Zibeline n°6 avril 2008
Zibeline n°6 avril 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°6 de avril 2008

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 72

  • Taille du fichier PDF : 10,0 Mo

  • Dans ce numéro : ouverture de la Biennale.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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46 ARTS VISUELS NOUVEAUX LIEUX PALAIS CARLI Bons lieux ! Amateurs, branchés, passionnés, réjouissez-vous ! Le coût de la vie augmente, les budgets de la culture chutent, mais quelques inconscientes s’obstinent : de nouveaux espaces d’art de culture viennent de s’ouvrir récemment et tentent de nouvelles expériences Après la Station Alexandre, Complex (Marseille), la galerie Petitjean (Aix) entre autres, quatre nouvelles structures viennent renforcer le maillage culturel régional. Elles ont en commun de devoir leur naissance à des initiatives féminines. Mais chacune affirme une posture spécifique, de l’espace alternatif en passant par la forme plus connue de la galerie, associative ou privée, jusqu’au duo tourné vers la médiation culturelle. La Non-Maison, exposition Plossu/Sainton, 2008 Alternatives Depuis juillet 2007, l’association M.A.N.O. pour la diffusion de l’art contemporain et le groupe rock-électro-pop-roots Belladonna 9ch se sont associés pour créer Le Filet (ex Toupolev), espace multi expérimental façon Factory warholienne à la marseillaise qui revendique le label de labo d’art décalé et festif. « Nous sommes axées sur le sauvage, l’archaïsme, le tribal, l’énergie » déclare avec vigueur Michèle Coudriou de Belladonna 9ch. Concerts, performances, créations plastiques in situ et live, poésie, vidéo, théâtre… le Filet reste un atelier, celui de la plasticienne Marie Passarelli, décloisonné, ouvert aux initiatives des jeunes créateurs comme aux artistes confirmés dans un esprit ni institutionnel ni marchand mais solidaire, ouvert et accessible même à la boulangère. En projet, un partenariat d’expositions et rencontres sur l’art contemporain avec Patrick Lhot, enseignant au département arts plastiques de l’Université de Provence. Nanankepichu Michèle Cohen connaît bien le monde de l’art puisqu’elle a œuvré pendants de nombreuses années comme responsable d’une galerie nomade. Persuadée des synergies possibles entre l’initiative privée et les institutions publiques, mais n’attendant pas tout de l’État en matière d’art contemporain, elle crée la Non-Maison en septembre 2007 à deux pas du musée Granet. Installée au rez-de-chaussée de son habitation personnelle, sa galerie se veut être « l’échelon manquant entre les lieux associatifs, pépinières d’artistes et les grandes galeries qui font du business. » Forte de son expérience et de sa double formation d’histoire de l’art et de gestion culturelle, elle est persuadée que « la centralisation rend passif » (sur le local en particulier) et suggère que les pouvoirs publics suivent et accompagnent les initiatives privées, adaptent notamment la fiscalité actuelle aux spécificités du secteur et des objets culturels. La Non-Maison organise des résidences d’artistes et un atelier pour enfants, édite une collection sonore d’entretiens mensuels, Flocons de neige en août, en liaison avec sa programmation. Un premier rapprochement s’est fait avec les éditions Analogues et la revue Semaine pour l’exposition Plossu/Sainton. Pour 2009, l’évènement sera un forum international consacré aux problématiques du collectionneur. « Aix possède un fort potentiel, mais il lui manque un centre d’art contemporain » note Michèle Cohen. Les Art’penteuses Elles se sont rencontrées lors de visites au musée Granet et ont rapidement décidé de passer à l’action dans la suite de leurs études artistiques. Pour ces jeunes diplômées, Marie Monnier, doctorante en histoire de l’art et Pauline Bocahut, master de médiation culturelle sous le bras, Art’pentons était le lien nécessaire entre les œuvres et le grand public. « Il y a un besoin, une demande et nous voulons aider les gens à regarder avec leurs yeux et modifier leur regard sur les œuvres. » Une fois par mois, Art’pentons propose des visites-parcours, l’art en marche, pour faire découvrir les diverses formes d’art, ancien et contemporain, en s’appuyant sur la programmation culturelle du La Non-Maison, exposition Plossu/Sainton, 2008 - dessin de Patrick Sainton Appart’galerie Après plusieurs années passées comme productrice chez Sony Music, Armelle Béraudie s’installe à Marseille et ouvre dans son vaste appartement un espace voué à la création contemporaine. Guimick Gallery fonctionne non pas comme une galerie conventionnelle mais comme « une plate-forme associative de mise en réseau pour fédérer différents styles artistiques, décloisonner et éveiller », moyennant une adhésion modeste à l’association. Il s’agit de « favoriser l’insertion économique et sociale des artistes en développement par le biais de la promotion, la formation et l’accompagnement de projet. » Une soirée par semaine donne lieu à des événements éclectiques, concerts acoustiques, expositions d’art contemporain, design ou mode, projections et vidéo, lectures poésie, conférences et débats, sur le principe de la carte blanche donnée à l’artiste et ses partenaires invités. Les mannequins peints de Virginie Biondi ont inauguré l’ouverture des lieux, jusqu’au 31 mars. Parmi divers projets, un partenariat avec l’école des Beaux-Arts de Marseille offrira « une première exposition à ses étudiants de leur permettre de mettre le pied à l’étrier. » Marie Monnier et Pauline Bocahut Claude Lorin
47 pays d’Aix principalement. Récemment, les art’penteuses passionnées ont fait découvrir les photographies de Pierre Gilson ou l’architecture du Pavillon Noir de Rudy Ricciotti, le film Persepolis, les œuvres d’art sacré à la galerie du Conseil Général. En mars et en avril c’est au tour de la bande dessinée, programmation oblige avec les Rencontres du 9 e art d’Aix-en-Provence. Marie Monnier et Pauline Bocahut conçoivent aussi des interventions dans les écoles ou les centres sociaux pour les plus jeunes, élaborent des projets spécifiques pour répondre à toute sollicitation particulière. « Tout cela nous demande un très gros travail de préparation. Pour l’instant, nous voulons pérenniser les projets actuels parce que le spectacle vivant demande une mise en œuvre encore plus lourde. » Et se pose la question du financement qui peut être quelque peu effrayante lorsqu’on a tout juste vingt ans et des projets plein la tête. Mais les Art’penteuses sont assurément sur la bonne pente ! CLAUDE LORIN Le Filet 8 rue Duverger, Marseille 02 06 64 931 707 Guimick 43 rue Senac, Marseille 01 06 85 12 67 88 www.guimick.org Règle de trois L’arc méditerranéen focalise de plus en plus les intérêts (1). L’art contemporain n’échappe pas à la règle qui rassemble au Palais Carli une sélection itinérante d’artistes venus d’Égypte, de Grèce et de France. Inégal, mais pas inintéressant. L’association Regards de Provence est reconnue pour son attachement à promouvoir la création régionale et, au-delà, les cultures méditerranéennes. Elle accueille dans l’imposante, mais inadaptée, bibliothèque du Palais Carli, une exposition itinérante dont la deuxième étape est Marseille après Athènes en 2006. Les contraintes des lieux ont obligé de remiser certaines œuvres et de composer avec la mise en espace. Comme souvent, une sélection ne peut rendre compte de la diversité créative d’un pays (juste un avant-goût ?). Ni faire émerger une éventuelle spécificité artistique : force est de constater que la globalisation de l’art n’évite aucun rivage (2). Cependant, si nous retrouvons les formes d’expression traditionnelles (dessin : Giorgios Krallis ; peinture : Adel El Siwi, Christos Kechagioglou, Claude Khaled Hafez, Gods and bats of gemmanisms, acrylique sur toile, 200 x 140 cm, 2007 off : respiration et mélopées en sourdine, on entaille, on éponge un sang violet, par la fente en amande, on enfonce un bouquet de fleurs blanches (artificielles ?), enfin des points de points de suture. Voilà, c’est fini. Ou presque, à vous de voir. C’est une vidéo de Wael Darwish, ça s’appelle Purging, c’est de 2007 et c’est fort troublant. Peut-être universel ? C.L. (1) Où ? Scènes du Sud : Espagne, Italie, Portugal. Carré d’Art, Nîmes, 2007 (2) La mondialisation de la culture, Jean-Pierre Warnier, La Découverte, 2006 (3) Made in France, (art absolument), numéro spécial, été 2006 From Athens to Marseille to Cairo une trilogie méditerranéenne Jusqu’au 20 avril Palais des arts, place Carli 04 91 42 51 50 www.regards-de-provence.org La Non-Maison 22 rue Pavillon, Aix 06 24 03 39 31 www.lanonmaison.com Art’pentons 06 19 51 27 10/06 12 77 68 67 www.artpentons.fr Christos Kehagioglou, Ithaque II, triptyque, acrylique sur toile, 150 x 75 cm, 2006 Viallat, Louis Cane ; sculpture : Ioannis Michalou(di)s, Arman, César ; photographie : Heba Farid, Anastasia Katsidis), ou appelées à le devenir (installation : AhmedAskalani, Lazaros Maravas ; vidéo : Amal Kenawy, Wael Darwish), c’est plus par les individualités que par une hypothétique identité locale que les œuvres se distinguent : bien de ces artistes se sont formés à l’étranger ou naviguent entre plusieurs pays. Si les frontières géopolitiques existent toujours, les esthétiques individuelles s’en sont affranchies depuis belle lurette, à tel point qu’à la question parfois encore posée Y a-t-il un art français ? (3) la réponse apparaît identique que nous soyons au royaume de Versailles, des pyramides ou du Parthénon. Ou alors : existe-t-il un art méditerranéen ? En gros plans : un lavabo, des traces de sang puis d’encre violette, une toison aubergine, quatre mains gantées de latex immaculé manient des bistouris, son Reem Hassan, Compositions contemporaines, huile sur toile, 180 x 150 cm, 2007



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