Zibeline n°6 avril 2008
Zibeline n°6 avril 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°6 de avril 2008

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 72

  • Taille du fichier PDF : 10,0 Mo

  • Dans ce numéro : ouverture de la Biennale.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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20 DANSE MOD BNM T’as vu quoi toi ? m Les Étonnistes proposés par Marseille Objectif Danse à la Friche font partie de ces spectacles qui changent doucement votre regard. Parce qu’ils interrogent la notion de représentation, d’œuvre d’art, en particulier la position du récepteur. Tout est fait pour brouiller les repères habituels de la lisibilité commune : on vous donne des casques à l’entrée, et les quatre artistes s’expriment, chacun, pour le quart de la salle à qui le hasard a donné le casque correspondant à sa longueur d’onde : vous voilà donc dans une situation où l’on murmure à votre oreille, et où vous ne savez pas ce qu’entend votre voisin, sauf que de temps il temps il se lève, agite la main, fait un tour, va sur scène, suivant des consignes que vous n’entendez pas mais dont vous voyez les effets… Car au cours de la représentation vous ne parcourez que deux des quatre trajets proposés. Qui tous mettent en abyme une interrogation commune : Stéphanie Aubin parle d’Orphée et Eurydice, Christophe Huysman du Gilles de Watteau, Pascale Houbin de la liberté de regard qu’elle a retrouvé au musée Guggenheim de New York, et Pierre Meunier de son effarement devant un paysage de meules, qui se révéla être une œuvre de Land Art… Les quatre monologues questionnent le hasard, et le regard que l’on porte sur l’art, la nature, les muses : regard qui tue, qui dénude, qui rend libre, qui fait l’œuvre. Le spectateur est gentiment bousculé, sorti de sa passivité collective, pour être replacé au cœur du geste artistique. D’ailleurs chacun, après la représentation, demandait à son voisin : qu’est-ce que t’as vu ? Comment c’était ? Pourquoi tu riais ? Ô dommage, j’aurais bien entendu Pierre Meunier ! Et pourquoi moi j’ai pas eu de champagne ? AGNÈS FRESCHEL Quels programmes ! La Ballet National de Marseille a repris en ses murs La Cité radieuse, pour 4 représentations qui ont fait salle comble et ravi le public (du 5 au 8 mars). Il faut dire que la pièce, mystérieuse, est un véritable voyage dans un univers virtuel où l’architecture vivante joue avec les corps dans des tableaux d’une plasticité étonnante de froideur mobile… L’Ouverture proposée par les danseurs (les 29 fev et 1er mars) ne possédait pas les mêmes qualités : si la pièce de Nathanaël Marie, dansée avec ses anciens compagnons du Ballet d’Europe, confirme ses talents de chorégraphe, les trois autres propositions manquaient singulièrement de pertinence ou de maturité : le Flash-back d’Anton Zvir hésitait à franchir le pas d’une vraie revisitation du folklore russe et de ses lieux communs ; le solo accompagné de Marion Zurbach, qui contenait de beaux moments, ne parvenait pas à exploiter vraiment les œuvres pourtant intéressantes des étudiants des Beaux-Arts ; quant au Momenti d’Angelo Vergari, magnifiquement dansé par ses compagnons de route et lui-même, c’était une suite de poncifs néoclassiques, et de démonstrations virtuoses sans propos d’ensemble. Et avec un montage musical ahurissant. Mais le mode d’élaboration même de ces Cartes blanches induit une certaine imperfection : ce sont des œuvres en devenir, élaborées par les interprètes en dehors des répétitions… Le talent des danseurs du Ballet sera sans aucun doute plus éclatant lors de la tournée régionale qui s’annonce : au programme trois pièces créées cette année à l’Opéra ou aux Salins. Dans Tattoo Michel Kelemenis s’amuse, pour sa première collaboration avec les danseurs du BNM, à retrouver la danse sur pointes, qui semble animer la pièce d’ironie, mais aussi de nostalgie interrogative : la technique de pointes reste-t-elle tatouée sur les corps des danseurs d’aujourd’hui ? Somewhere, de Julien Lestel, comme le pas de deux de Forsythe, mise d’ailleurs sur le néoclassique, ses étirements, sa perfection sublime, inhumaine, glacée et pourtant sensuelle. Tandis que Por vos muero de Nacho Duato se tourne vers des pratiques plus anciennes : les danses de Cour espagnoles, baroques, transfigurées ici par le chorégraphe qui entraîne dans un tourbillon d’énergie superbement mis en espace. Un programme sur la mémoire de la danse, revisitée par des chorégraphes d’aujourd’hui, qui cherchent à aller de l’avant sans tirer un trait sur leur histoire… A.F. Agnès Mellon Les Étonnistes ont joué à la Friche les 6 et 7 mars Kelemenis, Forsythe, Duato Théâtre Durance, Château Arnoux (04) le 21 mars 04 92 64 27 34 www.theatredurance.com Kelemenis, Forsythe, Lestel Salle Gérard Philipe, Port-Saint-Louis le 28 mars 04 42 48 52 31 www.scenesetcines.fr Kelemenis, Forsythe, Lestel Le Comœdia, Aubagne le 30 mars 04 42 18 19 88 www.aubagne.com Kelemenis, Forsythe, Lestel Salle Emilien Ventre, Rousset le 2 avril 04 42 29 18 61 Kelemenis, Forsythe, Duato Théâtre de l’Olivier, Istres le 4 avril 04 42 56 48 48 www.scenesetcines.fr Alain Julien
MARTIGUES GAP BRIANÇON DANSE 21 Sans lui ? Thierry Baë joue un drôle de jeu avec le réel : son autobiographie si émouvante, son Journal d’inquiétude, mettait en scène sa difficulté à danser, avec une autodérision qui le gardait de la sensiblerie que pourrait provoquer une telle mise à nu, une telle Les Grenades explosent aux Salins ! C’est devant une salle comble et enthousiaste que les danseurs de Josette Baïz se sont produits à Martigues. Il faut dire que 3 spectacles en une seule soirée, de 17 à 21h, avaient de quoi combler les appétits chorégraphiques les plus voraces ! Tout d’abord, les enfants ont proposé Ulysse : 15 gamins en blanc, dans un décor blanc et une lumière nuancée. La chorégraphe s’est souvenue ici de son émotion quand elle a participé à la création de la pièce par Jean-Claude Gallotta en 1982. Le rythme intense et soutenu emporte les jeunes interprètes qui évoluent dans des unissons parfaites, grâce à une écoute précise de l’autre, sur une musique d’Henri Torgue et Serge Houppin. Puis c’est au tour des adolescents. On assiste d’abord à deux courtes pièces. Un Hommage à Forsythe pour 4 danseuses qui procurent 7 minutes de bonheur intense au-delà de toute narrativité, dans l’abstraction : les déhanchés, les figures etles déplacements sont d’une rigueur époustouflante et d’un professionnalisme qui laisse sans voix ! On enchaîne tout de suite sur un Duo de 9 minutes dansé par les deux plus jeunes du groupe sur une musique de Moussorgski ; là, c’est l’humour qui domine : on y voit se confronter avec une belle énergie une Belle sur ses pointes et une Bête qui boxe, et les deux personnalités se découvrent et s’apprivoisent. Enfin Le Sacre ! Une heure d’énergie violente que l’on s’étonne de voir interprétée avec tant de réalisme par de si jeunes gens ! Reprenant l’esprit de l’argument d’origine, Josette Baïz met en jeu l’éveil des corps et des désirs, dans un univers blanc qui évoque la virginité convoitée. Garçons et filles se jaugent, se mesurent, se provoquent, esquissent des jeux de colin-maillard, les yeux bandés exposition de son corps malade et de son souffle court. Et voilà qu’il met aujourd’hui en scène sa propre disparition ! Ce nouveau solo –est-ce un solo ? - joue sur son absence, raconte son départ, le ratage d’un duo qui devait se monter et échoue parce que le danseur ne veut pas revenir d’Asie, s’y est perdu, se refuse à être là, près de son ami (Denis Robert lui-même !) qui ne peut qu’attendre, espérer, puis annuler le spectacle. Mais n’est-il pas là pourtant, apparition fantomatique, derrière le journaliste disert qui ne sait que dire son absence, et danser (mais est-ce bien lui qui danse ?) dans sa propre incompétence, et le vide que Thierry Baë a laissé ? A.F. Thierry Baë a disparu le 22 avril Le Cadran, Briançon 04 92 25 52 52 Chacun son rock Agnès Mellon Guy Delahaye d’écharpes blanches… La Cie Grenade, professionnelle, danse en clôture Les Araignées de Mars, dont Zibeline a déjà rendu compte dans son n°5. On repart convaincu de l’excellence du travail de Josette Baïz, dans le parfum du mimosa offert par brassées aux danseurs. CHRIS BOURGUE La Trilogie a été dansée aux Salins (Martigues) du 28 fev au 1er mars Le Sacre Leo Ballani C’est une véritable histoire du Rock que nous propose Gallotta. En partant de Presley bien sûr, et en refaisant, chronologiquement, le chemin de ses idoles et de ses styles : les Beatles, les Stones, Dylan, Lou Reed, Nick Drake, Iggy Pop, Kurt Cobain, Leonard Cohen, Patti Smith puis Wilson Pickett… Quelle relation la danse contemporaine, qui naquit à peu près en même temps que le rock, (et pas très loin si l’on considère que Merce Cunningham en fut l’inventeur…) entretient-elle avec cette musique et, au-delà, avec cette culture ? Les tourments des uns, la liberté, la poésie, la crudité ou les provocations des autres, ont-elles influencé les chorégraphes ? Certainement ! C’est ce rapport que Gallotta chorégraphie dans cette pièce créée en 2004, et dont une forme plus légère (My Rock, variations) tourne sur de nombreuses scènes, et sera en particulier à Istres en juin. Mais à Gap, c’est la pièce longue, pour 11 danseurs d’âges divers qui n’évoluent pas sur les mêmes ondes de mémoire, qui sera présentée. Parce que Gallotta sait avec brio faire danser (et danser vraiment) les corps de tous âges… A.F. My Rock Jean-Claude Gallotta La Passerelle, Scène Nationale de Gap le 4 avril 04 92 52 52 52



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