Zibeline n°6 avril 2008
Zibeline n°6 avril 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°6 de avril 2008

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 72

  • Taille du fichier PDF : 10,0 Mo

  • Dans ce numéro : ouverture de la Biennale.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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36 MUSIQUE GMEM MUSICATREIZE FIFA La découverte à petit prix Impossible de citer tous les artistes invités, les œuvres et les compositeurs joués pendant les dix jours du Festival international Les Musiques d’aujourd’hui ! Bernard Cavanna Pierre Gafner Ce qui est sûr, c’est que les amateurs désirant découvrir des sonorités inouïes ou des opus « classiques » de la fin du XX e siècle, doivent jouer les nomades entre les différents lieux de concert proposés par Raphaël de Vivo. Au prix exceptionnellement bas de 5 euros, ils voyagent de La Friche au Gymnase, du Ballet National au Musée Cantini jusqu’à la Bibliothèque départementale pour assister à des créations qui enrichiront peut-être le répertoire de demain, même si c’est au risque parfois (mais c’est aussi le sel de l’entreprise) de l’expérimentation aventureuse. Parmi la vingtaine de manifestations on note la place faite au compositeur Messe un jour ordinaire Elie kongs Bernard Cavanna qui, depuis son séjour romain à la Villa Médicis, s’est forgé un catalogue conséquent. Sa pièce Messe un jour ordinaire (prix SACEM pour la meilleure création contemporaine en 1998) est interprétée par l’ensemble 2e2m et le Chœur contemporain (le 21 avril à 21h - La Friche). Tempo76 Marc Coudrais À l’occasion du centenaire Olivier Messiaen les douze tableaux « soncouleur » aux riches percussions Des canyons aux étoiles (1974) sont interprétés par l’Orchestre des Jeunes de la Méditerranée et le pianiste Roger Muraro dirigés par Philippe Bender (le 20 avril à 17h – La Friche). Ceux qui aiment la violoncelliste Sonia Wieder-Atherton (ils sont nombreux !) la retrouvent pour un « Concert/Images » où elle joue en compagnie de Laurent Cabasso des opus de Rachmaninov, Janacek, Prokofiev, Krawczyk, Schnittke sur des images du film D’Est de Chantal Akerman (le 18 avril à 21h – Gymnase). De fait des manifestations marient les arts multimédias, la danse, la vidéo à la musique vivante, concrète ou électronique… comme l’opéra imaginaire Lolita (d’après Nabokov) créé en ouverture du festival (le 17 avril à 21h – La Friche). La danse est à l’affiche avec Tempo 76 de Mathilde Monnier sur la musique de Ligeti (le 19 avril à 21h, La Friche). Notons la présence de formations prestigieuses comme Les Percussions de Strasbourg (le 23 avril à 21h, La Friche) ou l’Ensemble Orchestral Contemporain de Daniel Kawka qui joue Dérives I & II de Boulez (le 22 avril à 20h, Bibliothèque départementale). Trois récitals de solistes du festival occupent les mi-journées des 24, 25 et 26 avril : le violoncelliste Benjamin Carat (le 24 avril), le pianiste Wilhem Latchounia et le clarinettiste Eric Lamberger se produisent au Musée Cantini à 12h30. Les pitchouns ne sont pas oubliés avec Le petit bossu un conte des Mille et Une Nuits mis en musique par James Wood (le 21 avril à 14h30 et le 22 avril à 10h)… JACQUES FRESCHEL Festival Les Musiques du 17 au 26 avril GMEM 04 96 20 60 10 (tarif unique : 5 euros) www.gmem.org -IgtF4 Changement de lieu Musicatreize et le Chœur contemporain, qui devaient se produire à l’église St Charles, sont contraints de changer de lieu pour le vendredi saint. On entend donc la création de Denis Bosse Fragments de la Voix lointaine (inspirée d’œuvres picturales du Musée Cantini signées Raoul Ubac et Viera da Silva) au Conservatoire de Marseille. Le concert mêle également des opus contemporains de Zak Moutalka (Cadavre exquis) et Giacinto Scelsi (Tre canti sacri) à des polyphonies anciennes de Thomas Tallis (Spem in alium) et Antonio Lotti (Crucifixus) Le 21 marsC.N.R. Place Carli 04 91 00 91 31 www.musicatreize.org Ciné-concert en création Le Festival International du Film d’Aubagne est une des rares manifestations cinématographiques à mettre l’accent, délibérément, sur la composition musicale. La SACEM s’associe d’ailleurs à la programmation et attribue un prix à un compositeur des films en compétition. Ainsi, des prix nombreux et conséquents, plusieurs sont attribués à des musiciens : le 15 mars le prix de la meilleure musique originale fut attribué au compositeur Gilles Alonzo pour le court métrage Les Miettes de Pierre Pinaud, pour « la richesse narrative de sa partition qui célèbre la rencontre de la musique et du cinéma ». Alors que le Grand Prix de la meilleure musique originale pour un long métrage revint à Tom Holkenberg pour Blind de Tamar Van den Dop, grâce à « la qualité de la composition et de l’interprétation complètement intégrées au récit ». Après la remise des prix le public nombreux assista à un événement : la projection du Bonheur, chef d’œuvre muet, poétique et burlesque de Medvedkine, tourné en 1934, qui dénonce la misère du temps des tsars mais parodie aussi, plus discrètement, les films de propagande staliniste glorifiant les kolkhozes. Une musique originale, Ensemble Musicatreize Guy Vivien conçue lors d’une master class d’une semaine conduite par le jazzman Stephan Oliva, se révéla absolument remarquable : les huit jeunes musiciens compositeurs réunis pour la circonstance ont créé une œuvre commune, fondée sur des improvisations autour de thèmes musicaux récurrents, des cellules rythmiques ou mélodiques, des créations de sons parfois figuralistes qui bruitaient élégamment l’image, d’éléments jazzy qui savaient étonnamment retrouver l’âme russe, parodier le réalisme socialiste, et n’hésitaient pas à susciter l’émotion… AGNÈS FRESCHEL
BACH/COLTRANE OPEN CAGE MUSIQUE 37 Contrepoint spirituel La Station Alexandre accueillait pour deux concerts d’exception le Brotherhood Consort accompagné du quatuor Manfred. Aller-retour sur la rencontre Bach Coltrane le 1er mars À lieu d’exception, concert d’exception pourrait-on dire, tant le moment de ce spectacle fut unique, une communion offerte à un public témoin de la rencontre de deux immenses musiciens : Jean- Sébastien Bach et John Coltrane. Les explications du saxophoniste Raphaël Imbert, à l’origine de ce projet, et de l’organiste André Rossi mirent en appétit un auditoire curieux. Coltrane s’est éteint en 1967, 217 ans tout de même après Bach, et un tel mariage méritait bien quelques éclaircissements ! Des points de convergence évidents, comme l’improvisation, mais également une foi mystique furent mis en évidence, créant un ensemble musical aux timbres originaux et colorés, grâce au prestigieux Quatuor à cordes Manfred et aux compagnons de route du saxophoniste, le contrebassiste Michel Peres et le percussionniste et chanteur Jean-Luc Di Fraya. Dans cette rencontre de deux mondes, de deux sons, la pâte sonore profonde et dense des cordes s’est révélée un merveilleux soutien au timbre impalpable et intemporel du saxophone soprano. Du crucifixus de la messe en si mineur de Bach entonné en basse continue à l’orgue, au crescent de Coltrane, le pas est franchi si aisément qu’on doute qu’il n’y eut jamais une frontière. Enchaîner et mêler Song of praise de Coltrane et le choral Jesus meine Freude de Bach n’est pas anodin et démontre les liens qui unissent les deux compositeurs. Rencontre, improvisation et Raphaël Imbert X-D.R spiritualité étaient les maîtres mots de l’éblouissant concert qui parvint à réunir musiciens classiques et jazzmen autour de deux figures incontournables plus proches l’une de l’autre que nous pouvions le croire : Jean-Sébastien Bach et John Coltrane. FRÉDÉRIC ISOLETTA Cage à sons Le 29 février le GRIM offrait au compositeur américain John Cage un dernier tour de piste à Montévidéo John Cage Susan Schwartzenberg The Exploratorium Le Groupe de Recherche et d’Improvisation Musicale avait préparé une soirée complète et exhaustive lors du dernier événement de la semaine An open Cage. Bien que le thème de la danse fut abondamment abordé lors de la conférence de Christine Rodès et des projections mettant en scène Merce Cunningham, c’est bien le concert qui était attendu tant il est rare de voir consacrer un programme complet au compositeur new-yorkais disparu en 1992. Il y a des musiques qui s’écoutent, d’autres qui se voient pourrions nous dire pour Cage : là, le geste instrumental et la perception visuelle donnent une autre dimension à l’expérience. Le guitariste Jean-Marc Montera triture son instrument, parfois même avec un pinceau, utilisant la distorsion et la résonance à foison sous l’impulsion de Chris Cutler, percussionniste teintant ses sons d’électronique. Le pianiste belge Daan Vandewalle caresse les cordes de son instrument sans oublier de les parsemer d’objets divers et variés, et bienvenu au piano préparé ! La très poétique pièce pour piano seul, Dream, qui rappelle un peu l’économie d’Érik Satie, apparaît tel un ovni sonore au beau milieu de pièces plutôt assourdissantes. Retenons la Variation III à l’énergie pétulante, ainsi que le Four6 aux difficultés techniques et logistiques conséquentes. Transformer un cactus en percussion peut paraître saugrenu, Child in Tree est pourtant une réussite, tout comme l’intemporel 4’33 qui a au moins le mérite de laisser souffler la salle et d’apprécier ce long silence énigmatique, qui en son temps imposa le silence comme le geste ultime de l’évolution musicale… F.I.



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