Zibeline n°6 avril 2008
Zibeline n°6 avril 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°6 de avril 2008

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 72

  • Taille du fichier PDF : 10,0 Mo

  • Dans ce numéro : ouverture de la Biennale.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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04 POLITIQUE CULTURELLE LA MAISON DE THÉÂTRE Au 54 de la rue Edmond Rostand, à Marseille, Michel André codirige depuis 2005 La Cité Maison de Théâtre avec Florence Lloret, réalisatrice de films documentaires. Le metteur en scène nous parle de ce lieu qui vise à inscrire le théâtre dans la cité, et de son travail en cours, une création autour de l’adolescence et des jeunes à Marseille Bienvenue à la Maison Maison de Théâtre Récemment dotée d’une vaste salle parquetée, cette Maison de Théâtre est d’abord un lieu de répétition pour la compagnie de Michel André. Un lieu d’accueil également pour d’autres compagnies ; une trentaine sont déjà venues présenter leur travail dans cet espace indéniablement propice à la pratique théâtrale. Comme le souligne Michel André, « il me semblait important de poser ici, à Marseille, une maison de théâtre, comme il en existe dans d’autres villes, Amiens, Brest, Avignon…, c’est-à-dire un lieu où l’on pratique le théâtre ; car je me suis rendu compte qu’il y avait un besoin de pratiquer le théâtre ». De fait, à La Cité, Cie la Cité on pratique beaucoup ; et pas seulement les professionnels, puisque des ateliers hebdomadaires et des stages de week-ends sont proposés aux amateurs. La Cité se veut aussi lieu de savoir ; elle invite régulièrement des artistes, des poètes, des philosophes, des cinéastes à inventer dans ses murs un rapport différent entre créateur et public : le but n’est pas alors de présenter une création, mais, pour celui qui parle, de « raconter ce qu’il tente de faire, avec là où il passe à côté, là où il trébuche, là où il se remet en question… » ; de cette parole naît une forme unique, pour un unique soir. Trois axes directeurs donc pour ce lieu que son directeur qualifie d’« intermédiaire », un lieu de lien, actuellement menacé. « Tout ce qui est de l’ordre du théâtre de participation, et tous les lieux comme le nôtre sont aujourd’hui en voie de disparition », s’inquiète Michel André, qui regrette que l’État se désengage actuellement de structures qu’il a naguère lui-même encouragées, et qui ont fait la preuve de leur importance. Ces inquiétudes, dont on trouve l’écho dans tous les secteurs de la culture ces tempsci, n’empêchent pas le metteur en scène de poursuivre son travail. Place aux jeunes En collaboration avec la documentariste Florence Lloret, Michel André développe un travail autour des « écritures du réel ». Cela a démarré avec une manifestation intitulée Marseille, Habiter là, qui interrogeait le rapport à la ville. Cela s’est poursuivi avec La rue des Muguets, présenté au printemps dernier à la Minoterie. Ce spectacle autobiographique qui mettait en scène, à travers une histoire familiale personnelle, la relation parents-enfants, a suscité débats, rencontres et lectures autour du thème de la famille. Il s’agit toujours pour Michel André de « se saisir du théâtre pour ouvrir des pistes d’interrogation Cie la Cité à d’autres endroits, de faire du spectacle un levier pour d’autres champs de questions que la société nous renvoie aujourd’hui. » Le projet sur l’adolescence s’inscrit tout naturellement, comme « un troisième cycle », au sein d’une démarche globale de questionnement du réel et aussi d’une recherche formelle, qui associe le cinéma et le théâtre, l’écran et la scène, pour élaborer une nouvelle écriture. Depuis deux ans, la Cie de la Cité rencontre des jeunes, les interroge sur leur vie, leurs envies, leurs peurs, leurs doutes… Ces entretiens avec des adolescents marseillais de quartiers et de milieux très différents forment la matière du futur spectacle. Une matière retranscrite puis retravaillée par la troupe, puisque chacun des cinq acteurs chargés d’incarner un jeune croisera sa langue, mais aussi sa propre conception de l’adolescence, ses souvenirs à lui, avec ceux de son personnage. De ce croisement naît ce que Michel André nomme « l’écriture du lien », trace du frottement entre deux univers que le spectacle confrontera, pour questionner le monde si particulier de l’adolescence. En juin 2007, la compagnie a proposé une première rencontre autour du projet. Depuis l’été, les voies d’exploration se sont précisées, le groupe a été établi de façon définitive et c’est à une « esquisse » que le public sera convié à la fin du mois. Après un long temps de travail commun, cinq comédiens vont porter sur scène la parole de Belinda, Chloé, Daouda, Marion, Nicolas, cinq jeunes entre 16 et 18 ans, issus de cultures et de quartiers différents. Travail sur les mots et sur la gestuelle, dans lequel un chorégraphe guide les adultes afin que leurs corps témoignent de ceux des ados. Doublement représentés d’ailleurs, puisque des captations vidéo de leurs véritables vies viendront enrichir ce qui se jouera sur le plateau. Une recherche en profondeur, pour faire exister théâtralement l’adolescence, dans sa diversité.
Explorer, montrer, écrire le réel Car, pour ne pas enfermer l’adolescence dans un discours convenu, Michel André a pris le parti d’axer sa réflexion sur la différence. Différence entre l’acteur et le jeune lui-même tout d’abord : le comédien est aussi un adulte, qui a vécu une autre adolescence, à une autre époque. Différence ensuite entre les cinq jeunes, dont les parcours ne se seraient sans doute jamais croisés sans ce travail de théâtre. Écrire ces différences suppose de tisser ensemble les fils de ces histoires diverses. Michel André élabore une « écriture fragmentaire ». Le spectacle à venir présentera donc un « maillage » entre plusieurs fragments qui font sens pour le metteur en scène, dont les notions d’approche, de relation nord-sud, d’intimité et de regard de l’autre…, dans une écriture qui jouera constamment entre condensation par la réécriture, et émergence de la parole brute. Comme une friction permanente, et féconde, entre réel et fiction. Ce travail en cours, passionnant tant par les méthodes d’approche que par la forme théâtrale envisagée, sera présenté dans le cadre des Rencontres autour des Écritures du Réel. Ces rencontres permettront également de visionner le dernier film de Florence Lloret, consacré à la transformation du quartier de la Joliette à Marseille, Le jour se lève et sur moi la nuit tombe ; d’écouter le poète et écrivain Patrick Laupin parler de son livre Le courage des oiseaux, qui relate son expérience de travailleur social auprès d’adolescents en difficulté ; d’aborder le « théâtre documentaire », genre que Laurence Février développe depuis 2002 ; de débattre sous la houlette de Nicolas Roméas, directeur de la revue Cassandre. La Cité Maison de Théâtre profitera aussi de cette occasion pour inaugurer, au premier étage du bâtiment, le Centre de Ressources des Écritures du Réel, un espace pour la recherche documentaire, dédié également à la lecture et à l’écriture. Deux lectures y sont déjà programmées. De nombreux événe-ments donc à La Cité en ce printemps 2008 : le moment idéal pour découvrir ce lieu de création, qui secoue avec bonheur les frontières entre les genres, entre les gens, pour inventer une esthétique contemporaine, à la fois ambitieuse et proche, où l’art retrouve une de ses fonctions essentielles : dire le réel. FRED ROBERT festival les musiQues FESTIVAL INTERNATIONAL DES MUSIQUES D'AUJOURD'HUI DU 17 AU 26 AVRIL 2008 - MARSEILLE.. ni y i- ` irw7r i : A I — —- Y III 71 1 ;'c'1P P 11 r CONCERTS SPECTACLES DANSE RENCONTRES II. L * TARIF UNIQUE POUR TOUS LES SPECTACLES CENTRE NATIONAL DE REM 04 96 20 60 10 I WWW.GMEM.ORG CREATION MUSICALE Lieu Mtre national de création et la Ville d'Aubagne présentent Nous ne nous étions jamais rencontrés les 29 et 31 mars, les 2 et 4 avril Rencontres autour des Écritures du Réel les 5 et 6 avril Lectures les 3 et 4 avril à 18h La Cité Maison de Théâtre 04 91 53 95 61 www.maisondetheatre.com Cie la Cité VENDREDI 18 et SAMEDI 19 AVR : 2008 dans les rues d'Aubagne Avec T. Public "Réflexion de chaussée" Théâtre du Soliloque "Bienvenue à La Colonie" Trasphalt T.P "Tatoueurs de rues" ler masser Booming des Bouches-du-Rhône Participez I booming-blog.blogspot.com Infos : Lieux publics 04 91 03 81 28 - www.Iieuxpublics.com Espace culturel Comcedia Aubagne 04 42 18 19 88



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