinet d’expertise comptable qu’elle tient avec son mari, décide de se lancer dans un pari impossible, et de sauver les 10 000m 2 du bâtiment en s’opposant à la disparition d’un des derniers fleurons du patrimoine l’espace intérieur comme une façade de rue avec fenêtres et corniches à la manière des passages urbains du XIX e siècle, mélanger les matériaux tels la brique, le béton, le bois, la fonte…. Ce programme pléthorique ne pouvait que laisser présager un harmonieux alliage ! L’IMPOSSIBLE RENCONTRE Mais l’utopie la plus manifeste consistait à faire se rencontrer les mondes de l’économie et de la culture. C’est un pari osé et il est réussi, et donne une autre image des quartiers Nord. Ne nous méprenons pas : la Station Alexandre est aussi un véritable enjeu d’aménagement pour le territoire de ZFU et associer dans un même lieu, si atypique qu’il soit, des bureaux, des commerces, un centre médical, une crèche, un restaurant, un café et une véritable offre culturelle n’était pas gagné d’avance. L’enjeu social est tout aussi important dans un quartier défavorisé et le centre social Saint-Gabriel est un partenaire fondamental. L’INTÉRIEUR DE L’ART Doté d’une acoustique exceptionnelle, le hall Eiffel offre un large champ aux arts Station Alexandre X-D.R
DÉSENGAGEMENT DE L’ÉTAT POLITIQUE CULTURELLE 07 Tous ensemble À l’appel des syndicats nationaux, les journées des 22 et 29 février ont fortement mobilisé les professions culturelles, et les mondes du cinéma et du spectacle vivant se sont alliés dans la lutte. La mobilisation a été particulièrement sensible dans notre région, soutenue par les enseignants qui « réclament un réexamen de la politique de l’État » et demandent « le maintien et le renforcement des politiques publiques menées jusqu’ici en matière de culture multimédia » LE CINÉMA En effet le cinéma est particulièrement touché par la diminution des subventions. Le vendredi 22 février 2008, plus de 200 acteurs de l’action culturelle cinématographique à l’initiative du Collectif Marseille Aix (le CACC) se sont réunis à Marseille au Rendez-vous des quais, déterminés à ne pas accepter le brutal désengagement de l’État, ses tentatives de dérégulation qui soumettent le cinéma aux pressions de grands groupes industriels. Ils refusent la logique économique qui guide le gouvernement. Trois courts métrages, issus de leur travail, ont ouvert la rencontre en rappelant l’enjeu : l’art et le public. Les intervenants de la région et d’autres venus de Paris ont dressé l’état des lieux aussi bien local que national. Un représentant du spectacle vivant, Yves Grenier – Membre du SYNAVI, a fait le lien avec les autres arts. De même, le lien indissoluble entre l’action culturelle et l’éducation artistique a été affirmé par le Pôle régional d’éducation artistique et de formation au cinéma et à l’audiovisuel, alertant sur l’évolution de l’institution scolaire qui cherche à se refermer sur ellemême. (Jean-Pierre Daniel, Directeur de l’Alhambra et Président des Enfants de cinéma). Michèle Philibert du Festival Reflets de Marseille (MPPM) a insisté sur la situation dramatique de toutes les associations culturelles cinématographiques dont les subventions sont amputées, voire totalement supprimées. Fabienne Hanclot, Déléguée générale de l’ACID (Association du Cinéma Indépendant pour sa Diffusion) a réaffirmé l’importance de l’accompagnement des films qui ne doit pas être réduit à la seule promotion commerciale. La table ronde était animée par Vincent Thabourey, directeur de Cinémas du sud, association d’exploitants indépendants, coordinateur du dispositif Lycéens et Apprentis au Cinéma. Alain Hayot, vice-président du Conseil Régional chargé de la culture a apporté le soutien de son institution : l’Assemblée Régionale a voté une résolution pour dénoncer le désengagement de l’État. Le débat a permis aux acteurs de l’action culturelle présents dans la salle de manifester leur soutien à la mobilisation en cours et de souligner la gravité politique de la situation. L’intervention s’est poursuivie au cinéma Les Variétés qui accueillait Olivier Assayas pour l’avant-première de son film L’Heure d’été, et qui s’est déclaré pleinement solidaire. SPECTACLE VIVANT Le 29 février 2008, le CACC a manifesté devant la Préfecture où une délégation a été reçue. Ils ont été rejoints par l’UFISC (Union Fédérale d’Intervention des Structures Culturelles). Cette fédération professionnelle d’employeurs du spectacle vivant regroupe onze organisations membres, dont huit sont présentes en PACA (LA FEDERATION – Association Professionnelle des Arts de la Rue, FEDUROK – Fédération Nationale de Lieux de Musiques Amplifiées/Actuelles, le SYNAVI – Syndicat National des Arts Vivants, le SCC – Syndicat du Cirque de Création, la FSJ – Fédération des Scènes de Jazz et de Musiques Improvisées, le CITI – Centre International pour le Théâtre Itinérant, le SMA – Syndicat national des petites et moyennes Structures non lucratives de Musiques Actuelles, et ZONE FRANCHE – réseau des musiques du monde). Ces organisations professionnelles, les syndicats, et divers collectifs de la région Paca demandent, en particulier, l’arrêt immédiat des baisses annoncées par l’État. Ils appellent les publics, compagnies, lieux, associations, artistes, techniciens, amateurs et pros, bénévoles, élus, salariés, médias, et tous ceux qui pensent que la culture de proximité et la diversité artistique ne doivent pas disparaître, à ne pas baisser les bras et à s’adresser directement à l’État et à ses représentants pour que le « désengagement » n’ait pas lieu… LES DIRECTEURS Par ailleurs la plupart des directeurs de Scènes Nationales, Centres dramatiques et Scènes Conventionnées de notre région qui sont membres du Syndeac (Syndicat National Des Entreprises Artistiques et Culturelles), ont exprimé dans une lettre à leur ministère de tutelle l’aberrante impossibilité dans laquelle ils se trouvent : les coupes sombres dans leurs budgets ne leur permet pas d’assurer les saisons programmées, et ils annoncent d’ores et déjà qu’ils seront en déficit, voire en cessation de paiement, si les baisses annoncées sont maintenues. En particulier si les « rallonges » ne concernent que les structures de spectacle vivant parisiennes… ANNIE GAVA ET AGNÈS FRESCHEL Tonkin Prod. 111



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