Zibeline n°6 avril 2008
Zibeline n°6 avril 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°6 de avril 2008

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 72

  • Taille du fichier PDF : 10,0 Mo

  • Dans ce numéro : ouverture de la Biennale.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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18 THÉÂTRE NÎMES BRIANÇON GAP Éloge de l’aliénation ? Le Théâtre de Nîmes accueille Big/3rd épisode, le nouveau spectacle de SUPERAMAS qui a fait grand bruit au Festival d’Avignon… Le collectif de créateurs francoautrichien a créé le troisième épisode de sa série Big, qui tend un miroir étonnant au monde contemporain, et en particulier à ses jeunes. Étonnant parce qu’il est critique, et assez féroce, en particulier pour la télévision et ses séries dans ce troisième épisode, mais aussi, dans le même temps, fasciné par cette culture des enfants de la télé qui ont été gavés d’images dégradant le réel. Jugez plutôt : le dernier épisode, intitulé Happy end, est fondé sur deux univers, concomitants sur scène, qui séparent les filles et les garçons. Tandis que les uns font de la musique, boivent de la bière, les autres dansent Réécritures La scène de Briançon propose deux réécritures de textes célèbres : quand les metteurs en scène veulent s’approprier plus intiment les textes qu’ils aiment, il arrive qu’ils s’y plongent et en refondent jusqu’à la matière… Frédéric Constant est envahi par le monde de Tchekhov depuis longtemps ; On ne met pas un fusil chargé sur la scène si personne ne va s’en servir est une variation autour de La Mouette, et plus exactement de Tréplev, le fils, abandonné à la fois par sa mère qui a peur de vieillir, et par Nina qui veut commencer à vivre. Le spectacle est fondé sur ce trio tiraillé, sur ce jeune homme entre X-D.R dans un centre de Fitness ou parlent fringues. La danse et la musique qui sont produites, les vidéos projetées, la musique diffusée, les dialogues, tout cela renvoie à l’univers référencé des émissions et séries télé, des magazines people : les mouvements Jump boys X-D.R deux femmes et le fusil, qui ne peut que servir… Après avoir promené Debvoir est Vertu héroïque dans la tournée des Excentres (voir Zibeline 5), Didier Gallas revient à Rabelais avec Paroles horrifiques et dragées perlées, une variation à partir du Tiers Livre de Rabelais. Dans ce qui est sans doute le chef-d’œuvre de Rabelais, le protagoniste essentiel n’est plus un géant mais un humain, Panurge, qui consulte médecins, savants, religieux et devineresse pour savoir s’il doit se marier. Et surtout, s’il ne sera « point coqu ». Didier Galas transforme cette série d’interrogatoires savoureux en étant faits pour maigrir et muscler, la musique pour s’éclater, l’art est forcément laissé à la porte de ces pratiques « artistiques ». La surabondance de messages superposés multiplie la sensation d’un univers débilitant, mais bizarrement aussi le public se prend au jeu, retrouve des repères de sous-culture commune, imposée depuis quelques dizaines d’années à nos « cerveaux disponibles » … Bref, la question qui est posée par ce spectacle est essentielle : comment échapper à cette aliénation ? Mais en la représentant sur scène sans altérer son côté séduisant, Happy End fait peut-être aussi la promotion de ce qu’elle dénonce… En tous les cas, certainement, le spectacle est à voir ! À voir également à Nîmes, sans faute : les Diablogues de Dubillard (voir page 17). AGNÈS FRESCHEL Big/3rd episode. Happy End Superamas le 29 mars Les Diablogues Dubillard les 8 et 9 avril Théâtre de Nîmes (30) 04 66 36 65 10 les déplaçant dans des univers improbables où les comédiens s’adressent au public, où les paroles se dégèlent au contact de la scène, comme si les mots avaient une existence physique comme dans les « Paroles gelées » du Quart Livre… A.F. On ne met pas un fusil… d’après Tchekhov les 28 et 29 mars Paroles horrifiques et dragées perlées d’après Rabelais le 4 avril Le Cadran, Briançon 04 92 25 52 52 À vous de voir ! Andromaque Corbis Si la programmation de danse (voir page 21) et de musique (voir page 34) de la Passerelle a de quoi ravir les Gapençais, les prochains spectacles de théâtre ont été le sujet d’avis très contradictoires dans notre rédaction : Médée de Dario Fo et Franca Rame, avec Ariane Ascaride, est un texte génial porté par une comédienne mal à l’aise dans ce registre, et Andromaque est, selon les uns, un massacre ou une revisitation intéressante. Mais, à coup sûr, ces spectacles-là alimenteront les conversations alpines ! A.F. Andromaque les 21 et 22 mars La Maman Bohème/Médée les 31 mars et 1er avril La Passerelle, Gap 04 92 52 52 52
LE REVEST MASSALIA FOS ISTRES CAVAILLON THÉÂTRE 19 Dans l’esprit trouble de l’enfance Après Apt, Cavaillon et Draguignan le dernier spectacle de Philippe Dorin et Sylviane Fortuny s’arrête au Revest, puis longuement au Massalia. Tandis qu’à Fos et Istres se jouent d’autres spectacles de l’auteur. L’occasion de faire connaissance avec une très belle écriture dramatique contemporaine Philippe Dorin écrit des textes pour enfants depuis 25 ans. Son écriture, fondée sur une langue subtilement imagée, met en jeu des histoires poétiques, souvent sombres comme les contes, initiatiques comme le Petit Poucet. Des histoires qui parlent des adversités de la vie, de la difficulté de grandir, et surtout de la souffrance d’être grand ; mais ses pièces racontent aussi comment le temps passe et panse les plaies, répare, permet de grandir, d’aimer, de construire. L’auteur sait aussi porter un regard caustique sur le monde, la télévision, et met toujours en évidence le pouvoir réparateur des fables, du jeu, de l’imaginaire. Il travaille avec la metteur en scène Sylviane Fortuny depuis 15 ans, et leur Compagnie Pour ainsi dire a créé la plupart de ses textes. Leur nouvelle création L’hiver, quatre chiens mordent mes pieds et mes mains prend sa source, de façon inhabituelle pour eux, dans la création plastique. Il s’agit de quatre petites fables, une par saison, fondées sur la nature et ses matières qui varient dans le temps : la terre, la température, le paysage sont à l’origine des textes, portés par un homme, une femme et deux enfants. Là encore le duo Dorin/Fortuny innove, puisque jusqu’alors les textes pour enfants n’étaient joués que par des adultes, ou des marionnettes. Les objets et les matières ont une grande importance, mais les mots aussi, ceux qu’on peut dire ou qu’il faut taire devant les enfants, qui justement sont là… Deux autres textes de Philippe Dorin seront représentés sur les scènes de Ouest Provence. Un duo féminin pour les petits (5 ans), Sacré Silence par la Cie La Rousse : un spectacle qui se fonde sur des échanges d’onomatopées, de mots forts, de sons et de soupirs. Puis un trio très poétique Dans ma maison de papier, j’ai des poèmes sur le feu, où une petite fille se retrouve dans le corps d’une vielle dame, et découvre toutes les étapes de la vie… À voir dès 7 ans, mais à tout âge, tout comme L’hiver quatre chiens mordent mes pieds et mes mains. AGNÈS FRESCHEL L’hiver quatre chiens mordent mes pieds et mes mains Cie Pour ainsi dire Les 22 (19h30) et 23 avril(15h) Pôle jeune Public, Maison des Comoni Le Revest les eaux (84) 04 94 90 91 92 du 26 au 30 avril Théâtre Massalia 04 95 04 95 70 www.theatremassalia.com Dans ma maison de papier, j’ai des poèmes sur le feu Cie la Rousse du 24 au 26 Avril CEC les Heures claires, Istres 04 42 56 48 48 www.scenesetcines.fr Sacré Silence Cie La Rousse du 21 Avril au 22 Avril Théâtre de Fos-sur-Mer 04 42 11 01 99 www.scenesetcines.fr Originelles et vagabondes La scène Nationale de Cavaillon emmène le théâtre dans des Tournées Nomades, de Rochefort-du-Gard à Morièresles-Avignon… Il sera d’abord question, avec Cherchez la faute !, d’interroger la notion de faute originelle, sur laquelle est fondée toute la pensée judéo-chrétienne. Car enfin, dans Le Livre, il n’est à aucun moment Dormir accompagne Muriel Cros question de faute… juste de deux êtres qui sont tentés, et mangent un fruit. De la connaissance, et certes défendu, mais est-il question de punition éternelle ? En retournant au texte originel, hébreu, Marie Balmary lève un lièvre dans La Divine Origine, et François Rancillac s’inspire de ce texte pour remettre en scène le premier procès de l’humanité… Originel, les portraits en actes d’António Lobo Antunes le sont en un autre sens : ils plongent au cœur des hommes qu’ils mettent en scène, à la recherche de leur vérité, des origines de leurs blessures, de leur marginalité, leur atypisme. Françoise Sliwka interprète, seule, une série de personnages du grand auteur portugais, en donnant également à entendre, directement, la voix de l’auteur. A.F. Cherchez la faute ! d’après Marie Balmary mes François Rancillac du 25 au 31 mars Tournée Nomades (84) Dormir accompagné António Lobo Antunes du 2 au 5 avril Tournée Nomades (84) L'hiver, 4 chiens mordent mes pieds et mes mainsC. Sultan À voir également, sur la scène de Cavaillon Les vivants et les morts adapté et mis en scène par Julien Bouffier, d’après le roman de Gérard Mordillat racontant la vie d’un jeune couple durant la fermeture de leur usine (le 29 mars à 19h, la pièce durant 4h) Robyn Orlin (le 1er avril, voir page 22) La jeune fille aux mains d’argent (le 22 avril, voir page 29) Scène Nationale de Cavaillon (84) 04 90 78 64 64 www.theatredecavaillon.com



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